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Sur la décision
| Référence : | TJ Nîmes, jcp, 20 oct. 2025, n° 25/01079 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01079 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 7 novembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
[Adresse 8]
[Adresse 6]
[Localité 3]
Minute N°
N° RG 25/01079 – N° Portalis DBX2-W-B7J-LEL6
[T] [L], [R] [L]
C/
[M] [E], [K] [V]
Le
Exécutoire délivré à :
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
ORDONNANCE DE REFERE DU 20 OCTOBRE 2025
DEMANDEURS :
Monsieur [T] [L]
né le 28 octobre 1953 à [Localité 9] ([Localité 10])
demeurant [Adresse 5]
[Localité 7]
représenté par Maître Frédéric GONDER de la SELARL GONDER, avocats au barreau de BORDEAUX substitué par Maître Alexis FAGES, avocat au barreau de NÎMES
Madame [R] [L]
née le 27 septembre 1953 à [Localité 11] (GARD)
demeurant [Adresse 5]
[Localité 7]
représentée par Maître Frédéric GONDER de la SELARL GONDER, avocats au barreau de BORDEAUX substitué par Maître Alexis FAGES, avocat au barreau de NÎMES
DEFENDEURS :
Madame [M] [E]
demeurant [Adresse 1]
[Localité 4]
non comparante, ni représentée
Monsieur [K] [V]
demeurant [Adresse 1]
[Localité 4]
non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Anne GIVAUDAND, juge des contentieux de la protection,
Greffier : Janine CIRECH, lors des débats et de la mise à disposition au greffe,
En présence, lors des débats, de [I] [B], greffière stagiaire
DÉBATS :
Date de la première évocation : 15 septembre 2025
Date des Débats : 15 septembre 2025
Date du Délibéré : 20 octobre 2025
DÉCISION :
réputée contradictoire conformément à l’article 473 du code de procédure civile, en premier ressort, rendue publiquement par mise à disposition au greffe du tribunal judiciaire de Nîmes, le 20 octobre 2025 en vertu de l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile.
Par acte sous seing privé en date du 21 novembre 2017, Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] ont donné en location à usage unique d’habitation à Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] un logement d’habitation situé [Adresse 2] moyennant le paiement d’un loyer mensuel actuel de 818,18 euros incluant les provisions sur charges.
Des loyers demeuraient impayés et le 24 février 2025, Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] faisaient délivrer un commandement de payer les loyers et les charges visant la clause résolutoire à leurs locataires, pour un montant en principal de 5 929,94 euros.
Par acte de commissaire de justice en date du 22 mai 2025, Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] ont assigné Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] par devant le tribunal de céans, pour l’audience du 15 septembre 2025 afin de voir :
— CONSTATER la résiliation du bail intervenue de plein droit par le jeu de la clause résolutoire,
En conséquence :
— ORDONNER l’expulsion de corps et de biens des locataires ainsi que tout occupant de leur chef, si besoin est avec le concours de la force publique,
— CONDAMNER solidairement Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] au paiement à titre provisionnel :
° De la somme principale de 7 942,73 euros représentant les loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés à la date de l’assignation,
° D’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer et charges et en subissant les augmentations légales jusqu’à entière libération des lieux,
° De la somme de 800,00 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens de l’instance.
A l’audience du 15 septembre 2025,Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] , comparant par ministère d’avocat ont maintenu leurs demandes et actualisé la dette locative à la somme de 11 657,20 euros échéance du mois de septembre 2025 incluse.
Les défendeurs, régulièrement assignés, n’ont ni comparu ni ne se sont faits représenter.
A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 20 octobre 2025 par mise à disposition au greffe du tribunal.
MOTIFS
Vu les dispositions des articles 472 et 473 du code de procédure civile,
Sur la recevabilité de la demande :
Aux termes de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 :
« Les bailleurs personnes morales autres qu’une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au quatrième degré inclus ne peuvent faire délivrer, sous peine d’irrecevabilité de la demande, une assignation aux fins de constat de résiliation du bail avant l’expiration d’un délai de deux mois suivant la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives prévue à l’article 7-2 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée. Cette saisine est réputée constituée lorsque persiste une situation d’impayés, préalablement signalée dans les conditions réglementaires aux organismes payeurs des aides au logement en vue d’assurer le maintien du versement des aides mentionnées à l’article L. 821-1 du code de la construction et de l’habitation. Cette saisine, qui contient les mêmes informations que celles des signalements par les huissiers de justice des commandements de payer prévus au I du présent article, s’effectue par voie électronique par l’intermédiaire du système d’information prévu au dernier alinéa de l’article 7-2 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée. »
En l’espèce, Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] justifient avoir notifié le commandement de payer à la CCAPEX le 27 février 2025.
En outre, et dans le respect des dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 modifiée par la loi du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite, une copie des assignations a été dénoncée à la Préfecture du Gard par voie électronique le 23 mai 2025 pour l’audience du 15 septembre 2025, soit six semaines au moins avant cette dernière date.
Ces formalités, prescrites à peine d’irrecevabilité de l’action, ont été exécutées dans les délais impartis, de telle sorte que l’action en résolution de bail diligentée à l’encontre de Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] sera déclarée recevable.
Sur la résiliation du bail :
Vu les dispositions de l’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 en vigueur au jour du commandement,
Le commandement de payer visant la clause résolutoire a été signifié à Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] le 24 février 2025.
Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de six semaines, en application des dispositions en vigueur à la date de sa délivrance, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenues dans le bail étaient réunies à la date du 07 avril 2025 ; le contrat de location se trouve donc résilié depuis cette date.
Sur la demande d’expulsion et les mesures subséquentes :
Par le jeu de la clause résolutoire, Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] sont devenus occupants sans droit ni titre.
En conséquence, il convient de prononcer leur expulsion domiciliaire ainsi que celle de tout occupant de leur chef, si besoin est, avec le concours de la force publique et l’assistance d’un serrurier dans les formes et délais prévus aux articles L411-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution.
Sur l’arriéré locatif et les charges impayées :
Aux termes de l’article 7 (a) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs, les locataires sont tenus de payer les loyers et charges aux termes convenus.
Aux termes des dispositions de l’article 1353 du code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver ; et, réciproquement, celui qui s’en prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
En vertu de l’article 835 alinéa 2 du code de procédure civile, le juge des référés peut accorder une provision au créancier qui justifie détenir une créance ne souffrant d’aucune contestation sérieuse.
Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] produisent un décompte actualisé à la date des débats faisant état d’une dette locative de 11 657,20 euros (terme du mois de septembre 2025 inclus).
Cette somme est justifiée et n’est pas contestée de sorte que Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] seront solidairement condamnés à payer par provision à Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] la somme de 11 657,20 euros composée des loyers, charges et indemnités d’occupation, échéance du mois de septembre 2025 incluse, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Sur l’indemnité d’occupation :
En application de l’article 1240 du code civil, l’occupation sans droit, ni titre constitue un trouble illicite préjudiciable qui emporte le versement par l’occupant d’une indemnité pour toute la durée de son maintien dans les lieux.
Il est de bon droit d’estimer que cette indemnité devra s’élever au montant du loyer avec charges qui aurait été payé si le bail n’avait pas été résilié et comme tel, qu’elle subira les augmentations légales.
En conséquence, Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] seront solidairement condamnés à payer une indemnité d’occupation équivalente au loyer et charges actuels, et en subissant les augmentations légales, à compter du 1er octobre 2025 et jusqu’à parfaite libération des lieux.
Sur les frais irrépétibles et les dépens :
En application de l’article 700 du code de procédure civile « le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. »
Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] seront solidairement condamnés à payer la somme de 800 euros à Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile.
Aux termes de l’article 696 du même code, « la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie. »
Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] qui succombent, supporteront solidairement les entiers dépens.
PAR CES MOTIFS :
Nous, Juge du Contentieux de la Protection statuant en référé par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort et par mise à disposition au greffe :
Renvoyons les parties à mieux se pourvoir au principal, mais dès à présent, vu l’urgence,
DÉCLARONS la demande en résiliation de bail diligentée par Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] recevable et bien fondée,
CONSTATONS que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 21 novembre 2017 entre Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] et Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] concernant le logement situé [Adresse 2] étaient réunies à la date du 07 avril 2025,
CONSTATONS la résiliation du bail à compter du 07 avril 2025,
CONSTATONS que Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] sont déchus de leur titre d’occupation et se maintiennent indûment dans le logement initialement loué susvisé,
En conséquence :
ORDONNONS l’expulsion domiciliaire de Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] ainsi que celle de tout occupant de leur chef, des locaux sis [Adresse 2] avec le concours de la force publique et d’un serrurier si besoin, dans les formes et délais prescrits par les articles L411-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution,
CONDAMNONS solidairement Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] à payer par provision à Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] à compter du 1er octobre 2025 et jusqu’à libération ou reprise effective des lieux, une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du dernier loyer avec charges et subissant les augmentations légales,
CONDAMNONS solidairement Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] à payer par provision à Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] la somme de 11 657,20 euros composée des loyers, charges et indemnités d’occupation, échéance du mois de septembre 2025 incluse, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision,
DISONS n’y avoir lieu à octroi de délais de paiement,
CONDAMNONS solidairement Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] à payer à Monsieur [T] [L] et Madame [R] [L] la somme de 800 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
CONDAMNONS solidairement Monsieur [V] [K] et Madame [M] [E] aux entiers dépens.
La greffière, La juge,
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