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Sur la décision
| Référence : | TJ Toulouse, jcp réf., 19 mars 2026, n° 25/03941 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03941 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 8 avril 2026 |
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Sur les parties
| Parties : | S.A. HLM DES CHALETS, S.A. HLM [ Localité 2 ], S.A. [ Adresse 4 ] |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Adresse 3]
[Localité 1]
NAC: 5AA
N° RG 25/03941 – N° Portalis DBX4-W-B7J-UWWR
ORDONNANCE
DE RÉFÉRÉ
N° B
DU : 19 Mars 2026
S.A. [Adresse 4], représentée par son président directeur général
C/
[P] [Y]
[K] [D] épouse [Y]
Expédition revêtue de
la formule exécutoire
délivrée le 19 Mars 2026
à S.A. HLM [Localité 2]
Expédition délivrée
à toutes les parties
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Le Jeudi 19 Mars 2026, le Tribunal judiciaire de TOULOUSE,
Sous la présidence de Sophie MOREL, Vice Présidente au Tribunal judiciaire de TOULOUSE, chargée des contentieux de la protection, statuant en qualité de Juge des référés, assistée de Alyssa BENMIHOUB Greffier, lors des débats et chargé des opérations de mise à disposition.
Après débats à l’audience du 20 Janvier 2026, a rendu l’ordonnance de référé suivante, mise à disposition conformément à l’article 450 et suivants du Code de Procédure Civile, les parties ayant été avisées préalablement ;
ENTRE :
DEMANDERESSE
S.A. HLM DES CHALETS, représentée par son président directeur général, dont le siège social est sis [Adresse 5]
représentée par Madame [X] [Q], chargée de recouvrement, munie d’un pouvoir
ET
DÉFENDEURS
M. [P] [Y], demeurant [Adresse 6]
non comparant, ni représenté
Mme [K] [D] épouse [Y], demeurant [Adresse 6]
non comparante, ni représentée
EXPOSÉ DU LITIGE :
Par acte sous seing privé signé le 26 mai 2020, la SA [Adresse 4] a donné en location à Monsieur [P] [Y] un immeuble à usage d’habitation situé [Adresse 7] à [Localité 3], moyennant un loyer actuel de 576,43€ provision sur charge comprise.
Or, le 9 janvier 2016, Monsieur [P] [Y] avait épousé Madame [K] [D] qui se trouve par l’effet du mariage co-titulaire du bail et solidaire des engagements de son époux.
Les loyers n’ont pas été régulièrement réglés et commandement de payer visant la clause résolutoire était délivré le 13 juin 2025, en vain.
Par acte du 3 septembre 2025, dénoncé le 4 septembre 2025 par voie électronique avec accusé de reception au Préfet de la Haute-Garonne, la SA HLM [Localité 2] a fait assigner en référé Monsieur [P] [Y] et Madame [K] [D] épouse [Y] afin d’obtenir:
‒ la constatation de la résiliation du bail,
‒ l’expulsion des occupants,
‒ le paiement à titre provisionnel et solidaire de la somme de 6.042,90€ représentant l’arriéré de loyers arrêté au 20 août 2025,
‒ la fixation d’une indemnité d’occupation d’un montant égal à celui du loyer mensuel et charge,
‒ l’allocation de 500€ en application de l’article 700 du Code de procédure civile et la condamnation des locataires aux dépens
L’affaire était appelée à l’audience du 20 janvier 2026.
La SA [Adresse 4], valablement représentée, actualise sa créance à la somme de 7.825,05€ arrêtée au 19 janvier 2025 et maintient ses demandes car les locataires paient irrégulièrement et sont en dette depuis janvier 2024.
Monsieur [P] [Y] et Madame [K] [D] épouse [Y], assignés selon les modalités prévues aux articles 656 et 658 du Code de procédure civile, n’ont pas comparu.
La décision était mise en délibéré au 19 mars 2026.
MOTIFS :
Sur la recevabilité :
Une copie de l’assignation a été notifiée au Préfet de la Haute-Garonne par voie électronique avec accusé de réception le 4 septembre 2025, conformément à l’article 24 de la Loi du 6 juillet 1989, soit plus de six semaines avant l’audience.
La CCAPEX a été saisie le 17 juin 2025 par voie électronique avec accusé de réception dont copie est versée au débat .L’action est donc recevable.
Sur la preuve des loyers et charges impayés :
La SA [Adresse 4] fait la preuve de l’obligation dont elle se prévaut en produisant le bail signé le 26 mai 2020, le commandement de payer visant la clause résolutoire délivré le 13 juin 2025 et le décompte de la créance.
Sur la clause résolutoire :
Le bail signé par les parties contient une clause résolutoire qui prévoit qu’à défaut de paiement des loyers ou charges échus, ou du dépôt de garantie et deux mois après la délivrance d’un commandement de payer resté infructueux, le bail sera résilié de plein droit. Le défaut d’assurance produit les mêmes effets un mois après le commandement d’avoir à en justifier.
Par acte de commissaire de justice délivré le 13 juin 2025, le bailleur a fait commandement d’avoir à payer les loyers impayés. Ce commandement reproduit la clause résolutoire insérée au contrat de bail ainsi que les dispositions de l’article 24 de la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 dans leur rédaction antérieure à la Loi n°668-2023 du 27 juillet 2023 applicable à compter du 29 juillet 2024, de même que les dispositions de l’article 6 de la loi n°90-449 du 31 mai 1990 et mentionne la faculté pour les locataires de saisir le fonds de solidarité pour le logement.
Les loyers n’ont pas été réglés dans les deux mois et, par ailleurs, le juge n’a pas été saisi par les locataires aux fins d’obtenir des délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire.
Les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont donc réunies à la date du 13 août 2025.
Il convient d’ordonner leur expulsion.
A défaut de départ volontaire dans les deux mois suivant signification d’un commandement de quitter les lieux, ils pourront être expulsés des lieux loués, ainsi que tous occupants de leur chef, avec si besoin le concours de la [Localité 4] Publique, conformément aux dispositions des articles L. 412-1 et suivants, R. 411-1 et suivants, R. 412-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution.
Le sort des meubles sera réglé conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution, des articles L. 451-1 et R. 451-1 au cas d’abandon des lieux.
Sur les sommes dues par les locataires :
Monsieur [P] [Y] et Madame [K] [D] épouse [Y] seront solidairement condamnés au paiement de la somme de 7.825,05€ représentant l’arriéré des loyers et indemnités d’occupation arrêtés au 19 janvier 2026, avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision.
Ils ont occupé les lieux sans droit ni titre à compter de l’acquisition de la clause résolutoire, causant ainsi un préjudice au bailleur. Il convient, pour réparer ce dommage, de fixer l’indemnité d’occupation au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, sous déduction des prestations sociales versées directement au bailleur, le cas échéant.
Sur l’article 700 du Code de procédure civile :
Il paraît inéquitable de laisser à la charge de la SA HLM [Localité 2] l’intégralité des sommes avancées par elle et non comprises dans les dépens. Il y a donc lieu de condamner solidairement Monsieur [P] [Y] et Madame [K] [D] épouse [Y] à lui verser la somme de 200 € sur le fondement de ce texte.
Sur les dépens
Monsieur [P] [Y] et Madame [K] [D] épouse [Y], succombant au principal, supporteront solidairement les dépens.
DÉCISION :
Statuant publiquement par Ordonnance de référé réputée contradictoire rendue en premier ressort par mise à disposition au greffe
Au principal, renvoie les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront ; dès à présent et par provision, vu l’urgence :
Constate la résiliation du bail à compter du 13 août 2025,
Condamne solidairement Monsieur [P] [Y] et Madame [K] [D] épouse [Y] à payer à la SA [Adresse 4] la somme de 7.825,05€ représentant l’arriéré des loyers et indemnités d’occupation au 19 janvier 2026, avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision,
A compter du 13 août 2025, fixe au montant du loyer et de la provision pour charges, l’indemnité d’occupation versée à la SA HLM [Localité 2] par Monsieur [P] [Y] et Madame [K] [D] épouse [Y] et les y condamne solidairement, jusqu’au départ des lieux des occupants, sous déduction des prestations sociales versées directement au bailleur, le cas échéant,
Ordonne l’expulsion de Monsieur [P] [Y] et Madame [K] [D] épouse [Y] et dit qu’à défaut d’avoir libéré les lieux situés [Adresse 7] à [Localité 3] deux mois après la notification au préfet du commandement d’avoir à quitter les lieux, il sera procédé à leur expulsion et celle de tout occupant de leur chef, des lieux loués, et ce au besoin, avec l’assistance de la force publique, passé le délai de deux mois suivant la délivrance d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, conformément aux dispositions des articles L. 412-1 et suivants, R. 411-1 et suivants, R. 412-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution,
Ordonne que le sort des meubles soit réglé conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution, des articles L. 451-1 et R. 451-1 au cas d’abandon des lieux,
Condamne solidairement Monsieur [P] [Y] et Madame [K] [D] épouse [Y] à payer à la SA [Adresse 4] la somme de 200€ au titre de l’article 700 du Code de procédure civile,
Condamne solidairement Monsieur [P] [Y] et Madame [K] [D] épouse [Y] aux dépens qui comprendront les frais de commandement de payer,
Rappelle que l’exécution provisoire de la présente décision est de droit.
Le Greffier Le Juge
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