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Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, tpx ver surend ctx, 9 avr. 2026, n° 25/00237 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00237 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Etablit un plan comportant les mesures visées aux articles L. 733-1, L. 733-7 et L. 733-8 C. consom. |
| Date de dernière mise à jour : | 17 avril 2026 |
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Sur les parties
| Parties : | D' HLM LOGIREP c/ SA |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE VERSAILLES
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Localité 1]
SURENDETTEMENT
N° RG 25/00237 – N° Portalis DB22-W-B7J-TCOC
[1] N° : 000324020322
Nac : 48C
JUGEMENT
Du : 09 Avril 2026
[V] [G] épouse [T]
C/
[2], [Adresse 3], [3], [4], [5], [Adresse 4], [6], [5]., SA D’HLM LOGIREP, URSSAF
expédition exécutoire
délivrée le
à
expédition certifiée conforme
délivrée par LRAR aux parties et par LS à la commission de surendettement des particuliers
le :
Minute : /2026
JUGEMENT
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Le 09 Avril 2026 ;
Sous la Présidence de M. Yohan DESQUAIRES, Vice-Président au tribunal judiciaire de Versailles, chargé des fonctions de juge des contentieux de la protection statuant en matière de surendettement, assisté de Madame Elisa LECHINE, Greffier ;
Après débats à l’audience du 03 Février 2026, le jugement suivant a été rendu ;
ENTRE :
DEMANDEUR(S) :
Mme [V] [G] épouse [T]
[Adresse 5]
[Adresse 6]
[Localité 2]
comparante en personne
ET :
DEFENDEUR(S) :
[2]
Chez [7] JUSTITIA – Pôle Surendettement
[Adresse 7]
[Localité 3]
non comparante, ni représentée
[Adresse 8] [Localité 4]
Chez [8]
Service Surendettement
[Localité 5]
non comparante, ni représentée
[3]
Chez [Localité 6] Contentieux
Service Surendettement
[Localité 5]
non comparante, ni représentée
CA CONSUMER FINANCE
[9]
[Adresse 9]
[Localité 7]
non comparante, ni représentée
[5]
[Adresse 10]
[Adresse 11]
[Localité 8]
non comparante, ni représentée
ENGIE GAZ PASSERELLE
Chez [10] – Service Surendettement
[Adresse 12]
[Localité 9]
non comparante, ni représentée
[6]
Agence Surendettement
[Adresse 13]
[Localité 10]
non comparante, ni représentée
[5].
Chez [6]
Agence Surendettement – TSA 71930
[Localité 10]
non comparante, ni représentée
SA D’HLM [11]
Polylogis Service Client
[Adresse 14]
[Localité 11]
non comparante, ni représentée
URSSAF
[Adresse 15]
[Adresse 16]
[Localité 12]
non comparante, ni représentée
A l’audience du 03 Février 2026, le Tribunal a entendu les parties et mis l’affaire en délibéré au 09 Avril 2026.
EXPOSE DU LITIGE
Le 6 janvier 2025, la commission de surendettement des particuliers des Yvelines saisie par Madame [G] [V] épouse [T] aux fins d’ouverture d’une procédure de traitement de sa situation de surendettement a déclaré cette demande recevable avant d’instruire le dossier.
Le 31 mars 2025, la commission a imposé une suspension d’exigibilité des créances d’une durée de 6 mois, subordonnée à la vente de son véhicule AUDI et la mise à jour de son droit à la prime d’activité.
Madame [G] [V] épouse [T], à qui ces mesures ont été notifiées par lettre recommandée avec avis de réception reçue le 18 avril 2025, a saisi le juge des contentieux de la protection de la chambre de proximité de [Localité 13] d’une contestation desdites mesures adressée au secrétariat de la commission par lettre reçue le 15 mai 2025.
Conformément aux dispositions de l’article R. 733-16 du code de la consommation, les parties ont été convoquées à l’audience 2 décembre 2025, renvoyée au 3 février 2026, par lettre recommandée avec avis de réception.
A l’audience, Madame [G] [V] épouse [T] sollicite du tribunal qu’il ne subordonne pas la suspension à la vente du véhicule, en ce que celui-ci est indispensable à l’exercice de l’activité professionnelle de la débitrice, et qu’il fait l’objet d’un accord de vente progressif entre la requérante et sa fille. Elle justifie, outre de ses ressources, de l’accord de vente, des virements effectués par sa fille, et d’une valeur vénale du véhicule estimée entre 5115 et 6115 euros. Elle sollicite également l’ajout d’une créance de l’URSSAF pour laquelle elle indique faire l’objet d’une saisie sur son compte bancaire.
Malgré signature de l’avis de réception de leurs lettres de convocation, les autres créanciers ne sont pas représentés et n’ont formulé aucune observation par écrit, sauf pour informer la juridiction de leur absence et / ou rappeler le montant de leurs créances.
A l’issue des débats, la décision est mise en délibéré au 9 avril 2026.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité de la contestation :
Ayant été formée dans les trente jours de la notification au requérant des mesures imposées par la commission, conformément aux dispositions des articles L. 733-10 et R. 733-6 du code de la consommation, la contestation formée par Madame [G] [V] épouse [T] est recevable.
Sur l’état des créances :
En l’absence de contestation sur la validité et le montant des créances, le montant du passif est fixé par référence à celui retenu par la commission, sous réserve des paiements éventuellement intervenus en cours de procédure.
Il n’y a pas lieu à ajout de la créance de l’URSAFF, dont Monsieur [T] [B], conjoint de la requérante et non déposant à la présente procédure, est l’unique créancier.
Sur les mesures de traitement de la situation de surendettement de Madame [G] [V] épouse [T] :
L’article L. 733-13 du code de la consommation prévoit que le juge saisi de la contestation prend tout ou partie des mesures définies aux articles L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7. Dans tous les cas, la part des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage est déterminée dans les conditions prévues à l’article L. 731-2.
En application de l’article L. 733-1 du code de la consommation, peuvent être imposés un rééchelonnement du paiement des dettes avec possibilité de report pour une partie d’entre elles, l’imputation prioritaire des paiements sur le capital, la réduction des intérêts, outre la suspension d’exigibilité des créances autres qu’alimentaires pour une durée de deux ans au maximum.
Enfin, l’article L. 733-7 du code de la consommation permet de subordonner ces mesures à l’accomplissement par le débiteur d’actes propres à faciliter ou garantir le paiement de la dette.
En l’espèce, il ressort des justificatifs produits à l’audience et de l’état descriptif de situation dressé par la commission de surendettement des particuliers des Yvelines que Madame [G] [V] épouse [T] dispose de ressources mensuelles d’un montant total de 1963 € réparties comme suit :
salaire :
prime d’activité :
prestations familiales :
1528 €
284 €
151 €
En application des dispositions des articles R. 731-1 et R. 731-2 du code de la consommation, la part des ressources mensuelles du débiteur à affecter à l’apurement des dettes est calculée par référence au barème prévu à l’article R. 3252-2 du code du travail, sans que cette somme puisse excéder la différence entre le montant des ressources mensuelles de l’intéressé et le montant forfaitaire du revenu de solidarité active applicable au foyer du débiteur, et dans les conditions prévues aux articles L. 731-1, L. 731-2 et L. 731-3, de manière à ce qu’une partie des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité.
En l’espèce, la part des ressources mensuelles de Madame [G] [V] épouse [T] à affecter théoriquement à l’apurement de ses dettes, en application du barème de saisies des rémunérations, s’élèverait à la somme de 265 €.
Compte tenu des éléments du dossier, il est impossible de retenir la stricte application du barème à l’ensemble des ressources de Madame [G] [V] épouse [T] qui ne pourrait plus faire face à ses charges courantes.
En effet, le juge comme la commission doivent toujours rechercher la capacité réelle de remboursement du débiteur eu égard aux charges particulières qui peuvent être les siennes.
Le montant des dépenses courantes du ménage est calculé en fonction des barèmes fixés par la commission de surendettement dans son règlement intérieur et prenant en compte la composition de la famille :
Le forfait de base comprend les dépenses courantes d’alimentation, d’habillement, d’hygiène et ménagères, ainsi que les frais de santé (63 € + 22 € par personne supplémentaire), de transports et les menues dépenses courantes.
Les dépenses de santé, dont la mutuelle (pour le montant excédant 63 €), sont retenus sur la base des éléments fournis par le débiteur en fonction de la composition familiale du foyer.
Le forfait habitation couvre les dépenses courantes inhérentes à l’habitation telles que l’eau, l’électricité (hors chauffage), le téléphone, et l’assurance habitation.Le forfait chauffage comprend les frais liés au chauffage de l’habitation.
Pour le forfait chauffage, l’évaluation forfaitaire peut être complétée sur présentation des justificatifs si les dépenses réelles sont supérieures. Les provisions sur charges de chauffage, en ce qu’elles sont par nature provisoires et susceptibles de régularisation à la hausse comme à la baisse, ne peuvent être prises en compte en lieu et place du forfait chauffage.
En plus de ces forfaits, il convient de prendre en compte les charges au réel sur justificatif, notamment :
— Le loyer hors charges forfaitisées;
— Les frais de garde et/ou de scolarité de personne à charge ;
— L’assurance prêt immobilier (montant réel) ;
— Les impôts : impôt sur le revenu, taxe d’habitation, taxe foncière ;
— Le versement d’une pension alimentaire ou d’une prestation compensatoire.
Marié avec un conjoint non déposant auto entrepreneur ne percevant pour l’instant pas de ressources, avec deux enfants à charge, elle doit faire face à des charges mensuelles de 2521 € décomposées comme suit :
logement :
charges courantes :
551 €
1970 €
(montant forfaitaire actualisé pour 4 personnes comprenant le forfait chauffage, habitation et de base)
L’état de surendettement est donc incontestable et Madame [G] [V] épouse [T] ne dispose d’aucune capacité de remboursement pour faire face à son passif.
Sa situation n’apparaît cependant pas irrémédiablement compromise, compte tenu de la situation de son conjoint, actuellement sans ressources, dont la perception de revenus à court ou moyen terme générerait des capacités de remboursement supérieures. Également, la mise à jour de son droit à APL, auquel elle semble accessible au vu des ressources déclarées, pourrait générer des ressources complémentaires.
En outre, Madame [G] [V] épouse [T] n’a jamais bénéficié d’une mesure de suspension de l’exigibilité des créances autres qu’alimentaires.
La situation particulière du véhicule de Madame [G], en cours d’acquisition par sa fille majeure et à la valeur vénale réduite, justifie que le bien soit pour l’instant considéré comme étant nécessaire à la vie professionnelle et familiale de l’intéressée. Il n’y a donc pas lieu en l’état de subordonner la mesure à sa vente.
Il convient, en conséquence, de prononcer la suspension de l’exigibilité des créances pendant une durée de 12 mois, en application de l’article L. 733-1 4° du code de la consommation afin de permettre la perception de ressources par le conjoint, et la mise à jour des droits à une APL et plus globalement la stabilisation de sa situation financière.
Afin de ne pas aggraver la situation financière de Madame [G] [V] épouse [T], le taux d’intérêts des prêts est ramené à zéro et les dettes reportées sont sans intérêt, ainsi que le permettent les dispositions de l’article L. 733-1 du code de la consommation.
L’article 696 alinéa 1er du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En l’espèce, à défaut de partie perdante au sens des dispositions susvisées, il convient de prévoir que chacune des parties doit supporter les dépens qu’elle aura engagés dans le cadre de la présente instance.
PAR CES MOTIFS
Le juge, statuant publiquement, par mise à disposition du jugement au greffe à la date indiquée à l’issue des débats en audience publique en application de l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile, par jugement réputé contradictoire et rendu en premier ressort,
DIT recevable en la forme le recours formé par Madame [G] [V] épouse [T] ;
CONSTATE que Madame [G] [V] épouse [T] ne dispose pas en l’état de capacité de remboursement ;
PRONONCE au profit de Madame [G] [V] épouse [T] une suspension de l’exigibilité des créances pendant une durée de 12 mois à compter du 9 avril 2026, sans intérêts;
DIT qu’il appartiendra à Madame [G] [V] épouse [T] de saisir la commission de surendettement des particuliers à l’issue de la mesure de suspension d’exigibilité de 12 mois ;
RAPPELLE qu’aucune voie d’exécution ne pourra être poursuivie par l’un quelconque des créanciers pendant toute la durée d’exécution des mesures sauf à constater la caducité de ces dernières ;
RAPPELLE que les créances telles que définitivement arrêtées par la commission lors de l’établissement du passif ne peuvent avoir produit d’intérêts ou généré de pénalités de retard jusqu’à la mise en œuvre du plan résultant de la présente décision ;
DIT qu’il appartiendra à Madame [G] [V] épouse [T], en cas de changement significatif de ses conditions de ressources à la hausse comme à la baisse, de ressaisir la commission de surendettement d’une nouvelle demande ;
ORDONNE à Madame [G] [V] épouse [T] pendant la durée du plan de ne pas accomplir d’acte qui aggraverait sa situation financière, sauf autorisation préalable du juge, et notamment :
d’avoir recours à un nouvel emprunt ;de faire des actes de disposition étrangers à la gestion normale de son patrimoine ;
RAPPELLE qu’en application de l’article L. 752-3 du code de la consommation ces mesures sont communiquées au fichier national recensant les informations sur les incidents de paiement caractérisés, géré par la [12] et qu’une inscription sera maintenue pendant toute la durée du plan sans pouvoir excéder sept ans ;
RAPPELLE qu’en application de l’article R. 713-10 du code de la consommation la présente décision est exécutoire de plein droit à titre provisoire ;
RAPPELLE qu’en vertu de l’article R. 722-1 du code de la consommation, il incombe à chacune des parties, et notamment à Madame [G] [V] épouse [T], d’informer le secrétariat de la commission de surendettement des particuliers de tout changement d’adresse en cours de procédure ;
LAISSE à la charge de chacune des parties les dépens qu’elle aura engagés dans le cadre de la présente instance ;
DIT que la décision sera notifiée par lettre recommandée avec avis de réception à Madame [G] [V] épouse [T] et ses créanciers, et par lettre simple à la commission de surendettement des particuliers des Yvelines.
Ainsi jugé et prononcé à [Localité 13], le 9 avril 2026,
LE GREFFIER LE JUGE
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