Non-lieu à statuer 30 janvier 2024
Rejet 15 avril 2024
Rejet 26 septembre 2024
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Sur la décision
| Référence : | TA Lille, 15 avr. 2024, n° 2403163 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Lille |
| Numéro : | 2403163 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Décision précédente : | Tribunal administratif de Lille, 30 janvier 2024, N° 2310330 |
| Dispositif : | Satisfaction partielle |
| Date de dernière mise à jour : | 3 juin 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 27 mars et le 10 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Cabaret, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) en application de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, d’assortir les injonctions prononcées par l’ordonnance n° 2310330 du 30 janvier 2024 d’une astreinte de 250 euros par jour de retard à l’expiration d’un délai de 24 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, en application des articles L. 911-1 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que sa situation n’a pas encore été réexaminée malgré l’injonction sous un délai d’un mois prononcée par l’ordonnance du juge des référés, qu’en outre, sa demande de renouvellement de son récépissé a été classée sans suite.
Des pièces enregistrées et communiquées le 10 avril 2024 ont été présentées par le préfet du Nord.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
— le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bergerat, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 11 avril 2024 à 14h30, en présence de Mme Blanc, greffière, Mme Bergerat, juge des référés, a lu son rapport et entendu :
— Me Cabaret, représentant Mme A, qui reprend les conclusions et moyens de la requête ;
— le préfet du Nord n’est ni présent, ni représenté.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance n° 2310330 du 30 janvier 2024, le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a rejeté la demande de renouvellement du certificat de résidence algérien de Mme A, née le 30 août 1983, de nationalité algérienne, et a enjoint au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa demande dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, d’ordonner que l’injonction précitée soit assortie d’une astreinte de 250 euros par jour de retard.
Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridictionnelle : « Dans les cas d’urgence (), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ». Au cas d’espèce, en raison de l’urgence qui s’attache au règlement du présent litige, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l’admission provisoire de Mme A, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ». Aux termes de l’article L. 521-4 du même code : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d’un élément nouveau, modifier les mesures qu’il avait ordonnées ou y mettre fin. ».
4. La décision ordonnée par le juge administratif des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, revêt, conformément au principe rappelé à l’article L. 11 du code de justice administrative, un caractère exécutoire et, en vertu de l’autorité qui s’attache aux décisions de justice, obligatoire. Si l’exécution d’une ordonnance demeurée sans effet peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du code de justice administrative, l’existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu’une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-4 du même code, de compléter les mesures ordonnées par le juge des référés par toute mesure destinée à assurer cette exécution.
5. Il résulte de l’instruction qu’un récépissé de demande de carte de séjour valable du 9 avril 2024 au 8 juillet 2024 a été délivré à Mme A qui était démunie de tout document de séjour depuis l’expiration le 22 février 2024 d’un précédent récépissé. Toutefois, la délivrance à la requérante par le préfet du Nord de récépissés de demande de titre de séjour ne constitue qu’une mesure d’attente qui ne se substitue pas au réexamen de la demande initiale de titre de séjour dont le préfet du Nord reste saisi et qui se manifeste par une décision expresse, et notifiée, sur le droit au séjour de l’intéressée. En outre, en l’absence de défense du préfet du Nord, aucun élément n’est apporté pour expliquer l’absence de réexamen effectif de la demande de la requérante tendant à la délivrance d’un certificat de résidence algérien. Par suite, l’intéressée est fondée à soutenir que le préfet du Nord n’a pas procédé à l’exécution de l’ordonnance du tribunal administratif dans les conditions définies par celle-ci qui impliquaient une prise de position expresse sur le droit à la délivrance du titre de séjour demandé par Mme A, qui lui aurait été notifiée. Cette circonstance est constitutive d’un élément nouveau au sens et pour l’application de l’article L. 521-4 du code de justice administrative.
6. Dès lors, il y a lieu de faire droit à la demande de la requérante et de compléter l’injonction de réexamen ordonnée par l’ordonnance n° 2310330 du 30 janvier 2024 en prononçant contre le préfet du Nord, à défaut pour lui de justifier d’une décision expresse de réexamen, notifiée à Mme A, dans un délai de quinze jours, à compter de la notification de la présente ordonnance, une astreinte de 100 euros par jour de retard jusqu’à la date de notification effective de cette décision expresse.
Sur les frais liés au litige :
7. Mme A a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Cabaret, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat et sous réserve de l’admission définitive de son client à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Cabaret de la somme de 800 euros. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d’aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme A.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : L’injonction prescrite par l’ordonnance n° 2310330 du 30 janvier 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille est assortie d’une astreinte de 100 euros par jour de retard prononcée à l’encontre du préfet du Nord, à compter de l’expiration d’un délai de quinze jours jours suivant la notification de la présente ordonnance et jusqu’à la date à laquelle la mesure de réexamen aura reçu exécution.
Article 3 : Sous réserve de l’admission définitive de Mme A à l’aide juridictionnelle et sous réserve que Me Cabaret renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, ce dernier versera à Me Cabaret, avocat de Mme A, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d’aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme A.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l’intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée, pour information, au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 15 avril 2024.
La juge des référés,
Signé
S. BERGERAT
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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