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Sur la décision
| Référence : | TJ Nîmes, jcp, 6 janv. 2025, n° 24/01347 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/01347 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 16 avril 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
Annexe Avenue Feuchères
5, avenue Feuchères
30000 NÎMES
Minute N°
N° RG 24/01347
N° Portalis DBX2-W-B7I-KVXA
[W] [F]
C/
[D] [M]
Le
Exécutoire délivré à :
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
ORDONNANCE DE REFERE DU 06 JANVIER 2025
DEMANDERESSE:
Mme [W] [F]
née le 14 Janvier 1960 à AVIGNON (VAUCLUSE)
Les Jardins De Codol Route De Générac
30900 NÎMES
comparante en personne
DEFENDEUR:
M. [D] [M]
né le 20 Décembre 1997 à AUDINCOURT (DOUBS)
Route De Générac -Les Jardins De Codol
30900 NÎMES
non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Sophie LIET, juge des contentieux de la protection ou magistrat à titre temporaire exerçant les fonctions de Juge des contentieux de la protection,
Greffier : Maureen THERMEA, lors des débats et Stéphanie RODRIGUEZ lors de la mise à disposition au greffe.
DÉBATS :
Date de la première évocation : 04 Novembre 2024
Date des Débats : 04 novembre 2024
Date du Délibéré : 06 janvier 2025
DÉCISION :
réputée contradictoire conformément à l’article 473 du code de procédure civile, en premier ressort, rendue publiquement par mise à disposition au greffe du tribunal judiciaire de Nîmes, le 06 Janvier 2025 en vertu de l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile.
Selon acte sous seings privés en date du 09 décembre 2022, Madame [F] [W] a donné à bail à Monsieur [M] [D] un logement situé sur la commune de NIMES (30900), Route de Générac, Les Jardins de Codols moyennant le paiement d’un loyer mensuel avec provisions pour charges de 450,00€.
Des loyers demeuraient impayés et le 04 avril 2024, la bailleresse faisait délivrer un commandement de payer les loyers et de justifier de l’assurance des lieux visant la clause résolutoire à son locataire, pour un montant de 4248,70€.
Par assignation délivrée le 02 septembre 2024, Madame [F] [W] assignait Monsieur [M] [D] devant le Tribunal de céans, pour l’audience du 04 novembre 2024 afin de voir :
Constater la résiliation du bail par le jeu de la clause résolutoire Ordonner son expulsion ainsi que celle de tout occupant de son chef, avec le concours d’un serrurier et de la force publiqueConstater sa mauvaise foi et permettre l’application des dispositions de l’article L 412-1 du Code des Procédures Civiles d’ExécutionCondamner Monsieur [M] [D] à payer : ▪ A titre provisionnel la somme de 4110,00€ au titre des arriérés de loyers outre intérêts au taux légal à de la décision à venir
▪ Une indemnité d’occupation d’un montant de 450,00€, outre intérêts au taux légal
▪ 76,00€ au titre des charges impayées,
▪ la somme de 1500,00€ au titre de l’article 700 du CPC et les entiers dépens.
Assortir la décision de l’exécution provisoire
En demande, Madame [F] [W] comparait en personne. Elle maintient l’ensemble de ses demandes et actualise la dette à la somme de 6750,00€. Elle indique subir des agressions de la part de son locataire et avoir déposé plainte.
En défense, Monsieur [M] [D] ne comparait pas et ne se fait pas représenter.
L’affaire est mise en délibéré au 06 janvier 2025.
MOTIFS
Suivant les dispositions de l’article 472 du Code de Procédure Civile:« Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond.
Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée. »
Sur la recevabilité de la demande
Selon les dispositions de l’article 24 I de la Loi du 6 juillet 1989 « Lorsque le locataire est en situation d’impayé de loyer ou de charges locatives sans interruption depuis une durée de deux mois ou lorsque la dette de loyer ou de charges locatives du locataire est équivalente à deux fois le montant du loyer mensuel hors charges locatives, les commandements de payer, délivrés pour le compte d’un bailleur personne physique ou société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au quatrième degré inclus, sont signalés par le commissaire de justice à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives prévue à l’article 7-2 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée. Lors de ce signalement, le commissaire de justice précise les coordonnées téléphoniques et électroniques et la situation socioéconomique des occupants au vu des informations en sa connaissance. Le signalement s’effectue par voie électronique par l’intermédiaire du système d’information prévu au dernier alinéa du même article 7-2. ».
En l’espèce, Madame [F] [W] justifie avoir valablement saisi la CCAPEX par voie électronique le 08 avril 2024, l’un des seuils prévus ayant été atteint à la date de la délivrance du commandement de payer.
En vertu de l’article 24 III de la Loi du 6 juillet 1989 en vigueur à la date de délivrance de l’assignation, « A peine d’irrecevabilité de la demande, l’assignation aux fins de constat de la résiliation est notifiée à la diligence de le commissaire de justice au représentant de l’Etat dans le département au moins six semaines avant l’audience, afin qu’il saisisse l’organisme compétent désigné par le plan départemental d’action pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées, suivant la répartition de l’offre globale de services d’accompagnement vers et dans le logement prévue à l’article 4 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée. Cette notification s’effectue par voie électronique par l’intermédiaire du système d’information prévu au dernier alinéa de l’article 7-2 de la même loi. La saisine de l’organisme mentionné à la première phrase du présent III peut s’effectuer par voie électronique, selon des modalités fixées par décret. L’organisme saisi réalise un diagnostic social et financier, selon des modalités et avec un contenu précisés par décret, au cours duquel le locataire et le bailleur sont mis en mesure de présenter leurs observations, et le transmet au juge avant l’audience, ainsi qu’à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives ; le cas échéant, les observations écrites des intéressés sont jointes au diagnostic. Le locataire est informé par le représentant de l’Etat dans le département de son droit de demander au juge de lui accorder des délais de paiement, prévu au V du présent article. »
En l’espèce, l’assignation a été dénoncée au Préfet du Département par voie électronique le 03 septembre 2024 pour l’audience du 04 novembre 2024, soit six semaines au moins avant cette dernière date.
Ces formalités, prescrites à peine d’irrecevabilité de l’action, ont été exécutées dans les délais impartis de telle sorte que l’action en résolution de bail diligentée à l’encontre de Monsieur [M] [D] sera déclarée recevable.
Sur la résiliation du bail
L’article 24 I de la loi du 06 juillet 1989 dispose :
« Tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.»
Le contrat de bail signé entre les parties qu’il convient de faire prévaloir, prévoit que ce délai est porté à deux mois.
L’article 7g alinéas 1 et 2 de la loi du 06 juillet 1989 dispose que le locataire est obligé:
« g) De s’assurer contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire et d’en justifier lors de la remise des clés puis, chaque année, à la demande du bailleur. La justification de cette assurance résulte de la remise au bailleur d’une attestation de l’assureur ou de son représentant.
Toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut d’assurance du locataire ne produit effet qu’un mois après un commandement demeuré infructueux. Ce commandement reproduit, à peine de nullité, les dispositions du présent alinéa.»
En l’espèce, le commandement de payer et de justifier de l’assurance visant la clause résolutoire a été signifié à Monsieur [M] [D] le 04 avril 2024.
Le délai d’un mois pour justifier de l’assurance expirait le 04 mai 2024, et celui de deux mois pour régulariser la dette le 04 juin 2024.
A ces dates, les commandements visant la clause résolutoire demeuraient infructueux.
Par conséquent, la clause résolutoire se trouve acquise et il convient de constater la résiliation du bail.
Sur la demande d’expulsion
Par le jeu de la clause résolutoire, Monsieur [M] [D] est devenu occupant sans droit ni titre.
En conséquence, il convient de prononcer son expulsion domiciliaire ainsi que celle de tout occupant de son chef, si besoin est avec le concours de la force publique et l’assistance d’un serrurier, dans les formes et délais prévus aux articles L411-1 et suivants du Code des procédures d’exécution.
Sur la suppression du délai pour quitter les lieux :
L’article L412-1 du Code des Procédures Civiles d’Exécution dispose :
« Si l’expulsion porte sur un lieu habité par la personne expulsée ou par tout occupant de son chef, elle ne peut avoir lieu qu’à l’expiration d’un délai de deux mois qui suit le commandement, sans préjudice des dispositions des articles L. 412-3 à L. 412-7. Toutefois, le juge peut, notamment lorsque la procédure de relogement effectuée en application de l’article L. 442-4-1 du code de la construction et de l’habitation n’a pas été suivie d’effet du fait du locataire, réduire ou supprimer ce délai.
Le délai prévu au premier alinéa du présent article ne s’applique pas lorsque le juge qui ordonne l’expulsion constate que les personnes dont l’expulsion a été ordonnée sont entrées dans les locaux par voie de fait. »
Madame [F] sollicite la suppression de ce délai, en raison de la mauvaise foi de son locataire.
Elle précise subir des pressions de la part de ce dernier, et avoir déposé plainte à son encontre.
En l’espèce, il est constant que Monsieur [M] est entré dans les locaux en vertu d’un contrat de bail, et non par voie de fait.
La mauvaise foi invoquée n’est corroborée par aucune pièce, Madame [F] ne produisant ni son dépôt de plainte, ni n’en rapportant la preuve par tout autre moyen.
Par conséquent, Madame [F] [W] sera déboutée de sa demande.
Sur l’indemnité d’occupation
En raison de la résiliation du bail, le locataire est déchu de son droit de se maintenir dans les lieux et doit indemniser le propriétaire jusqu’à son départ effectif.
Cette indemnité devra s’élever au montant du loyer avec charges qui aurait été payé si le bail n’avait pas été résilié et comme tel, qu’elle subira les augmentations légales.
En conséquence, Monsieur [M] [D] sera condamné à payer une indemnité d’occupation équivalente au loyer et charges actuels, et en subissant les augmentations légales, à compter du 1er juillet 2024 et jusqu’à son départ effectif des lieux.
Sur la demande provisionnelle :
Madame [F] [W] produit un décompte arrêté au jour de l’audience faisant ressortir une dette s’élevant à la somme totale de 6750,00€, composée de la dette locative à la date d’acquisition de la clause résolutoire, et des indemnités d’occupation équivalente au loyer mensuel jusqu’à la date du décompte, somme qui ne souffre d’aucune contestation.
En conséquence, Monsieur [M] [D] sera condamné à payer par provision à Madame [F] [W] la somme de 6750,00€ avec intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance.
Sur l’octroi de délais de paiement:
Au regard des dispositions de l’Article 24 de la Loi du 6 Juillet 1989 pris dans son paragraphe V. : « Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l’article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l’article 1343-5 s’applique lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa. Le juge peut d’office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l’obligation prévue au premier alinéa de l’article 6 de la présente loi. Il invite les parties à lui produire tous éléments relatifs à l’existence d’une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation.»
En l’espèce, Monsieur [M] [D] ne comparait pas et ne se fait pas représenter.
Il résulte du décompte produit en demande que le paiement du loyer courant, condition d’octroi des délais, n’est plus effectif depuis treize mois.
Par conséquent, aucun délai ne sera octroyé à Monsieur [M] [D].
Sur les frais irrépétibles et les dépens
En application de l’article 700 du Code de Procédure Civile, « le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. »
Monsieur [M] [D] sera condamné à payer à Madame [F] [W] la somme de 400,00€ au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile.
Aux termes de l’article 696 du même code, « la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie. »
Monsieur [M] [D], qui succombe, supportera les entiers dépens.
Sur l’exécution provisoire :
L’article 514 du Code de Procédure Civile dispose : « Les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement. »
En l’espèce, les circonstances justifient que l’exécution provisoire ne soit pas écartée.
Par conséquent, il sera rappelé que la présente décision est exécutoire de plein droit.
PAR CES MOTIFS :
Nous, Juge des Contentieux de la Protection du Tribunal Judiciaire statuant en référé par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort :
Renvoyons les parties à mieux se pourvoir au principal, mais dès à présent, vu l’urgence,
Déclarons la demande en résiliation de bail diligentée par Madame [F] [W] recevable et bien-fondée;
Constatons l’acquisition de la clause résolutoire son profit, et la résiliation du bail consenti à Monsieur [M] [D] à la date du 04 juin 2024 ;
En conséquence,
Ordonnons l’expulsion de Monsieur [M] [D], et de tout occupant de leur chef, du logement sis sur la commune NIMES (30900), Route de Générac, Les Jardins de Codols, si besoin est avec le concours de la Force Publique et l’assistance d’un serrurier, dans les formes et délais prévus aux articles L411-1 et suivants du Code des procédures d’exécution,
Déboutons Madame [F] [W] de sa demande de suppression des délais pour quitter les lieux
Condamnons Monsieur [M] [D] au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du dernier loyer et charges, et en subissant les augmentations légales, à compter du 1er juillet 2024 et jusqu’à libération effective des lieux;
Condamnons Monsieur [M] [D] à payer à Madame [F] [W] la somme provisionnelle de 6750,00€ au titre de la dette locative arrêtée à la date du 04 novembre 2024, avec intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance,
Disons n’y avoir lieu à l’octroi de délais de paiement,
Condamnons Monsieur [M] [D] à payer à Madame [F] [W] la somme de 400,00€ au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile
Condamnons Monsieur [M] [D] aux entiers dépens.
La Greffière, La Juge,
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