Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 8 sect. 2, 20 avr. 2026, n° 25/12760 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/12760 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 30 avril 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Parties : | S.A. [ Localité 2 ] |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY
JUGE DE L’EXECUTION
JUGEMENT CONTENTIEUX DU
20 Avril 2026
MINUTE : 26/00476
N° RG 25/12760 – N° Portalis DB3S-W-B7J-4LJS
Chambre 8/Section 2
Rendu par Monsieur UBERTI-SORIN Stephane, Juge chargé de l’exécution, statuant à Juge Unique.
Assisté de Madame HALIFA Zaia, Greffière,
DEMANDEUR
Monsieur [Q] [M] [P]
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Localité 1]
comparant
ET
DEFENDEUR
S.A. [Localité 2]
[Adresse 3]
[Localité 3]
non comparante
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DEBATS
Monsieur UBERTI-SORIN, juge de l’exécution,
Assisté de Madame HALIFA, Greffière.
L’affaire a été plaidée le 08 Avril 2026, et mise en délibéré au 20 Avril 2026.
JUGEMENT
Prononcé le 20 Avril 2026 par mise à disposition au greffe, par décision Réputée contradictoire et en premier ressort.
EXPOSE DU LITIGE
Par requête du 23 décembre 2025, Monsieur [Q] [M] [P] a sollicité une mesure de sursis avant expulsion poursuivie en exécution d’un jugement rendu le 5 mai 2025 par le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité de Saint-Ouen, signifié le 3 juin 2025, suivi d’un commandement de quitter les lieux délivré le 16 décembre 2025.
L’affaire a été retenue à l’audience du 8 avril 2026 et la décision mise en délibéré au 20 avril 2026 par mise à disposition au greffe, les parties en ayant été préalablement avisées.
À l’audience, Monsieur [Q] [M] [P] a demandé au juge de l’exécution de lui accorder un sursis avant expulsion de 12 mois soutenant notamment que :
– ses revenus mensuels s’élèvent à 1.900 euros et ceux de sa conjointe à 800 euros ;
– il perçoit également des prestations familiales ;
– il occupe le logement avec sa conjointe et deux enfants âgés de 19 et 21 ans qui sont étudiants ;
– il a repris le paiement de l’indemnité d’occupation et il est en mesure de continuer à effectuer des paiements ;
– il a entrepris des démarches en vue de son relogement.
Régulièrement convoquée par le Greffe, la S.A. [Localité 2] ne s’est pas présentée et n’a pas constitué avocat. Il sera donc statué par jugement réputé contradictoire, conformément aux dispositions des articles 473 et 474 du code de procédure civile. Par courrier reçu au greffe le 23 février 2026, elle a communiqué des pièces et exprimé sa position quant à la demande formée par Monsieur [Q] [M] [P].
Pour un plus ample exposé des prétentions et moyens des parties, il y a lieu de se référer, par application des dispositions de l’article 455 du code de procédure civile, à la requête précitée et, le cas échéant, aux dernières écritures des parties sus-visées.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur l’absence de comparution de la S.A. [Localité 2]
Conformément aux dispositions de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la demande de délais pour quitter les lieux
Aux termes des dispositions de l’article L. 213-6 du code de l’organisation judiciaire, le juge de l’exécution ne peut délivrer de titre exécutoire hors les cas prévus par la loi et est dépourvu des pouvoirs juridictionnels pour accorder des délais de grâce lorsque aucune procédure d’exécution forcée n’est en cours.
Aux termes du premier alinéa de l’article L. 412-3 du code des procédures civiles d’exécution, le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants de lieux habités ou de locaux à usage professionnel, dont l’expulsion a été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales. Depuis la Loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite, ces dispositions ne s’appliquent pas lorsque les occupants dont l’expulsion a été ordonnée sont entrés dans les locaux à l’aide de manœuvres, de menaces, de voies de fait ou de contrainte.
Conformément à l’article L. 412-4 du code des procédures civiles d’exécution, dans sa rédaction en vigueur à compter du 29 juillet 2023, la durée des délais prévus à l’article L. 412-3 ne peut, en aucun cas, être inférieure à un mois ni supérieure à un an. Pour la fixation de ces délais, il est tenu compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l’occupant dans l’exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l’occupant, notamment en ce qui concerne l’âge, l’état de santé, la qualité de sinistré par faits de guerre, la situation de famille ou de fortune de chacun d’eux, les circonstances atmosphériques, ainsi que des diligences que l’occupant justifie avoir faites en vue de son relogement. Il est également tenu compte du droit à un logement décent et indépendant, des délais liés aux recours engagés selon les modalités prévues aux articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation et du délai prévisible de relogement des intéressés.
C’est ainsi que la loi prescrit au juge d’examiner trois éléments pour statuer sur une demande de délai pour quitter les lieux :
— la bonne ou mauvaise volonté de l’occupant dans l’exécution de ses obligations ;
— les situations respectives du propriétaire et de l’occupant ;
— les diligences que l’occupant justifie avoir effectuées en vue de son relogement.
Enfin, le juge de l’exécution ne peut, en vertu des textes précités, accorder qu’un délai maximal de 12 mois.
Il ressort de la déclaration des revenus de 2025 que le revenu fiscal de référence de Monsieur [Q] [M] [P] s’établissait à 26.482 euros, soit un revenu mensuel d’environ 2.206 euros, étant précisé que ses derniers bulletins de salaires montrent un salaire d’environ 1.800 euros. Par ailleurs, sa concubine perçoit un revenu mensuel d’environ 828 euros, étant précisé que ses bulletins de salaire montrent un salaire net variable entre 828 et 984 euros.
Monsieur [Q] [M] [P] justifie d’une demande de logement social effectuée le 5 avril 2026.
Il résulte du décompte produit par le requérant que la dette locative s’est légèrement aggravée par rapport au jugement rendu le 5 mai 2025, qui l’avait fixée à 2.076,53 euros, et s’établit à 2.446,52 euros au 5 février 2026. Pour autant, Monsieur [Q] [M] [P] a réussi à en contenir le montant, ce qui démontre sa bonne volonté dans l’exécution de ses obligations.
Compte tenu des efforts fournis par le requérant afin de contenir le montant de sa dette et ses recherches en vue de son relogement, il apparaît que les conditions votées par la souveraineté nationale, précédemment rappelées, pour permettre au juge de l’exécution d’octroyer un sursis avant expulsion sont remplies.
Pour ces raisons, il conviendra de faire droit à la demande de sursis de Monsieur [Q] [M] [P]. En conséquence, le délai du sursis sera fixé à 12 mois, soit jusqu’au 20 avril 2027, pour permettre à Monsieur [Q] [M] [P] de mener à bien sa demande de logement social et ainsi éviter son expulsion.
Ce délai sera subordonné au paiement régulier de l’indemnité d’occupation telle que définie par le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité de Saint-Ouen dans son jugement rendu le 5 mai 2025.
Sur les demandes accessoires
a) Sur les dépens
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Monsieur [Q] [M] [P] supportera la charge des éventuels dépens et ce malgré le succès de sa prétention, l’instance ayant été introduite dans le seul objectif d’obtenir des délais pour quitter les lieux.
b) Sur les frais irrépétibles
En application de l’article 700 du code de procédure civile, dans toutes les instances le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a lieu à condamnation.
Aucune demande n’est formulée par les parties à ce titre. Par suite, il sera dit n’y avoir lieu à application de l’article 700 précité.
c) Sur les modalités d’exécution
La nature du litige rend nécessaire de déclarer la présente décision exécutoire au seul vu de la minute, en application des dispositions de l’article R. 121-17 du code des procédures civiles d’exécution.
PAR CES MOTIFS
Le juge de l’exécution, statuant après débats en audience publique, par jugement réputé contradictoire, en premier ressort et prononcé par mise à disposition au Greffe,
ACCORDE à Monsieur [Q] [M] [P], et à tout occupant de son chef, un délai de douze mois, soit jusqu’au 20 avril 2027 inclus, pour se maintenir dans les lieux situés [Adresse 4] ;
DIT que Monsieur [Q] [M] [P], ainsi que tout occupant de son chef, devra quitter les lieux le 20 avril 2027 au plus tard, faute de quoi la procédure d’expulsion, suspendue pendant ce délai, pourra être reprise ;
DIT qu’à défaut de paiement à son terme de l’indemnité d’occupation courante telle que fixée par le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité de Saint-Ouen dans son jugement rendu le 5 mai 2025, Monsieur [Q] [M] [P] perdra le bénéfice du délai accordé et la S.A. [Localité 2] pourra reprendre la mesure d’expulsion ;
DIT n’y avoir lieu à condamnation en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Monsieur [Q] [M] [P] aux entiers dépens ;
RAPPELLE que la présente décision est de plein droit assortie de l’exécution provisoire ;
DECLARE la présente décision exécutoire au seul vu de la minute ;
Ainsi jugé et prononcé au Palais de Justice de Bobigny le 20 avril 2026.
LA GREFFIERE LE JUGE DE L’EXÉCUTION
Zaia HALIFA Stéphane UBERTI-SORIN
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Syndicat de copropriétaires ·
- Loyer modéré ·
- Résidence ·
- Habitat ·
- Tribunal judiciaire ·
- Procédure accélérée ·
- Protocole d'accord ·
- Adresses ·
- Juge des référés ·
- Astreinte
- Finances ·
- Contrat de crédit ·
- Intérêt ·
- Directive ·
- Déchéance du terme ·
- Sanction ·
- Protection ·
- Tourisme ·
- Subrogation ·
- Taux légal
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- Durée ·
- Éloignement ·
- Étranger ·
- Notification ·
- Ordonnance ·
- Algérie ·
- Asile ·
- Administration
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Adresses ·
- Commission de surendettement ·
- Contentieux ·
- Protection ·
- Contestation ·
- Emploi ·
- Débiteur ·
- Surendettement des particuliers ·
- Tribunal judiciaire ·
- Créance
- Contrats ·
- Véhicule ·
- Contrôle technique ·
- Bilan ·
- Corrosion ·
- Tôle ·
- Vice caché ·
- Vente ·
- Défaillance ·
- Usure ·
- Expert judiciaire
- Syndic ·
- Assureur ·
- Ensemble immobilier ·
- Tribunal judiciaire ·
- Partie commune ·
- Titre ·
- Sociétés ·
- Assurances ·
- Veuve ·
- In solidum
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Entreprise individuelle ·
- Véhicule ·
- Tribunal judiciaire ·
- Peinture ·
- Paye ·
- Jugement ·
- Carence ·
- Adresses ·
- Constat ·
- Demande
- Locataire ·
- Réparation ·
- Adresses ·
- Protection ·
- Contentieux ·
- Loyer ·
- Tribunal judiciaire ·
- Force majeure ·
- Titre ·
- Habitation
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Charges de copropriété ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Recouvrement ·
- Société par actions ·
- Immeuble ·
- Charges ·
- Mise en demeure ·
- Titre
Sur les mêmes thèmes • 3
- Hospitalisation ·
- Santé publique ·
- Atlantique ·
- Département ·
- Trouble psychique ·
- Personnes ·
- L'etat ·
- Consentement ·
- Sûretés ·
- État
- Tribunal judiciaire ·
- Financement ·
- Juge des référés ·
- Consommation ·
- Procédure ·
- Service ·
- Assignation ·
- Désistement ·
- Titre ·
- Validité
- Déni de justice ·
- L'etat ·
- Préjudice moral ·
- Tribunal judiciaire ·
- Titre ·
- Procédure ·
- Délai raisonnable ·
- Matériel ·
- Partie ·
- Organisation judiciaire
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.