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Sur la décision
| Référence : | TJ Toulouse, jcp réf., 27 août 2025, n° 25/02168 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02168 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
Site Camille Pujol
[Adresse 1]
[Adresse 1]
[Localité 2]
NAC: 5AA
N° RG 25/02168 – N° Portalis DBX4-W-B7J-UHY5
ORDONNANCE
DE RÉFÉRÉ
N° B
DU : 27 Août 2025
[Y] [B] [T] [G]
[N] [P] [D] [I]
C/
[P] [V]
Expédition revêtue de
la formule exécutoire
délivrée le 27 Août 2025
à Maître Marguerite COUSTAL-CROOK de la SCP MONFERRAN – ESPAGNO – SALVADOR
Expédition délivrée
à toutes les parties
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Le Mercredi 27 Août 2025, le Tribunal judiciaire de TOULOUSE,
Sous la présidence de Sophie MOREL, Vice-Présidente au Tribunal judiciaire de TOULOUSE, chargée des contentieux de la protection, statuant en qualité de Juge des référés, assistée de Hanane HAMMOU-KADDOUR Greffier, lors des débats et chargé des opérations de mise à disposition.
Après débats à l’audience du 04 Juillet 2025, a rendu l’ordonnance de référé suivante, mise à disposition conformément à l’article 450 et suivants du Code de Procédure Civile, les parties ayant été avisées préalablement ;
ENTRE :
DEMANDEURS
M. [Y] [B] [T] [G], demeurant [Adresse 5] – [Localité 3]
représenté par Maître Marguerite COUSTAL-CROOK MONFERRAN de la SCP MONFERRAN – ESPAGNO – SALVADOR, avocats au barreau de TOULOUSE
Mme. [N] [P] [D] [I], demeurant [Adresse 5] – [Localité 3]
représenté par Maître Marguerite COUSTAL-CROOK de la SCP MONFERRAN – ESPAGNO – SALVADOR, avocats au barreau de TOULOUSE
ET
DÉFENDEUR
Mme. [P] [V], demeurant [Adresse 4] – [Localité 6]
non comparant, ni représenté
EXPOSÉ DU LITIGE :
Par acte sous seing privé signé le 28 août 2023, Monsieur [Y] [G] et Madame [N] [I] ont donné en location à Madame [P] [V] un immeuble à usage d’habitation et un emplacement de stationnement n°16 situés [Adresse 4] à [Localité 6], moyennant un loyer actuel de 643,76€ provision sur charges comprise.
Les loyers n’ont pas été régulièrement réglés et commandement de payer visant la clause résolutoire a été délivré le 23 janvier 2025, en vain.
Par acte du 18 avril 2025, dénoncé le 22 avril 2025 par voie électronique avec accusé de réception au Préfet de la Haute-Garonne, Monsieur [Y] [G] et Madame [N] [I] ont fait assigner en référé Madame [P] [V] afin d’obtenir :
‒ la constatation de la résiliation du bail,
‒ la constatation qu’elle est occupante sans droit ni titre,
‒ l’expulsion des occupants avec si nécessaire l’assistance de la force publique,
‒ le paiement à titre provisionnel de la somme de 1.638,09€ représentant l’arriéré de loyers au 24 mars 2025,
‒ la fixation d’une indemnité d’occupation d’un montant égal à celui du loyer mensuel et charge,
‒ l’allocation de 1.000€ en application de l’article 700 du Code de procédure civile et la condamnation de la locataire aux dépens
L’affaire était appelée à l’audience du 4 juillet 2025.
Monsieur [Y] [G] et Madame [N] [I], valablement représentés, actualisent leur créance à la somme de 3.655,17€ arrêtée au 10 juin 2025 et maintiennent leurs demandes.Ils indiquent que la locataire a délivré congé mais n’ont plus aucune nouvelle d’elle.
Madame [P] [V], assignée selon les modalités prévues aux articles 656 et 658 du Code de procédure civile, n’a pas comparu.
La décision est mise en délibéré au 27 août 2025.
MOTIFS :
Sur la recevabilité :
Une copie de l’assignation a été notifiée au Préfet de la Haute-Garonne par voie électronique avec accusé de réception le 22 avril 2025, conformément à l’article 24 de la Loi du 6 juillet 1989, soit plus de six semaines avant l’audience.
La CCAPEX a été saisie le 24 janvier 2025 par voie électronique avec accusé de réception dont copie est versée au débat. L’action est donc recevable.
Sur la preuve des loyers et charges impayés :
Monsieur [Y] [G] et Madame [N] [I] font la preuve de l’obligation dont ils se prévalent en produisant le bail signé 28 août 2023, le commandement de payer visant la clause résolutoire délivré le 23 janvier 2025 et le décompte de la créance.
Sur la clause résolutoire :
Le bail signé par les parties contient une clause résolutoire qui prévoit qu’à défaut de paiement des loyers ou charges échus, ou du dépôt de garantie et deux mois après la délivrance d’un commandement de payer resté infructueux, le bail sera résilié de plein droit. Le défaut d’assurance produit les mêmes effets un mois après le commandement d’avoir à en justifier.
Par acte d’huissier du 23 janvier 2025, le bailleur a fait commandement d’avoir à payer les loyers impayés. Ce commandement reproduit la clause résolutoire insérée au contrat de bail ainsi que les dispositions de l’article 24 de la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 dans leur rédaction antérieure à la Loi n°668-2023 du 27 juillet 2023, de même que les dispositions de l’article 6 de la loi n°90-449 du 31 mai 1990 et mentionne la faculté pour la locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement.
Les loyers n’ont pas été réglés dans les deux mois et, par ailleurs, le juge n’a pas été saisi par la locataire aux fins d’obtenir des délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire.
Les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont donc réunies à la date du 23 mars 2025.
Il convient d’ordonner son expulsion.
A défaut de départ volontaire dans les deux mois suivant signification d’un commandement de quitter les lieux, elle pourra être expulsée des lieux loués, ainsi que tous occupants de son chef, avec si besoin le concours de la Force Publique, conformément aux dispositions des articles L. 412-1 et suivants, R. 411-1 et suivants, R. 412-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution .
Le sort des meubles sera réglé conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution, des articles L. 451-1 et R. 451-1 au cas d’abandon des lieux.
Sur les sommes dues
Madame [P] [V] sera condamnée au paiement de la somme de 3.655,17€ arrêtée au10 juin 2025 avec intérêts à taux légal à compter de la signification de la présente décision.
Elle a occupé les lieux sans droit ni titre à compter de l’acquisition de la clause résolutoire, causant ainsi un préjudice au bailleur. Il convient, pour réparer ce dommage, de fixer l’indemnité d’occupation au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, sous déduction des prestations sociales versées directement au bailleur, le cas échéant.
Sur l’article 700 du Code de procédure civile :
Il paraît inéquitable de laisser à la charge de Monsieur [Y] [G] et Madame [N] [I] l’intégralité des sommes avancées par eux et non comprises dans les dépens. Il y a donc lieu de condamner Madame [P] [V] à leur verser la somme de 500€ sur le fondement de ce texte.
Sur les dépens
Madame [P] [V], succombant au principal, supportera les dépens.
DÉCISION :
Statuant par Ordonnance de référé réputée contradictoire rendue en premier ressort par mise à disposition au greffe
Au principal, renvoie les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront ; dès à présent et par provision, vu l’urgence :
Constate la résiliation du bail à compter du 23 mars 2025,
Condamne Madame [P] [V] à payer à Monsieur [Y] [G] et Madame [N] [I] la somme de 3.655,17€ au titre des arriérés de loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtée au 10 juin 2025, avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision,
A compter du 23 mars 2025, fixe au montant du loyer et de la provision pour charges, l’indemnité d’occupation versée à Monsieur [Y] [G] et Madame [N] [I] par Madame [P] [V] et l’y condamne, jusqu’au départ des lieux des occupants, sous déduction des prestations sociales versées directement au bailleur, le cas échéant,
Ordonne l’expulsion de Madame [P] [V] et celle de tout occupant de son chef, des lieux et de l’emplacement de stationnement n°16 situés [Adresse 4] à [Localité 6] et ce au besoin, avec l’assistance de la force publique, passé le délai de deux mois suivant la délivrance d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, conformément aux dispositions des articles L. 412-1 et suivants, R. 411-1 et suivants, R. 412-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution,
Ordonne que le sort des meubles soit réglé conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution, des articles L. 451-1 et R. 451-1 au cas d’abandon des lieux,
Condamne Madame [P] [V] à payer à Monsieur [Y] [G] et Madame [N] [I] la somme de 500€ au titre de l’article 700 du Code de procédure civile,
Condamne Madame [P] [V] aux dépens qui comprendront les frais de commandement de payer,
Rappelle que l’exécution provisoire de la présente décision est de droit.
Le Greffier Le Juge
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