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Sur la décision
| Référence : | TJ Montpellier, surendettement, 18 févr. 2026, n° 25/00263 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00263 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 26 février 2026 |
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Texte intégral
N° RG 25/00263 – N° Portalis DBYB-W-B7J-QAIK
LE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MONTPELLIER
[Adresse 1]
JUGEMENT DU 18 Février 2026
DEMANDEUR:
Madame [H] [B], demeurant [Adresse 2]
assistée de Me Elise BOUCHER, avocat au barreau de MONTPELLIER
DEFENDEUR:
— [1], dont le siège social est sis Chez INTRUM JUSTITIA – Pôle surendettement – [Adresse 3]
non comparante, ni représentée
— [2], dont le siège social est sis [Adresse 4]
non comparante, ni représentée
— [3], dont le siège social est sis [Adresse 5]
non comparante, ni représentée
— [4], dont le siège social est sis [Adresse 6] [Localité 1] [Adresse 7]
non comparante, ni représentée
Monsieur [A] et [J] [K], demeurant [Adresse 8]
non comparant, ni représenté
S.C.P. LE [5], dont le siège social est sis Commissaires de justice – [Adresse 9]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL:
Président : Delphine BRUNEAU, Juge des contentieux de la protection au Tribunal Judiciaire de Montpellier
Greffier : Cécile PAILLOLE
DEBATS:
Audience publique du : 19 Janvier 2026
Affaire mise en deliberé au 18 Février 2026
JUGEMENT :
Rendu par mise à disposition de la décision au greffe le 18 Février 2026 par Delphine BRUNEAU assistée de Cécile PAILLOLE, greffier
Copie certifiée delivrée en LRAR aux parties
Copie délivrée en LS à la [6]
Le 18 Février 2026
EXPOSE DU LITIGE
Le 17 avril 2025, Madame [H] [B] a saisi la Commission de surendettement des particuliers de l’Hérault, d’une demande visant à voir examiner sa situation de surendettement.
Lors de sa séance du 6 mai 2025, la Commission a, après avoir constaté la situation de surendettement, déclaré recevable le dossier de Madame [H] [B].
Lors de sa séance du 26 août 2025, la Commission a imposé les mesures suivantes : rééchelonnement de tout ou partie des créances sur une durée de 84 mois au taux de 0.00 % avec une variation de la capacité de remboursement de la débitrice pour prendre un véhicule en LDD ou en LOA moins onéreux.
Ces mesures ont été notifiées à Madame [H] [B] par lettre recommandée accusée réception le 12 septembre 2025. La débitrice a formé un recours contre cette décision par lettre recommandée avec accusé de réception déposée le 23 septembre 2025.
Madame [H] [B] et les créanciers ont été convoqués, par lettres recommandées avec accusé de réception, par le greffe du juge des contentieux de la protection à l’audience du 17 novembre 2025.
Après un renvoi, l’affaire a été évoquée à l’audience du 19 janvier 2026.
A cette audience, Madame [H] [B] était assistée de son conseil, lequel a déposé des conclusions qu’il a soutenues et aux termes desquelles il sollicite de :
— déclarer le recours recevable et bien fondé,
— infirmer les mesures imposées en date du 26 août 2025 en ce qu’elles prévoient une variation de la capacité de remboursement à compter du 7ème mois et l’obligation pour Mme [B] de souscrire un contrat de LOA ou LDD moins onéreux,
— retenir une capacité de remboursement de 186 € par mois,
— prononcer le rééchelonnement des dettes sur une durée de 84 mois au taux de 0.00 % avec un effacement partiel ou total des dettes en fin de plan, sans intérêt,
— dire et juger que chacune des parties conservera ses dépens à sa charge.
Au soutien de ses prétentions, elle expose, tout d’abord, ses revenus et indique vivre avec son fils, qui est en situation de handicap et qui perçoit l’AAH.
Elle fait valoir, ensuite, que son fils présente un déficit intellectuel associé à des traits du trouble du spectre autistique avec angoisse sociale marquée et que compte tenu de ses troubles, il ne peut emprunter les transports en commun. Elle précise que pour assurer les rendez-vous médicaux et permettre à son fils de sortir dans des lieux calmes, elle a souscrit un contrat d’abonnement de voiture, le 14 octobre 2024, portant sur un véhicule Citroên C3 et moyennant des mensualités de 499 € pour une durée minimum de 12 mois. Elle souligne qu’avec un abonnement voiture, sont inclus l’assurance, l’entretien et les réparations.
Elle estime, en outre, que du fait de sa situation de surendettement, les établissements financiers seront réticents à lui accorder une LOA ou une LDD.
Elle déclare, enfin, qu’elle ne sera titularisée dans le cadre de sa profession que dans deux ans et que donc, elle ne pourra pas souscrire avant deux ans une LOA ou une LDD.
Les créanciers n’ont pas comparu, ni n’ont été représentés. Ils n’ont pas adressé de courrier au greffe du Juge des contentieux de la protection.
L’affaire a été mise en délibéré au 18 février 2026.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la recevabilité du recours :
En vertu de l’article L. 733-10 du code de la consommation, une partie peut contester devant le juge des contentieux de la protection, les mesures imposées par la commission en application des dispositions de l’article L. 733-1 L. 733-4 ou de l’article L. 733-7 dans les trente jours de la notification qui lui en est faite conformément aux dispositions de l’article R. 733-6 du code de la consommation.
Les mesures imposées ont été formulées le 26 août 2025. Madame [H] [B] a exercé son recours le 23 septembre 2025, alors que la notification est en date du 12 septembre 2025.
Son recours est donc recevable en la forme.
Sur les mesures imposées par la Commission de surendettement
L’article L. 733-11 du code de la consommation prévoit que lorsque les mesures prévues par les articles L. 733-3 et L. 733-7 sont combinées avec tout ou partie de celles prévues par l’article L. 733-1, le juge saisi d’une contestation statue sur l’ensemble des mesures dans les conditions prévues à l’article L. 733-13.
Aux termes de l’article L. 733-13 du code de la consommation, le juge saisi de la contestation prévue à l’article L. 733-10 prend tout ou partie des mesures définies aux articles L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7. Dans tous les cas, la part des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage est déterminée dans les conditions prévues à l’article L. 731-2. Elle est mentionnée dans la décision.
Sur la capacité de remboursement
Madame [H] [B] est âgée de 60 ans.
Les revenus de la débitrice ont été justement fixés par la Commission à la somme de 2224 €.
Madame [H] [B] est séparée et a un enfant à charge.
La quotité saisissable s’établit à 658,17 €.
Ses charges mensuelles sont les suivantes :
MUTUELLE
50
AUTRES CHARGES
499
FORFAIT CHAUFFAGE
123
FORFAIT DE BASE
632
FORFAIT HABITATION
121
LOGEMENT
601
TOTAL
2026
Ainsi, la capacité de remboursement de Madame [H] [B] est de 198 €.
Sur la fixation et le montant des créances
En application de l’article L.733-12 du code de la consommation, le juge peut vérifier, même d’office, la validité des créances, des titres qui les constatent ainsi que le montant des sommes réclamées et s’assurer que le débiteur se trouve bien dans la situation définie à l’article L. 711 -1.
Il sera rappelé que selon l’article R. 713-4 du code de la consommation, dans les cas où il statue par jugement, le juge convoque les parties intéressées ou les invite à produire leurs observations par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.
Il résulte de ces articles que les parties se défendent elles-mêmes, qu’elles ont la faculté de se faire assister ou représenter dans certaines conditions, que la procédure est orale et qu’en cours d’instance, toute partie peut adresser un courrier pour faire valoir ses observations. La partie qui use de cette faculté peut ne pas se présenter à l’audience, conformément au second alinéa de l’article 446-1 du code de procédure civile.
Ainsi, toute partie qui ne se présente pas à l’audience devant le juge des contentieux de la protection statuant en matière de surendettement, peut aussi exposer ses moyens par lettre adressée au juge des contentieux de la protection à condition de justifier que l’adversaire en a eu connaissance avant l’audience par lettre recommandée avec accusé de réception.
Les créances n’étant contestées, ni en leur principe, ni en leur montant, il convient de les arrêter à la somme retenue par la Commission.
Sur les mesures de traitement de la situation de surendettement
Les articles L 733-1, L. 733 -2 et L. 733-4 du code de la consommation, dressent la liste des mesures que la Commission de surendettement peut imposer aux parties.
Aux termes de l’article L. 733-3, ces mesures ne peuvent excéder 7 années, sauf lorsqu’elles concernent le remboursement de prêts contractés pour l’achat d’un bien immobilier constituant la résidence principale du débiteur dont elles permettent d’éviter la cession ou lorsqu’elles permettent au débiteur de rembourser la totalité de ses dettes tout en évitant la cession du bien immobilier constituant sa résidence principale.
En outre, l’article L. 731-2, prévoit qu’avec l’accord du débiteur et dans des limites raisonnables, le montant des mensualités affectées au remboursement des dettes peut excéder la quotité saisissable des revenus en vue d’éviter la cession d’un bien immobilier constituant la résidence principale.
Il ressort des éléments du dossier et des débats à l’audience que la débitrice, si elle connaît une situation difficile, n’est pas dans une situation irrémédiablement compromise, dans la mesure où ses ressources mensuelles lui permettent, d’une part, de faire face à ses charges de vie courante et, d’autre part d’affecter, la somme de 198 € au remboursement de ses dettes. Cette capacité de remboursement sera augmentée à 298 €, dans 24 mois, lorsque la débitrice sera titularisée et qu’elle pourra alors prendre un véhicule en LOA ou LDD.
Il convient par conséquent de prévoir un plan sur une durée de 84 mois au taux de 0.00 %, afin de permettre le redressement de la situation financière de Madame [H] [B].
Le remboursement s’opérera selon les modalités prévues au dispositif de la présente décision. Le plan de remboursement devra être scrupuleusement respecté par Madame [H] [B]. En cas de changement de situation, elle devra saisir la commission de surendettement sans délai.
PAR CES MOTIFS
La Juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire, rendu en premier ressort et par mise à disposition au greffe,
DÉCLARE recevable en la forme le recours de Madame [H] [B] en contestation des mesures imposées par la Commission de surendettement de l’Hérault du 26 août 2025 ;
DIT que les dettes de Madame [H] [B] arrêtées au jour du présent jugement se décomposent telles qu’arrêtées par la Commission de Surendettement des Particuliers de l’Hérault ;
ARRÊTE le plan de surendettement suivant :
1°) Rééchelonne le paiement des dettes de Madame [H] [B] sur 84 mois au taux maximum de 0.00%;
2°) Dit qu’à l’issue du plan, les dettes seront effacées,
3°) Dit en conséquence, qu’à compter du 1er avril 2026 et au plus tard le 15 de ce mois et de chacun des mois suivants, Madame [H] [B] s’acquittera de ses dettes selon les modalités suivantes :
RAPPELLE qu’il revient à Madame [H] [B] de régler spontanément les sommes ci-dessus mentionnées, au besoin en prenant contact avec ses créanciers pour convenir des modalités de paiement ;
RAPPELLE que les créanciers auxquels ces mesures sont opposables ne pourront exercer des procédures d’exécution y compris une saisie immobilière à l’encontre des biens de Madame [H] [B] pendant la durée d’exécution de ces mesures ;
DIT qu’à défaut de paiement d’une seule de ces échéances à son terme, le créancier concerné pourra reprendre son droit de poursuite un mois après une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception demeurée infructueuse ;
DIT qu’il appartiendra à Madame [H] [B], en cas de changement significatif de ses conditions de ressources ou de la composition de son patrimoine de ressaisir la Commission de surendettement des particuliers d’une nouvelle demande de traitement de sa situation de surendettement ;
RAPPELLE à Madame [H] [B] que pendant la durée du plan précité le fait d’accomplir tout acte susceptible d’aggraver sa situation financière, sauf autorisation des créanciers, de la Commission ou du juge, tels que d’avoir recours à un nouvel emprunt, de faire des actes de disposition étrangers à la gestion normale de son patrimoine (donation, vente de biens de valeur ou de biens immobiliers, utilisation ou liquidation de placements etc…), peut entraîner sa déchéance au bénéfice de la procédure de surendettement en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de la consommation ;
LAISSE les dépens à la charge du Trésor Public ;
RAPPELLE que le présent jugement est de plein droit immédiatement exécutoire.
La Greffière, La Juge des contentieux de la protection,
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