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Sur la décision
| Référence : | TJ Tours, jcp baux, 3 juil. 2025, n° 24/04873 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/04873 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 7 novembre 2025 |
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Texte intégral
MINUTE N° : 25/00760
JUGEMENT
DU 03 Juillet 2025
N° RC 24/04873
DÉCISION
réputée contradictoire et en premier ressort
VAL TOURAINE HABITAT
ET :
[I] [G] [U]
Débats à l’audience du 22 Mai 2025
copie et grosse le :
à VTH
copie le :
à M. Le Préfet d'[Localité 6] et [Localité 7]
copie dossier
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 9]
TENUE le 03 Juillet 2025
Au siège du Tribunal, [Adresse 1] à TOURS,
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS ET DU DÉLIBÉRÉ :
PRÉSIDENT : B. BOIS, Magistrat à titre temporaire du Tribunal judiciaire de TOURS,
GREFFIER : E. FOURNIER
DÉBATS :
A l’audience publique du 22 Mai 2025
DÉCISION :
Prononcée publiquement le 03 Juillet 2025 par mise à la disposition des parties au Greffe de ce Tribunal, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du Code de Procédure Civile.
ENTRE :
VAL TOURAINE HABITAT, dont le siège social est sis [Adresse 4]
représenté par M. [M] muni d’un pouvoir en date du 21 mai 2025
D’une Part ;
ET :
Madame [I] [G] [U]
née le 20 Juin 2001 à [Localité 5], demeurant [Adresse 2]
non comparante
D’autre Part ;
RG 24/4873
EXPOSE DU LITIGE
Par actes sous seing privé des 26 et 30 juin 2020, l’Office Public de l’Habitat VAL TOURAINE HABITAT a consenti un bail d’habitation à Madame [I] [G] [U] portant sur un logement situé [Adresse 3], moyennant le paiement d’un loyer mensuel de 347.76 €, provision pour charges comprises.
Invoquant des impayés de loyers, le 13 août 2024, le bailleur a fait délivrer à sa locataire un commandement de payer visant la clause résolutoire du bail, demeuré infructueux.
L’OPH VAL TOURAINE HABITAT a ainsi fait assigner Madame [I] [G] [U] par acte de commissaire de justice du 23 octobre 2024 devant le juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de Tours afin de voir :
— constater la résiliation du bail par acquisition de la clause résolutoire ou, à défaut, prononcer la résiliation judiciaire du bail consenti à Madame [I] [G] [U] ;
— dire et juger en conséquence que Madame [I] [G] [U] se trouve être occupante sans droit ni titre;
— ordonner son expulsion et celle de tous ses biens ainsi que de toute personne à sa charge ou occupant l’immeuble de son chef, par toutes les voies et moyens de droit, même avec l’assistance de la force publique;
— condamner Madame [I] [G] [U] au paiement de la somme en principal de 293.83 € au titre des impayés de loyers et de charges ;
— condamner Madame [I] [G] [U] au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle correspondant aux loyers et charges comme indiqué au contrat de location étant précisé que le prix du loyer est révisable conformément à la règlementation en vigueur et les provisions de charges pourront être actualisées en fonction des dépenses à prévoir, à compter de la date de résiliation du bail et jusqu’à libération définitive des locaux ;
— condamner Madame [I] [G] [U] à verser à l’ OPH VAL TOURAINE HABITAT la somme de 150,00 € en application de l’article 700 du Code de procédure civile ;
— condamner Madame [I] [G] [U] aux entiers dépens comprenant notamment le coût du commandement de payer et de l’assignation.
A l’audience du 22 mai 2025, l’OPH VAL TOURAINE HABITAT – par son représentant dument mandatée – maintient les termes de son assignation et actualise la dette locative à la somme de 841.80 €, hors frais, au 19 mai 2025. Il indique que Madame [I] [G] [U] a repris le paiement de son loyer courant et qu’un rappel APL est attendu dont le montant pourrait permettre d’apurer la dette locative. Il dit être d’accord pour l’octroi de délais de paiement.
Bien que régulièrement assignée par acte de commissaire de justice déposé à étude, Madame [I] [G] [U] n’est ni présente ni représentée.
Le diagnostic social et financier reçu au greffe avant l’audience est vierge de toutes informations, Madame [I] [G] [U] n’ayant donné aucune suite aux propositions de rendez vous de la [Adresse 8].
L’affaire a été mise en délibéré au 3 juillet 2025.
MOTIFS
Sur la recevabilité de la demande
Le bailleur justifie avoir avisé la Caisse d’Allocations Familiales le 6 juin 2024, conformément à l’article 24 II de la loi du 6 juillet 1989 modifié par la loi 2023 – 668 du 27 juillet 2023.
Par ailleurs, une copie de l’assignation a été notifiée à la Préfecture d'[Localité 6] et [Localité 7] par voie électronique le 24 octobre 2024, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 en vigueur.
L’action est donc recevable.
Sur les loyers et charges impayés
Selon l’article 1728 du Code civil et l’article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est tenu de payer les loyers et les charges récupérables aux termes convenus.
Le bailleur fait la preuve de l’obligation dont il se prévaut en produisant le bail signé le 26 juin 2020, le commandement de payer délivré le 13 août 2024 pour un montant en principal de 289.73 € ainsi que le décompte actualisé à la date de l’audience à la somme de 841.80 € hors frais.
L’article 24 V de la loi du 6 juillet 1989 permet au juge de vérifier d’office tout élément constitutif de la dette locative.
Le bailleur d’ores et déjà déduit du présent décompte :
— les frais de commissaire de justice à hauteur de 159.20 € qui ne constituent pas une dette de loyer ou de charge mais qui relèvent des dépens, dont le sort sera examiné ci-après,
— les frais pour locataires non assurés, à défaut de démontrer avoir souscrit un contrat d’assurance en application des dispositions de l’article 7g) de la loi du 6 juillet 1989, d’un montant de 82.48 €,
— les frais d’enquête sociale d’un montant de 76.20 € à défaut pour le bailleur d’en justifier.
Madame [I] [G] [U] sera ainsi condamnée à verser à l’OPH VAL TOURAINE HABITAT la somme demandée de 841.80 €.
Sur la clause résolutoire pour défaut de paiement des loyers
L’article 24 I de la loi du 06 juillet 1989 prévoit que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus … ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
En l’espèce, le bailleur verse aux débats le contrat de bail signé entre les parties, le commandement de payer délivré par acte de commissaire de justice le 13 août 2024 portant sur la somme en principal de 289.73 € au titre des impayés de loyers et de charges ainsi que le décompte actualisé à la date de l’audience.
Ce commandement reproduit la clause résolutoire insérée au contrat de bail ainsi que les dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 en vigueur de même que les dispositions de l’article 6 de la loi n°90 – 449 du 31 mai 1990 et mentionne la faculté pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement.
Le commandement fait application de l’article 10 de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023. Or le bail a été signé le 26 juin 2020 soit avant l’entrée en vigueur de cette loi et n’a fait l’objet d’aucun renouvellement. Ainsi, ledit article n’est pas applicable et la clause résolutoire ne peut produire effet qu’à l’issue d’un délai de deux mois après la délivrance du commandement de payer
Madame [I] [G] [U] n’a pas réglé l’arriéré de loyers et de charges dans le délai de deux mois. Il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies au 14 octobre 2024.
Sur la suspension de la clause résolutoire et les délais
Aux termes de l’article 24 V de la loi du 06 juillet 1989 modifié par la loi du 27 juillet 2023 le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années. Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge. Si le locataire se libère dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué ; dans le cas contraire, elle reprend son effet.
Le bailleur indique que Madame [I] [G] [U] a repris le paiement de son loyer courant depuis mars 2025 et qu’un rappel APL à intervenir pourrait apurer la dette compte tenu de son montant. Il ne s’oppose pas à l’accord de délais de paiement dans ces conditions.
Compte tenu de l’accord du bailleur sur un plan d’apurement, de la reprise de paiement du loyer courant, il sera accordé à Madame [I] [G] [U] des délais selon les modalités fixées au dispositif ci-après.
Sur les demandes accessoires
Aucune considération tirée de l’équité ou de la situation économique des parties ne vient justifier l’application de l’article 700 du Code de procédure civile. Le demandeur sera donc débouté de sa demande.
L’article 696 du Code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens. Il convient donc de mettre les dépens à la charge Madame [I] [G] [U] comprenant notamment le coût du commandement de payer et de l’assignation.
Conformément aux dispositions de l’article 514 du Code de procédure civile, la présente décision de première instance sera exécutoire de droit à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS
La juge des contentieux de la protection, statuant publiquement par jugement réputé contradictoire, mis à disposition au greffe, et rendu en premier ressort,
Constate que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu 26 juin 2020 entre Madame [I] [G] [U] et l’OPH VAL TOURAINE HABITATconcernant le bien situé [Adresse 3] sont réunies au 14 octobre 2024 ;
Condamne Madame [I] [G] [U] à payer à l’OPH VAL TOURAINE HABITAT la somme de 841.80 € (HUIT CENT QUARANTE ET UN EUROS, QUATRE VINGT CENTIMES) au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation dus au 19 mai 2025 ;
Autorise Madame [I] [G] [U] à s’acquitter de cette somme, outre le loyer et les charges courants, en trente cinq mensualités de 20 € chacune et une dernière mensualité qui soldera la dette en principal, frais et intérêts ;
Précise que chaque mensualité devra intervenir avant le 10 de chaque mois et pour la première fois le 10 du mois suivant la signification du présent jugement ;
Suspend l’effet de la clause résolutoire pendant l’exécution des délais accordés ;
Dit que si les délais accordés sont entièrement respectés par Madame [I] [G] [U] la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais été acquise ;
Dit qu’en revanche, toute mensualité, qu’elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l’arriéré, restée impayée quinze jours après sa date d’exigibilité justifiera :
* que la clause résolutoire retrouve son plein effet ;
* que le solde de la dette devienne immédiatement exigible ;
* qu’à défaut pour Madame [I] [G] [U] d’avoir volontairement libéré les lieux dans les deux mois de la délivrance d’un commandement de quitter les lieux, l’OPH VAL TOURAINE HABITAT puisse faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous les occupants de son chef, avec le concours d’un serrurier et de la force publique si besoin est ;
* que Madame [I] [G] [U] soit condamnée à verser à l’OPH VAL TOURAINE HABITAT, jusqu’à libération définitive des lieux, une indemnité mensuelle d’occupation provisionnelle égale au montant du loyer et de la provision sur charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail au jour de la défaillance;
Rappelle que la présente décision est exécutoire par provision de plein droit ;
Condamne Madame [I] [G] [U] aux entiers dépens de l’instance ;
Déboute le bailleur de sa demande fondée sur l’article 700 du Code de procédure civile ;
Dit que la présente décision sera notifiée par le greffe du tribunal à la Préfecture d’Indre-et-Loire en application de l’article R 412-2 du Code des procédures civiles d’exécution.
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition au greffe, le trois juillet deux mille vingt cinq par la Juge et la Greffière susnommées.
La Greffière La Juge des contentieux de la protection
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