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Sur la décision
| Référence : | TJ Toulouse, jcp réf., 14 nov. 2025, n° 25/02005 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02005 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 7 février 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
[Adresse 10]
[Adresse 3]
[Adresse 8]
[Localité 5]
NAC: 5AA
N° RG 25/02005
N° Portalis DBX4-W-B7J-UGDJ
ORDONNANCE
DE RÉFÉRÉ
N° B
DU 14 novembre 2025
[M] [F]
[W] [X] épouse [F]
C/
[U] [T]
Expédition revêtue de
la formule exécutoire à
Me GROC
Copies certifiées conformes délivrées à toutes les parties
Le :
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Le vendredi 14 novembre 2025, le Tribunal judiciaire de TOULOUSE,
Sous la présidence de Sophie MOREL, Vice Présidente au Tribunal judiciaire de TOULOUSE, chargée des contentieux de la protection, statuant en qualité de Juge des référés, assistée de Aurélie BLANC greffière lors des débats et Alyssa BENMIHOUB, greffière chargée des opérations de mise à disposition,
Après débats à l’audience du 12 septembre 2025, a rendu l’ordonnance de référé suivante, mise à disposition conformément à l’article 450 et suivants du Code de procédure civile, les parties ayant été avisées préalablement ;
ENTRE :
DEMANDEURS
Monsieur [M] [F],
demeurant [Adresse 4]
Représenté par Maître Olivier GROC, avocat au barreau de TARN-ET-GARONNE
Madame [W] [X] épouse [F],
demeurant [Adresse 4]
Représentée par Maître Olivier GROC, avocat au barreau de TARN-ET-GARONNE
ET
DÉFENDEUR
Monsieur [U] [T],
demeurant [Adresse 7]
[Localité 6]
Comparant en personne
EXPOSÉ DU LITIGE :
Par acte sous seing privé signé le 20 septembre 2022, Monsieur [M] [F] et Madame [W] [X] épouse [F] ont donné en location à Monsieur [U] [T] un immeuble à usage d’habitation et un emplacement de stationnement n°26 situés [Adresse 1] à [Localité 11], moyennant un loyer actuel de 605,14€ provision sur charges et assurance locative comprise.
Les loyers n’ont pas été régulièrement réglés et commandement de payer visant la clause résolutoire était délivré le 25 mars 2025, en vain.
Par acte du 6 juin 2025, dénoncé le 10 juin 2025 par voie électronique avec accusé de réception au Préfet de la Haute-Garonne, Monsieur [M] [F] et Madame [W] [X] épouse [F] ont fait assigner en référé Monsieur [U] [T] afin d’obtenir:
‒ la constatation de la résiliation du bail,
‒ l’expulsion du locataire,
‒ le paiement à titre provisionnel de la somme de 3.177,99€ représentant l’arriéré de loyers arrêté au 26 mai 2025,
‒ la fixation d’une indemnité d’occupation d’un montant égal au montant du loyer mensuel et charge indexé,
‒ l’allocation de 800€ en application de l’article 700 du Code de procédure civile et la condamnation du locataire aux dépens
L’affaire était appelée à l’audience du 12 septembre 2025.
Monsieur [M] [F] et Madame [W] [X] épouse [F], valablement représentés, actualisent leur créance à la somme de 6.033,73€ arrêté au 10 septembre 2025 comprenant les frais de commandement de 150,83€ et d’assignation de 135,22€ soit un arriéré locatif de 5.747,68€ et maintiennent leurs demandes.Ils s’opposent aux délais de paiement sollicités par le locataire dans la mesure où ce dernier n’a effectué aucun paiement depuis 10 mois et n’a pas repris le paiement des échéances courantes.
Monsieur [U] [T], comparant en personne, indique qu’il n’avait plus d’emploi et précise qu’il travaille de nouveau et s’engage à payer son loyer le mois prochain.
La décision était mise en délibéré au 14 novembre 2025.
MOTIFS :
Sur la recevabilité :
Une copie de l’assignation a été notifiée au Préfet de la Haute-Garonne par voie électronique avec accusé de réception le 10 juin 2025conformément à l’article 24 de la Loi du 6 juillet 1989, soit plus de six semaines avant l’audience.
La CCAPEX a été saisie le 26 mars 2025 par voie électronique avec accusé de réception dont copie est versée au débat. L’action est donc recevable.
Sur la preuve des loyers et charges impayés :
Monsieur [M] [F] et Madame [W] [X] épouse [F] font la preuve de l’obligation dont ils se prévalent en produisant le bail signé le 20 septembre 2022, le commandement de payer visant la clause résolutoire délivré le 25 mars 2025 et le décompte de la créance.
Sur la clause résolutoire :
Le bail signé par les parties contient une clause résolutoire qui prévoit qu’à défaut de paiement des loyers ou charges échus, ou du dépôt de garantie et deux mois après la délivrance d’un commandement de payer resté infructueux, le bail sera résilié de plein droit. Le défaut d’assurance produit les mêmes effets un mois après le commandement d’avoir à en justifier.
Par acte de Commissaire de justice du 25 mars 2025, le bailleur a fait commandement d’avoir à payer les loyers impayés. Ce commandement reproduit la clause résolutoire insérée au contrat de bail ainsi que les dispositions de l’article 24 de la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 dans sa version antérieure à la loi 2023-668 du 27 juillet 2023, de même que les dispositions de l’article 6 de la loi n°90-449 du 31 mai 1990 et mentionne la faculté pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement.
Les loyers n’ont pas été réglés dans les deux mois et, par ailleurs, le juge n’a pas été saisi par le locataire aux fins d’obtenir des délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire.
Les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont donc réunies à la date du 25 mai 2025.
L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans sa version applicable au 29 juillet 2023 conditionne l’octroi de délais de paiement et la suspenbsion de la clause résolutoire à la reprise du paiement des échéances courantes, ce qui n’est pas le cas de Monsieur [U] [T]. Sa demande de délai sera donc rejetée, d’autant qu’il n’a pas justifié de ses allocaitons chômge ni de sa reprise d’emploi.
Il convient d’ordonner son expulsion.
A défaut de départ volontaire dans les deux mois suivant signification d’un commandement de quitter les lieux, il pourra être expulsé des lieux loués, ainsi que tous occupants de son chef, avec si besoin le concours de la [Localité 9] Publique, conformément aux dispositions des articles L. 412-1 et suivants, R. 411-1 et suivants, R. 412-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution.
Le sort des meubles sera réglé conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution, des articles L. 451-1 et R. 451-1 au cas d’abandon des lieux.
Sur les sommes dues par le locataire :
Monsieur [U] [T] sera condamné au paiement de la somme de 5.747,68€ représentant l’arriéré des loyers et indemnités d’occupation au 10 septembre 2025 avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision,
Il a occupé les lieux sans droit ni titre à compter de l’acquisition de la clause résolutoire, causant ainsi un préjudice au bailleur. Il convient, pour réparer ce dommage, de fixer l’indemnité d’occupation au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, sous déduction des prestations sociales versées directement au bailleur, le cas échéant.
Sur l’article 700 du Code de procédure civile :
Il paraît inéquitable de laisser à la charge de Monsieur [M] [F] et Madame [W] [X] épouse [F] l’intégralité des sommes avancées par eux et non comprises dans les dépens. Il y a donc lieu de condamner Monsieur [U] [T] à leur verser la somme de 400€ sur le fondement de ce texte.
Sur les dépens :
Monsieur [U] [T] , succombant au principal, supportera les dépens.
DÉCISION :
Statuant publiquement par ordonnance de référé contradictoire rendue en premier ressort par mise à disposition au greffe,
Au principal, renvoie les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront ; dès à présent et par provision, vu l’urgence :
Constate la résiliation du bail à compter du 25 mai 2025,
Condamne à titre provisionnel Monsieur [U] [T] à payer Monsieur [M] [F] et Madame [W] [X] épouse [F] la somme de 5.747,68€ représentant l’arriéré des loyers et indemnités d’occupation au 10 septembre 2025, avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision,
Déboute Monsieur [U] [T] de sa demande de délais, faute de reprise de paiement des échéances courantes,
A compter du 25 mai 2025, fixe au montant du loyer et de la provision pour charges, l’indemnité d’occupation versée à Monsieur [M] [F] et Madame [W] [X] épouse [F] par Monsieur [U] [T] et l’y condamne, jusqu’au départ des lieux des occupants, sous déduction des prestations sociales versées directement au bailleur, le cas échéant,
Ordonne l’expulsion de Monsieur [U] [T] et celle de tout occupant de son chef, des lieux loués et de l’emplacement de stationnement n°26 situés [Adresse 2] à [Localité 11], et ce au besoin, avec l’assistance de la force publique, passé le délai de deux mois suivant la délivrance d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, conformément aux dispositions des articles L. 412-1 et suivants, R. 411-1 et suivants, R. 412-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution,
Ordonne que le sort des meubles soit réglé conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution, des articles L. 451-1 et R. 451-1 au cas d’abandon des lieux,
Condamne Monsieur [U] [T] à payer à Monsieur [M] [F] et Madame [W] [X] épouse [F] la somme de 400€ au titre de l’article 700 du Code de procédure civile,
Condamne Monsieur [U] [T] aux dépens qui comprendront les frais de commandement de payer,
Rappelle que l’exécution provisoire de la présente décision est de droit.
La Greffière Le Juge
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