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Sur la décision
| Référence : | TJ Évry, pprox fond, 3 juil. 2025, n° 25/00650 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00650 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 18 août 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE d’EVRY
Pôle de proximité
[Adresse 2]
[Localité 7]
N° minute : 1071
Références : R.G N° N° RG 25/00650 – N° Portalis DB3Q-W-B7J-QXFT
JUGEMENT
DU : 03 Juillet 2025
S.A. SMA SA
SDC OXYGENE ILOT B3 NORD
C/
M. [S] [H]
JUGEMENT
Audience publique de ce Tribunal judiciaire, tenue le 03 Juillet 2025.
DEMANDERESSES:
S.A. SMA SA
[Adresse 6]
[Localité 5]
représentée par Me Manuel RAISON, avocat au barreau de PARIS
SDC OXYGENE ILOT B3 NORD
rep par son syndic la société PROACT’IMM CITYA PATRIMOINE GESTION
[Adresse 3]
[Localité 10]
représenté par Me Manuel RAISON, avocat au barreau de PARIS
DEFENDEUR:
Monsieur [S] [H]
[Adresse 4]
[Localité 8]
non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Véronique BIOL, Juge
Greffier : Sophie LASNE, F.F. Greffier
DEBATS :
Audience publique du 19 Mai 2025
JUGEMENT :
Réputé contradictoire et en premier ressort, prononcé publiquement par mise à disposition au greffe, par Véronique BIOL, Juge du Tribunal Judiciaire d’Evry, assistée de Sophie LASNE, F.F. Greffier
Copie exécutoire délivrée le :
À : + 1CCC à Me RAISON
EXPOSE DU LITIGE
Monsieur [S] [H] est propriétaire de divers lots de copropriété situés [Adresse 12] [Localité 11] [Adresse 1]).
Un contrat d’assurance COPROTECT en garantie de charges de copropriété impayées a été souscrit auprès de la société SMA.
Le 17 mars 2025, le syndicat des copropriétaires OXYGENE ILOT B3 NORD , représenté par son syndic, la société PROACT’IMM CITYA PATRIMOINE GESTION, et la SA SMA ont fait assigner Monsieur [S] [H] devant le Pôle de Proximité du tribunal judiciaire d’ EVRY COURCOURONNES aux fins de paiement des charges de copropriété et demande, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, de:
condamner Monsieur [S] [H] à payer à la SA SMA la somme de 3543.70 euros, au titre des charges impayées sur la période du 1er avril 2024 au 15 janvier 2025 avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 02 août 2024 ; condamner Monsieur [S] [H] à payer au syndicat des copropriétaires OXYGENE ILOT B3 NORD la somme de 1500 euros, à titre de dommages et intérêts,condamner Monsieur [S] [H] à payer au syndicat des copropriétaires OXYGENE ILOT B3 NORD la somme de 1250.40 euros au titre de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965,ordonner la capitalisation des intérêts dans les termes de l’article 1343-1 du code civil, condamner Monsieur [S] [H] à payer à la société SMA la somme de 2046 euros, sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile,
condamner Monsieur [S] [H] aux entiers dépens.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 19 mai 2025.
Au jour de l’audience, le syndicat des copropriétaires OXYGENE ILOT B3 NORD et la SA SMA, représentés par leur conseil, sollicitent le bénéfice de leur acte introductif d’instance.
Au soutien de leurs prétentions, ils exposent que Monsieur [S] [H] ne s’est pas acquitté de sa quote-part des charges de copropriété et qu’il n’a pas été possible d’obtenir le paiement de cette créance. Le syndicat des copropriétaires invoque également les conséquences de ce non-paiement de charges sur le fonctionnement normal de la copropriété.
Cité par acte remis à étude, Monsieur [S] [H] ne comparaît pas.
L’affaire est mise en délibéré au 03 juillet 2025.
MOTIVATION DE LA DÉCISION
En application de l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
I. Sur les demandes principales
Sur les sommes dues au titre des charges de copropriété
Aux termes de l’article 10, dans sa version en vigueur, de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges relatives aux services collectifs et équipements communs, ainsi qu’à celles relatives à la conservation, l’entretien et l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots. Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges
En application de l’article 14-1 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de verser au syndicat des provisions égales au quart du budget voté en assemblée générale, ces provisions devenant exigibles le premier jour de chaque trimestre.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires OXYGENE ILOT B3 NORD et la société SMA versent aux débats:
un relevé de propriété attestant de ce que Monsieur [S] [H] est propriétaire des lots 33 et 83 situés [Adresse 12] [Localité 11] ([Localité 9],
le contrat de syndic,
un décompte de la créance daté du 12 mars 2025,
les appels de fonds,
les procès-verbaux des assemblées générales tenues les 29 août 2023 et 04 juin 2024, et ayant approuvé les comptes des années antérieures, ainsi que des budgets prévisionnels correspondants.
Le décompte des charges incombant à Monsieur [S] [H] arrêté au 12 mars 2025, fait apparaître un solde débiteur de 4794.50 euros pour la période du 19 janvier 2024 au 16 janvier 2025.
La mise en demeure de payer la somme de 2822.17 euros délivrée le 02 août 2024 et l’assignation du 17 mars 2025 sont demeurés sans effet.
Il est ainsi justifié que Monsieur [S] [H] n’a pas réglé dans son intégralité sa quote-part des charges de copropriété dues pour un montant de 3635.30 euros hors frais inclus dans le décompte pour un montant total de 1159.20 euros qui doivent être déduits de la somme due en principal.
Monsieur [S] [H] est donc redevable de la somme de 3635.30 au titre des charges de copropriété arrêtées au 16 janvier 2025 appel du 1er trimestre 2025 et 1er appel Fonds Travaux ALUR du 01/01/2025 inclus.
Les articles 1346 et suivants du code civil disposent que, la subrogation dans les droits du créancier au profit d’une tierce personne qui le paie est conventionnelle ou légale.
La subrogation transmet à son bénéficiaire, dans les limites de ce qu’il a payé, la créance et ses accessoires.
Le débiteur peut opposer au créancier subrogé les exceptions inhérentes à la dette. Il peut également lui opposer les exceptions nées de ses rapports avec le subrogeant avant que la subrogation lui soit devenue opposable.
En l’espèce, la société SMA produit le contrat d’assurances charges impayées, outre les quittances subrogatives suivantes :
quittance du 17 janvier 2025 portant sur la somme de 3544.10 euros pour la période du 01 avril 2024 au 15 janvier 2025.
La société SMA justifie ainsi avoir réglé au titre du contrat d’assurance impayés conclut avec le syndicat des copropriétaires la somme de 3544.10 euros au titre des charges impayées par Monsieur [S] [H].
En conséquence, Monsieur [S] [H] sera condamnée à payer à la société SMA la somme de 3543.70 euros dans les termes de la demande
Cette somme portera intérêts au taux légal à compter de l’assignation du 17 mars 2025.
Sur les sommes nécessaires au recouvrement
En application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, seuls peuvent être mis à la charge du copropriétaire défaillant le coût de la mise en demeure, des relances justifiées, des droits et émoluments facturés par les huissiers de justice et des frais exposés pour la prise d’hypothèque sur le lot des copropriétaires débiteurs.
Il appartient à la juridiction saisie de rechercher si les frais sollicités par le syndicat étaient nécessaires au recouvrement de la créance de celui-ci avant de les mettre à la charge du copropriétaire poursuivi
Seuls les frais nécessaires, c’est-à-dire ceux exposés pour l’avancement de la procédure sont à la charge du copropriétaire défaillant. Tel n’est pas le cas à titre d’exemple des frais de syndic intitulés « frais de relance », de contentieux, ou des frais correspondant à la transmission des dossiers aux avocats ou aux huissiers, qui correspondent à des frais d’honoraires du syndic. En effet, l’activité du syndic pour engager le recouvrement des sommes constitue un acte élémentaire d’administration de la copropriété faisant partie de ses fonctions de base et le fait que le contrat de syndic prévoie une rémunération spécifique de cette activité, à titre d’honoraires supplémentaires, n’en change pas la nature.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires OXYGENE ILOT B3 NORD sollicite le paiement des frais visés en application de l’article 10-1 précité pour un montant total de 1250.40 euros
Il apparaît que le syndicat des copropriétaires OXYGENE ILOT B3 NORD est fondé à solliciter, au titre des frais imputables à Monsieur [S] [H] seul, la somme de 525.60 euros ( frais de mise en demeure du 19 avril 2024 et lettre comminatoire du 2 août 2024), les autres frais sollicités étant soit injustifiés, soit superfétatoires, ou relevant des dépens et des frais irrépétibles et donc non nécessaires au sens de l’article 10-1 susvisé.
Par conséquent, Monsieur [S] [H] sera condamnée à payer la somme de 525.60 euros au syndicat des copropriétaires OXYGENE ILOT B3 NORD au titre des frais de recouvrement nécessaires.
Cette somme portera intérêts au taux légal à compter de l’assignation du 17 mars 2025.
Sur les dommages et intérêts
L’article 1231-1 du code civil dispose que le débiteur est condamné, s’il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts, soit à raison de l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exécution, s’il ne justifie pas que l’exécution a été empêchée par la force majeure.
L’article 1231-6 du même code précise que les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure.
Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte.
Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages-intérêts distincts des intérêts moratoires.
Le demandeur établit l’existence d’un préjudice distinct de celui représentant du retard dans les paiements ou l’existence d’une mauvaise foi du défendeur qui justifient l’allocation de dommages-intérêts distincts ;
Il résulte en effet du paiement irrégulier et partiel de ses charges par Monsieur [S] [H] que les autres copropriétaires ont dû supporter sa part dans le règlement des charges de copropriété, et que Monsieur [S] [H] s’est octroyé des délais de paiement auxquels il n’avait pas droit, ce qui constitue un préjudice distinct du seul retard de paiement.
Il sera alloué en réparation la somme indiquée au dispositif.
Sur la capitalisation des intérêts
En application des dispositions de l’article 1343-2 du code civil, les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l’a prévu ou si une décision de justice le précise.
Compte tenu de la demande formée, il convient d’ordonner la capitalisation des intérêts.
II. Sur les demandes accessoires :
Sur les dépens
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Monsieur [S] [H] qui succombe à l’instance, sera condamné aux dépens.
Sur les frais irrépétibles
Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu’elles demandent.
Compte tenu des circonstances du litige et en l’absence d’éléments relatifs à la situation économique du défendeur, il convient de condamner celui-ci à payer à la société SMA la somme de 200 euros en application de l’article précité, le syndicat des copropriétaires n’ayant formulé aucune demande à ce titre.
Sur l’exécution provisoire
Selon l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
Toutefois, selon l’article 514-1 du même code, le juge peut écarter l’exécution provisoire de droit, en tout ou partie, s’il estime qu’elle est incompatible avec la nature de l’affaire. Il statue, d’office ou à la demande d’une partie, par décision spécialement motivée.
En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, l’exécution provisoire est de droit.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
CONDAMNE Monsieur [S] [H] à verser à la SA SMA subrogée dans les droits du syndicat des copropriétaires OXYGENE ILOT B3 NORD la somme de 3543.70 euros, au titre des charges impayées sur la période du 1er avril 2024 au 16 janvier 2025 avec intérêts au taux légal à compter du 17 mars 2025 ,
CONDAMNE Monsieur [S] [H] à verser au syndicat des copropriétaires OXYGENE ILOT B3 NORD , représenté par son syndic, la société PROACT’IMM CITYA PATRIMOINE GESTION la somme de 525.60 euros au titre des frais de recouvrement, majorées des intérêts au taux légal à compter du 17 mars 2025 ;
ORDONNE la capitalisation des intérêts conformément aux dispositions de l’article 1343-2 du code civil ;
CONDAMNE Monsieur [S] [H] à verser au syndicat des copropriétaires OXYGENE ILOT B3 NORD , représenté par son syndic, la société PROACT’IMM CITYA PATRIMOINE GESTION, la somme de 300 euros au titre des dommages et intérêts
DÉBOUTE le syndicat des copropriétaires OXYGENE ILOT B3 NORD , représenté par son syndic, la société PROACT’IMM CITYA PATRIMOINE GESTION, et la SA SMA du surplus de leurs demandes ;
CONDAMNE Monsieur [S] [H] à verser à la SA SMA la somme de 250 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Monsieur [S] [H] aux entiers dépens de la présente instance ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au greffe du tribunal judiciaire, le 03 juillet 2025, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par le juge et par la greffière.
La greffière, Le juge,
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