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Sur la décision
| Référence : | TJ Saint-Étienne, 4e ch. civ., 10 févr. 2025, n° 24/03336 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/03336 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Prononce le rétablissement personnel sans LJ |
| Date de dernière mise à jour : | 25 septembre 2025 |
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Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE N° minute :
TRIBUNAL JUDICIAIRE de SAINT ETIENNE
SURENDETTEMENT
N° RG 24/03336 – N° Portalis DBYQ-W-B7I-IMH5
JUGEMENT du 10 FEVRIER 2025
DEMANDEUR :
Madame [G] [J] divorcée [X], demeurant [Adresse 1]
comparante en personne
DEFENDEURS :
[9], demeurant Chez [Adresse 14]
non comparant, ni représenté
[11], demeurant [Adresse 2]
non comparant, ni représenté
[10], demeurant Chez [Adresse 7]
non comparant, ni représenté
[4], demeurant [Adresse 3]
non comparant, ni représenté
[6], demeurant Chez [Adresse 5]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Juge : Valérie CARRASCO
Greffier : Sophie SIMEONE
DEBATS :
Audience publique du 13 janvier 2025
FAITS ET PROCÉDURE
Le 14 mars 2024 , la [8] a déclaré recevable la demande formulée par Madame [G] [J] divorcée [X] tendant au traitement de sa situation de surendettement.
Suivant mesures imposées du 6 juin 2024, la commission de surendettement a :
— fixé la capacité de remboursement de la débitrice à la somme de 96 euros,
— rééchelonné le remboursement du passif sur une durée de 51 mois au taux de 0%, compte tenu de précédentes mesures sur 33 mois,
— ordonné l’effacement du surplus du passif à hauteur de la somme de 17315,46 euros en cas de respect total du plan jusqu’à son terme.
Par courrier en date du 2 juillet 2024, Madame [J] divorcée [X] a contesté les mesures imposées par la commission, soutenant que l’évaluation des ressources est erronée tandis qu’elle continue de connaître d’une dégradation de son état de santé compromettant une reprise de son activité professionnelle ;
Les parties ont été convoquées à l’audience du 13 janvier 2025 par lettre recommandée avec accusé réception, doublée d’une lettre simple pour la débitrice ;
A cette date, Madame [J] divorcée [X], comparante en personne à l’audience, a maintenu les termes de son recours ; Elle a précisé qu’elle est en congé maladie longue durée jusqu’en 2026 et qu’elle a déposé une demande de pension d’invalidité, tandis qu’elle vient d’obtenir une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ; Dans ce contexte, Madame [J] émet des doutes quant à une éventuelle reprise d’activité professionnelle et sollicite un effacement de ses dettes ;
Les créanciers n’ont pas comparu, non plus que fait valoir d’observations sur le bien fondé des mesures imposées, à l’exception de [4] et de [13] qui ont actualisé leur créance ;
Sur quoi, l’affaire a été mise en délibéré au 10 février 2025 pour y être prononcé le présent jugement par sa mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
— Sur la recevabilité du recours
L’article R- 733-6 du code de la consommation prévoit que les mesures imposées par la commission de surendettement des particuliers peuvent faire l’objet d’un recours dans le délai de 30 jours de leur notification.
En l’espèce, la décision a été notifiée à la débitrice le 13 juin 2024 qui a élevé contestation par courrier adressé le 2 juillet suivant ;
Le recours, formé dans les délais, est déclaré recevable.
— Sur la recevabilité de la procédure de surendettement
Selon l’article L. 711-1 du code de la consommation, la situation de surendettement des personnes physiques est caractérisée par l’impossibilité manifeste pour le débiteur de bonne foi de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir étant précisé que, par application de l’article 2274 du code civil, la bonne foi est toujours présumée de sorte qu’il appartient à celui qui soutient la mauvaise foi d’en rapporter la preuve.
Madame [G] [J] divorcée [X], âgée de 58 ans, exerçait la profession de conductrice de bus et est en congé de maladie longue durée en raison de problèmes médicaux qui ne peuvent lui permettre de reprendre son activité professionnelle ; Elle a la charge d’un enfant de 17 ans ;
Ses ressources, telles qu’actualisées et justifiées par la débitrice à l’audience, s’élèvent à la somme de 1794 euros se décomposant comme suit :
Indemnités journalières : 1050 eurosPrime d’activité : 416 eurosPrestations familiales : 107 eurosAPL : 132 eurosPension Alimentaire : 89 euros
Ses charges, en application du barème de la commission de surendettement et au vu des pièces versées aux débats, doivent être évaluées à la somme de 1708 euros se décomposant comme suit :
logement : 455 euros, charges comprisesforfait charges courantes pour 2 personnes (alimentation, habillement, transport): 844 euroscharges habitation (eau, électricité, gaz, assurances, téléphone): 340 eurosfrais scolaires : 46 eurosfrais obligation alimentaire : 23 euros
Madame [G] [J] divorcée [X] ne possède aucun bien de valeur tandis que son endettement s’élève, après actualisation des créances, à la somme de 22 056,18 euros.
Dès lors, Madame [G] [J] divorcée [X] conservant le bénéfice de la présomption de bonne foi, et sa situation de surendettement, non contestée, étant établie à la lecture du dossier de la commission et des pièces versées aux débats, il convient de la déclarer recevable au bénéfice de la procédure de surendettement.
— Sur la capacité mensuelle de remboursement
L’article L. 731-1 et L 731-2 du code de la consommation dispose que la faculté de remboursement des débiteurs « est fixée, dans des conditions précisées par décret, par référence à la quotité saisissable du salaire telle qu’elle résulte des articles L. 3252-2 et L. 3252-3 du code du travail, de manière à ce qu’une partie des ressources nécessaire aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité. Cette part de ressources, qui ne peut être inférieure à un montant égal au revenu minimum garanti mentionné à l’article L. 262-2 du code de l’action sociale et des familles dont disposerait le ménage, intègre le montant des dépenses de logement, d’électricité, de gaz, de chauffage, d’eau, de nourriture et de scolarité, dans la limite d’un plafond, selon des modalités définies par décret. Elle est fixée par la commission, après avis d’une personne justifiant d’une expérience dans le domaine de l’économie sociale et familiale (…) et mentionnée dans le plan conventionnel de redressement (….) ou dans les recommandations (….) ».
L’analyse de ces textes signifie que la commission, comme le juge ensuite, n’est pas tenue par un calcul purement mathématique se référant notamment à une quotité saisissable théorique mais que l’une comme l’autre dispose d’un pouvoir d’appréciation.
En l’espèce, les ressources de la débitrice s’élèvent à la somme totale de 1794 euros contre 1708 euros de charges.
Au vu de l’ensemble de ces éléments, il y a lieu de constater que la débitrice ne dispose d’aucune capacité de remboursement.
— Sur l’élaboration d’un plan de surendettement
Si le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en oeuvre des mesures de traitement telles que prévues aux articles L 733-1 et L 733-7 du code de la consommation, le juge peut, en application de l’article L 724-1 du même code, prononcer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire s’il constate que le débiteur ne possède que des biens meublants nécessaires à la vie courante et des biens non professionnels indispensables à l’exercice de son activité professionnelle, ou que l’actif n’est constitué que de biens dépourvus de valeur marchande ou dont les frais de vente seraient disproportionnés au regard de leur valeur vénale.
En l’espèce, la débitrice ne dispose d’aucune capacité de remboursement tandis que sa situation socio professionnelle n’apparaît pas, au vu de ses problèmes de santé, susceptible d’évolution favorable à court ou moyen terme ;
Il apparaît en conséquence que les mesures de traitement du surendettement prévues aux articles L 733-1 et L 733-7 du code de la consommation sont insuffisantes pour assurer le redressement de la débitrice, et que sa situation se trouve effectivement irrémédiablement compromise, de sorte que le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire de Madame [G] [J] divorcée [X] est prononcé.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, chargé du surendettement, statuant en audience publique, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
DECLARE recevable la contestation formée par Madame [G] [J] divorcée [X] à l’encontre des mesures imposées par la [8] le 6 juin 2024 ;
CONSTATE que la situation de Madame [G] [J] divorcée [X], de bonne foi, est irrémédiablement compromise ;
PRONONCE le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire de Madame [G] [J] divorcée [X] ;
RAPPELLE que le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire prononcé par le juge du tribunal d’instance entraîne l’effacement de toutes les dettes non professionnelles de la débitrice nées antérieurement au présent jugement ,à l’exception des dettes visées à l’article L 711-4 du dit code, de celles mentionnées à l’article L 711-5 et des dettes dont le prix a été payé au lieu et place du débiteur par la caution ou le coobligé, personnes physiques”,
RAPPELLE que la procédure de rétablissement personnel entraîne l’inscription de Madame [G] [J] divorcée [X] au fichier national recensant les informations sur les incidents de paiement caractérisés liés aux crédits accordés aux personnes physiques pour des besoins non professionnels (FICP) pour une période de cinq ans ;
DIT qu’un extrait de la présente décision sera publié par les soins du greffe au Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales ;
DIT que les créanciers qui n’auraient pas été avisés de la présente procédure pourront former tierce opposition et qu’à défaut d’une telle tierce opposition dans un délai de deux mois à compter de la publicité au BODACC, leurs créances seront éteintes ;
ORDONNE en tant que de besoin la mainlevée de toutes les voies d’exécution en cours relatives au passif ainsi effacé,
DIT que le présent jugement sera notifié par le greffe aux parties par lettre recommandée avec accusé de réception et à la commission d’examen des situations de surendettement des particuliers de la [Localité 12] par lettre simple ;
RAPPELLE que le présent jugement est exécutoire de plein droit par provision,
LAISSE les dépens de la présente instance à la charge du trésor public.
Le présent jugement, prononcé à la date indiquée en tête des présentes, est signé par le juge présidant l’audience qui l’a rendu et le greffier,
LE GREFFIER LE JUGE
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