Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Tours, jcp surendettement rp, 7 mai 2026, n° 25/03197 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03197 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Etablit un plan comportant les mesures visées aux articles L. 733-1, L. 733-7 et L. 733-8 C. consom. |
| Date de dernière mise à jour : | 28 mai 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Parties : | Société, Société [ 2 ] |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de [Localité 1]
[Adresse 1]
[Localité 2]
RG n° N° RG 25/03197 – N° Portalis DBYF-W-B7J-JX4G
JUGEMENT n°
SURENDETTEMENT DES PARTICULIERS
JUGEMENT
statuant en matière de surendettement
____________________
Le 07 Mai 2026,
E. GRU, Juge des contentieux de la protection statuant en matière de surendettement des particuliers pour le ressort du Tribunal judiciaire de TOURS, avec l’assistance de L. PENNEL greffier audit Tribunal, a rendu la décision dont la teneur suit :
ENTRE :
Monsieur [J] [T], né le 18 Octobre 1990 à [Localité 3],
demeurant [Adresse 2]
comparant en personne,
Débiteur d’une Part ;
ET :
Société [Adresse 3], domiciliée : chez [1],
dont le siège social est sis [Adresse 4]
Société [Adresse 5],
dont le siège social est sis Direction régionale – service contentieux – [Adresse 6]
Société [2],
dont le siège social est sis [Adresse 7]
Société [3],
dont le siège social est sis [Adresse 8]
Maître [B] [P],
demeurant Avocat au barreau de Tours – [Adresse 9]
Société [4], domiciliée : chez [5],
dont le siège social est sis Service surendettement – [Adresse 10]
non comparants, non représentés,
Créanciers d’autre Part ;
Copies certifiées conformes notifiées :
— par LRAR aux parties le
— par LS à la [6] le
— dossier
Page sur
EXPOSE DU LITIGE
Suivant déclaration en date du 13 mars 2025, Monsieur [J] [T] a saisi la commission de surendettement des particuliers d'[Localité 4]-et-[Localité 5] d’une demande tendant au traitement de sa situation de surendettement.
Par décision du 27 mars 2025, la commission a déclaré son dossier recevable et l’a instruit selon la procédure classique.
Selon décision du 19 juin 2025, la commission a imposé un rééchelonnement de tout ou partie des créances sur une durée maximum de 29 mois, selon une mensualité moyenne de remboursement de 254,61 euros, au taux maximum de 3,71%, sans effacement.
Par courrier recommandé en date du 26 juin 2025, Monsieur [J] [T], débiteur, a formé un recours contre cette décision, qui lui a été notifiée le 26 juin 2025.
Les parties ont été convoquées à l’audience du 02 mars 2026 par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.
A l’audience, Monsieur [J] [T] a comparu en personne. Il déclare avoir contesté la décision de la commission au regard du montant trop élevé des mensualités. Il explique avoir été licencié pour inaptitude suite à un accident de travail survenu au mois d’août 2024. Il était chauffeur poids lourd depuis le mois de juin 2024. Il indique avoir déposé un dossier auprès de la MDPH afin de bénéficier d’une reconnaissance travailleur handicapé. Il ajoute envisager une reconversion professionnelle dans le domaine social. Il vit en concubinage et a un enfant à charge. Il perçoit les APL. S’agissant de ses ressources, il déclare percevoir la somme de 1.119 euros au titre de l’ARE et que sa compagne et concubine perçoit un salaire de 1.00 euros mensuel. Il déclare également une augmentation de ses charges notamment du fait de ses frais médicaux. Il propose de régler des mensualités de l’ordre de 50 à 100 euros et sollicite un délai plus long.
Malgré signature de l’avis de réception de leurs lettres de convocation, les créanciers n’ont pas comparu, ni usé de la faculté offerte par l’article [Etablissement 1]-4 du code de la consommation.
A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 07 mai 2026 par mise à disposition au greffe.
MOTIFS
En l’absence de comparution de certaines parties, le présent jugement statuant en premier ressort sera réputé contradictoire.
Sur la recevabilité de la contestation
Selon les termes de l’article L713-1 du code de la consommation, le juge des contentieux de la protection connaît des mesures de traitement des situations de surendettement des particuliers et de la procédure de rétablissement personnel. Il est compétent pour connaître des recours dirigés contre les décisions rendues par la commission en matière de recevabilité et d’orientation du dossier.
L’article L733-10 dispose qu’une partie peut contester devant le juge des contentieux de la protection, dans un délai fixé par décret, les mesures imposées par la commission en application des articles L. 733-1, L. 733-4 ou L. 733-7.
Selon l’article R733-6 du code précité la commission notifie, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, au débiteur et aux créanciers les mesures qu’elle entend imposer en application des dispositions des articles L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7.
Elle indique que la contestation à l’encontre des mesures que la commission entend imposer est formée par déclaration remise ou adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception à son secrétariat dans un délai de trente jours à compter de leur notification ; elle précise que cette déclaration indique les nom, prénoms et adresse de son auteur, les mesures contestées ainsi que les motifs de la contestation, et est signée par ce dernier.
En l’espèce, Monsieur [J] [T] a formé son recours dans les forme et délai légaux de sorte qu’il doit être déclaré recevable.
Sur le bien-fondé de la contestation
Aux termes de l’article 711-1 du code de la consommation, le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. La situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir. Le seul fait d’être propriétaire de sa résidence principale dont la valeur estimée à la date du dépôt du dossier de surendettement est égale ou supérieure au montant de l’ensemble des dettes non-professionnelles exigibles et à échoir ne fait pas obstacle à la caractérisation de la situation de surendettement. L’impossibilité de faire face à un engagement de cautionner ou d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société caractérise également une situation de surendettement.
Sur la situation d’endettement de Monsieur [J] [T] :
Il résulte de l’ensemble des justificatifs produits à l’audience et en cours de délibéré ainsi que de l’état descriptif de situation dressé par la commission de surendettement que la situation de Monsieur [J] [T] s’établit comme suit :
— ressources mensuelles : 1.476,41 € (soit 1.119€ d’ARE ; 357,41€ contribution de sa compagne aux charges) ;
— charges : 1.403,46 € (soit forfait 1.270 € ; mutuelle 87€ et loyer de 46,46 € APL déduite)
En application des articles L731-1, L731-2, R731-1, R731-2 et R731-3 du code de la consommation, il convient de retenir les éléments suivants :
— capacité réelle de remboursement : 72,95 € ;
— capacité théorique de remboursement (en application du barème des saisies des rémunérations) : 194.42 € ;
Compte tenu des éléments du dossier, il est impossible de retenir la stricte application du barème à l’ensemble des ressources de Monsieur [T] qui ne pourrait plus faire face à ses charges courantes.
Le juge comme la commission devant toujours rechercher la capacité réelle de remboursement du débiteur eu égard aux charges particulières qui peuvent être les siennes, il convient en l’espèce d’arrêter la capacité mensuelle de remboursement du débiteur à la somme de : 72,95 €
En l’absence de contestation sur la validité et le montant des créances, l’état du passif de Monsieur [T] a été arrêté par la commission à la somme totale de 6.302,03 €.
Il résulte du jugement du tribunal judiciaire de Tours du 24 septembre 2025 que par compensation judiciaire des créances de [7] CENTRE VAL DE LOIRE et du débiteur Monsieur [T], la créance de [7] sera fixée à la somme de 0,00 euro.
Au regard de l’ensemble de ces éléments, il y a lieu de considérer que l’impossibilité pour de faire face à son passif exigible et à échoir avec son actif disponible est caractérisée.
Page sur
Sur la bonne foi de Monsieur [J] [T] :
La bonne foi étant présumée, il appartient au créancier qui entend soulever la mauvaise foi du débiteur d’en rapporter la preuve. Elle est personnelle au débiteur, et les faits constitutifs de la mauvaise foi doivent être en rapport avec la situation de surendettement, le juge devant apprécier la bonne foi au vu de l’ensemble des éléments qui lui sont soumis au jour où il statue.
En l’espèce, la bonne foi de Monsieur [J] [T] n’est pas contestée et aucun élément produit aux débats ne permet de la remettre en cause.
Sur les mesures de désendettement :
En application de l’article L.733-1 du code de la consommation, la commission peut, à la demande du débiteur et après avoir mis les parties en mesure de fournir leurs observations, imposer tout ou partie des mesures suivantes :
1° Rééchelonner le paiement des dettes de toute nature, y compris, le cas échéant, en différant le paiement d’une partie d’entre elles, sans que le délai de report ou de rééchelonnement puisse excéder sept ans ou la moitié de la durée de remboursement restant à courir des emprunts en cours ; en cas de déchéance du terme, le délai de report ou de rééchelonnement peut atteindre la moitié de la durée qui restait à courir avant la déchéance ;
2° Imputer les paiements, d’abord sur le capital ;
3° Prescrire que les sommes correspondant aux échéances reportées ou rééchelonnées porteront intérêt à un taux réduit qui peut être inférieur au taux de l’intérêt légal sur décision spéciale et motivée et si la situation du débiteur l’exige.
4° Suspendre l’exigibilité des créances autres qu’alimentaires pour une durée qui ne peut excéder deux ans.
L’article L.733-7, dans cette même version, permet de subordonner ces mesures imposées et recommandées à l’accomplissement par le débiteur d’actes propres à faciliter ou à garantir le paiement de la dette.
Aux termes de l’article L.733-11 du code de la consommation, dans sa version en vigueur au jour des débats, lorsque les mesures prévues par les articles L.733-4 et L.733-7 (anciennement L.733-7 et L.733-8) sont combinées avec tout ou partie de celles prévues par l’article L.733-1, le juge saisi d’une contestation statue sur l’ensemble des mesures dans les conditions prévues à l’article L.733-13.
L’article L.733-13 du code de la consommation prévoit que le juge saisi de la contestation prévue à l’article L. 733-10 prend tout ou partie des mesures définies aux articles L.733-1, L.733-4 et L.733-7 (anciennement L.733-1, L.733-7 et L.733-8). Lorsqu’il statue en application de l’article L.733-10, le juge peut, en outre, prononcer un redressement personnel sans liquidation judiciaire.
En l’espèce, un plan de redressement en tenant compte sera établi sur une durée de 78 mois dans les conditions fixées au dispositif de la présente décision, sachant que, en application de l’article L.733-4 du Code de la consommation, l’effacement partiel des créances sera appliqué à l’issue de cette période.
Afin de ne pas aggraver la situation financière de Monsieur [T], le taux d’intérêts des prêts sera ramené à zéro et les dettes reportées ou rééchelonnées seront sans intérêt, conformément à la possibilité qui est donnée au juge par l’article L.733-1 du Code de la consommation.
Enfin, en cette matière où la saisine du tribunal et la notification des décisions se font sans l’intervention d’un huissier et où le ministère d’avocat n’est pas obligatoire, il n’y a pas de dépens. En conséquence, les dépens éventuellement engagés par une partie resteront à sa charge.
PAR CES MOTIFS,
Le Juge des contentieux de la protection, statuant publiquement par mise à disposition du jugement au Greffe à la date indiquée à l’issue des débats en audience publique en application de l’article 450 alinéa 2 du Code de procédure civile, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
DÉCLARE RECEVABLE la contestation de Monsieur [J] [T] à l’encontre des mesures imposées par la commission de surendettement des particuliers d'[Localité 4]-et-[Localité 5] du 19 juin 2025 ;
FIXE la créance de FRANCE TRAVAIL CENTRE VAL DE [Localité 5] (6649761B) à la somme de 0,00 euros ;
FIXE la capacité de remboursement de Monsieur [J] [T] à la somme de 91,07 € ;
ARRÊTE les mesures propres à traiter la situation de surendettement de Monsieur [T] [J] selon les modalités suivantes et selon le plan annexé à la présente décision :
— les dettes sont rééchelonnées sur une durée de 78 mois ;
— le taux d’intérêt des prêts est ramené à 0,00% et les dettes reportées ou rééchelonnées ne produiront pas intérêts pendant la durée du plan ;
RAPPELLE que les créances telles que définitivement arrêtées par la commission lors de l’établissement du passif ne peuvent avoir produit d’intérêts ou généré de pénalités de retard jusqu’à la mise en œuvre du plan résultant de la présente décision ;
DIT que chaque créancier, après actualisation du tableau d’amortissement d’origine le cas échéant, informera dans les meilleurs délais des nouvelles modalités de recouvrement de sa créance, notamment de la date du premier règlement devant intervenir au plus tard dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement ;
DIT que Monsieur [J] [T] devra définir avec ses créanciers les modalités pratiques de règlement des échéances ;
RAPPELLE qu’à défaut de paiement d’une seule de ces échéances à son terme, l’ensemble du plan est de plein droit caduc 15 jours après une mise en demeure adressée à Monsieur [T] [J] d’avoir à exécuter ses obligations et restée infructueuse ;
RAPPELLE qu’aucune voie d’exécution ne pourra être poursuivie par l’un quelconque des créanciers pendant toute la durée d’exécution des mesures sauf à constater la caducité de ces dernières ;
RAPPELLE à Monsieur [J] [T] qu’en cas d’amélioration significative de sa situation financière, il lui appartiendra d’affecter ses ressources supplémentaires au remboursement de ses créanciers et d’éventuellement ressaisir la commission de surendettement d’une nouvelle demande à défaut d’accords amiables possibles avec lesdits créanciers ;
DIT qu’il appartiendra à Monsieur [J] [T], en cas de changement significatif de ses conditions de ressources à la baisse, d’éventuellement ressaisir la commission de surendettement d’une nouvelle demande à défaut d’accords amiables possibles avec ses créanciers ;
INTERDIT à Monsieur [J] [T] pendant la durée du plan d’accomplir un acte qui aggraverait sa situation financière, sauf autorisation du juge, et notamment :
— d’avoir recours à un nouvel emprunt, y compris sous la forme d’une carte de crédit,
— de se porter caution,
— de faire des actes de disposition étrangers à la gestion normale du patrimoine ;
RAPPELLE que ces mesures sont signalées au Fichier des Incidents de paiement de remboursement des Crédits aux Particuliers géré par la [6] et qu’une inscription sera maintenue pendant toute la durée du plan sans pouvoir excéder sept ans ;
RAPPELLE qu’en application de l’article R.713-10 du Code de la consommation la présente décision est immédiatement exécutoire ;
LAISSE à chaque partie la charge des éventuels dépens par elle engagés ;
DIT que la présente décision sera notifiée aux parties par lettre recommandée avec accusé de réception, et par lettre simple à la commission de surendettement des particuliers d'[Localité 4]-et-[Localité 5] ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition, les jour, mois et an précités par le Président et le Greffier susnommés.
Le Greffier Le Président
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Mise en état ·
- Renouvellement ·
- Incident ·
- Épouse ·
- Loyer ·
- Médiation ·
- Bail commercial ·
- Sociétés ·
- Demande ·
- État
- Adresses ·
- Surendettement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Contentieux ·
- Commission ·
- Caducité ·
- Finances ·
- Protection ·
- Motif légitime ·
- Écrit
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- Durée ·
- Ordonnance ·
- Territoire français ·
- Notification ·
- Juge ·
- Cour d'appel ·
- Assignation à résidence ·
- Algérie
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Commandement de payer ·
- Tribunal judiciaire ·
- Caution solidaire ·
- Loyer ·
- Locataire ·
- Provision ·
- Paiement ·
- Adresses ·
- Charges ·
- Obligation
- Adresses ·
- Expulsion ·
- Contestation sérieuse ·
- Logement ·
- Référé ·
- Contrat de travail ·
- Exécution ·
- Immeuble ·
- Travail ·
- Exception d'irrecevabilité
- Hospitalisation ·
- Trouble psychique ·
- Santé publique ·
- Consentement ·
- Établissement ·
- Urgence ·
- Liberté ·
- Certificat médical ·
- Intégrité ·
- Certificat
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Capital ·
- Consorts ·
- Saisie ·
- Commissaire de justice ·
- Mainlevée ·
- Sociétés ·
- Tribunal judiciaire ·
- Dommages et intérêts ·
- Titre ·
- Exécution
- Adresses ·
- Lot ·
- Épouse ·
- Copropriété ·
- Tribunal judiciaire ·
- Indivision ·
- Partage ·
- Vente aux enchères ·
- Siège social ·
- Vente
- Tribunal judiciaire ·
- Débiteur ·
- Comptes bancaires ·
- Commissaire de justice ·
- Marque ·
- Solde ·
- Lettre recommandee ·
- Procédure civile ·
- Réception ·
- Titre
Sur les mêmes thèmes • 3
- Rétablissement personnel ·
- Liquidation judiciaire ·
- Effacement ·
- Adresses ·
- Bonne foi ·
- Clause resolutoire ·
- Protection ·
- Enfant ·
- Surendettement des particuliers ·
- Tribunal judiciaire
- Scientifique ·
- Région ·
- Contrôle ·
- Technique ·
- Monument historique ·
- Adresses ·
- Classes ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commissaire de justice ·
- Historique
- Tribunal judiciaire ·
- Déficit ·
- Préjudice ·
- Provision ·
- Consolidation ·
- Référé ·
- Dire ·
- Expertise ·
- Magasin ·
- Lésion
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.