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Sur la décision
| Référence : | TJ Albertville, ch. de proximite, 5 mars 2026, n° 25/00506 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00506 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 17 mars 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
d’ ALBERTVILLE
[Adresse 1]
[Adresse 1]
[Localité 1]
☎ :[XXXXXXXX01]
N° RG 25/00506
N° Portalis DB2O-W-B7J-C5D7
ORDONNANCE DE REFERE
DU : 05 Mars 2026
SEM 4V
C/
[X] [D], [O] [V]
ORDONNANCE DE REFERE
DU 05 Mars 2026
A l’audience publique des référés du Juge des Contentieux de la Protection de ce Tribunal judiciaire tenue le 05 Mars 2026
PRESIDENT : […] […]
GREFFIER : […] […]
DEMANDEUR :
SEM 4V,
dont le siège social est sis [Adresse 2] – [Localité 2]
Représentée par Madame [P] [W], munie d’un mandat spécial
ET :
DÉFENDEURS :
Monsieur [X] [D],
demeurant [Adresse 3] – [Localité 3]
Madame [O] [V],
demeurant [Adresse 3] – [Localité 3]
tous deux non comparants ni représentés
Après débats à l’audience publique des référés du 05 Février 2026, le Juge des Référés a indiqué que la décision serait mise à disposition au greffe le 05 Mars 2026 aux horaires d’ouverture au public du Greffe.
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous seing privé ayant pris effet le 06 septembre 2024, la Sem 4V a donné en location à Mme [O] [V] et M. [X] [D] un logement à usage d’habitation situé appartement [Adresse 3] sis [Adresse 4] à [Localité 3], moyennant un loyer mensuel de 540,03 euros outre 149,68 euros de provision sur charges.
Par actes du 26 mai 2025, la Sem 4V a fait délivrer un commandement de payer la somme de 2.112,71 euros au titre des loyers et charges impayés.
Par courrier électronique du 28 mai 2025, la Sem 4V a saisi la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives (CCAPEX) de l’existence d’une dette locative, en application des articles 24 I et 24 II de la Loi du 6 Juillet 1989.
Par actes de commissaire de justice du 27 novembre 2025, la Sem 4V a fait assigner en référé Mme [O] [V] et M. [X] [D] devant le juge des contentieux de la protection aux fins :
de constater, la résiliation de plein droit du bail par le jeu de la clause résolutoire, d’ordonner l’expulsion de Mme [O] [V] et M. [X] [D] et de tout occupant de leur chef, si besoin avec le concours et l’assistance de la force publique, de condamner solidairement Mme [O] [V] et M. [X] [D], à titre provisionnel, au paiement de la somme de 1.900,66 euros au titre des loyers et charges impayés arrêtés au 06 octobre 2025, outre les loyers et charges dus jusqu’au jour du prononcé de la résiliation du contrat de bail et les indemnités d’occupation égales au montant du dernier loyer jusqu’à la libération effective des locaux, de condamner solidairement Mme [O] [V] et M. [X] [D] au paiement de la somme de 500 euros sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens.
L’assignation a été dénoncée le 28 novembre 2025 à la Préfecture de la Savoie.
A l’audience du 05 février 2026, la Sem 4V, représentée par Mme [P] [W], maintient l’intégralité de ses demandes et actualise la dette locative à la somme de 4.153,19 euros au 31 janvier 2026. Elle expose que les locataires ne vivent plus dans le logement, la CAF l’a informé ne plus être leur bailleur.
Mme [O] [V] et M. [X] [D], assignés à étude, n’ont pas comparu et ne seesont pas fait représenter de sorte que, la présente décision étant susceptible d’appel, il sera statué par ordonnance réputée contradictoire.
Un bordereau de carence du Diagnostic Social et Financier a été reçu au greffe du tribunal le 02 février 2026. Mme [O] [V] et M. [X] [D] ne se sont pas rendus au rendez-vous fixé le 06 janvier 2026.
L’affaire a été mise en délibéré au 05 mars 2026 par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
Aux termes des articles 834 et 835 du Code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge du contentieux de la protection, dans les limites de sa compétence, peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. Il peut toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Selon l’article 817 du Code de procédure civile, lorsque les parties sont dispensées de constituer avocat conformément aux dispositions de l’article 761, la procédure est orale, sous réserve des dispositions particulières propres aux matières concernées.
Selon l’article 761 du même code, les parties sont dispensées de constituer avocat dans les matières relevant de la compétence du juge des contentieux de la protection.
Aux termes de l’article 472 du Code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond.
Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
En l’espèce, Mme [O] [V] et M. [X] [D], assignés à étude, ne comparaissent pas et ne sont pas représentés à l’audience.
Dès lors, la décision étant susceptible d’appel, il y a lieu de statuer par ordonnance réputée contradictoire en application de l’article 473 du Code de procédure civile.
Sur la résiliation du bail en raison du non-paiement des loyers
Selon l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 relative aux rapports locatifs applicable pour les baux signés après le 27 juillet 2023 : “toute clause prévoyant une résiliation de plein droit pour défaut du paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux”.
En l’espèce, le bail ayant pris effet le 06 septembre 2024 et signés par les parties contient une clause résolutoire qui prévoit que le bail sera résilié de plein droit à défaut de paiement des loyers et après un commandement de payer resté infructueux après deux mois. Il convient donc de respecter la volonté des parties et de faire application de ce délai.
Par actes du 26 mai 2025, la Sem 4V a fait délivrer à Mme [O] [V] et M. [X] [D] un commandement de payer de 2.112,71 euros visant la clause résolutoire et le délai de deux mois.
La dette locative n’a pas été apurée dans les deux mois du commandement, les conditions sont par conséquent réunies pour que la résiliation du bail intervienne de plein droit le 28 juillet 2025, en application des dispositions de l’article 642 du Code de procédure civile.
Il convient par conséquent d’ordonner l’expulsion de Mme [O] [V] et M. [X] [D] et de tous occupants de son chef des lieux loués selon les modalités prévues au dispositif.
Le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du Code des procédures civiles d’exécution.
Sur la demande en paiement d’une indemnité d’occupation
Selon l’article 1730 du Code civil, à l’expiration du bail le locataire doit restituer les locaux. La restitution des lieux implique la remise des clefs.
Aux termes de l’article 1240 du Code civil, tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.
Il résulte de ce texte que l’occupant sans droit ni titre d’un local est tenu d’une indemnité d’occupation envers le propriétaire. L’indemnité d’occupation, dont la nature mixte, compensatoire et indemnitaire, constitue la contrepartie de l’occupation du bien après résiliation du bail et de son indisponibilité pour le bailleur.
L’occupation illicite des lieux par Mme [O] [V] et M. [X] [D] cause manifestement et nécessairement un préjudice à la Sem 4V, qui doit être réparé par l’allocation d’une indemnité d’occupation.
Il convient en conséquence de condamner solidairement Mme [O] [V] et M. [X] [D] à payer à la Sem 4V une indemnité d’occupation provisionnelle à compter du 28 juillet 2025 et jusqu’à la libération effective des lieux, correspondant à la somme de 798,81 euros.
Sur l’arriéré des loyers, indemnités d’occupation et charges
Selon l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989, “le locataire est tenu notamment de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus”.
Aux termes de l’article 4 p) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, est réputée non écrite toute clause qui fait supporter au locataire des frais de relance ou d’expédition de la quittance ainsi que les frais de procédure en plus des sommes versées au titre des dépens et de l’article 700 du Code de procédure civile.
Il résulte de ces dispositions que le bailleur ne peut mettre à la charge du locataire les frais relatifs au recouvrement amiable ou contentieux de sa créance au titre de l’arriéré locatif.
En application de l’article 1353 du Code civil, il appartient à celui qui demande l’exécution d’une obligation d’en rapporter la preuve.
En l’espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du bail ayant pris effet le 06 septembre 2024, du commandement de payer délivré le 26 mai 2025 et du décompte de la créance actualisé au 31 janvier 2026 que la Sem 4V rapporte la preuve d’un arriéré de loyers, indemnités d’occupation et de charges impayés.
Il convient toutefois de soustraire du décompte les frais de commandement de rejet, soit 6 euros.
En conséquence, Mme [O] [V] et M. [X] [D] seront solidairement condamnés à payer à la Sem 4V la somme de 3.873,59 euros au titre des loyers, indemnités d’occupation et charges échus.
Sur les dépens et les frais irrépétibles
En application de l’article 696 du Code de procédure civile, il convient de condamner in solidum Mme [O] [V] et M. [X] [D] au paiement des entiers dépens de l’instance qui comprendront le coût du commandement de payer, de la saisine de la CCAPEX, de l’assignation, de sa dénonciation à la préfecture.
Il convient de condamner in solidum Mme [O] [V] et M. [X] [D] à payer à la Sem 4V la somme de 150 euros au titre de l’article 700 du Code procédure civile.
Conformément à l’article 514 du Code de procédure civile, la présente ordonnance est assortie de l’exécution provisoire, de droit.
PAR CES MOTIFS
o
Vu les articles 834 et 835 du Code de procédure civile ;
Statuant en premier ressort par ordonnance réputée contradictoire et mise à disposition au greffe de la juridiction ;
CONSTATONS la résiliation du bail ayant pris effet le 06 septembre 2024 entre la Sem 4V d’une part et Mme [O] [V] et M. [X] [D] d’autre part portant sur les locaux situés [Adresse 3] sis [Adresse 4] à [Localité 3], à la date du 28 juillet 2025 ;
DISONS que Mme [O] [V] et M. [X] [D] devront rendre les lieux libres de toute occupation de son chef, et à défaut,
ORDONNONS à défaut de départ volontaire des lieux, leur expulsion ainsi que de tout occupant de leur chef dans un délai de deux mois à compter de la signification d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, avec l’assistance de la force publique si besoin est, ainsi que le transport des meubles laissés dans les lieux loués, conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du Code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNONS solidairement Mme [O] [V] et M. [X] [D] à payer à la Sem 4V la somme provisionnelle de 3.873,59 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation échus selon décompte arrêté au 31 janvier 2026, loyer de janvier 2026 inclus et majorée des intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance ;
CONDAMNONS in solidum Mme [O] [V] et M. [X] [D] à payer à la Sem 4V une indemnité d’occupation mensuelle provisionnelle à échoir à compter du 1er février 2026, jusqu’à la libération effective des lieux, à une somme égale à 798,81 euros ;
CONDAMNONS in solidum Mme [O] [V] et M. [X] [D] aux entiers dépens, en ce compris le coût du commandement de payer, de la saisine de la CCAPEX, de l’assignation et de la notification de l’assignation à la Préfecture ;
CONDAMNONS in solidum Mme [O] [V] et M. [X] [D] à payer à la Sem 4V la somme de 150 euros en application de l’article 700 du Code de procédure civile ;
RAPPELONS que les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
LA PRESENTE ORDONNANCE A ETE SIGNEE PAR LE JUGE ET LE GREFFIER PRESENTS LORS DU PRONONCE.
LE GREFFIER, LE JUGE,
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