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Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, 0p3 p prox réf., 16 oct. 2025, n° 25/04295 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/04295 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Délibéré pour mise à disposition de la décision |
| Date de dernière mise à jour : | 27 décembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
ORDONNANCE DU : 11 Décembre 2025
Président : M. MARECHAL, Juge placé
Greffier : Madame DEGANI, Greffier
Débats en audience publique le : 16 Octobre 2025
GROSSE :
Le 12 décembre 2025
à Me CHAIA Géraldine
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
EXPEDITION :
Le 12 décembre 2025
à Mme [O] et M. [M]
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le …………………………………………………..
à Me ………………………………………………
N° RG 25/04295 – N° Portalis DBW3-W-B7J-6WBX
PARTIES :
DEMANDEUR
Monsieur [F] [Y] représenté par Madame [U] [Y] née le13/01/1954 à [Localité 5]
né le 21 Décembre 1979 à [Localité 7] (ROUMANIE), demeurant [Adresse 4]
représenté par Me Géraldine CHIAIA, avocat au barreau de MARSEILLE
DEFENDEURS
Madame [W] [O]
née le 15 Octobre 1992 à [Localité 6], demeurant [Adresse 2]
comparante en personne
Monsieur [R] [M]
né le 08 Décembre 1994 à [Localité 6], demeurant [Adresse 1]
comparant en personne
EXPOSÉ DU LITIGE
Un bail a été signé entre d’une part Monsieur [F] [Y] et d’autre part Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M], le 14 septembre 2024, relatif à un logement situé [Adresse 3], moyennant un loyer initial mensuel, révisable, 850 euros, outre 140 euros de provisions pour charge.
Des loyers étant demeurés impayés, Monsieur [F] [Y] a fait signifier à Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] un commandement de payer visant la clause résolutoire le 24 février 2025, actes remis à étude.
Par actes de commissaire de justice en date du 22 juillet 2025, auxquels il y a lieu de se reporter pour l’exposé intégral de ses moyens et prétentions Monsieur [F] [Y] a fait assigner Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de MARSEILLE, à l’audience du 16 octobre 2025.
A cette audience, Monsieur [F] [Y], représenté par son conseil, sollicite le bénéfice de son acte introductif d’instance en actualisant sa créance à la somme de 3 960 euros, terme du mois de juin 2025 inclus, précisant que depuis les loyers et charges sont payés, et s’oppose à des délais de paiement.
Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] comparaissent et sollicitent des délais de paiement avec suspension de la clause résolutoire. Ils précisent qu’à la suite de leur séparation, Madame [O] vit seule dans le logement avec deux enfants âgés de 3 ans et 17 mois. Madame [O] indique percevoir 657 euros de revenu de solidarité active, outre 426 euros d’aides au logement. Monsieur [M] précise être gérant de société, percevoir 2 800 euros de revenus et payer un loyer de 700 euros.
Le juge a fait état de du diagnostic social et financier, et a autorisé Monsieur [F] [Y] à produire en cours de délibéré un justificatif de propriété, document qui a été communiqué le 20 octobre 2025.
L’affaire a été mise en délibéré au 11 décembre 2025.
MOTIVATION
En application des articles 834 et 835 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge du contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. Il peut, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
En application de l’article 9 du code de procédure civile, il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention.
En application de l’article 1353 du code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
Sur la recevabilité
Vu les dispositions des articles 24 I, II et III de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige ;
Monsieur [F] [Y] produit la dénonciation de l’assignation à la préfecture en date 23 juillet 2025, soit six semaines au moins avant l’audience du 16 octobre 2025.
Son action est donc déclarée recevable.
Sur la résiliation du bail et ses conséquences
Vu l’article 2 du code civil ;
Vu les articles 7 a) et 24 de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige, dont il résulte que l’une des obligations essentielles du locataire est de payer les loyers aux termes convenus ;
Vu le caractère d’ordre public de protection de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dont il ressort que le délai donné au locataire pour régulariser la dette locative est un délai minimum durant lequel les effets de clause résolutoire sont neutralisés ;
Vu le bail liant les parties, qui contient une clause résolutoire (article XI) et une clause de solidarité (article XII) ;
En l’espèce, le bail conclu contient une clause résolutoire et un commandement de payer visant la clause résolutoire a été délivré à Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] par actes de commissaire de justice en date du 24 février 2025 pour un arriéré locatif de 3 820 euros.
Ce commandement rappelle la mention que le locataire dispose d’un délai de deux mois pour payer sa dette, comporte le décompte de la dette et l’avertissement qu’à défaut de paiement dans les deux mois ou d’avoir sollicité des délais de paiement, le locataire s’expose à une procédure judiciaire de résiliation de son bail et d’expulsion, outre la mention de la possibilité pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement de son département aux fins de solliciter une aide financière et de saisir, à tout moment, la juridiction compétente aux fins de demander un délai de grâce sur le fondement de l’article 1343-5 du code civil.
Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de deux mois.
En conséquence, la clause résolutoire est acquise. Il convient donc de constater la résiliation du bail à effet au 24 avril 2025, et d’ordonner l’expulsion de Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] des lieux occupés.
Aucune circonstance particulière de l’espèce ne justifie que le délai de deux mois, prévu par les dispositions des articles L.412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution, soit réduit ou supprimé.
Le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution.
Enfin, Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] seront solidairement condamnés à payer à Monsieur [F] [Y] une indemnité d’occupation provisionnelle mensuelle d’un montant égal à celui du loyer et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 990 euros), à compter du 25 avril 2025 jusqu’à la complète libération des lieux par la remise des clés à Monsieur [F] [Y].
Sur le paiement de sommes à titre provisionnel
Vu les articles 4 et 7 de la loi du 6 juillet 1989 ;
Vu l’article 1231-7 du code civil ;
Vu le bail liant les parties, qui contient une clause de solidarité (article XII) ;
Vu le décompte actualisé au mois de juin 2025, fixant la dette locative à une somme 3 950 euros (loyers dus 9 405 euros – aides au logement perçues 844 euros – paiements effectués 4 611 euros), terme du mois de juin 2025 inclus, et non 3 960 euros comme indiqué par Monsieur [F] [Y] ;
En l’espèce, le montant n’est pas contesté.
Dès lors, l’obligation n’étant pas sérieusement contestable, il convient de condamner solidairement Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] à payer à Monsieur [F] [Y], la somme 3 950 euros à titre provisionnel avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Sur les délais de paiement
Vu l’article 24 V de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version applicable au présent litige ;
Vu la reprise du versement intégral du loyer courant avant l’audience ;
En l’espèce, les parties s’accordent sur le fait que depuis le mois de juin 2025, les loyers et charges sont payés en intégralité, ce qui démontre la capacité de Madame [W] [O] de faire face à ses engagements.
En outre, le paiement de la somme de 3 950 euros en trente-six mensualités est raisonnable au regard de sa situation personnelle et familiale.
En conséquence il convient de faire droit à la demande de délais de paiement et d’autoriser Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] à se libérer de la dette locative en trente-six mensualités d’un montant de 109 euros, la dernière mensualité devant être ajustée au solde de la dette, le 08 de chaque mois et pour la première fois le 08 du mois suivant la signification de la présente ordonnance, en sus des loyers courants.
Il convient d’attirer l’attention de Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] sur le fait que le défaut de paiement d’une seule mensualité à son échéance entraînerait la déchéance du terme et que la totalité du solde restant dû deviendrait alors immédiatement exigible.
Sur la suspension de la clause résolutoire
Vu l’article 24 VII de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version applicable au présent litige ;
Vu la reprise du versement intégral du loyer courant avant l’audience ;
Durant les délais de remboursement ayant été accordés à Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M], les effets de la clause de résiliation sont suspendus. Si Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] se libèrent dans le délai et selon les modalités fixés ci-dessus, en sus du paiement du loyer courant, la clause de résiliation de plein droit sera réputée ne pas avoir joué.
Dans le cas contraire :
— La totalité de la somme restant due deviendra immédiatement exigible ;
— La clause résolutoire reprendra son plein effet ;
— Il pourra être procédé à l’expulsion de Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] selon les modalités prévues au dispositif ci-après ;
— Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] seront tenus au paiement à titre provisionnel d’une indemnité d’occupation dont le montant correspond au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s’était poursuivi (à défaut de justificatifs, à la somme de 990 euros),
— Le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution.
Sur les mesures de fin d’ordonnance
Sur les dépens
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En l’espèce, Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] sont les parties perdantes et seront donc solidairement condamnés aux dépens.
Sur la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile
L’article 700 du code de procédure civile dispose que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer : 1° A l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; […] Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations.
En l’espèce, l’équité commande de condamner solidairement Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] au paiement de la somme de 100 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Sur l’exécution provisoire
L’article 514 du code de procédure civile dispose que les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
En l’espèce, l’exécution provisoire de droit sera rappelée.
PAR CES MOTIFS
Nous, juge des contentieux de la protection statuant en référé, par ordonnance contradictoire et en premier ressort, mise à disposition au greffe,
RENVOYONS au principal les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront mais, dès à présent,
DÉCLARONS l’action de Monsieur [F] [Y] recevable,
CONSTATONS la résiliation du bail conclu le 14 septembre 2024, entre Monsieur [F] [Y] et Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M], concernant le logement situé [Adresse 3], à effet au 24 avril 2025,
ORDONNONS en conséquence à Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification de la présente ordonnance,
DISONS qu’à défaut pour Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, Monsieur [F] [Y] pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours de la force publique,
DISONS que le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution,
CONDAMNONS SOLIDAIREMENT Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] à payer à Monsieur [F] [Y] à titre provisionnel une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 25 avril 2025 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés,
FIXONS cette indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s’était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 990 euros),
CONDAMNONS SOLIDAIREMENT Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] à payer à Monsieur [F] [Y] la somme de 3 950 euros à titre de provision sur la dette locative, avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision,
DISONS que Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] pourront se libérer de la dette locative en trente-six mensualités d’un montant de 109 euros, la dernière mensualité devant être ajustée au solde de la dette au solde de la dette, le 08 de chaque mois et pour la première fois le 08 du mois suivant la signification de la présente ordonnance,
SUSPENDONS la clause résolutoire pendant ce délai,
DISONS que si les délais accordés sont entièrement respectés, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais été acquise ; qu’en revanche, à défaut du paiement de toute mensualité, qu’elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l’arriéré, la dette deviendra immédiatement exigible et l’expulsion pourra être poursuivie avec le concours de la force publique et d’un serrurier pour les locataires et tous occupants de leur chef,
CONDAMNONS SOLIDAIREMENT Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] à payer à Monsieur [F] [Y] la somme de 100 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision,
CONDAMNONS SOLIDAIREMENT Madame [W] [O] et Monsieur [R] [M] aux dépens,
REJETONS le surplus des demandes,
RAPPELONS que les ordonnances de référé sont exécutoires de plein droit à titre provisoire,
Ainsi jugé et prononcé par ordonnance signée les jour, mois et an susdits par le président et le greffier susnommés et mise à disposition au greffe,
Le greffier, Le juge.
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