Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, 0p3 p prox réf., 22 janv. 2026, n° 25/06731 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/06731 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Délibéré pour mise à disposition de la décision |
| Date de dernière mise à jour : | 4 avril 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
ORDONNANCE DU : 26 Mars 2026
Président : Monsieur BIDAL, Juge
Greffier : Madame BOINE, Greffier
Débats en audience publique le : 22 Janvier 2026
GROSSE :
Le 26 mars 2026
à Me GHEZ
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
EXPEDITION :
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le …………………………………………………..
à Me ………………………………………………
N° RG 25/06731 – N° Portalis DBW3-W-B7J-7GQ3
PARTIES :
DEMANDEUR
Monsieur, [Q], [D]
né le 17 Février 1948 à, [Localité 1]
demeurant, [Adresse 1]
représenté par Me Jérémie GHEZ, avocat au barreau de MARSEILLE
DEFENDEUR
Monsieur, [F], [O]
né le 13 Août 1981 à, [Localité 2]
demeurant, [Adresse 2]
non comparant
EXPOSE DU LITIGE
Un bail a été signé entre les parties, le 17 juin 2021, relatif à un appartement sis, [Adresse 2], moyennant un loyer initial mensuel, révisable, de 670 euros outre 50 euros de provision pour charges.
Des loyers étant demeurés impayés, Monsieur, [Q], [D] a fait signifier à Monsieur, [F], [O] un commandement de payer visant la clause résolutoire le 11 août 2025.
Par acte de commissaire de justice en date du 2 décembre 2025, auquel il y a lieu de se reporter pour l’exposé intégral de ses moyens et prétentions Monsieur, [Q], [D] a fait assigner Monsieur, [F], [O] en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de MARSEILLE, à l’audience du 22 janvier 2026.
A cette audience, Monsieur, [Q], [D], représenté par son Conseil, sollicite le bénéfice de son acte introductif d’instance en actualisant sa créance, celle-ci s’élevant à la somme de 581,06 euros, au 19 janvier 2026. Il s’en rapporte à la décision du Juge s’agissant de l’octroi éventuel de délais de paiement, ce point ayant été mis dans les débats.
Monsieur, [F], [O] ne comparaît pas et n’est pas représenté, bien que cité par acte remis à étude.
L’affaire a été mise en délibéré au 26 mars 2026.
Vu les articles 446-1, 446-2 et 455 du code de procédure civile,
MOTIFS DE LA DECISION
En vertu des articles 834 et 835 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge du contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. Il peut, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Vu l’article 9 du code de procédure civile,
Vu l’article 1353 du code civil,
Selon les dispositions de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable, et bien fondée.
Sur la recevabilité
Vu les dispositions des articles 24 I, II et III de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige,
Monsieur, [Q], [D] produit la dénonciation de l’assignation à la Préfecture en date du 3 décembre 2025, soit six semaines au moins avant l’audience du 22 janvier 2026.
L’action est donc recevable.
Sur la résiliation du bail et ses conséquences
Vu l’article 2 du code civil,
Vu les articles 7a et 24 de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige, dont il résulte que l’une des obligations essentielles du locataire est de payer les loyers aux termes convenus,
Vu le caractère d’ordre public de protection de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dont il ressort que le délai donné au locataire pour régulariser la dette locative est un délai minimum durant lequel les effets de clause résolutoire sont neutralisés,
Vu le bail liant les parties,
En l’espèce, un commandement de payer visant la clause résolutoire a été délivré à Monsieur, [F], [O] par acte de commissaire de justice en date du 11 août 2025 pour un arriéré locatif de 1 744,26 euros.
Les sommes visées au commandement n’ont pas été intégralement payées dans le délai imparti.
En conséquence, la clause résolutoire est acquise. Il convient donc de constater la résiliation du bail à effet au 11 octobre 2025, et d’ordonner l’expulsion de Monsieur, [F], [O] des lieux occupés.
Aucune circonstance particulière de l’espèce ne justifie que le délai de deux mois, prévu par les dispositions des articles L.412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution, soit réduit ou supprimé.
Le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution.
Enfin, Monsieur, [F], [O] sera condamné à payer à Monsieur, [Q], [D] une indemnité d’occupation provisionnelle mensuelle d’un montant égal à celui du loyer et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 815,76 euros), à compter du 12 octobre 2025 jusqu’à la complète libération des lieux par la remise des clés à Monsieur, [Q], [D].
Sur le paiement de sommes à titre provisionnel
Vu les articles 4 et 7 de la loi du 6 juillet 1989,
Il résulte du décompte locatif joint à l’assignation que Monsieur, [F], [O] restait débiteur d’une dette locative de 2 575,78 euros, au 1er octobre 2025.
Vu le décompte actualisé au 19 janvier 2026, fixant la dette locative à une somme de 581,06 euros, terme du mois de janvier 2026 inclus.
Dès lors, l’obligation n’étant pas sérieusement contestable, il convient de condamner Monsieur, [F], [O] à payer à Monsieur, [Q], [D], la somme de 581,06 euros à titre provisionnel avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Sur les délais de paiement
Vu l’article 1343-5 du code civil,
Vu l’article 24 V de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version applicable au présent litige,
Vu la reprise du versement intégral du loyer courant avant l’audience (entendu comme le loyer résiduel, déduction faite des montants directement versés par la CAF),
Il convient de faire d’allouer des délais de paiement et d’autoriser Monsieur, [Q], [D] à se libérer de sa dette locative en 36 mois par mensualités de 16 euros, le 08 de chaque mois et pour la première fois le 08 du mois suivant la signification de la présente ordonnance, en sus des loyers courants, étant rappelé que la dernière mensualité doit impérativement apurer le solde de la dette.
Il convient d’attirer l’attention de Monsieur, [Q], [D] sur le fait que le défaut de paiement d’une seule mensualité à son échéance entraînerait la déchéance du terme et que la totalité du solde restant dû deviendrait alors immédiatement exigible.
Sur les dépens de l’instance de référé et la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile
Monsieur, [F], [O], qui succombe au sens de l’article 696 du code de procédure civile, supportera les entiers dépens de l’instance de référé dont le coût du commandement de payer et sera condamné à payer à Monsieur, [Q], [D] une somme de 250 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Sur l’exécution provisoire
Il est rappelé que les ordonnances de référé sont de plein droit exécutoires à titre provisoire en vertu des dispositions de l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Nous, juge des contentieux de la protection statuant en référé, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort, mise à disposition au greffe :
DECLARONS l’action de Monsieur, [Q], [D] recevable ;
CONSTATONS la résiliation du bail conclu entre les parties, le 17 juin 2021, concernant l’appartement sis, [Adresse 2], à effet au 11 octobre 2025 ;
ORDONNONS en conséquence à Monsieur, [F], [O] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de sept jours à compter de la signification de la présente ordonnance ;
DISONS qu’à défaut pour Monsieur, [F], [O] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, Monsieur, [Q], [D] pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours de la force publique ;
DISONS que le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNONS Monsieur, [F], [O] à payer à Monsieur, [Q], [D] à titre provisionnel une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 12 octobre 2025 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;
FIXONS cette indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s’était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 815,76 euros) ;
CONDAMNONS Monsieur, [F], [O] à verser à Monsieur, [Q], [D] la somme de 581,06 euros à titre de provision sur la dette locative, avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;
ACCORDONS des délais de paiement de 36 mois à Monsieur, [Q], [D] pour s’acquitter, outre le loyer et les charges courants, de la dette locative de 581,06 euros et disons qu’il devra régler cette somme selon 36 mensualités de 16 euros chacune, le 08 de chaque mois, et pour la première fois le 08 du mois suivant la signification de la présente ordonnance, la dernière étant augmentée du solde de la dette ;
DISONS qu’à défaut du paiement de toute mensualité, qu’elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l’arriéré, la dette deviendra immédiatement exigible ;
CONDAMNONS Monsieur, [F], [O] à payer à Monsieur, [Q], [D] la somme de 250 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNONS Monsieur, [F], [O] aux entiers dépens de l’instance, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé et de sa notification à la préfecture ;
RAPPELONS que les ordonnances de référé sont exécutoires de plein droit à titre provisoire.
Le Greffier, Le Juge,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Expertise ·
- Tribunal judiciaire ·
- Véhicule ·
- Gestion ·
- Conseil ·
- Chevreau ·
- Sociétés ·
- Document ·
- Audit ·
- Assignation
- Décès ·
- Tunisie ·
- Contrainte ·
- Père ·
- Commissaire de justice ·
- Procuration ·
- Pension de retraite ·
- Assesseur ·
- Contributif ·
- Tribunal judiciaire
- Tribunal judiciaire ·
- Comités ·
- Reconnaissance ·
- Maladie professionnelle ·
- Vanne ·
- Employeur ·
- Assurance maladie ·
- Avis ·
- Victime ·
- Délai
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Cristal ·
- Loyer ·
- Habitat ·
- Clause resolutoire ·
- Bail ·
- Commandement de payer ·
- Locataire ·
- Dette ·
- Tribunal judiciaire ·
- Délais
- Hospitalisation ·
- Centre hospitalier ·
- Tribunal judiciaire ·
- Maintien ·
- Consentement ·
- Ordonnance ·
- Avis ·
- Santé publique ·
- Hôpitaux ·
- Copie
- Loyer ·
- Résiliation du bail ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Bailleur ·
- Libération ·
- Locataire ·
- Commandement de payer ·
- Charges ·
- Expulsion
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Indemnité d 'occupation ·
- Commandement de payer ·
- Commissaire de justice ·
- Loyers, charges ·
- Libération ·
- Contentieux ·
- Bail d'habitation ·
- Clause resolutoire ·
- Protection ·
- Habitation
- Adresses ·
- Assesseur ·
- Tribunal judiciaire ·
- Jugement ·
- Employeur ·
- Salarié ·
- Partie ·
- Délibéré ·
- Débats ·
- Date
- Dette ·
- Subrogation ·
- Logement ·
- Paiement ·
- Commissaire de justice ·
- Commandement de payer ·
- Contentieux ·
- Cautionnement ·
- Action ·
- Débiteur
Sur les mêmes thèmes • 3
- Commandement de payer ·
- Commissaire de justice ·
- Bailleur ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Clause resolutoire ·
- Paiement des loyers ·
- Résiliation du bail ·
- Libération ·
- Charges ·
- Expulsion
- Véhicule ·
- Expertise ·
- Lien suffisant ·
- Demande ·
- Additionnelle ·
- Motif légitime ·
- Restitution ·
- Provision ·
- Litige ·
- Prétention
- Consommation ·
- Déchéance du terme ·
- Intérêt ·
- Contrat de crédit ·
- Assurances ·
- Tribunal judiciaire ·
- Forclusion ·
- Taux légal ·
- Offre ·
- Commissaire de justice
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.