Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Poitiers, juge cx protection jcp, 3 oct. 2025, n° 25/00088 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00088 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
53B Minute N°
N° RG 25/00088 – N° Portalis DB3J-W-B7J-GTP6
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE POITIERS
JUGEMENT RENDU AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
EN DATE DU 03 OCTOBRE 2025
PRESIDENT
Monsieur POUL Jocelyn, Vice-Président, Juge des Contentieux de la Protection au Tribunal Judiciaire de POITIERS
GREFFIER
Madame [U] [I]
DEMANDERESSE
S.A.S. EOS FRANCE
dont le siège social est sis [Adresse 3]
Représentée par Maître Stéphane PILON, avocat au barreau de POITIERS, substitué par Maître Nola JARRY, avocat au barreau de POITIERS
DEFENDEUR
Monsieur [W] [J]
né le [Date naissance 1] 1984 à [Localité 4],
demeurant [Adresse 2]
Non comparant, non représenté
DÉBATS AUDIENCE PUBLIQUE DU 27 JUIN 2025
JUGEMENT RENDU PAR MISE A DISPOSITION AU GREFFE LE 12 SEPTEMBRE 2025, DATE PROROGEE AU 03 OCTOBRE 2025
Copie exécutoire délivrée le
à
EXPOSE DU LITIGE
Selon offre préalable émise le 19 janvier 2023 et acceptée le même jour, la SA [Adresse 5] a accordé à Monsieur [W] [J] un crédit d’un montant maximal de 3000 euros utilisable par fractions et remboursable par échéances mensuelles fixées en fonction du solde dû, le taux effectif global lors de la souscription du contrat étant révisable suivant le montant des sommes utilisées et les variations en plus ou en moins des variations du taux de base que le prêteur applique aux opérations de même nature.
Plusieurs échéances n’ayant pas été honorées, la SA CARREFOUR BANQUE a, par lettre recommandée avec demande d’accusé de réception signé le 7 juillet 2023, prononcé la déchéance du terme et mis Monsieur [W] [J] en demeure de lui régler l’intégralité des sommes dues.
Le 25 juillet 2023, la SA [Adresse 5] a cédé sa créance à la SAS EOS FRANCE.
Par exploit de commissaire de justice du 24 janvier 2025, la SAS EOS FRANCE a fait assigner Monsieur [W] [J] à comparaître devant le juge des contentieux de la protection de la présente juridiction afin d’obtenir sa condamnation au paiement des sommes suivantes :
* 3837,81 euros au titre du solde du crédit renouvelable, outre les intérêts au taux conventionnel de 10,5 %, à compter de la date du courrier de mise en demeure du 2 juin 2023, jusqu’au parfait paiement ;
* 500 euros en vertu de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens.
A l’audience du 27 juin 2025, le juge des contentieux de la protection a soulevé d’office divers moyens de droit tirés de la forclusion de l’action, ainsi que des causes de déchéance du droit aux intérêts contractuels tenant notamment au devoir de vérification de la solvabilité à partir d’un nombre suffisant de justificatifs produits par l’emprunteur.
La SAS EOS FRANCE, représentée par son conseil, a maintenu l’intégralité de ses prétentions.
Il sera renvoyé à son acte introductif d’instance pour un plus ample exposé des moyens, conformément à l’article 455 du code de procédure civile.
Monsieur [W] [J], cité à étude, n’a pas comparu.
L’affaire a été mise en délibéré au 12 septembre 2025, date prorogée au 03 octobre 2025 en raison de la surcharge de travail du greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
Aux termes des dispositions de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la recevabilité de l’action
La forclusion de l’action en paiement est une fin de non recevoir qui doit être relevée d’office par le juge en vertu de l’article 125 du code de procédure civile comme étant d’ordre public selon l’article L 314-26 du code de la consommation.
Aux termes de l’article R 312-35 du code de la consommation, les actions en paiement à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur dans le cadre d’un crédit à la consommation, doivent être engagées devant le juge des contentieux de la protection dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion.
Au regard des pièces produites aux débats, en particulier le contrat et l’historique de compte, il apparaît que la présente action a été engagée avant l’expiration d’un délai de deux années à compter du premier incident de paiement non régularisé.
En conséquence, la SAS EOS FRANCE sera dite recevable en ses demandes.
Sur la demande en paiement du crédit renouvelable
Sur la déchéance du droit aux intérêts
Le respect des dispositions de l’article L312-16 du code de la consommation suppose pour le prêteur de vérifier la solvabilité de l’emprunteur à partir d’un nombre suffisant d’informations.
En l’espèce, les informations renseignées par le débiteur au titre de ses ressources et charges sur la “fiche dialogue” attachée au contrat de crédit sont simplement déclaratives, en ce qu’elles ne sont appuyées d’aucun justificatif. Il n’est ainsi fait état d’aucune démarche proactive du prêteur consistant à demander, obtenir et analyser les justificatifs de l’emprunteur au titre de ses ressources et charges.
Ce manquement justifie la déchéance du droit aux intérêts contractuel dans sa totalité tel qu’il est prévu aux articles L341-1 et L341-2 du même code.
La déchéance du droit aux intérêts s’applique à compter de la conclusion du contrat, l’irrégularité sanctionnée affectant les conditions de sa formation.
Il s’ensuit que le débiteur, qui n’a pas honoré ses paiements en dépit d’une lettre de mise en demeure préalable à la déchéance du terme, n’est tenu qu’au remboursement du seul capital restant dû, après déduction de tous les paiements réalisés à quelque titre que ce soit.
Sur le montant de la créance de la SAS EOS France
Compte-tenu de la déchéance du droit aux intérêts contractuels, la créance de la SAS EOS FRANCE est de, concernant le crédit renouvelable :
montants empruntés depuis l’origine : 3325,48 €sous déduction des versements : 15 €
soit une somme de 3 310,48 € au paiement de laquelle Monsieur [W] [J] sera condamné.
Par ailleurs, compte tenu du cours des intérêts légaux au regard du taux qui avait été contractuellement prévu, et afin d’assurer l’effectivité et le caractère dissuasif de la sanction, cette condamnation sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 7 juillet 2023, date de réception de la mise en demeure postérieure à la déchéance du terme, mais sans que ce taux puisse être majoré.
Sur les frais du procès et l’exécution provisioire
Sur les dépens
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Monsieur [W] [J], partie perdante, sera condamné aux dépens.
Sur les frais irrépétibles
Aux termes de l’article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations.
Monsieur [W] [J], condamné aux dépens, devra payer à la SAS EOS FRANCE, au titre des frais irrépétibles exposés par elle et non compris dans les dépens, une somme qu’il est équitable de fixer à 500 euros.
Sur l’exécution provisoire
Aux termes de l’article 514 du code de procédure civile les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
Il n’y a en l’espèce pas lieu d’écarter le caractère exécutoire de la décision.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement par mise à disposition au greffe, par jugement rendu par défaut et en dernier ressort,
DECLARE la SAS EOS FRANCE recevable en son action ;
DIT que la SAS EOS FRANCE est déchue de son droit aux intérêts contractuels au titre du contrat n°51284542111100 ;
CONDAMNE Monsieur [W] [J] à payer à la SAS EOS FRANCE la somme de 3 310,48 euros avec intérêts au taux légal non majoré à compter du 7 juillet 2023 ;
CONDAMNE Monsieur [W] [J] à payer à la SAS EOS FRANCE la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Monsieur [W] [J] aux dépens ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
Ainsi dit et jugé les jour, mois et an susdits.
LE GREFFIER LE JUGE
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Baux d'habitation ·
- Contrats ·
- Logement ·
- Locataire ·
- Loyer ·
- Bailleur ·
- Eaux ·
- Commissaire de justice ·
- Dépôt ·
- Habitation ·
- Salubrité ·
- Titre
- Chose jugée ·
- Exécution ·
- Adresses ·
- Tribunaux administratifs ·
- Demande ·
- Partie ·
- Jugement ·
- Procédure civile ·
- Délai ·
- Tribunal judiciaire
- Fusions ·
- Clause resolutoire ·
- Loyer ·
- Commandement ·
- Force publique ·
- Résiliation du bail ·
- Commissaire de justice ·
- Expulsion ·
- Voie d'exécution ·
- Résiliation
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Baux d'habitation ·
- Contrats ·
- Loyer ·
- Résiliation du bail ·
- Commandement de payer ·
- Tribunal judiciaire ·
- Clause resolutoire ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Charges ·
- Expulsion ·
- Paiement ·
- Logement
- Syndicat de copropriétaires ·
- Tribunal judiciaire ·
- Successions ·
- Adresses ·
- Charges de copropriété ·
- Régie ·
- Budget ·
- Administrateur ·
- Immeuble ·
- Syndic
- Adresses ·
- Contentieux ·
- Bonne foi ·
- Recours ·
- Virement ·
- Commission ·
- Sociétés ·
- Surendettement des particuliers ·
- Drapeau ·
- Créance
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Sociétés ·
- Véhicule ·
- Resistance abusive ·
- Constat ·
- Signature ·
- Quittance ·
- Tribunal judiciaire ·
- Réparation ·
- Souscription ·
- Assurances
- Contrats ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expertise ·
- Véhicule ·
- Mission ·
- Technique ·
- Partie ·
- Délai ·
- Contrôle ·
- Consignation ·
- Adresses
- Baux d'habitation ·
- Contrats ·
- Adresses ·
- Solde ·
- Expulsion ·
- Loyers impayés ·
- Dette ·
- Clause resolutoire ·
- Commandement de payer ·
- Tribunal judiciaire ·
- Contentieux ·
- Bailleur
Sur les mêmes thèmes • 3
- Saisie des rémunérations ·
- Commissaire de justice ·
- Tribunal judiciaire ·
- Exécution ·
- Juge ·
- Contestation ·
- Titre ·
- Procédure ·
- Algérie ·
- Principal
- Commandement de payer ·
- Clause resolutoire ·
- Bail ·
- Entrée en vigueur ·
- Commissaire de justice ·
- Charges ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Paiement des loyers ·
- Locataire ·
- Titre
- Loyer ·
- Commissaire de justice ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commandement de payer ·
- Mise en demeure ·
- In limine litis ·
- Résiliation du bail ·
- Date ·
- Paiement ·
- Locataire
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.