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Sur la décision
| Référence : | TJ Orléans, jcp baux d'habitation, 13 févr. 2025, n° 24/05350 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/05350 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
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Sur les parties
| Cabinet(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
D'[Localité 6]
JUGEMENT DU 13 FEVRIER 2025
Minute n° :
N° RG 24/05350 – N° Portalis DBYV-W-B7I-G5QC
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Sarah GIUSTRANTI, Juge des contentieux de la protection
Greffier : Déborah STRUS
DEMANDEUR :
Association COALLIA
dont le siège social est sis [Adresse 3]
représentée par la SCP STOVEN PINCZON DU SEL, avocat postulant au barreau d’ORLEANS et la SELARL SIMON ASSOCIÉS, avocat plaidant au barreau de PARIS
DÉFENDEUR :
Monsieur [U] [V]
demeurant [Adresse 7]
non comparant, ni représenté
A l’audience du 26 Novembre 2024 les parties ont comparu comme il est mentionné ci-dessus et l’affaire a été mise en délibéré à ce jour.
Copie revêtue de la formule Exécutoire
délivrée le :
à :
Copies délivrées le :
à :
RAPPEL DES FAITS
L’association COALLIA a donné en location, par contrat du 12 octobre 2021 avec effet rétroactif au 1er octobre 2021, à Monsieur [U] [V] un logement (chambre n°10 au 12ème étage) sis au sein de la résidence sociale [Adresse 5], moyennant une redevance mensuelle de 518,39 euros en ce comprises les charges et prestations obligatoires.
Se prévalant de redevances impayées, l’association COALLIA a mis Monsieur [U] [V] en demeure de régulariser son arriéré par lettre recommandée avec avis de réception datée du 18 octobre 2022.
Puis, elle lui a notifié la résiliation de son contrat de résidence par lettre recommandée avec avis de réception du 20 février 2023.
C’est dans ce contexte que l‘association COALLIA a fait assigner Monsieur [U] [V] le 7 novembre 2024 devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire d’ORLEANS, aux fins suivantes :
constater l’acquisition de la clause résolutoire inscrite au contrat de résidence liant les parties ;constater en conséquence que Monsieur [U] [V] est occupant sans droit ni titre au sein du foyer ;ordonner qu’il devra libérer de sa personne, de ses biens et de tous occupants de son chef les locaux qu’il occupe dès signification du jugement ;ordonner, faute par lui de ce faire, son expulsion avec, si besoin est, l’assistance de la force publique et de Monsieur le Commissaire de Police et ce, avec dispense du délai de deux mois prescrit par l’article L412-1 du Code des procédures civiles d’exécution ;ordonner que le sort des meubles et objets garnissant les lieux loués soit régi par les dispositions des article R433-5 et R433-6 du Code des procédures civiles d’exécution aux frais, risques et périls des défendeurs et de qui ils appartiendront ;condamner Monsieur [U] [V] au paiement de la somme de 9.724,56 euros due au titre des redevances impayées en date du 10 octobre 2024, majoré de l’intérêt légal à compter de la date de la mise en demeure ;condamner Monsieur [U] [V] au paiement d’une indemnité d’occupation égale au montant mensuel de la redevance courante et ce, jusqu’à libération complète des lieux ;rejeter toute demande de délai ;
A titre subsidiaire, l’association demande, dans l’hypothèse où l’acquisition de la clause résolutoire ne serait pas constatée, de :
prononcer la résiliation du contrat de résidence aux torts exclusifs de Monsieur [U] [V] pour non-paiement des redevances ;constater en conséquence que Monsieur [U] [V] est occupant sans droit ni titre au sein du foyer ;ordonner qu’il devra libérer de sa personne, de ses biens et de tous occupants de son chef les locaux qu’il occupe dès signification du jugement ;ordonner, faute par lui de ce faire, son expulsion avec, si besoin est, l’assistance de la force publique et de Monsieur le Commissaire de Police et ce, avec dispense du délai de deux mois prescrit par l’article L412-1 du Code des procédures civiles d’exécution ;ordonner que le sort des meubles et objets garnissant les lieux loués soit régi par les dispositions des article R433-5 et R433-6 du Code des procédures civiles d’exécution aux frais, risques et périls des défendeurs et de qui ils appartiendront ;condamner Monsieur [U] [V] au paiement de la somme de 9.724,56 euros due au titre des redevances impayées en date du 10 octobre 2024, majoré de l’intérêt légal à compter de la date de la mise en demeure ;condamner Monsieur [U] [V] au paiement d’une indemnité d’occupation égale au montant mensuel de la redevance courante à compter du dernier décompte arrêté et ce, jusqu’à libération complète des lieux ;rejeter toute demande de délai ;
Enfin, à titre très subsidiaire, s’il était accordé des délais pour l’apurement de la dette, l’association demande de :
ordonner à Monsieur [U] [V] de s’acquitter désormais de sa redevance au taux fixé ;ordonner qu’à défaut de respecter cette obligation comme en cas de non-paiement d’une seule mensualité prévue à son échéance, la déchéance du terme sera acquise et que le débiteur défaillant devra immédiatement libérer les locaux, ordonner, dans ce cas, son expulsion avec, si besoin est, l’assistance de la force publique ;
En tout état de cause, il est demandé de :
rejeter toutes demandes de délais et de suspension de l’acquisition de la clause résolutoire ;ordonner l’exécution provisoire de la décision, nonobstant appel et sans constitution de garantie ;condamner Monsieur [U] [V] au paiement d’une somme de 300 euros en application de l’article 700 du Code de procédure civile ;condamner Monsieur [U] [V] aux entiers dépens qui comprendront les frais de notifications par LRAR et d’assignation.
A l’audience du 26 novembre 2024, l’association COALLIA, représentée par son conseil, maintient l’intégralité de ses demandes, en actualisant sa créance à 10.213,48 euros.
Monsieur [U] [V], régulièrement cité par procès-verbal remis à étude, n’a pas comparu et ne s’est pas fait représenter.
L’affaire a été mise en délibéré à la date du 13 février 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la loi applicable et la recevabilité de la demande :
Les dispositions de la loi du 6 juillet 1989 ne s’appliquent pas aux logements foyers et résidence sociale, à l’exception des deux premiers alinéas de l’article 6 et de l’article 20-1, en application de l’article 2 de ladite loi.
Ceux-ci sont soumis aux articles L633-1 et suivants du Code de la construction et de l’habitation et aux règles du Code civil.
En l’espèce, il résulte des pièces versées aux débats et notamment le contrat de bail passé sous seing privé, la clause résolutoire insérée au contrat de résidence et le décompte des redevances, que l’action introduite par l’Association COALLIA est recevable.
Sur l’acquisition des conditions de la clause résolutoire :
L’article R.633-3 du Code de la construction et de l’habitation dispose notamment que :
« II – le gestionnaire ou le propriétaire peut résilier le contrat dans l’un des cas prévus à l’article L. 633-2 sous réserve d’un délai de préavis : a) d’un mois en cas d’inexécution par la ou les personnes titulaires du contrat d’une obligation leur incombant au titre de ce contrat ou en cas de manquement grave ou répété au règlement intérieur. La résiliation peut être décidée pour impayé, lorsque trois termes mensuels consécutifs, correspondant au montant total à acquitter pour le logement, les charges et les prestations obligatoires et facultatives, sont impayés ou bien, en cas de paiement partiel, lorsqu’une somme au moins égale à deux fois le montant mensuel à acquitter pour le logement et les charges reste due au gestionnaire (…)
III.-la résiliation du contrat est signifiée par huissier de justice ou notifiée par courrier écrit remis contre décharge ou par lettre recommandée avec avis de réception.
IV.-lorsque la résiliation émane du gestionnaire, la personne logée est redevable, pendant le préavis, des sommes correspondants à la seule période d’occupation effective des lieux. (…)".
L’article 5.2 du contrat de résidence conclu le 12 octobre 2021 avec effet rétroactif au 1er octobre 2021 précise que le résident s’engage à payer chaque mois et sans retard sa redevance d’occupation telle que prévue à l’article 5 et selon les modalités qu’il prévoit audit article 5.2.
Le contrat contient également une clause résolutoire en son article 11, aux termes de laquelle l’association COALLIA peut résilier le contrat de résidence sous réserve d’un délai de préavis d’un mois en cas d’inexécution par la ou les personnes titulaires du contrat d’une obligation leur incombant au titre de ce contrat ou en cas de manquement grave ou répété au règlement intérieur. La résiliation peut être décidée pour impayés, lorsque trois termes mensuels consécutifs, correspondant au montant total à acquitter pour le logement, les charges et les prestations obligatoires et facultatives, sont impayés ou bien en cas de paiement partiel, lorsqu’une somme au moins égale à deux fois le montant mensuel à acquitter pour le logement et les charges reste due à l‘association COALLIA.
Selon ce même article 11, la résiliation du contrat est signifiée par huissier de justice ou notifiée par courrier remis contre décharge ou par lettre recommandée avec avis de réception. En cas de notification par lettre recommandée avec avis de réception, le point de départ du délai de préavis prévu par l’article R633-3 du Code de la construction et de l’habitation court à compter de la première présentation du recommandé.
L’association COALLIA justifie qu’elle a notifié à Monsieur [U] [V] une mise en demeure de régulariser un arriéré de 3.321,76 euros dans un délai d’un mois, par lettre recommandée avec avis de réception datée du 18 octobre 2022. Elle justifie de l’avis de réception signé le 31 octobre suivant.
Elle justifie également avoir adressé dans les mêmes formes un courrier de résiliation du contrat de résidence, Monsieur [U] [V] n’ayant pas réglé la somme due. Ce courrier a été avisé à Monsieur [V] le 22 février 2023.
La mise en demeure étant restée vaine pendant plus d’un mois, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire étaient réunies à la date du 1er décembre 2022, selon les règles de délais prévues aux articles 641 et suivants du Code de procédure civile.
L’expulsion de Monsieur [U] [V] sera ordonnée en conséquence.
Quant au sort des meubles éventuellement laissés dans les lieux, il est spécifiquement organisé aux par Code des procédures civiles d’exécution au titre des opérations d’expulsion. Il y aura lieu de le rappeler.
Sur la demande de suppression du délai de 2 mois de l’article L412-1 CPCE :
L’article L412-1 du Code des procédures civiles d’exécution énonce que si l’expulsion porte sur un local affecté à l’habitation principale de la personne expulsée ou de tout occupant de son chef, elle ne peut avoir lieu qu’à l’expiration d’un délai de deux mois qui suit le commandement, sans préjudice des dispositions des articles L. 412-3 à L. 412-7. Toutefois, le juge peut, notamment lorsque les personnes dont l’expulsion a été ordonnée sont entrées dans les locaux par voie de fait ou lorsque la procédure de relogement effectuée en application de l’article L. 442-4-1 du code de la construction et de l’habitation n’a pas été suivie d’effet du fait du locataire, réduire ou supprimer ce délai.
En l’espèce les circonstances ne justifient pas la suppression du délai de 2 mois, le défendeur étant entré dans les lieux sur un fondement contractuel.
Sur la condamnation au paiement des arriérés :
A l’audience, l’association COALLIA a actualisé sa créance au titre des redevances impayées à la somme de 10.213,48 euros, terme du mois d’octobre 2024 inclus.
Elle produit pour cela un décompte actualisé, redevance du mois d’octobre 2024 incluse, permettant de constater que la dette locative est, après déduction de la somme de 7,91 euros non justifiée, d’un montant de 10.205,57 euros, redevance et indemnité d’occupation due à compter de la résiliation du bail du fait de l’occupation des lieux et du préjudice causé par l’impossibilité pour le bailleur de les donner à nouveau en location.
Monsieur [U] [V], absent, ne conteste par définition pas le principe ni le montant de sa dette locative.
Il sera donc condamné au paiement de la somme de 10.205,57 euros, terme du mois d’octobre 2024 inclus, outre les intérêts au taux légal sur la somme de 3.321,76 euros à compter du 31 octobre 2022 et pour le surplus à compter du présent jugement.
Il sera également condamné au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant du 1er décembre 2022 à la date de la libération effective et définitive des lieux. Cette indemnité mensuelle d’occupation sera fixée au montant de la redevance courante, conformément à la demande formulée en la matière.
Sur les demandes accessoires :
Monsieur [U] [V], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment les coûts de notification des lettres recommandées avec avis de réception et ceux de l’assignation.
Compte tenu des démarches judiciaires qu’a dû accomplir l’association COALLIA, Monsieur [U] [V] sera condamné à lui verser une somme de 100 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
Le jugement est de plein droit assorti de l’exécution provisoire.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
DECLARE l’action de l’Association COALLIA recevable ;
PRONONCE la résiliation du contrat de résidence conclu le 12 octobre 2021 avec effet rétroactif au 1er octobre 2021 entre l’association COALLIA et Monsieur [U] [V], concernant le logement situé au sein de la résidence sociale [4] chambre n°[Adresse 1] [Adresse 2], à compter du 1er décembre 2022 ;
ORDONNE en conséquence à Monsieur [U] [V] de libérer les lieux et de restituer les clés dès la signification du présent jugement ;
DIT qu’à défaut pour Monsieur [U] [V] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés, l’association COALLIA pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
DIT que le sort des meubles sera réglé conformément aux articles L433-1 à L433-3 du Code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNE Monsieur [U] [V] à verser à l’association COALLIA, prise en la personne de son représentant légal, la somme de 10.205,57 euros, terme du mois d’octobre 2024 inclus, outre les intérêts au taux légal sur la somme de 3.321,76 euros à compter du 31 octobre 2022 et pour le surplus à compter du présent jugement ;
CONDAMNE Monsieur [U] [V] à payer à l’association COALLIA, prise en la personne de son représentant légal, une indemnité mensuelle d’occupation équivalente à la redevance, aux charges et aux prestations obligatoires courants et cela à compter du 1er décembre 2022 et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux ;
CONDAMNE Monsieur [U] [V] à verser à l’association COALLIA, prise en la personne de son représentant légal, une somme de 100 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ;
CONDAMNE Monsieur [U] [V] aux dépens de l’instance qui comprendront notamment les coûts des deux notifications par lettre recommandée avec avis de réception et de l’assignation ;
REJETTE toutes autres demandes ;
RAPPELLE que le jugement est de plein droit exécutoire par provision ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au greffe, le 13 février 2025, la minute étant signée par Madame S. GIUSTRANTI, juge des contentieux de la protection, et par Madame D.STRUS greffier.
Le greffier, Le juge des contentieux de la protection,
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