Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Nice, service de proximite, 6 mai 2026, n° 26/00522 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00522 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 28 mai 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
COUR D’APPEL D'[Localité 1]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NICE
Service de proximité
ORDONNANCE DE REFERE
du 06 Mai 2026
Minute n°
[O] c/ [M], [U]
DU 06 Mai 2026
N° RG 26/00522 – N° Portalis DBWR-W-B7K-RB3N
— Exécutoire le :
à Me BAUDIN Thierry
— copies certifiées conforme
à Monsieur [G] [M]
à Madame [F] [U]
DEMANDEUR:
Monsieur [Z] [O]
[Adresse 1]
[Localité 2]
représenté par Me BAUDIN Thierry, avocat au barreau de Nice, substitué par Me DEMOL Marie-Madeleine, avocat au barreau de Nice
DEFENDEURS:
Monsieur [G] [M]
[Adresse 2]
[Adresse 3]
[Localité 2]
comparant,
Madame [F] [U]
[Adresse 4]
[Adresse 3]
[Localité 2]
comparante,
COMPOSITION DE LA JURIDICTION:
Lors des débats et du délibéré :
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION :
Monsieur Jacques PERRONE, Magistrat honoraire,juge des contentieux de la protection au tribunal judiciaire de Nice,assisté lors des débats par Madame Nadia GALLO, Greffier et lors de la mise à disposition par Madame Nadia GALLO, greffier qui a signé la minute avec le président
DEBATS : A l’audience publique du 23 Mars 2026, l’affaire a été mise en délibéré, les parties ont été avisées que la décision sera rendue par mise à disposition au greffe le 06 Mai 2026
DECISION : ordonnance contradictoire rendue en premier ressort et par mise à disposition au greffe le 06 Mai 2026
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous seing privé du 26 février 2025, M. [Z] [O], a consenti à M. [G] [M] et Mme [F] [U] un bail portant sur un local à usage d’habitation situé à [Localité 3].
Par acte de commissaire de justice du 10 octobre 2025, M. [Z] [O] a fait signifier à M. [G] [M] et Mme [F] [U] un commandement de payer visant la clause résolutoire insérée au bail, pour un montant en principal de 2320,23 € au titre des loyers et charges impayés et de justifier de l’assurance du logement.
Suivant acte de commissaire de justice en date du 13 janvier 2026, M. [Z] [O] a fait assigner M. [G] [M] et Mme [F] [U] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de NICE statuant en référé aux fins de voir:
— constater l’acquisition de la clause résolutoire ;
— ordonner l’expulsion de M. [G] [M] et Mme [F] [U] ainsi que tous les occupants de son/leur chef du logement avec au besoin l’assistance de la force publique et d’un serrurier,
— condamner M. [G] [M] et Mme [F] [U], au paiement des sommes provisionnelles suivantes:
• 2361,61 € actualisée à l’audience à 2562,21 € au titre de l’arriéré de loyers et des charges,
• une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer mensuel, charges comprises jusqu’à la libération effective des lieux loués,
• 1000 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
• les entiers dépens,
Cette assignation a été notifiée à la Préfecture des Alpes-Maritimes le 14 janvier 2026.
Aucun diagnostic social et financier n’a été transmis au tribunal.
A l’audience, M. [Z] [O] sollicite le bénéfice de son assignation.
M. [G] [M] et Mme [F] [U] ont comparu à l’audience et ne contestent pas le montant de la dette locative. Ils font état de leur situation financière et sollicitent des délais de paiement et la suspension de la clause résolutoire.
Il est expressément référé aux conclusions récapitulatives pour un plus ample exposé du litige, des moyens et prétentions respectives des parties, conformément aux dispositions de l’article 446-1 et 455 du code de procédure civile.
MOTIVATION DE LA DÉCISION
Aux termes de l’article 834 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Enfin, il convient de rappeler au visa de l’article 484 du code de procédure civile que l’ordonnance de référé est une décision provisoire. Dès lors le demandeur ne peut réclamer qu’une condamnation au paiement d’une somme à titre provisionnel.
Il n’est pas contesté que le contrat qui a été conclu entre les parties concerne le louage d’immeuble à usage d’habitation principale. Il est soumis aux principes issus de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 modifiée dont les dispositions du Titre I sont d’ordre public et doivent donc être appliquées d’office par le juge.
Sur la recevabilité de la demande en acquisition de la clause résolutoire :
— Sur la notification au préfet :
L’article 24-III de la loi du 6 juillet 1989 modifiée dispose qu’à peine d’irrecevabilité de la demande, l’assignation aux fins de constat de la résiliation est notifiée à la diligence de l’huissier de justice au représentant de l’État dans le département, au moins six semaines avant l’audience […]. Cette notification s’effectue par voie électronique, selon des modalités fixées par décret.
En l’espèce, l’assignation a été dénoncée au préfet le 14 janvier 2026, soit plus de 6 semaines avant la première audience. La demande formée par M. [Z] [O] est donc recevable.
Sur les demandes principales :
— Sur l’acquisition de la clause résolutoire :
Le contrat de bail unissant les parties stipule qu’à défaut de paiement à l’échéance d’un seul terme de loyer, le bail serait résilié de plein droit, deux mois après un commandement de payer resté infructueux.
Il est établi que les loyers et charges n’ont pas été régulièrement et intégralement payés.
Ce manquement s’est perpétué pendant plus de deux mois à compter du commandement de payer du 10 octobre 2025 rappelant les dispositions des articles 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 et 6 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990.
Il convient, dès lors, de constater que les conditions d’application de la clause résolutoire sont réunies le 10 décembre 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs.
— Sur la demande de provision au titre de l’arriéré locatif :
Aux termes de l’article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
En l’espèce, l’assignation en date du 13 janvier 2025 sollicite la condamnation au paiement de l’arriéré locatif à hauteur de 2361,61 actualisée à l’audience à 2562,21 €.
Ainsi, il ressort des pièces fournies dans l’assignation, et notamment l’acte de bail ainsi que le décompte des loyers, que la créance n’est pas sérieusement contestable, conformément à l’article 835 alinéa 2 du Code de procédure civile. La demande de provision au titre de la dette locative de M. [G] [M] et Mme [F] [U], s’élève bien à la somme de 2562,21 € € au titre des loyers et charges impayés concernant le local à usage d’habitation.
— Sur la demande reconventionnelle en délais de paiement suspensifs :
En application de l’article 24 V de la loi du 06 juillet 1989 le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, au locataire en situation de régler sa dette locative.
Selon l’article 24-VII, lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que le locataire ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais ainsi accordés. Le texte prévoit que la suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans les délais et selon les modalités fixées par le juge et que ces délais ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location, notamment suspendre le paiement des loyers et charges.
Si le locataire se libère de sa dette dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué et dans le cas contraire, elle reprend son plein effet.
En l’espèce, M. [G] [M] et Mme [F] [U] demandent de s’acquitter des sommes dues de façon échelonnée et de suspendre la clause résolutoire. Ils justifient de leur situation personnelle et financière et ils sont donc en mesure de régler leur dette locative en plusieurs mensualités. Il ressort des éléments communiqués que M. [G] [M] et Mme [F] [U] ont repris le paiement intégral du loyer et des charges.
Au vu de ces éléments, il convient d’accorder des délais de paiement à M. [G] [M] et Mme [F] [U] selon les modalités précisées au dispositif, pour le règlement des sommes dues.
Conformément à la demande il y a lieu de suspendre les effets de la clause résolutoire pendant cette période ce qui signifie que si les échéances sont réglées régulièrement, et la dette réglée dans sa totalité, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais joué.
Au contraire, en cas de non-paiement d’une échéance courante ou d’une mensualité supplémentaire fixée au dispositif, la clause résolutoire reprendrait sa pleine efficacité et l’intégralité de la dette locative restée impayée serait immédiatement exigible par le bailleur.
De plus, l’expulsion de M. [G] [M] et Mme [F] [U] et de tout occupant de leur chef sera autorisée.
Le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
Sur les demandes accessoires :
Conformément à l’article 696 du Code de procédure civile, la partie qui succombe supporte les dépens. M. [G] [M] et Mme [F] [U] seront donc condamnés aux dépens.
Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation.
Il serait inéquitable de laisser à la charge du demandeur que la carence de M. [G] [M] et Mme [F] [U] a obligé à intenter une action judiciaire, la totalité des frais irrépétibles engagés.
M. [G] [M] et Mme [F] [U] seront donc condamnés à payer à M. [Z] [O] la somme de 1000 € sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, par ordonnance de référé, contradictoire et en premier ressort,
DÉCLARE l’action recevable ;
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 26 février 2025 entre M. [Z] [O], d’une part, et M. [G] [M] et Mme [F] [U], d’autre part, concernant le logement sont réunies à la date du 10 décembre 2025 ;
CONDAMNE solidairement M. [G] [M] et Mme [F] [U] à verser à titre provisionnel à M. [Z] [O] la somme de 2562,21 € € au titre des loyers et charges locatives impayés et indemnités mensuelles d’occupation ;
AUTORISE M. [G] [M] et Mme [F] [U] à s’acquitter de cette somme, outre le loyer et les charges courants, en 24 mensualités égales ;
DIT que chaque versement devra intervenir avant le 10 de chaque mois et pour la première fois le 10 du mois suivant la signification de la présente ordonnance,
SUSPENDS les effets de la clause résolutoire pendant l’exécution des délais accordés ;
DIT que si les délais accordés sont entièrement respectés, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais été acquise ;
DIT qu’en revanche, toute mensualité, qu’elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l’arriéré, restée impayée sept jours après l’envoi d’une mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception justifiera :
* que la clause résolutoire retrouve son plein effet ;
* que le solde de la dette devienne immédiatement exigible ;
* qu’à défaut pour M. [G] [M] et Mme [F] [U] d’avoir volontairement libéré les lieux dans les deux mois de la délivrance d’un commandement de quitter les lieux, M. [Z] [O] puisse faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous les occupants de son chef, avec le concours d’un serrurier et de la force publique si besoin est ;
* que M. [G] [M] et Mme [F] [U] soient condamnés solidairement à verser à M. [Z] [O] une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux caractérisée par la remise des clés au bailleur ou à son mandataire ;
* que le sort des meubles soit régi conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNE solidairement M. [G] [M] et Mme [F] [U] à payer à M. [Z] [O] la somme de 1000 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE solidairement M. [G] [M] et Mme [F] [U] aux entiers dépens de la présente instance qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation et de sa notification à la préfecture, ainsi qu’aux frais d’exécution rendus nécessaires au sens de l’article L.111-8 du code des procédures civiles d’exécution ;
Ainsi jugé et prononcé les jour, mois et an que dessus.
Le greffier Le juge des contentieux de la protection
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Sénégal ·
- Expert ·
- Adresses ·
- Copie ·
- Génétique ·
- Mise en état ·
- Aide juridictionnelle ·
- Nationalité ·
- Sapiteur
- Déchéance du terme ·
- Paiement ·
- Prêt ·
- Crédit agricole ·
- Courrier ·
- Remboursement ·
- Exécution provisoire ·
- Intérêt ·
- Adresses ·
- Crédit
- Adresses ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expertise ·
- Réserve ·
- Référé ·
- Avocat ·
- Partie ·
- Tableau ·
- Intérêt légitime ·
- Bâtiment
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Garantie ·
- Caution ·
- Banque populaire ·
- Clause ·
- Aquitaine ·
- Atlantique ·
- Acte ·
- Actif ·
- Demande ·
- Cession
- Pièce détachée ·
- Véhicule ·
- Résiliation ·
- Titre ·
- Contrat d'assurance ·
- Vol ·
- Indemnisation ·
- Expertise ·
- Préjudice ·
- Demande
- Contrainte ·
- Compte joint ·
- Tribunal judiciaire ·
- Opposition ·
- Assesseur ·
- Saisie ·
- Allocations familiales ·
- Travailleur indépendant ·
- Demande ·
- Mutualité sociale
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Associations ·
- Tribunal judiciaire ·
- Locataire ·
- Clause resolutoire ·
- Bail ·
- Commandement de payer ·
- Loyer ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Titre ·
- Résiliation
- Contrat tendant à la réalisation de travaux de construction ·
- Contrats ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expédition ·
- Siège social ·
- Adresses ·
- Référé ·
- Ordonnance ·
- Partie ·
- Assignation ·
- Avocat ·
- Accord
- Cautionnement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Location ·
- Mise en état ·
- Actes de commerce ·
- Exception d'incompétence ·
- Code de commerce ·
- Exception ·
- Sociétés ·
- Dette
Sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Atlantique ·
- Adresses ·
- Contentieux ·
- Juge des référés ·
- Protection ·
- Désistement d'instance ·
- Juge ·
- Fins ·
- Site
- Accident du travail ·
- Lésion ·
- Professionnel ·
- Accident de travail ·
- Tribunal judiciaire ·
- Médecin ·
- Salariée ·
- Sociétés ·
- Employeur ·
- Entretien
- Assesseur ·
- Système de santé ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Conforme ·
- Copie ·
- Consultation ·
- Jugement ·
- Minute ·
- Personnes
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.