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Sur la décision
| Référence : | T. com. Marseille, ch. 08, 18 févr. 2026, n° 2025L04233 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal de commerce / TAE de Marseille |
| Numéro(s) : | 2025L04233 |
| Importance : | Inédit |
| Date de dernière mise à jour : | 12 mars 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : |
|---|
Texte intégral
Décision signée électroniquement conformément à l’article 456 du Code de procédure civile
TRIBUNAL DES ACTIVITES ECONOMIQUES DE MARSEILLE
Jugement du 18 février 2026
Réf : M0003767 N° PCL : 2023J00645 N° RG : 2025L04233
SAS LES MANDATAIRES, mission conduite par Me [M] [V] Es qualités de Mandataire Liquidateur de la SDE MULTIBAT AGENCEMENTS ESPANA S.L. [Adresse 1] [Localité 1] (Me Hamida RADHOUANI, Associée)
C /
Monsieur [X] [E] Né le [Date naissance 1] 1995 à [Localité 2] et de nationalité française Es qualités de responsable en France de la SDE MULTIBAT AGENCEMENTS ESPANA S.L. [Adresse 2] Et encore : [Adresse 3] (Partie défaillante)
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Décision réputée contradictoire et en premier ressort.
Débats, clôture des débats et mise en délibéré lors de l’audience publique du 10 décembre 2025 où siégeaient M. BROSSIER, Président, M. BRAVAIS, M. PORTELLI, Juges, assistés de Mme Fabienne CHELLI, Greffier Audiencier.
La cause ayant été communiquée au Ministère Public.
En présence du Ministère Public représenté par M. VIOLET, Premier Vice-Procureur de la République.
Délibérée par les mêmes juges.
Prononcée en application de l’article 452 du Code de procédure civile, le 18 février 2026 par M. BROSSIER, Président, assisté de Mme Fabienne CHELLI, Greffier Audiencier.
ATTENDU que par acte d’Huissier de Justice en date du 24 octobre 2025, Me [M] [V] ès qualités de liquidateur judiciaire de la SDE MULTIBAT AGENCEMENTS ESPANA S.L. a assigné Monsieur [X] [E] devant le Tribunal de Commerce de Marseille pour entendre :
Vu les articles 515 et 700 du Code de procédure civile,
Vu les articles L. 653-3 à L. 653-11 du Code de commerce,
Vu les articles L. 123-12 et R. 123-173 du Code de commerce,
* Constater que Monsieur [X] [E] a commis des actes susceptibles de voir engager sa responsabilité sur le fondement des articles précités,
En conséquence,
* Prononcer la faillite personnelle de Monsieur [X] [E],
A défaut,
* Prononcer à son encontre une interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler directement ou indirectement soit toute entreprise commerciale ou artisanale et toute personne morale, pour une durée ne pouvant excéder 15 ans,
* Prononcer l’exécution provisoire de la décision à venir,
Par ailleurs,
* Condamner Monsieur [X] [E] aux entiers dépens de la procédure ;
ATTENDU que le 18 novembre 2025, Monsieur le Juge-Commissaire a déposé son rapport établi conformément aux dispositions de l’article R. 662-12 du Code de commerce ;
ATTENDU que Monsieur le Procureur de la République a été avisé de la date d’audience ; que l’affaire a donc été appelée à l’audience du 12 novembre 2025 à 8 heures 30 en salle A ; que l’affaire a été renvoyée au 10 décembre 2025 ;
ATTENDU que la publicité des débats est consacrée par la loi de sauvegarde ( Article L. 662-3 du Code de Commerce ), néanmoins sur demande du débiteur, le Président du Tribunal peut décider que les débats auront lieu en chambre du conseil ( Article R. 662-9 ); qu’aucune demande n’a été formulée ; qu’ainsi, les débats ont lieu en audience publique ;
ATTENDU qu’à l’ouverture des débats, le Président donne lecture du rapport du Juge-Commissaire tel que déposé au Greffe, au contradictoire de toutes les parties ; qu’aucune ne sollicite le renvoi des suites de ce rapport ;
ATTENDU que Me [M] [V] ès qualités expose donc oralement les termes de son assignation ; qu’il en maintient intégralement les termes et sollicite une interdiction de gérer de 7 ans ;
ATTENDU que Monsieur [X] [E] ne comparaît pas, ni personne pour lui ;
ATTENDU que Monsieur le Premier Vice-Procureur de la République donne lecture du casier judiciaire du défendeur ; qu’il requiert qu’il soit fait droit à la demande du Liquidateur Judicaire, avec exécution provisoire ;
ATTENDU que conformément aux dispositions des articles 450 et 726 du Code de Procédure Civile, après avoir indiqué la date de la décision, laquelle est mentionnée sur le répertoire général des affaires, le Tribunal a mis l’affaire en délibéré ;
SUR QUOI
ATTENDU qu’il ressort des pièces versées au dossier que la SDE MULTIBAT AGENCEMENTS ESPANA S.L., immatriculée le 26 juillet 2010, avait pour objet social « Toutes opérations industrielles et commerciales en rapport avec les recherches pluridisciplinaires sur l’environnement et l’architecture intérieure. » ; que son Responsable en France est Monsieur [X] [E] lors de l’ouverture de la procédure collective ;
ATTENDU que par jugement en date du 31 juillet 2023, le Tribunal de Commerce de Marseille a ouvert une procédure de redressement judiciaire au profit de la SDE MULTIBAT AGENCEMENTS ESPANA S.L. ; que par jugement en date du 27 septembre 2023, le Tribunal de Commerce de Marseille a prononcé la liquidation judiciaire de la SDE MULTIBAT AGENCEMENTS ESPANA S.L. et a désigné Me [M] [V] aux fonctions de Liquidateur Judiciaire ;
ATTENDU que l’article L. 653-5 du Code de commerce prévoit que « le Tribunal peut prononcer la faillite personnelle de toute personne mentionnée à l’article L.653-1 contre laquelle a été relevé l’un des faits ci-après : […]
5° Avoir, en s’abstenant volontairement de coopérer avec les organes de la procédure, fait obstacle à son bon déroulement ;
2025L04233
6° Avoir fait disparaître des documents comptables, ne pas avoir tenu de comptabilité lorsque les textes applicables en font obligation, ou avoir tenu une comptabilité fictive, manifestement incomplète ou irrégulière au regard des dispositions applicables »;
ATTENDU qu’il convient tout d’abord de préciser que Monsieur [X] [E] ne s’est pas présenté à l’audience ayant statué sur l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire de son entreprise ; que par suite, il ne s’est pas présenté à la convocation que lui a fait délivrer Me [M] [V] ; qu’en outre, il ne s’est pas davantage présenté à la convocation que lui a fait délivrer Monsieur le Juge Commissaire ; que le Commissaire-priseur a également dressé un procès-verbal de carence déposé au Greffe le 8 septembre 2023 ; qu’en outre, Monsieur [X] [E] n’était pas plus présent, bien que régulièrement convoqué, à l’audience ayant statué sur la conversion du redressement judiciaire en liquidation judiciaire ;
ATTENDU que Monsieur [X] [E] n’a donc remis aucun élément à son Liquidateur Judiciaire, notamment il n’a pas produit la liste prévue par l’article L. 622-6 du Code de commerce ; qu’il n’a pas non plus fait diligence aux tentatives ed prise de contact diligentées par le Commissaire-priseur de la procédure ; que dans ces conditions, le manque de coopération de Monsieur [X] [E] est établi ;
ATTENDU que ce manque de coopératation a empêché Me [M] [V], de même que le Juge-Commissaire et le Commissaire-priseur, de remplir les missions qui leur ont été confiées par le tribunal de manière satisfaisante dans la mesure où, faute d’informations utiles communiquées, des recherches complémentaires ont dû être réalisées sans pouvoir toujours trouver de réponses utiles ; que Monsieur [X] [E] a donc fait obstacle au bon déroulement de la procédure collective du fait de ce manque de coopération ;
ATTENDU que dans ces conditions, la faute de gestion prévue par l’article L. 653-5 5° du Code de commerce est établie ;
ATTENDU que par ailleurs, il ressort des éléments du dossier que du fait même du manque de coopération tel que caractérisé supra, Monsieur [X] [E] n’a remis aucun élément comptable à Me [M] [V] ès qualités ; que par suite, Me [M] [V] ès qualités s’est trouvé dans l’impossibilité d’obtenir les éléments nécessaires à la reconstitution d’une comptabilité minimale ; que les comptes sociaux de l’entreprise n’ont pas fait l’objet d’un dépôt régulier auprès des services du Registre du Commerce et des Sociétés depuis l’exercice 2010 inclus, soit depuis l’immatriculation de la personne morale ;
ATTENDU que Monsieur [X] [E] ne comparaît pas devant le tribunal pour établir qu’il aurait tenu une comptabilité régulière ; qu’a minima, Monsieur [X] [E] a donc tenu une comptabilité manifestement incomplète, voire totalement inexistante ;
ATTENDU que dans ces conditions, la faute de gestion prévue par l’article L. 653-5 6° du Code de commerce est établie ;
ATTENDU que l’article L. 653-8 alinéa 1 du Code de commerce dispose que « dans les cas prévus aux articles L. 653-3 à L. 653-6, le tribunal peut prononcer, à la place de la faillite personnelle, l’interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, soit toute entreprise commerciale ou artisanale, toute exploitation agricole et toute personne morale, soit une ou plusieurs de celles-ci »;
ATTENDU qu’en l’état de ce qui précède, il y a lieu de prononcer à l’encontre de Monsieur [X] [E] une mesure d’interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, soit toute entreprise commerciale ou artisanale, toute exploitation agricole et toute personne morale, soit une ou plusieurs de celles-ci, pour une durée de 7 ans, à compter de ce jour ;
ATTENDU que l’exécution provisoire s’avérant nécessaire et compatible avec la nature de l’affaire, il échet de l’ordonner, conformément aux dispositions de l’article L. 653-11 du Code de commerce ;
ATTENDU qu’il échet de rejeter tous surplus des demandes comme non fondés et non justifiés ;
PAR CES MOTIFS
2025L04233
LE TRIBUNAL DES ACTIVITES ECONOMIQUES DE MARSEILLE, Après en avoir délibéré conformément à la Loi, Advenant l’audience de ce jour,
Vu les dispositions des articles L. 653-1 à L. 653-11 du Code de commerce, Vu le rapport du Juge-Commissaire,
Constate que Monsieur [X] [E] a commis les fautes de gestion prévues par l’article L. 653-5 5° et 6° du Code de commerce ;
Vu les dispositions de l’article L. 653-8 alinéa 1 du Code de commerce,
Prononce à l’encontre de Monsieur [X] [E], né le [Date naissance 1] 1995 à [Localité 3] et de nationalité française, domicilié et demeurant [Adresse 2] et encore [Adresse 3], une mesure d’interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, soit toute entreprise commerciale ou artisanale, toute exploitation agricole et toute personne morale, soit une ou plusieurs de celles-ci, pour une durée 7 (sept) ans, à compter de ce jour ;
Ordonne l’exécution provisoire des dispositions du présent jugement, conformément aux dispositions de l’article L. 653-11 du Code de commerce ;
Dit qu’en application des articles L. 128-1 et suivants et R. 128-1 et suivants du code du commerce, cette sanction fera l’objet d’une inscription au Fichier national des interdits de gérer, dont la tenue est assurée par le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce ;
Ordonne la publicité légale en pareille matière ;
Rejette tous surplus des demandes comme non fondés et non justifiés ;
Dit les dépens, de la présente, Toutes Taxes Comprises, en frais privilégiés de la procédure collective ;
Ainsi jugé et prononcé en application de l’article 452 du Code de procédure civile par le Tribunal des Activités de Marseille, le 18 février 2025 ;
LE GREFFIER
LE PRESIDENT
La minute de la décision est signée électroniquement par le juge et le greffier.
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