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Sur la décision
| Référence : | TJ Évry, pprox fond, 17 juin 2025, n° 24/01227 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/01227 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 15 juillet 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE d’EVRY
Pôle de proximité
[Adresse 1]
[Localité 6]
N° minute :
Références : R.G N° N° RG 24/01227 – N° Portalis DB3Q-W-B7I-QMCR
JUGEMENT
DU : 17 Juin 2025
M. [O] [U]
Mme [J] [Y] épouse [U]
C/
M. [N] [E]
Mme [T] [I]
JUGEMENT
Audience publique de ce Tribunal judiciaire, tenue le 17 Juin 2025.
DEMANDEURS:
Monsieur [O] [U]
[Adresse 2]
[Localité 5]
Madame [J] [Y] épouse [U]
[Adresse 2]
[Localité 5]
représentés par Maître Guillaume LETAILLEUR de la SELARL FRANCK & LETAILLEUR, avocats au barreau d’ESSONNE
DEFENDEURS:
Monsieur [N] [E]
[Adresse 4]
[Adresse 8]
[Localité 7]
non comparant, ni représenté
Madame [T] [I]
[Adresse 4]
[Adresse 8]
[Localité 7]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Fabian BACHEM, Juge des Contentieux de la Protection
Greffier : Odile GUIDAT, Greffier
DEBATS :
Audience publique du 10 Avril 2025
JUGEMENT :
Réputé contradictoire et en premier ressort, prononcé publiquement par mise à disposition au greffe, par Fabian BACHEM, Juge des Contentieux de la Protection, assisté de Odile GUIDAT, Greffier
Copie exécutoire délivrée le :
À : Me LE TAILLEUR + CCC
CCC PREF
EXPOSE DU LITIGE
Suivant contrat signé le 12 mars 2021, Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] ont donné en location à Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I], un immeuble à usage d’habitation et un parking (n°46) sis [Adresse 3] à [Localité 9], moyennant un loyer mensuel de 770,00 €, provision sur charges comprises, montant depuis lors actualisé à la somme de 780,78 €, provision sur charges comprises.
Le 21 mai 2024, Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] ont fait délivrer à Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] un commandement de payer les loyers échus visant la clause résolutoire insérée au bail, pour un montant en principal de 7 027,02 € selon décompte arrêté en mai 2024.
Par courrier du 22 août 2024, Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] ont saisi la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives (CCAPEX) de l’existence d’impayés de loyers, en application du décret n° 2015-1384 du 30 octobre 2015.
Par assignation délivrée à étude le 2 septembre 2024, Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] ont attrait Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] devant le juge des contentieux de la protection du Tribunal Judiciaire d’Evry-Courcouronnes, le commandement de payer n’ayant pas été suivi d’effet dans le délai imparti.
Aux termes de son acte introductif d’instance, Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] sollicitent :
de constater l’acquisition de la clause résolutoire prévue au bail d’habitation et la résiliation de plein droit du bail, et à défaut de prononcer la résiliation du bail ;
d’ordonner l’expulsion de Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] ainsi que de tous occupants de leur chef,
de condamner solidairement Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] au paiement des sommes suivantes :
9 369,36 € au titre de l’arriéré locatif arrêté au 6 août 2024, outre intérêts à compter du 21 mai 2024;
une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant correspondant aux loyers actualisés augmentés des charges, jusqu’à la libération effective des lieux,
900,00 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
ainsi qu’aux entiers dépens de l’instance, en ce compris le commandement de payer et l’assignation
d’ordonner l’exécution provisoire
Le 5 septembre 2024, Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] ont notifié leur acte introductif d’instance au représentant de l’État dans le département.
L’audience s’est tenue le 10 avril 2025 et en application de l’article 24 V de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, le président a invité les parties à lui produire tous éléments relatifs à l’existence d’une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation.
Lors de l’audience, Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U], représentés par leur conseil, maintiennent leurs demandes, sauf à préciser qu’en vertu d’un décompte arrêté au 11 mars 2025 (échéance du mois de mars 2025 incluse), l’arriéré s’élève désormais à la somme de 14 834,82 €.
Les demandeurs indiquent ne pas avoir été avisé de l’existence d’une procédure de traitement du surendettement au profit de Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I].
Cités par acte délivré à étude, Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] n’ont pas comparu.
Le diagnostic social et financier est parvenu au greffe avant l’audience.
L’affaire a été mise en délibéré au 17 juin 2025 par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION :
Sur l’absence des défendeurs
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparait pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que s’il l’estime recevable, régulière et bien fondée.
Sur la reprise du paiement du loyer
L’application de l’article 24 V. et VII. de la loi du 6 juillet 1989 concernant l’octroi de délais de paiement et la suspension des effets de la clause de résiliation de plein droit, dans sa version applicable au présent litige, suppose que le locataire ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience.
En l’espèce, il apparaît, au vu du décompte des bailleurs arrêté au 11 mars 2025, que les locataires n’ont pas repris le paiement du loyer intégral au jour de l’audience. Par voie de conséquence, les dispositions précitées n’ont pas vocation à s’appliquer.
Sur la demande en paiement de l’arriéré locatif
Sur la demande en paiement de l’arriéré locatif
Il résulte de l’article 7 de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 ainsi que des stipulations du bail que le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables au terme convenu.
En l’espèce, Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] versent aux débats un décompte arrêté au 11 mars 2025 (échéance du mois de mars 2025 incluse) établissant l’arriéré locatif à la somme de 14 834,82 €.
Au vu des justificatifs fournis, la créance de Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] est établie tant dans son principe que dans son montant.
Il convient par conséquent de condamner solidairement Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] à verser à Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] la somme de 14 834,82 € actualisée au 11 mars 2025, au titre de l’arriéré locatif hors dépens, outre intérêts au taux légal sur la somme de 7 027,02 € à compter du 21 mai 2024, date du commandement de payer, et à compter de la présente décision pour le surplus.
Sur la solidarité passive
Aux termes de l’article 1310 du code civil, la solidarité ne se présume point, il faut qu’elle soit expressément stipulée.
En l’espèce, la solidarité des locataires est expressément prévue au contrat de bail, de sorte que les locataires seront condamnés solidairement au paiement des sommes dues au bailleur et in solidum aux frais de la présente instance ainsi qu’aux indemnités d’occupation.
Sur la résiliation et l’expulsion
Sur la recevabilité de la demande
Une copie de l’assignation a été notifiée au représentant de l’Etat dans le département le 5 septembre 2024, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 modifié par la loi du 27 juillet 2023.
L’action est donc recevable.
Sur l’acquisition de la clause résolutoire
Selon l’article 24-I de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version applicable au cas présent, la clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux.
En l’espèce, le bail conclu entre les parties contient une clause aux termes de laquelle le contrat se trouvera de plein droit résilié, en cas de défaut de paiement des loyers et accessoires, deux mois après un commandement de payer resté infructueux.
À l’examen de l’ensemble des pièces versées aux débats, il apparaît qu’un commandement de payer visant la clause résolutoire et les dispositions de l’article 24 de la loi précitée a été régulièrement signifié à Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] le 21 mai 2024, pour un montant principal de 7 027,02 €. Il est en outre établi que ce commandement est demeuré au moins partiellement infructueux dans le délai imparti de deux mois.
Dès lors, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies à la date du 21 juillet 2024, soit deux mois après la délivrance dudit commandement, et que la résiliation du bail est intervenue de plein droit à cette date.
Sur le paiement d’une indemnité d’occupation
L’occupation illicite des lieux par Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] cause manifestement et nécessairement un préjudice à Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] qui doit être réparé par l’allocation d’une indemnité d’occupation qui sera fixée par référence au montant du dernier loyer, charges comprises, qui aurait été du en cas de non-résiliation du bail.
Il y a donc lieu de condamner in solidum Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] au paiement de cette indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer indexé et des charges, et ce dans les conditions fixées par le dispositif de la présente décision.
Conformément aux dispositions de l’article 1231-7 du code civil, la condamnation à une indemnité emporte intérêts au taux légal, même en l’absence de demande ou de disposition spéciale du jugement. En conséquence, les indemnités d’occupation échues à ce jour produiront intérêts au taux légal à compter de la présente décision, et toutes les indemnités d’occupation ultérieures non payées à terme se verront augmentées des intérêts au taux légal à compter de la date de leur exigibilité.
Sur l’expulsion
Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] sont donc désormais occupants sans droit ni titre du fait de la résiliation du contrat de bail.
Par conséquent, il y a lieu d’ordonner l’expulsion de Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] ainsi que celle de tous occupants de leur chef, si besoin est avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier dans les formes et délais prévus par les articles L. 412-1, R. 412-1 et suivants, L. 431-1 et suivants et R. 411-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution.
Le sort des biens mobiliers garnissant les lieux loués sera régi conformément aux articles L. 433-1, R. 433-1 et suivants du même code.
Sur les demandes accessoires
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En conséquence, il convient de condamner in solidum Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] qui succombent, au paiement des entiers dépens de l’instance qui comprendront notamment le coût du commandement de payer du 21 mai 2024 et de l’assignation.
Conformément aux dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée et il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation.
En l’espèce, Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] seront condamnés in solidum à payer à Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] la somme de 300,00 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
En application de l’article 514 du code de procédure civile, la présente décision est exécutoire à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement réputé contradictoire mis à disposition des parties par le greffe et en premier ressort,
CONDAMNE solidairement Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] à verser à Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] la somme de 14 834,82 € actualisée au 11 mars 2025, au titre de l’arriéré locatif comprenant les loyers, charges et indemnités d’occupation jusqu’à l’échéance du mois de mars 2025 incluse, outre intérêts au taux légal à compter du 21 mai 2024 sur la somme de 7 027,02 € et à compter de la présente décision pour le surplus ;
CONSTATE la recevabilité de l’action en résiliation intentée par Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] ;
CONSTATE que le contrat signé le 12 mars 2021 entre Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] et Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] concernant les locaux situés [Adresse 3] à [Localité 9] s’est trouvé de plein droit résilié le 21 juillet 2024 par application de la clause résolutoire contractuelle ;
En conséquence, ORDONNE, faute de départ volontaire, l’expulsion de Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] ainsi que tout occupant de leur chef, si besoin est avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier conformément aux dispositions des articles L. 412-1, R. 412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution ;
DIT que le sort des biens mobiliers garnissant les lieux loués sera régi conformément aux articles L. 433-1, R. 433-1 et suivants du même code ;
RAPPELLE qu’il ne pourra être procédé à l’expulsion qu’après l’expiration d’un délai de deux mois suivant la délivrance d’un commandement de quitter les lieux par huissier de justice, et que toute expulsion forcée est prohibée entre le 1er novembre de chaque année jusqu’au 31 mars de l’année suivante conformément aux dispositions des articles L. 412-1 et L. 412-6 du code des procédures civiles d’exécution ;
FIXE, à compter de la résiliation du bail, l’indemnité mensuelle d’occupation sans droit ni titre due par Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] au montant du loyer et des charges qui aurait été du en l’absence de résiliation du bail, et au besoin CONDAMNE in solidum Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] à verser à Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] ladite indemnité mensuelle à compter du mois d’avril 2025 et jusqu’à complète libération des lieux caractérisée par la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, un procès-verbal d’expulsion ou de reprise, avec intérêts au taux légal à compter de l’exigibilité de chacune des échéances ;
DIT que l’indemnité d’occupation sera due au prorata temporis et payable à terme et au plus tard le dernier jour de chaque mois ;
CONDAMNE in solidum Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] au paiement des dépens qui comprendront le coût du commandement de payer du 21 mai 2024 et de l’assignation ;
CONDAMNE in solidum Monsieur [N] [E] et Madame [T] [I] à payer à Monsieur [O] [U] et Madame [J] [Y] épouse [U] la somme de 300,00 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
RAPPELLE que la présente décision est assortie de l’exécution provisoire ;
DIT que copie de la présente décision sera communiquée par les soins du greffe au représentant de l’État dans le département, en application de l’article R. 412-2 du code des procédures civiles d’exécution.
LE PRESENT JUGEMENT A ETE SIGNE PAR LE JUGE ET LE GREFFIER PRÉSENTS LORS DU PRONONCE.
LE GREFFIER LE JUGE
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Textes cités dans la décision
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989
- DÉCRET n°2015-1384 du 30 octobre 2015
- LOI n°2023-668 du 27 juillet 2023
- Code de procédure civile
- Code civil
- Code des procédures civiles d'exécution
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