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Sur la décision
| Référence : | T. com. Bordeaux, mardi, 6 janv. 2026, n° 2024F02183 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal de commerce / TAE de Bordeaux |
| Numéro(s) : | 2024F02183 |
| Importance : | Inédit |
| Date de dernière mise à jour : | 7 mai 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL DE COMMERCE DE BORDEAUX
JUGEMENT DU MARDI 6 JANVIER 2026 – 3 ème Chambre -
N° RG : 2024F02183
société PREFILOC CAPITAL SASU C/ société [Z] [W] [L]
DEMANDERESSE
société PREFILOC CAPITAL SASU, [Adresse 1],
comparaissant par Maître Manon LAILLER, Avocat à la Cour, à la décharge de Maître Marie TASTET, Avocat à la Cour, à la décharge de Maître Anthony LEREBOURG, Avocat au Barreau de Paris, pour la SELAS VERSUS, [Adresse 2],
DEFENDERESSE
société [Z] [W] [L], [Adresse 3],
comparaissant par Maître Marine HAINSELIN, Avocat à la Cour, à la décharge de Maître François DEAT, Avocat à la Cour, à la décharge de Maître Philippe TALLEUX, Avocat au Barreau de Lille, [Adresse 4],
L’affaire a été entendue en audience publique le 24 juin 2025,
Le présent jugement a été délibéré conformément à la loi par :
* Maurice PERENNES, Président de Chambre,
* Nathalie BOURSEAU, David BEGU ARMISEN, Juges
Et prononcé, ce jour, par sa mise à disposition au Greffe par Nathalie BOURSEAU, Juge,
Assisté d’Aurélie DULONG, Greffier assermenté,
J U G E M E N T
FAITS ET PROCEDURE
La société PREFILOC CAPITAL SASU est spécialisée dans le financement et la location financière de matériel destiné aux professionnels.
Dans le cadre de cette activité, elle est entrée en relation contractuelle avec la société [Z] [W] [L], laquelle a loué et financé auprès d’elle plusieurs matériels professionnels par la conclusion de trois contrats. Lesdits matériels étant fournis par la société JDC SA.
Les contrats se détaillent comme suit :
* Contrat 230055760 daté du 15 décembre 2022, portant sur un matériel « Quanto Scale », d’une durée irrévocable de 48 mois et des loyers mensuels de 225,92 € TTC, en ce compris une option « bris de machine ».
* Contrat 230054210 daté du 31 janvier 2023, portant sur un matériel « Labware », d’une durée irrévocable de 48 mois et des loyers mensuels de 68,65 € TTC, en ce compris une option « bris de machine ».
* Contrat 230059180 daté du 1 er février 2023, portant sur un matériel « Labware », d’une durée irrévocable de 48 mois et des loyers mensuels de 68,65 € TTC, en ce compris une option « bris de machine ».
La société [Z] [W] [L] a laissé plusieurs échéances impayées au titre des contrats.
La société PREFILOC CAPITAL SASU l’a vainement mise en demeure d’avoir à lui payer sa créance.
Les parties n’ont pas trouvé de solution amiable à leur litige.
C’est ainsi que par assignation du 25 novembre 2024 et conclusions écrites déposées à la barre, la société PREFILOC CAPITAL SASU demande au tribunal de :
Vu les articles 1103 et 1104 du code civil,
Vu les conditions générales du contrat de location, et notamment les articles 10 et 11,
Vu la jurisprudence,
Vu les pièces versées au débat,
JUGER la société Prefiloc Capital recevable et bien fondée en ses demandes,
JUGER que les contrats objet du présent litige ont été résiliés 8 jours après la mise en demeure restée vaine,
JUGER que le Code de la consommation n’est pas applicable aux faits de l’espèce,
En conséquence,
DÉBOUTER la société [Z] [W] de ses demandes, fins et prétentions ;
CONDAMNER la société [Z] [W] à payer à la société Prefiloc Capital la somme de 15.368,58 €, outre les intérêts au taux appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente majoré de 10 points de pourcentage, lesquels ne pourront être intérieurs à trois fois le taux d’intérêt légal ;
ORDONNER la capitalisation des intérêts conformément aux dispositions de l’article 1343-2 du Code civil,
CONDAMNER la société [Z] [W] à payer la somme de 5.000 € à la société Prefiloc Capital à titre de dommages et intérêts ;
CONDAMNER la société [Z] [W] à payer à la société Prefiloc Capital la somme de 3.500 €au titre de l’article 700 du Code de procédure civile,
CONDAMNER la société [Z] [W] aux entiers dépens.
Par conclusions écrites également déposées à la barre, la société [Z] [W] [L] demande au tribunal de :
Vu les articles L. 221-3 et L. 221-9 du Code de la consommation, Vu les articles 1231-5 et 1343-5 du Code civil, Vu la jurisprudence, Vu les éléments de fait et de droit développés ci-dessus,
À TITRE PRINCIPAL :
ANNULER les trois contrats de location financière conclus entre la société [Z] [W] et la société PRÉFILOC CAPITAL, à savoir :
* Contrat n° 230054210, conclu le 15 mars 2024, portant sur la location d’une caisse enregistreuse modèle XZ-100;
* Contrat n° 230055760, conclu le 20 mars 2024, relatif à la location d’un logiciel de gestion des stocks version 3.2 ;
* Contrat n° 230059180, conclu le 25 mars 2024, visant l’acquisition d’une caisse enregistreuse modèle XZ-200.
À TITRE SUBSIDIAIRE :
MODERER les clauses pénales stipulée dans les Contrats n° 230054210, conclu le 15 mars 2024, Contrat n° 230055760, conclu le 20 mars 2024, et Contrat n° 230059180, conclu le 25 mars 2024 à la somme totale de 1 euro.
EN TOUT ÉTAT DE CAUSE
DÉBOUTER la société PRÉFILOC CAPITAL de sa demande de dommages et intérêts d’un montant de 5.000 €, en l’absence de tout préjudice démontré.
DÉBOUTER la société PRÉFILOC CAPITAL de sa demande au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
CONDAMNER la société PRÉFILOC CAPITAL à payer la somme de 3.000 € au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens.
Le tribunal statuera par jugement contradictoire et en premier ressort.
C’est sur ces éléments de faits et de droit que l’affaire vient à l’audience.
MOYENS ET MOTIFS
Pour un plus ample exposé des prétentions et moyens des parties, le tribunal conformément à l’article 455 du code de procédure civile renvoie à leurs conclusions écrites déposées à la barre.
A titre liminaire, le tribunal rappelle qu’il ne répondra pas dans son dispositif aux prétentions visant notamment à « juger » ou « dire et juger », qui ne constituent pas des demandes au sens des dispositions des articles 4 et 768 du code de procédure civile.
* Sur la demande en paiement de la somme de 15.368,58 € outre intérêts
Au soutien de sa demande, la société PREFILOC CAPITAL SASU invoque les articles 1103 et 1104 du code civil et affirme que la société [Z] [W] [L] n’a pas respecté ses obligations contractuelles et ce, en dépit d’une mise en demeure.
Elle ajoute qu’elle est fondée à appliquer la clause de résiliation des contrats, réclamer l’application de la clause pénale, outre le paiement de sa créance.
La société [Z] [W] [L] s’y oppose et avance plusieurs moyens de défense.
Elle vise les articles L. 221-3 et L. 221-9 du code de la consommation et affirme que ces dispositions sont applicables en la cause. Elle soutient que sa cocontractante ne lui a pas remis de formulaire de rétractation, ce qui doit être sanctionné par la nullité des contrats.
Dans un premier temps, la société PREFILOC CAPITAL SASU soutient que l’article L. 221-3 du code de la consommation est frappé d’inconventionnalité, car non conforme au droit européen.
Elle précise son propos en affirmant que l’article précité méconnaît la directive n° 2011/83/UE du 25 octobre 2011, cette dernière excluant du caractère « professionnel » les personnes physiques ou morales agissant en dehors de leur activité commerciale, industrielle artisanale ou libérale. Également, la même directive prévoit qu’un contrat conclu entre deux professionnels ne peut être conclu comme un contrat à distance ou hors établissement.
Elle ajoute qu’en assimilant certains professionnels à des consommateurs, l’article L.221-3 du code de la consommation a introduit une disposition plus stricte que les dispositions nationales, et ce en contradiction avec l’article 4 de la directive européenne précitée.
Elle affirme qu’en ne s’appliquant pas aux professionnels dont la résidence habituelle ou son administration centrale n’est pas située en France, même s’ils contractent avec un professionnel présentant la double condition cumulative, elle prévoit une sujétion pour les contrats relevant de la loi française, sans que ceux relevant d’une loi d’un autre Etat membre de l’Union Européenne y soient soumis, ce qui, en faussant la concurrence, contrevient aux dispositions européennes.
Dans un second temps, elle affirme que l’article L. 221-3 du code de la consommation n’est pas applicable en la cause car :
* l’utilisation d’une caisse enregistreuse entre dans le champ de l’activité principale de la locataire,
* les dispositions de l’article L. 221-2 alinéa 4 du code de la consommation dispose que ces contrats n’entrent pas dans le champ d’application dudit code,
* conformément aux dispositions de l’article L. 221-28 alinéas 1 et 3 du code de la consommation, le droit de rétractation ne peut être exercé dans le présent cas,
* il n’est pas démontré que le contrat ait été signé hors établissement,
* la prorogation de la faculté de rétractation ne peut s’exercer que dans le respect du principe de loyauté, ce qui n’est pas le cas en l’espèce.
Sur ce, le tribunal
Vu les dispositions des articles 1103 et 1104 du code civil, Vu les dispositions de l’article 9 du code de procédure civile, Vu les dispositions de l’article L. 221-3 du code de la consommation, Vu la directive n° 211/83/UE du 25 octobre 2011, Vu les pièces versées au débat,
Sur le moyen en réponse fondé sur l’inconventionnalité de l’article L. 221-3 du code de la consommation
Rappelle la définition de « professionnel » donné par la directive : « «professionnel», toute personne physique ou morale, qu’elle soit publique ou privée, qui agit, y compris par l’intermédiaire d’une autre personne agissant en son nom ou pour son compte, aux fins qui entrent dans le cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale en ce qui concerne des contrats relevant de la présente directive; »
Également, celle donnée par la partie législative nouvelle du code de la consommation, dans son article liminaire :
« Professionnel : toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui agit à des fins entrant dans le cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole, y compris lorsqu’elle agit au nom ou pour le compte d’un autre professionnel ; »
Rappelle les dispositions de l’article L. 221-3 du code de la consommation : « Les dispositions des sections 2, 3, 6 du présent chapitre applicables aux relations entre consommateurs et professionnels, sont étendues aux contrats conclus hors établissement entre deux professionnels dès lors que l’objet de ces contrats n’entre pas dans le champ de l’activité principale du professionnel sollicité et que le nombre de salariés employés par celui-ci est inférieur ou égal à cinq. »
Dit que l’article du code de la consommation étend l’application de la règle de droit sans dénaturer les définitions stipulées à l’article 2 de la directive européenne.
Rappelle le paragraphe 13 de directive n° 211/83/UE du 25 octobre 2011 : « Il y a lieu que l’application des dispositions de la présente directive à des domaines qui ne relèvent pas de son champ d’application reste de la compétence des États membres, conformément au droit de l’Union. Les États membres peuvent, par conséquent, conserver ou introduire des dispositions nationales qui correspondent aux dispositions de la présente directive, ou à certaines de ses dispositions, pour des contrats qui ne relèvent pas du champ d’application de la directive. Les États membres peuvent, par exemple, décider d’étendre l’application des règles de la présente directive à des personnes morales ou physiques qui ne sont pas des «consommateurs» au sens de la présente directive, comme les organisations non gouvernementales, les jeunes entreprises ou les petites et moyennes
entreprises. De même, les États membres peuvent appliquer les dispositions de la présente directive à des contrats qui ne sont pas des «contrats à distance» au sens de la présente directive, par exemple parce qu’ils ne sont pas conclus dans le cadre d’un système organisé de vente ou de prestation de service à distance. En outre, les États membres peuvent également maintenir ou introduire des dispositions nationales portant sur des points qui ne sont pas traités de manière spécifique dans la présente directive, telles que des dispositions supplémentaires concernant les contrats de vente, relatives notamment à la livraison des biens ou aux conditions de fourniture de l’information pendant la durée de vie du contrat. »
Les dispositions de l’article L. 221-3 ne constituent donc pas une surtransposition de la directive précitée. Elles ne seront donc pas écartées pour ce motif.
Rappelle que le Parlement européen et le conseil de l’Union Européenne ont eux-mêmes prévu dans le considérant n° 13 de la directive que les États membres pouvaient introduire des dispositions nationales correspondant aux dispositions de la directive pour des contrats qui ne relèvent pas du champ d’application de la directive.
En conséquence, le moyen selon lequel les dispositions de l’article L. 221-3 du code de la consommation ne seraient pas conformes aux dispositions européennes n’est pas fondé. Elles ne seront donc pas écartées.
Sur l’application du code de la consommation,
La défenderesse appuie son moyen de défense sur ledit code, de sorte qu’elle conserve la charge de la preuve quant à la justification de voir lesdites dispositions applicables en la cause.
Constate que si la société [Z] [W] [L] indique n’employer qu’une seule personne, elle le fait par affirmation et échoue à en démontrer la réalité. Cette condition étant nécessaire, la société [Z] [W] [L] est donc mal fondée à invoquer les dispositions du code de la consommation.
Sur le montant de la créance
a) Sur le contrat n° 230054210
Note que le contrat de location versé aux débats est signé électroniquement par la société [Z] [W] [L], comprenant des conditions générales de vente qui lui sont opposables, et qu’elle n’a pas respecté ses engagements en cessant de régler les échéances prévues.
Note qu’un courrier recommandé avec accusé de réception lui a été adressé par la société PREFILOC CAPITAL SASU, le mettant en demeure de procéder au règlement, ce courrier ayant été réceptionné par cette dernière en date du 31 octobre 2024.
Constate que, par le non-paiement des loyers mis à la charge du débiteur après mise en demeure, l’inexécution du contrat de location est caractérisée, en conséquence de quoi sa résiliation sera prononcée à la date du huitième jour suivant la réception de la mise en demeure, soit le 8 novembre 2024.
Dit que la société [Z] [W] [L] sera condamnée à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU le montant des loyers échus impayés. Toutefois, constate que le montant des frais d’impayés n’est pas contractuellement stipulé, de telle sorte que la demanderesse sera déboutée de
sa demande d’application desdits frais. En conséquence, la société [Z] [W] [L] sera condamnée à lui payer la somme de 686,50 € (68,65 € x 10) à ce titre.
Dit que l’indemnité prévue par les conditions générales en cas de résiliation anticipée du contrat de plein droit par le loueur et dont le montant est équivalent aux loyers à échoir jusqu’à son terme, présente, en ce qu’elle a pour objet de contraindre le locataire d’exécuter le contrat jusqu’à cette date, un caractère comminatoire, de sorte qu’elle constitue une clause pénale et non une clause de dédit, cette pénalité peut donc être révisée d’office, conformément aux dispositions de l’article 1231-5 du code civil.
La société PREFILOC CAPITAL SASU demande que lui soit réglée la somme de 1.784,90 € à ce titre ; s’agissant d’une clause pénale, il conviendra d’extraire la TVA de ce quantum puisqu’il s’agit de dommages et intérêts sur lesquels la TVA ne saurait s’appliquer.
La société PREFILOC CAPITAL SASU ne justifiant pas du paiement par elle des primes d’assurances et cette assurance étant pour compte, son montant ne sera pas pris en compte dans le calcul des dommages et intérêts.
En conséquence de quoi, le tribunal condamnera la société [Z] [W] [L] à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU la somme de 1.430,00 € (55,00 € x 26) au titre de la pénalité sur les loyers à échoir du contrat.
Il sera également fait droit à la demande au titre de la clause pénale. Toutefois, estimant son montant manifestement excessif et en application de l’article 1231-5 du code civil, la réduira à 5 % du seul montant des loyers impayés échus, soit la somme de 34,32 € (686,50 € x 5 %) que la société [Z] [W] [L] sera condamnée à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU.
b) Sur le contrat n° 230055760
Note que le contrat de location versé aux débats est signé électroniquement par la société [Z] [W] [L], comprenant des conditions générales de vente qui lui sont opposables, et qu’il n’a pas respecté ses engagements en cessant de régler les échéances prévues.
Note qu’un courrier recommandé avec accusé de réception a été adressé par la société PREFILOC CAPITAL SASU à la société [Z] [W] [L], le mettant en demeure de procéder au règlement, ce courrier ayant été réceptionné par cette dernière en date du 31 octobre 2024.
Constate que, par le non-paiement des loyers mis à la charge du débiteur après mise en demeure, l’inexécution du contrat de location est caractérisée, en conséquence de quoi la résiliation du contrat sera prononcée à la date du huitième jour suivant la réception de la mise en demeure, soit le 8 novembre 2024.
Dit que la société [Z] [W] [L] sera condamnée à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU le montant des loyers échus impayés. Toutefois, constate que le montant des frais d’impayés n’est pas contractuellement stipulé, de telle sorte que la demanderesse sera déboutée de sa demande d’application desdits frais. En conséquence, la société [Z] [W] [L] sera condamnée à lui payer la somme de 2.485,12 € (225,92 € x 11) à ce titre.
Dit que l’indemnité prévue par les conditions générales en cas de résiliation anticipée du contrat de plein droit par le loueur et dont le montant est équivalent aux loyers à échoir jusqu’à son terme, présente, en ce qu’elle a pour objet de contraindre le locataire d’exécuter le contrat jusqu’à cette date, un caractère comminatoire, de sorte qu’elle constitue une clause pénale et non une clause de dédit, cette pénalité peut donc être révisée d’office, conformément aux dispositions de l’article 1231-5 du code civil.
La société PREFILOC CAPITAL SASU demande que lui soit réglée la somme de 5.873,92 € à ce titre ; s’agissant d’une clause pénale, il conviendra d’extraire la TVA de ce quantum puisqu’il s’agit de dommages et intérêts sur lesquels la TVA ne saurait s’appliquer.
La société PREFILOC CAPITAL SASU ne justifiant pas du paiement par elle des primes d’assurances et cette assurance étant pour compte, son montant ne sera pas pris en compte dans le calcul des dommages et intérêts.
En conséquence de quoi, le tribunal condamnera la société [Z] [W] [L] à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU la somme de 4.706,00 € (181,00 € x 26) au titre de la pénalité sur les loyers à échoir du contrat.
Il sera également fait droit à la demande au titre de la clause pénale. Toutefois, estimant son montant manifestement excessif et en application de l’article 1231-5 du code civil, la réduira à 5 % du seul montant des loyers impayés échus, soit la somme de 124,26 € (2.485,12 € x 5 %) que la société [Z] [W] [L] sera condamnée à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU.
c) Sur le contrat 230059180
Note que le contrat de location versé aux débats est signé électroniquement par la société [Z] [W] [L], comprenant des conditions générales de vente qui lui sont opposables, et qu’il n’a pas respecté ses engagements en cessant de régler les échéances prévues.
Note qu’un courrier recommandé avec accusé de réception a été adressé par la société PREFILOC CAPITAL SASU à la société [Z] [W] [L], le mettant en demeure de procéder au règlement, ce courrier ayant été réceptionné par cette dernière en date du 31 octobre 2024.
Constate que par le non-paiement des loyers mis à la charge du débiteur après mise en demeure, l’inexécution du contrat de location est caractérisée, en conséquence de quoi la résiliation du contrat sera prononcée à la date du huitième jour suivant la réception de la mise en demeure, soit le 8 novembre 2024.
Dit que la société [Z] [W] [L] sera condamnée à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU le montant des loyers échus impayés. Toutefois, constate que le montant des frais d’impayés n’est pas contractuellement stipulé, de telle sorte que la demanderesse sera déboutée de sa demande d’application desdits frais. En conséquence, [Z] [W] [L] sera condamnée à lui payer la somme de 686,50 € (68,65 € x 10) à ce titre.
Dit que l’indemnité prévue par les conditions générales en cas de résiliation anticipée du contrat de plein droit par le loueur et dont le montant est équivalent aux loyers à échoir jusqu’à son terme, présente, en ce qu’elle a pour objet de contraindre le locataire d’exécuter le contrat jusqu’à cette date,
un caractère comminatoire, de sorte qu’elle constitue une clause pénale et non une clause de dédit, cette pénalité peut donc être révisée d’office, conformément aux dispositions de l’article 1231-5 du code civil.
La société PREFILOC CAPITAL SASU demande que lui soit réglée la somme de 1.784,90 € à ce titre ; s’agissant d’une clause pénale, il conviendra d’extraire la TVA de ce quantum puisqu’il s’agit de dommages et intérêts sur lesquels la TVA ne saurait s’appliquer.
La société PREFILOC CAPITAL SASU ne justifiant pas du paiement par elle des primes d’assurances et cette assurance étant pour compte, son montant ne sera pas pris en compte dans le calcul des dommages et intérêts.
En conséquence de quoi, le tribunal condamnera la société [Z] [W] [L] à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU la somme de 1.430,00 € (55,00 € x 26) au titre de la pénalité sur les loyers à échoir du contrat.
Il sera également fait droit à la demande au titre de la clause pénale. Toutefois, estimant son montant manifestement excessif et en application de l’article 1231-5 du code civil, la réduira à 5 % du seul montant des loyers impayés échus, soit la somme de 34,32 € (686,50 € x 5 %) que la société [Z] [W] [L] sera condamnée à payer.
En conséquence, le tribunal
* DÉBOUTERA la société [Z] [W] [L] de voir les contrats de location annulés.
* CONSTATERA la résiliation des contrats 230054210, 230055760 et 230059180 en date du 8 novembre 2024.
* CONDAMNERA la société [Z] [W] [L] à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU la somme de 3.858,12 € au titre des loyers échus, outre intérêts au taux appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente majoré de 10 points de pourcentage, lesquels ne pourront être inférieurs à 3 fois le taux d’intérêt légal à compter du 31 octobre 2024, date de réception de la mise en demeure.
* CONDAMNERA la société [Z] [W] [L] à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU la somme de 7.566,00 € au titre de la pénalité sur les loyers à échoir.
* CONDAMNERA la société [Z] [W] [L] à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU la somme de 192,90 € au titre de la clause pénale.
Sur la capitalisation des intérêts
Vu les dispositions de l’article 1343-2 du code civil : « Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l’a prévu ou si une décision de justice le précise »,
La capitalisation des intérêts est sollicitée, rien ne s’y opposant, elle sera ordonnée.
Sur la demande au titre des dommages intérêts
La société PREFILOC CAPITAL SASU soutient que la société [Z] [W] [L] a fait preuve de « réticence » abusive et demande à être dédommagée à ce titre.
La société [Z] [W] [L] s’y oppose.
Sur ce, le tribunal
Vu les disposition de l’article 9 du code de procédure civile : « Il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention »,
Dit que la société PREFILOC CAPITAL SASU ne justifie pas d’avoir subi un préjudice autre que celui du non-paiement de créance ou de la non restitution de son bien, d’où le rejet de ce chef de demande.
Sur les frais irrépétibles et les dépens
Estimant inéquitable de laisser à la société PREFILOC CAPITAL SASU la charge de ses frais irrépétibles, le tribunal y fera droit mais en réduira le quantum à la somme de 1.500,00 € que la société [Z] [W] [L] sera condamnée à lui payer sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Succombant à l’instance, la société [Z] [W] [L] sera condamnée aux entiers dépens au titre des dispositions de l’article 696 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
LE TRIBUNAL,
Statuant publiquement par jugement contradictoire et en premier ressort,
Déboute la société [Z] [W] [L] de voir les contrats de location annulés,
Constate la résiliation des contrats 230054210, 230055760 et 230059180 en date du 8 novembre 2024,
Condamne la société [Z] [W] [L] à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU la somme de 3.858,12 € (TROIS MILLE HUIT CENT CINQUANTE HUIT EUROS DOUZE CENTIMES) au titre des loyers échus, outre intérêts au taux appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente, majoré de 10 points de pourcentage, lesquels ne pourront être inférieurs à 3 fois le taux d’intérêt légal à compter du 31 octobre 2024,
Condamne la société [Z] [W] [L] à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU la somme de 7.566,00 € (SEPT MILLE CINQ CENT SOIXANTE SIX EUROS) au titre de la pénalité sur les loyers à échoir,
Condamne la société [Z] [W] [L] à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU la somme de 192,90 € (CENT QUATRE VINGT DOUZE EUROS QUATRE VINGT DIX CENTIMES) au titre de la clause pénale,
Ordonne la capitalisation des intérêts dus au moins pour une année entière,
Déboute la société PREFILOC CAPITAL SASU de sa demande en paiement de la somme de 5.000,00 € à titre de dommages intérêts,
Déboute les parties du surplus de leurs demandes,
Condamne la société [Z] [W] [L] à payer à la société PREFILOC CAPITAL SASU la somme de 1.500,00 € (MILLE CINQ CENTS EUROS) au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile,
Condamne la société [Z] [W] [L] aux dépens de l’instance.
Dont frais de Greffe liquidés à la somme de : 67,45 €
Dont TVA : 11,24 €.
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