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Sur la décision
| Référence : | TJ Montpellier, surendettement, 28 janv. 2026, n° 25/00308 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00308 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 13 février 2026 |
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Texte intégral
N° RG 25/00308 – N° Portalis DBYB-W-B7J-QCM6
LE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MONTPELLIER
[Adresse 17]
JUGEMENT DU 28 Janvier 2026
DEMANDEUR:
— [6], dont le siège social est sis [Adresse 3]
non comparante, ni représentée
DEFENDEURS:
Monsieur [K] [O], demeurant [Adresse 2]
non comparant, ni représenté
— [Adresse 7], dont le siège social est sis Chez EOS FRANCE -[Adresse 16]
non comparante, ni représentée
— [Localité 5] ( [12]), dont le siège social est sis Chez [13] – M.[D] [B] – [Adresse 1]
non comparante, ni représentée
— [9], dont le siège social est sis Chez EOS FRANCE – [Adresse 15]
non comparante, ni représentée
— [8], dont le siège social est sis Chez [Adresse 14]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL:
Président : Delphine BRUNEAU, Juge des contentieux de la protection au Tribunal Judiciaire de Montpellier
Greffier : Cécile PAILLOLE
DEBATS:
Audience publique du : 15 Décembre 2025
Affaire mise en deliberé au 28 Janvier 2026
JUGEMENT :
Rendu par mise à disposition de la décision au greffe le 28 Janvier 2026 par Delphine BRUNEAU assistée de Cécile PAILLOLE, greffier
Copie certifiée delivrée en LRAR aux parties
Copie délivrée en LS à la [4]
Le 28 Janvier 2026
EXPOSE DU LITIGE
Le 4 avril 2025, Monsieur [K] [O] a saisi la [11], d’une demande visant à voir examiner sa situation de surendettement.
Lors de sa séance du 24 juin 2025, la Commission a, après avoir constaté la situation de surendettement, déclaré recevable le dossier de Monsieur [K] [O].
Lors de sa séance du 7 octobre 2025, la Commission a imposé les mesures suivantes : rééchelonnement de tout ou partie des créances sur une durée maximum de 84 mois, au taux de 0,00 % avec un effacement partiel des dettes à l’issue.
Ces mesures ont été notifiées à Monsieur [K] [O] par lettre recommandée accusée réception le 13 octobre 2025 et à la [6] par lettre recommandée accusée réception le 8 octobre 2025. Ce créancier a formé un recours contre cette décision par lettre recommandée avec accusé de réception émise le 15 octobre 2025.
Monsieur [K] [O] et les créanciers ont été convoqués, par lettres recommandées avec accusé de réception, par le greffe du juge des contentieux de la protection, à l’audience du 15 décembre 2025.
A cette audience, Monsieur [K] [O] n’a pas comparu et n’a pas été représenté. Il a adressé ses moyens par lettre recommandée accusée réception le 8 décembre 2025.
Aux termes de ce courrier, il indique percevoir un salaire de 621 € auquel s’ajoute un complément ARE d’environ 700 €. Il précise avoir à charge deux enfants et que ses dépenses obligatoires absorbent l’intégralité de ses ressources. Il déclare, enfin, que la décision de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire lui a offert un soutien indispensable.
A cette audience, la SA [6] a réitéré sa contestation par courrier recommandé accusé réception le 10 décembre 2025.
Aux termes de ce courrier, elle sollicite d’infirmer les mesures imposées par la Commission, de renvoyer le dossier à la Commission afin que soit mis en oeuvre un plan provisoire de 12 mois et de faire supporter par chaque partie la charge de ses dépens.
Au soutien de ses prétentions, elle expose, tout d’abord, que la situation du débiteur n’est pas figée et qu’elle reste favorablement évolutive notamment pour un retour à l’emploi, ce dernier bénéficiant de précédentes expériences professionnelles en tant qu’agent de sécurité et agent de maîtrise.
Elle fait valoir que le débiteur, ayant deux enfants en âge d’être scolarisés et n’ayant pas de contre-indication médicale, peut chercher et retrouver un emploi.
Elle déclare, enfin, qu’il existe de très nombreuses offres d’emploi dans différents domaines comme le service à la personne ou la restauration et qui ne nécessitent pas forcément de qualifications particulières.
Les autres créanciers n’ont pas comparu, ni n’ont été représentés.
Par courrier reçu au greffe le 26 novembre 2025, [18] a indiqué s’en remettre à la décision du tribunal.
L’affaire a été mise en délibéré au 28 janvier 2026.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la recevabilité du recours
En vertu de l’article L. 733-10 du code de la consommation, une partie peut contester devant le juge des contentieux de la protection, les mesures imposées par la commission en application des dispositions de l’article L. 733-1 L. 733-4 ou de l’article L. 733-7 dans les trente jours de la notification qui lui en est faite conformément aux dispositions de l’article R. 733-6 du code de la consommation.
Les mesures imposées ont été formulées le 7 octobre 2025. La SA [6] a exercé son recours le 15 octobre 2025, alors que la notification est en date du 8 octobre 2025.
Son recours est donc recevable en la forme.
Sur les mesures imposées par la Commission de surendettement
L’article L. 733-11 du code de la consommation prévoit que lorsque les mesures prévues par les articles L. 733-3 et L. 733-7 sont combinées avec tout ou partie de celles prévues par l’article L. 733-1, le juge saisi d’une contestation statue sur l’ensemble des mesures dans les conditions prévues à l’article L. 733-13.
Aux termes de l’article L. 733-13 du code de la consommation, le juge saisi de la contestation prévue à l’article L. 733-10 prend tout ou partie des mesures définies aux articles L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7. Dans tous les cas, la part des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage est déterminée dans les conditions prévues à l’article L. 731-2. Elle est mentionnée dans la décision.
Sur la capacité de remboursement.
Monsieur [K] [O] est âgé de 34 ans.
Les revenus du débiteur s’élèvent à 2555 € tels que retenus par la Commission de surendettement. Il convient de préciser que la somme de 1380 € retenue par la Commission au titre des allocations chômage, se décomposent désormais entre salaire (621 €) et allocations chômage.
Le débiteur vit en concubinage avec deux enfants à charge.
La quotité saisissable s’établit à 181,84 €.
Ses charges mensuelles ont été justement évaluées par la commission à la somme de 2355 €.
Ainsi, la capacité de remboursement de Monsieur [K] [O] a été justement fixée à la somme de 181,04 € par la Commission de surendettement.
Sur la fixation et le montant des créances
En application de l’article L.733-12 du code de la consommation, le juge peut vérifier, même d’office, la validité des créances, des titres qui les constatent ainsi que le montant des sommes réclamées et s’assurer que le débiteur se trouve bien dans la situation définie à l’article L. 711 -1.
Il sera rappelé que selon l’article R. 713-4 du code de la consommation, dans les cas où il statue par jugement, le juge convoque les parties intéressées ou les invite à produire leurs observations par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.
Il résulte de ces articles que les parties se défendent elles-mêmes, qu’elles ont la faculté de se faire assister ou représenter dans certaines conditions, que la procédure est orale et qu’en cours d’instance, toute partie peut adresser un courrier pour faire valoir ses observations. La partie qui use de cette faculté peut ne pas se présenter à l’audience, conformément au second alinéa de l’article 446-1 du code de procédure civile.
Ainsi, toute partie qui ne se présente pas à l’audience devant le juge des contentieux de la protection statuant en matière de surendettement, peut aussi exposer ses moyens par lettre adressée au juge des contentieux de la protection à condition de justifier que l’adversaire en a eu connaissance avant l’audience par lettre recommandée avec accusé de réception.
Les créances n’étant contestées ni en leur principe, ni en leur montant, il convient de les arrêter à la somme retenue par la Commission.
Sur les mesures de traitement de la situation de surendettement
Les articles L 733-1, L. 733 -2 et L. 733-4 du code de la consommation, dressent la liste des mesures que la Commission de surendettement peut imposer aux parties.
Aux termes de l’article L. 733-3, ces mesures ne peuvent excéder 7 années, sauf lorsqu’elles concernent le remboursement de prêts contractés pour l’achat d’un bien immobilier constituant la résidence principale du débiteur dont elles permettent d’éviter la cession ou lorsqu’elles permettent au débiteur de rembourser la totalité de ses dettes tout en évitant la cession du bien immobilier constituant sa résidence principale.
En outre, l’article L. 731-2, prévoit qu’avec l’accord du débiteur et dans des limites raisonnables, le montant des mensualités affectées au remboursement des dettes peut excéder la quotité saisissable des revenus en vue d’éviter la cession d’un bien immobilier constituant la résidence principale.
Il ressort des éléments du dossier et des débats à l’audience que le débiteur, s’il connaît une situation difficile, n’est pas dans une situation irrémédiablement compromise, dans la mesure où ses ressources mensuelles lui permettent, d’une part, de faire face à ses charges de vie courante et, d’autre part, d’affecter la somme de 181,04 € au remboursement de ses dettes, ainsi que l’a fixé la Commission.
Il convient par conséquent de prévoir un plan sur une durée de 84 mois au taux de 0.00 %, afin de permettre le redressement de la situation financière de Monsieur [K] [O]. A l’issue, les dettes seront effacées.
Le remboursement s’opérera selon les modalités prévues au dispositif de la présente décision. Le plan de remboursement devra être scrupuleusement respecté par Monsieur [K] [O]. En cas de changement de situation, il devra saisir la commission de surendettement sans délai.
Il convient de débouter la SA [6] de sa demande tendant à la mise en place d’un plan provisoire sur 12 mois, dès lors que le débiteur dispose actuellement d’une capacité de remboursement et qu’il a repris une activité professionnelle.
PAR CES MOTIFS
La Juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire, rendu en premier ressort et par mise à disposition au greffe,
DÉCLARE recevable en la forme le recours de la SA [6] en contestation des mesures imposées par la Commission de surendettement de l’Hérault du 7 octobre 2025 ;
DIT que les dettes de Monsieur [K] [O] arrêtées au jour du présent jugement se décomposent telles qu’arrêtées par la [10] ;
ARRÊTE le plan de surendettement suivant :
1°) Rééchelonne le paiement des dettes de Monsieur [K] [O] sur 84 mois au taux maximum de 0.00 % ;
2°) Dit qu’à l’issue du plan, les dettes seront effacées,
3°) Dit en conséquence, qu’à compter du 1er mars 2026 et au plus tard le 15 de ce mois et de chacun des mois suivants, Monsieur [K] [O] s’acquittera de ses dettes selon les modalités suivantes :
RAPPELLE qu’il revient à Monsieur [K] [O] de régler spontanément les sommes ci-dessus mentionnées, au besoin en prenant contact avec ses créanciers pour convenir des modalités de paiement ;
RAPPELLE que les créanciers auxquels ces mesures sont opposables ne pourront exercer des procédures d’exécution y compris une saisie immobilière à l’encontre des biens de Monsieur [K] [O] pendant la durée d’exécution de ces mesures ;
DIT qu’à défaut de paiement d’une seule de ces échéances à son terme, le créancier concerné pourra reprendre son droit de poursuite un mois après une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception demeurée infructueuse ;
DIT qu’il appartiendra à Monsieur [K] [O], en cas de changement significatif de ses conditions de ressources ou de la composition de son patrimoine de ressaisir la Commission de surendettement des particuliers d’une nouvelle demande de traitement de sa situation de surendettement ;
RAPPELLE à Monsieur [K] [O] que pendant la durée du plan précité le fait d’accomplir tout acte susceptible d’aggraver sa situation financière, sauf autorisation des créanciers, de la Commission ou du juge, tels que d’avoir recours à un nouvel emprunt, de faire des actes de disposition étrangers à la gestion normale de son patrimoine (donation, vente de biens de valeur ou de biens immobiliers, utilisation ou liquidation de placements etc…), peut entraîner sa déchéance au bénéfice de la procédure de surendettement en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de la consommation ;
LAISSE les dépens à la charge du Trésor Public ;
RAPPELLE que le présent jugement est de plein droit immédiatement exécutoire.
La Greffière, La Juge des contentieux de la protection,
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