Article L321-3 du Code de commerce

Entrée en vigueur le 1 octobre 2016

Modifié par : Ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 - art. 6

Le fait de proposer, en agissant comme mandataire du propriétaire, un bien aux enchères publiques à distance par voie électronique pour l'adjuger au mieux-disant des enchérisseurs constitue une vente aux enchères par voie électronique, soumise aux dispositions du présent chapitre. La seule circonstance qu'une confirmation, conforme aux dispositions de l'article 1127-2 du code civil, soit exigée est sans incidence sur la qualification de la vente.


Les opérations de courtage aux enchères réalisées à distance par voie électronique se caractérisant par l'absence d'adjudication au mieux-disant des enchérisseurs et d'intervention d'un tiers dans la description du bien et la conclusion de la vente ne constituent pas des ventes aux enchères publiques au sens du présent chapitre.


Le prestataire de services mettant à la disposition du vendeur une infrastructure permettant d'organiser et d'effectuer une opération de courtage aux enchères par voie électronique informe le public de manière claire et non équivoque sur la nature du service proposé, dans les conditions fixées à l'article L. 111-2 du code de la consommation et au III de l'article L. 441-6 du présent code. Un arrêté conjoint du garde des sceaux, ministre de la justice, et du ministre chargé de la culture précise les conditions dans lesquelles le prestataire de services porte également à la connaissance du vendeur et de l'acquéreur la réglementation relative à la circulation des biens culturels, ainsi qu'à la répression des fraudes en matière de transactions d'œuvres d'art et d'objets de collection, lorsque l'opération de courtage aux enchères par voie électronique porte sur de tels biens.


Les manquements aux dispositions du troisième alinéa sont punis d'une sanction pécuniaire dont le montant peut atteindre le double du prix des biens mis en vente en méconnaissance de cette obligation, dans la limite de 15 000 € pour une personne physique et de 75 000 € pour une personne morale.


Les manquements aux dispositions du troisième alinéa sont recherchés et constatés par procès-verbal dans les conditions fixées aux II et III de l'article L. 450-1 et aux articles L. 450-2, L. 450-3, L. 450-7 et L. 450-8 du présent code.


Le double du procès-verbal, accompagné de toutes les pièces utiles et mentionnant le montant de la sanction encourue, est notifié à la personne physique ou morale concernée. Le procès-verbal indique la possibilité pour la personne visée de présenter, dans un délai d'un mois, ses observations écrites ou orales.


A l'issue de ce délai d'un mois, le procès-verbal, accompagné, le cas échéant, des observations de la personne visée, est transmis à l'autorité administrative compétente qui peut, par décision motivée et après une procédure contradictoire, ordonner le paiement de la sanction pécuniaire mentionnée au quatrième alinéa. La personne concernée est informée de la possibilité de former un recours gracieux ou contentieux contre cette décision dans un délai de deux mois à compter de la notification de la sanction.


Les sanctions pécuniaires et les astreintes mentionnées au présent article sont versées au Trésor public et sont recouvrées comme les créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine.


Les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 524-1 à L. 524-3 du code de la consommation peuvent être mis en œuvre à partir des constatations effectuées.


Toute personne intéressée peut demander au président du tribunal statuant en référé d'enjoindre sous astreinte au prestataire de services qui délivre des informations de nature à susciter dans l'esprit du public une confusion entre son activité et la vente aux enchères par voie électronique de modifier ces informations afin de supprimer cette confusion ou de se conformer aux dispositions du présent chapitre.

Entrée en vigueur le 1 octobre 2016

Commentaires70

1Droit des Technologies et du Numérique: Internet
DELEPORTE WENTZ AVOCAT · 17 mars 2026

Le TGI n'a pas suivi le CVV dans son analyse et a rappelé qu'eBay exerçait effectivement une activité de courtage aux enchères en ligne dans le cadre de la définition de l'article L321-3 al.2 du Code de commerce.(4) La question relative aux biens culturels n'était pas résolue pour autant. […]

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3Le cadre juridique des ventes aux enchères de meubles : ce que vous devez savoirAccès limité
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Décisions283

1Cour d'appel de Paris, Pôle 5 chambre 11, 7 avril 2023, n° 21/07316Infirmation partielle

[…] [Adresse 3] […] Dans le cas d'une vente aux enchères publiques telle que définie par le premier alinéa de l'article L. 321-3 du code de commerce, les informations relatives à l'identité et aux coordonnées postales, téléphoniques et électroniques du professionnel prévues au 4° de l'article L. 111-1 peuvent être remplacées par celles du mandataire. ».

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2Tribunal Judiciaire de Paris, Pcp jcp fond, 12 janvier 2024, n° 22/07546

[…] Ayant pour mandataire liquidateur Maître [R] [N], [Adresse 3] […] Dans le cas d'une vente aux enchères publiques telle que définie par le premier alinéa de l'article L.321-3 du code de commerce, les informations relatives à l'identité et aux coordonnées postales, téléphoniques et électroniques du professionnel prévues au 4° de l'article L.111-1 peuvent être remplacées par celles du mandataire.”

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[…] [Localité 3] […] l'article L. 321-3 du code de tourisme doit recevoir application et que les acquéreurs du lot n'ayant pas été informés antérieurement au congé, […] L'article L 321-3 du code du tourisme, […] impose que l'existence de ce droit prévu à l'article L.145-14 du code de commerce ainsi que ses modalités de calcul, […] Les dispositions de l'article L321-3 du code de commerce répondent à une volonté de protéger le particulier qui acquière un bien dans une résidence de tourisme au futur exploitant de la résidence et l'informer des contraintes auxquelles il devra faire face s'il désire mettre fin au bail de nature commercial et plus particulièrement le coût de l'indemnité d'éviction à devoir.

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