Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Mulhouse, ppep civil, 13 mars 2025, n° 24/01569 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/01569 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 6]
— --------------------------------
[Adresse 7]
[Adresse 2]
[Adresse 5]
[Localité 3]
— ---------------------------
Pôle de la protection, de l’exécution et de la proximité
Service civil
MINUTE n°
N° RG 24/01569 – N° Portalis DB2G-W-B7I-I3WF
Section 2
République Française
Au Nom du Peuple Français
JUGEMENT
DU 13 mars 2025
Juge des Contentieux de la protection
PARTIE DEMANDERESSE :
S.A. CGL, prise en la personne de son représentant légal
dont le siège social est sis [Adresse 4]
représentée par Maître Amaury PAT de la SELARL RIVAL, avocats au barreau de LILLE
PARTIES DEFENDERESSES :
Monsieur [E] [R] [W],
demeurant [Adresse 1]
non comparant, ni représenté
Madame [H] [X] [B],
demeurant [Adresse 1]
non comparante, ni représentée
Nature de l’affaire : Prêt – Demande en remboursement du prêt – Sans procédure particulière
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DEBATS :
Sophie BAGHDASSARIAN : Président
Clarisse GOEPFERT : Greffier
DEBATS : à l’audience du 17 Décembre 2024
JUGEMENT : réputé contradictoire en premier ressort
prononcé publiquement par mise à disposition au greffe le 13 mars 2025 et signé par Sophie BAGHDASSARIAN, juge des contentieux de la protection, et Clarisse GOEPFERT, Greffier
EXPOSE DU LITIGE
Selon contrat du 24 août 2019, Madame [H] [X] [B] née [K] et Monsieur [E] [R] [W] ont contracté auprès de la SA CGL Compagnie Générale De Location D’Equipements un crédit accessoire à une vente de véhicule de 17 500 euros moyennant un remboursement mensuel de 330,10 euros pour 60 échéances au taux d’intérêt annuel effectif global de 3,78 %.
Plusieurs échéances n’ayant pas été honorées, la SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements a entendu se prévaloir de la déchéance du terme après mise en demeure restée infructueuse.
Par exploit de commissaire de justice délivré le 3 juillet 2024, la SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements a fait assigner Madame [H] [X] [B] née [K] et Monsieur [E] [R] [W] devant le juge des contentieux de la protection près le tribunal judiciaire de Mulhouse aux fins de voir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire:
— déclarer recevable et bien fondées ses demandes ;
— condamner solidairement Madame [H] [X] [B] née [K] et Monsieur [E] [R] [W] à lui payer la somme de 9 689,23 euros augmentée des intérêts aux taux de 3,78% l’an courus et à courir à compter du 21 juin 2024 et jusqu’au jour du plus complet paiement ;
— condamner solidairement Madame [H] [X] [B] née [K] et Monsieur [E] [R] [W] à lui payer la somme de 1 000 euros en vertu de l’article 700 du code de procédure civile;
— condamner Madame [H] [X] [B] née [K] et Monsieur [E] [R] [W] aux entiers frais et dépens, y compris l’exécution à intervenir.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 17 décembre 2024. La SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements a, par la voix de son conseil, sollicité le bénéfice de ses conclusions d’assignation et a déposé ses pièces.
Madame [H] [X] [B] née [K] et Monsieur [E] [R] [W], bien que assignés par acte de commissaire de justice remis à l’étude, ne sont ni présents ni représentés.
La partie comparante a été avisée de la date à laquelle la décision serait rendue par mise à disposition au greffe.
Compte tenu de la valeur en litige, il sera statué par jugement réputé contradictoire en premier ressort en application de l’article 473 du code de procédure civile.
L’affaire a été mise en délibéré au 13 mars 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
Selon les dispositions de l’article 472 du Code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière et bien fondée.
En application de l’article L141-4 du Code de la consommation devenu l’article R 632-1 du même code le juge peut soulever d’office toutes les dispositions du Code de la consommation dans les litiges nés de son application.
L’ensemble des contrats de crédit et conventions de compte courant litigieux sont soumis aux dispositions d’ordre public des articles L.311-1 et suivants du Code de la consommation, auxquelles les parties ne peuvent déroger.
En application de l’article 1353 du code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver et celui qui se prétend libéré doit justifier le payement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation. De même, ainsi qu’il est expressément prévu à l’article 9 du Code de procédure civile, il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention.
Sur la recevabilité de l’action en paiement
Au terme de l’article R. 312-35 du code de la consommation, les actions en paiement engagées à la suite de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion.
Cet événement est caractérisé par le non-paiement des sommes dues à la suite de la résiliation du contrat ou de son terme, ou le premier incident de paiement non régularisé, ou le dépassement non régularisé du montant total du crédit consenti dans le cadre d’un contrat de crédit renouvelable, ou le dépassement, au sens du 13° de l’article L311-1, non régularisé à l’issue du délai prévu à l’article L312-93.
En matière de prêt remboursable suivant un échéancier, le point de départ du délai biennal de forclusion est le premier incident de paiement non régularisé compte-tenu des règles d’imputation des paiements énoncés à l’article 1342-10 du code civil, et le report d’échéances impayées à l’initiative du prêteur est sans effet sur la computation de ce délai.
Lorsque les modalités de règlement des échéances impayées ont fait l’objet d’un réaménagement, le point de départ du délai de forclusion est le premier incident non régularisé intervenu après le premier aménagement ou rééchelonnement conclu entre les intéressés.
Conformément à l’article 2241 du code civil, « La demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription ainsi que le délai de forclusion ».
En l’espèce, il ressort de l’historique des mouvements du prêt que les premières échéances impayées non régularisées datent du mois de janvier 2023, soit moins de deux années, avant l’assignation précitée.
En conséquence, il convient de déclarer l’action en paiement de la SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements recevable.
Sur la demande en paiement
L’article 1103 du code civil dispose que les conventions légalement formées engagent leurs signataires.
En application de l’article 1217 du même code, lorsque l’emprunteur cesse de verser les mensualités stipulées, le prêteur est en droit de se prévaloir de la déchéance du terme et de demander le remboursement des fonds avancés.
Aux termes de l’article L312-39 du code de la consommation, en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur peut exiger le remboursement immédiat du capital restant dû, majoré des intérêts échus mais non payés, et solliciter que jusqu’à la date du règlement effectif, les sommes restant dues produisent des intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt.
L’article 1103 du code civil dispose que les conventions légalement formées engagent leurs signataires. En application de l’article 1217 du même code, lorsque l’emprunteur cesse de verser les mensualités stipulées au contrat de crédit, le prêteur est en droit de se prévaloir de la déchéance du terme et de demander le remboursement des fonds avancés.
L’article L312-39 du code de la consommation permet au prêteur, en cas de défaillance de l’emprunteur, d’exiger le remboursement immédiat du capital restant dû, majoré des intérêts échus mais non payés, et de solliciter que jusqu’à la date du règlement effectif, les sommes restant dues produisent des intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt.
Il appartient toutefois à la SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements, qui réclame à Madame [H] [X] [B] née [K] et Monsieur [E] [R] [W] des sommes au titre du crédit précité, de démontrer la régularité de l’opération aux dispositions du code de la consommation en produisant les documents nécessaires, et notamment une preuve de l’exécution du respect de l’obligation de vérifier la solvabilité de l’emprunteur à partir d’un nombre suffisant d’informations (article L 312-16).
En l’espèce, la SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements produit notamment aux débats :
— l’offre de crédit signé le 24 août 2019;
— les consultations du FICP,
— des éléments de solvabilité ;
— les tableaux d’amortissement,
— l’historique du compte ;
— les relevés des échéances en retard,
— les courriers de mise en demeure et de résiliation adressées par lettre recommandée avec accusé de réception les 9 novembre 2022 et 3 janvier 2023 avec la mention « non réclamée » et « retour à l’expéditeur »,
— le décompte de créance du 3 janvier 2023.
Il apparaît qu’il a été satisfait à l’ensemble des prescriptions du code de la consommation et il convient de condamner solidairement Madame [H] [X] [B] née [K] et Monsieur [E] [R] [W] au paiement de la somme de 8 225,05 euros, ce chiffre prenant en compte la déduction faite de frais engagés qui n’entrent pas dans le champ de la créance bancaire, augmenté des intérêts contractuels de 3,78% à compter de l’assignation soit le 3 juillet 2024.
S’agissant de la demande de capitalisation des intérêts dans les conditions de l’article 1343-2 du code civil, elle sera rejetée dans la mesure où l’article L. 312-38 du code de la consommation dispose « qu’aucune indemnité ni aucun coût autres que ceux qui sont mentionnés aux articles L. 312-39 à L. 312-40 ne peuvent être mis à la charge de l’emprunteur dans les cas de défaillance prévus par ces articles ». Or, la possibilité pour le prêteur de demander la capitalisation des intérêts n’est pas mentionnée aux articles susvisés.
Conformément aux articles L312-39 et D312-16 du code de la consommation, en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur peut également lui demander une indemnité égale à 8 % du capital restant dû à la date de la défaillance, réclamée à titre de pénalité, au regard du cours des intérêts conventionnels réparant le préjudice né du retard en paiement. Elle ne doit pas être manifestement excessive.
L’indemnité légale de 8% du capital restant dû, à titre de pénalité, s’établit à la somme de 658 euros, et présente un caractère excessif et il convient de la ramener à la somme de 10 euros.
N’étant pas une « somme restant due » au sens de l’article L. 312-39 précité, elle ne peut produire des intérêts qu’au taux légal, et en raison de son caractère indemnitaire, qu’à compter de son prononcé, conformément à l’article 1231-7 du Code civil.
Sur les demandes accessoires
Madame [H] [X] [B] née [K] et Monsieur [E] [R] [W], partie qui succombe, sera condamnée aux dépens et éventuels frais d’exécution forcée, étant néanmoins rappelé qu’en cas d’exécution forcée de la présente décision, la SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements devra supporter les frais, émoluments et honoraires mis à la charge du créancier par les textes afférents, notamment les droits de recouvrement et d’encaissement de l’article A444-32 du code de commerce, auquel il ne peut être dérogé que lorsque la partie condamnée est un professionnel en application de l’article R.631-4 du code de la consommation.
Aucune considération tirée de l’équité ou de la situation économique des parties ne justifie de faire application de l’article 700 du code de procédure civile. En conséquence, la SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements est déboutée de sa demande.
En application des dispositions de l’article 514 du Code de procédure, l’exécution provisoire de la présente décision est de droit.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Mulhouse, statuant publiquement, par jugement mis à disposition au greffe, réputé contradictoire et en premier ressort :
DECLARE la SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements recevable en ses demandes ;
CONDAMNE solidairement Madame [H] [X] [B] née [K] et Monsieur [E] [R] [W] à payer à la SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements les sommes suivantes :
-8 225,05 euros, augmentés des intérêts contractuels de 3,78% à compter de l’assignation soit le 3 juillet 2024, et jusqu’au règlement effectif;
-10 euros avec les intérêts au taux légal jusqu’au règlement effectif au titre de l’indemnité légale;
DEBOUTE la SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements du surplus de ses demandes ;
DEBOUTE la SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements de sa demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE in solidum Madame [H] [X] [B] née [K] et Monsieur [E] [R] [W] aux dépens de l’instance et aux éventuels frais de l’exécution forcée ;
RAPPELLE qu’en cas d’exécution forcée de la présente décision, la SA CGL Compagnie Générale De Location d’Equipements devra supporter les frais, émoluments et honoraires mis à la charge du créancier par les textes afférents, notamment les droits de recouvrement ou d’encaissement de l’article A444-32 du code de commerce ;
RAPPELLE que la présente décision est de droit assortie de l’exécution provisoire.
AINSI JUGE ET PRONONCE par mise à disposition au greffe, le 13 mars 2025, par Sophie BAGHDASSARIAN, juge des contentieux de la protection et Clarisse GOEPFERT, Greffier.
Le Greffier, Le Juge des contentieux de la protection,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Expertise ·
- Adresses ·
- Partie ·
- Contrôle ·
- Mesure d'instruction ·
- Observation ·
- Procédure civile ·
- Mission ·
- Document
- Consommation ·
- Déchéance du terme ·
- Intérêt ·
- Crédit ·
- Peine ·
- Information ·
- Contrat de prêt ·
- Fiche ·
- Clause pénale ·
- Paiement
- Maladie professionnelle ·
- Tribunal judiciaire ·
- État antérieur ·
- Mise en état ·
- Dire ·
- Expertise médicale ·
- Corps humain ·
- Expert judiciaire ·
- La réunion ·
- Partie
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Crédit agricole ·
- Sociétés ·
- Immobilier ·
- Brie ·
- Mise en état ·
- Action publique ·
- Tribunal correctionnel ·
- Sursis ·
- Abus ·
- Adresses
- Commissaire de justice ·
- Tribunal judiciaire ·
- Caducité ·
- Lettre simple ·
- Exécution ·
- Juge ·
- Lettre recommandee ·
- Réception ·
- Acte ·
- Adresses
- Carbone ·
- Habitat ·
- Logement ·
- Bailleur ·
- Gaz ·
- Locataire ·
- Référé ·
- Intervention ·
- Chaudière ·
- Demande
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Expertise ·
- Tribunal judiciaire ·
- Épouse ·
- Référé ·
- Adresses ·
- Malfaçon ·
- Ordonnance ·
- Extensions ·
- Profession ·
- Service
- Divorce ·
- Épouse ·
- Domicile conjugal ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Mariage ·
- Tribunal judiciaire ·
- Code civil ·
- Demande ·
- Prestation compensatoire ·
- Carrière
- Tribunal judiciaire ·
- Parents ·
- Contribution ·
- Divorce ·
- Vacances ·
- Outre-mer ·
- Entretien ·
- Pin ·
- Jour férié ·
- Enfant
Sur les mêmes thèmes • 3
- Registre ·
- Prolongation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Tribunaux administratifs ·
- Information ·
- Recours ·
- République ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Asile
- Clause resolutoire ·
- Loyer ·
- Bailleur ·
- Paiement ·
- Dette ·
- Délais ·
- Expulsion ·
- Commandement de payer ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Bail
- Bail ·
- Loyer ·
- Clause resolutoire ·
- Tribunal judiciaire ·
- Paiement ·
- Locataire ·
- Commandement de payer ·
- Modération ·
- Expulsion ·
- Sociétés
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.