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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 26 proxi référé, 8 janv. 2026, n° 25/02428 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02428 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 16 janvier 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL DE PROXIMITÉ DE PANTIN
[Adresse 6]
[Localité 10]
Tél:[XXXXXXXX02]
Fax : [XXXXXXXX01]
@ : [Courriel 11]
RÉFÉRENCES :
N° RG 25/02428
N° Portalis DB3S-W-B7J-4APP
Minute :
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Du : 08 Janvier 2026
Monsieur [M], [J], [T] [I]
Madame [W], [Y], [R] [I]-[V]
C/
Monsieur [A] [K]
Madame [O] [Z]
Monsieur [G] [K]
Copie exécutoire délivrée le :
à :
Madame [W], [Y], [R] [I]-[V]
Monsieur [M], [J], [T] [I]
Monsieur [G] [K]
Monsieur [A] [K]
Madame [O] [Z]
Expédition délivrée à :
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Après débats à l’audience publique du 25 novembre 2025, l’ordonnance suivante a été rendue par mise à disposition au greffe le 08 janvier 2026 ;
Sous la Présidence de Madame Armelle GIRARD, juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de BOBIGNY siègeant au tribunal de proximité de PANTIN, statuant en référé, assistée de Madame Amel OUKINA, greffière principale ;
DEMANDEUR :
Monsieur [M], [J], [T] [I]
[Adresse 3]
[Localité 7]
comparant en personne assisté de Me Sylvie KEDINGER JACQUES, avocat au barreau de PARIS
Madame [W], [Y], [R] [I]-[V]
[Adresse 3]
[Localité 7]
comparante en personne assistée de Me Sylvie KEDINGER JACQUES, avocat au barreau de PARIS
DÉFENDEURS :
Monsieur [A] [K]
[Adresse 12]
[Adresse 5]
[Localité 9]
comparant en personne
Madame [O] [Z]
[Adresse 12]
[Adresse 5]
[Localité 9]
non comparante, ni représentée
Monsieur [G] [K]
[Adresse 4]
[Localité 8]
non comparant, ni représenté
EXPOSÉ DU LITIGE
Suivant contrat signé le 22 septembre 2021, Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] ont donné en location à Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] un immeuble à usage d’habitation sis [Adresse 12], [Adresse 5], [Localité 9], moyennant un loyer mensuel révisable de 850,00 € outre provisions sur charges.
Le 28 septembre 2021, Monsieur [G] [K] a signé un engagement de caution solidaire, par acte sous seing privé du paiement des loyers, des indemnités d’occupation, des charges, des réparations locatives, des frais éventuels de procédure.
Le 17 juin 2025, Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] ont fait délivrer à Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] un commandement de payer les loyers échus, signifié à la caution, visant la clause résolutoire insérée au bail, pour un montant en principal de 5 091,56 € selon décompte arrêté au mois de juin 2025.
Par notification électronique du 17 juin 2025, Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] ont saisi la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives (CCAPEX) de l’existence d’impayés de loyers, en application du décret n° 2015-1384 du 30 octobre 2015.
Par assignation délivrée à étude le 18 septembre 2025 pour Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] et à personne le 17 septembre 2025 pour Monsieur [G] [K],
Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] ont attrait Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] et Monsieur [G] [K] devant le juge des référés du tribunal de proximité de Pantin, le commandement de payer n’ayant pas été suivi d’effet dans le délai imparti.
Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] ont demandé à la présente juridiction :
De constater le jeu de la clause résolutoire prévue au bail d’habitation ;D’ordonner l’expulsion de Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] ainsi que de tous occupants de leur chef, avec au besoin l’assistance de la force publique et d’un serrurier ;D’ordonner le transport et la séquestration des meubles en tel lieu qu’il plaira à Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V], aux frais et aux risques et périls de Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] ;De condamner solidairement Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] et Monsieur [G] [K] au paiement des sommes suivantes :5 266,16 € au titre de l’arriéré locatif arrêté au 6 septembre 2025, somme à parfaire, outre intérêts au taux légal à compter du commandement de payer ;une indemnité mensuelle d’occupation fixée par provision au montant du loyer actualisé et des charges qui auraient été payés en l’absence de résiliation du bail, et ce à compter de la résiliation du bail jusqu’au départ effectif des lieux ;1 500 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;ainsi qu’aux entiers dépens de l’instance, comprenant notamment le coût du commandement de payer.Le 19 septembre 2025, Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] ont notifié leur acte introductif d’instance au représentant de l’État dans le département.
L’audience s’est tenue le 25 novembre 2025 et en application de l’article 24 V de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, la présidente a invité les parties à lui produire tous éléments relatifs à l’existence d’une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation.
Lors de l’audience, Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V], assistés par leur conseil maintiennent leurs demandes, sauf à préciser qu’en vertu d’un décompte arrêté au 1 novembre 2025 (échéance du mois de novembre 2025 incluse), l’arriéré s’élève désormais à la somme de 5 098,20 €. Ils indiquent que le paiement des loyers a repris depuis plusieurs mois mais qu’il n’y a pas eu de paiement en novembre. Ils précisent qu’un premier commandement de payer a été délivré en 2024 mais que les causes en avaient été réglées. Ils s’en rapportent sur l’octroi de délais de paiement.
Monsieur [A] [K], comparant en personne, ne conteste ni le principe ni le montant de sa dette locative et demande au tribunal de lui accorder des délais de paiement suspensifs pour acquitter la dette locative à hauteur de 420,00 € par mois en plus du loyer courant. Il déclare que Madame [O] [Z] a quitté les lieux en 2022 sans délivrer congé et qu’il n’a pas sa nouvelle adresse. Il explique avoir connu des difficultés financières suite à son départ de la fonction publique et une tentative de reconversion professionnelle, sa séparation, et la gestion des problèmes de harcèlement scolaire vécu par son fils. Il indique désormais être employé en CDD depuis octobre et être rémunéré environ 1 950 €, et toucher également des frais de défraiement pour des activités bénévoles avec des clubs de sport. Il précise avoir la garde de son fils de onze ans qui vit avec lui. Il déclare avoir fait une demande de logement social.
Madame [O] [Z] n’a pas comparu, malgré sa convocation régulière.
Monsieur [G] [K] n’a pas comparu, malgré sa convocation régulière.
L’enquête sociale est parvenue au greffe de la juridiction avant l’audience. Les informations données par Monsieur [A] [K] à l’audience y sont reprises. Il est précisé que sa situation financière a été aggravée du fait d’un prélèvement indu des impôts. Il est indiqué qu’un dossier FSL est envisagé.
L’affaire a été mise en délibéré au 8 janvier 2026.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparait pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que s’il l’estime recevable, régulière et bien fondée.
SUR LA LOI APPLICABLE AU PRÉSENT LITIGE
À titre préliminaire, il y a lieu de préciser que la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, portant notamment réforme de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 et des articles L.412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution, applicables au présent litige, est entrée en vigueur le 29 juillet 2023, lendemain de sa publication au Journal officiel de la République.
En application de l’article 2 du code civil, il sera rappelé que la loi ne dispose que pour l’avenir et n’a pas d’effet rétroactif.
En l’espèce, le commandement de payer à l’origine de la présente procédure ayant été délivré le 17 juin 2025, il y a lieu d’appliquer les dispositions précitées telles qu’issues de cette réforme.
Cependant, les principes de sécurité juridique et prévisibilité du droit sont cardinaux dans l’ordonnancement juridique français. La liberté contractuelle est de même garantie par le régime général du droit des obligations, comme l’énoncent les dispositions liminaires du chapitre dédié aux contrats dans le code civil (articles 1101 à 1104).
Ainsi, il résulte de ces principes et de l’article 2 du code civil précité que les effets des contrats conclus antérieurement à la loi nouvelle, même s’ils continuent de se réaliser postérieurement à cette loi, demeurent régis par les dispositions sous l’empire desquelles ils ont été passé afin de garantir la stabilité des situations établies. La loi ne peut, sauf rétroactivité expressément stipulée par le législateur, remettre en cause la validité d’une clause contractuelle régie par les dispositions en vigueur à la date où le contrat a été conclu. La jurisprudence est constante sur ce point, et le législateur a également réitéré ces principes aux termes de l’ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 portant réforme du droit des contrats, du régime général et de la preuve des obligations (article 9 : les contrats conclus avant l’entrée en vigueur de l’ordonnance, le 1er octobre 2016, demeurent soumis à la loi ancienne, y compris pour leurs effets légaux et pour les dispositions d’ordre public).
Seule la reconnaissance de dispositions d’ordre public particulièrement impérieuses peut justifier l’application immédiate aux contrats en cours.
En l’espèce, le bail conclu entre les parties contient une clause (article VII) aux termes de laquelle le contrat se trouvera de plein droit résilié, en cas de défaut de paiement des loyers et accessoires, deux mois après un commandement de payer resté infructueux, conformément à l’article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tel qu’il était en vigueur jusqu’au 29 juillet 2023.
En premier lieu, il sera constaté que la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023 ne contient aucune disposition transitoire prescrivant l’application immédiate aux contrats en cours.
En second lieu, il y a lieu de souligner qu’au regard des principes de liberté contractuelle, sécurité juridique et prévisibilité du droit rappelés ci-dessus, il convient de favoriser le respect de la volonté des parties.
Or, la clause résolutoire insérée au présent bail emporte contractualisation du délai laissé au locataire afin d’apurer les causes du commandement de payer. En effet, l’article 24 de la loi n° 89462 du 6 juillet 1989 tel qu’il était en vigueur jusqu’au 29 juillet 2023 n’imposait pas l’insertion d’une telle clause dans le bail, et le cas échéant, se contentait de fixer un délai minimum avant l’acquisition de la clause (qui pouvait par conséquent être supérieur à deux mois, comme consacré par la pratique de multiples bailleurs notamment sociaux). Ainsi, la loi laissant à l’appréciation des parties à la fois de l’opportunité d’une clause résolutoire et du délai pour solder les causes du commandement, il ne saurait être soutenu que la mise en œuvre de la clause résolutoire est un effet légal du contrat et non l’application d’une disposition contractuelle.
En troisième lieu, aucune disposition d’ordre public « particulièrement impérieuse » ne justifie l’application immédiate sur ce point de l’article 24 tel qu’issu de la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023. Au contraire, la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 institue un ordre public de protection des locataires, en conformité avec le droit à la protection du logement (droit à valeur conventionnelle et objectif à valeur constitutionnelle). Or, un délai de deux mois pour acquitter les causes d’un commandement de payer est nécessairement plus favorable au locataire qu’un délai de six semaines, en ce qu’il lui accorde deux semaines de plus apurer sa dette et par conséquent conserver son droit au bail. In fine, cela n’est d’ailleurs pas en opposition avec les intérêts du bailleur qui cherche à recouvrer sa dette, les locataires étant davantage mobilisés en ce sens tant que leur droit au bail est effectif. Réduire ce délai mène ainsi à judiciariser des situations d’impayés qui auraient pu se résoudre à l’amiable. De plus, la date de fin du bail qui dépend de la date d’acquisition de la clause résolutoire a des conséquences juridiques importantes puisqu’elle marque le terme des obligations respectives du locataire et du bailleur. Le régime juridique applicable aux situations d’occupation sans droit ni titre est complexe et moins protecteur à la fois des occupants et des propriétaires, et cause des difficultés pratiques en termes notamment de sécurité publique et de prise en charge en cas de sinistre par les assurances.
En outre, il ne peut qu’être constaté qu’un commandement de payer visant le délai de six semaines issu de la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, tout en reproduisant une clause résolutoire indiquant un délai de deux mois pour solder l’arriéré, est de nature à induire le locataire en erreur sur le délai effectif qui lui est laissé, lui causant incontestablement grief.
Enfin, la troisième chambre civile de la Cour de cassation, par avis en date du 13 juin 2024 (pourvoi N°24-70.002), a exposé être d’avis que les dispositions de l’article 10 de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, en ce qu’elles modifient le délai minimal imparti au locataire pour s’acquitter de sa dette après la délivrance d’un commandement de payer visant la clause résolutoire insérée au bail prévu par l’article 24, alinéa 1er et 1°, de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, n’ont pas pour effet de modifier les délais figurant dans les clauses contractuelles des baux en cours au jour de l’entrée en vigueur de la loi.
Il découle de tout ce qui précède qu’il y a lieu d’appliquer la clause résolutoire telle que prévue au contrat de bail dans le cadre du présent litige.
SUR LA RECEVABILITÉ DE LA DEMANDE
Une copie de l’assignation a été notifiée au représentant de l’État dans le département le 19 septembre 2025, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 dans sa version applicable au présent litige.
L’action est donc recevable.
SUR LA DEMANDE EN PAIEMENT DE L’ARRIÉRÉ LOCATIF
Il résulte de l’article 7 de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 ainsi que des stipulations du bail que le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables au terme convenu.
Conformément aux dispositions de l’article 4 p) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, est réputée non écrite toute clause qui fait supporter au locataire des frais de relance ou d’expédition de la quittance ainsi que les frais de procédure en plus des sommes versées au titre des dépens et de l’article 700 du code de procédure civile. Il résulte de ces dispositions que le bailleur ne peut mettre à la charge du locataire les frais relatifs au recouvrement amiable ou contentieux de sa créance au titre de l’arriéré locatif.
Conformément à la clause de solidarité stipulée audit bail (article VI), les locataires sont également tenus solidairement d’exécuter l’ensemble des obligations en résultant.
En l’espèce, Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] versent aux débats un décompte arrêté au 1 novembre 2025 (échéance du mois de novembre 2025 incluse) établissant l’arriéré locatif à la somme de 5 098,20 €, frais de recouvrement à déduire d’un montant de 569, 86 €.
Au vu des justificatifs fournis, la créance de Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] est établie tant dans son principe que dans son montant, les frais de recouvrement ayant été expurgés.
Monsieur [A] [K] ne conteste pas l’absence de paiement du loyer ou le montant des sommes réclamées.
Madame [O] [Z], absente lors de l’audience, ne produit en tout état de cause aucun élément de nature à contester l’absence de paiement du loyer ou le montant des sommes réclamées.
Faute pour Madame [O] [Z] d’apporter la preuve de son départ des lieux par la délivrance d’un congé au bailleur et conformément à la clause de solidarité précitée, elle reste tenue au paiement des loyers.
Il convient par conséquent de condamner solidairement Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] à verser à Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I][V] la somme de 4 528,34 € actualisée au 1 novembre 2025 (échéance du mois de novembre 2025 incluse), au titre de l’arriéré locatif, outre intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
SUR LA RÉSILIATION ET L’EXPULSION
L’article 834 du code de procédure civile permet au juge des contentieux de la protection, dans tous les cas d’urgence et dans les limites de sa compétence, d’ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
L’article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, dans sa version applicable au présent litige, dispose que tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
En l’espèce, le bail conclu entre les parties contient une clause (article VII) aux termes de laquelle le contrat se trouvera de plein droit résilié, en cas de défaut de paiement des loyers et accessoires, deux mois après un commandement de payer resté infructueux. Comme précédemment indiqué, il conviendra de retenir ce délai contractuel en l’espèce.
Il ressort des pièces versées aux débats qu’un commandement de payer, visant la clause résolutoire ainsi que les dispositions de l’article 24 de la loi précitée, a été régulièrement signifié à Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] le 17 juin 2025, pour un montant principal de 5 091,56 €. Il est en outre établi que ce commandement est demeuré au moins partiellement infructueux dans le délai imparti.
Dès lors, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies à la date du 18 août 2025, soit deux mois après la délivrance dudit commandement, et que la résiliation du bail est intervenue de plein droit à cette date.
Cependant l’article 24-V de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 dans sa version applicable au présent litige prévoit que le juge peut accorder, à la demande du locataire, du bailleur ou même d’office, des délais de paiement dans la limite de trois années, chaque fois que le locataire est en situation de régler sa dette locative et qu’il a repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience.
L’article 24 VII de la même loi, dans sa version applicable au présent litige, précise que lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge.
Monsieur [A] [K] demande ainsi l’octroi de délais de paiement à hauteur de 420,00 € par mois, en plus du loyer courant.
Il ressort des débats que Monsieur [A] [K] est en mesure de s’acquitter du montant du loyer et des charges courants et de verser en sus une somme mensuelle pour apurer la dette dans un délai satisfaisant au regard des intérêts du bailleur. Il a débuté un nouvel emploi, et a repris le paiement du loyer courant depuis quatre mois – excepté le mois de novembre 2025. Sa proposition de paiement est conséquente et de nature à solder la dette dans un délai inférieur au maximum légal possible.
Faute pour Madame [O] [Z] d’apporter la preuve de son départ des lieux par la délivrance d’un congé au bailleur et conformément à la clause de solidarité précitée, les délais de paiement sollicités lui seront également accordés et elle sera également tenue d’indemniser le préjudice subi du fait d’une occupation sans droit ni titre.
Compte tenu de ces éléments, il convient par conséquent d’accorder à Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] des délais de paiement pour s’acquitter de la dette locative à hauteur de 420,00 € par mois et selon les modalités précisées au dispositif de la présente décision.
Il sera au surplus rappelé que de tels délais de paiement suspensifs sont de nature à entraîner une mobilisation du locataire pour apurer sa dette, qui serait moindre en cas d’expulsion immédiate. En cas de non-paiement, après une seule échéance impayée, la procédure d’expulsion reprendra son cours. Par suite, les droits du bailleur seront respectés, que la dette soit apurée ou que l’expulsion ait lieu et ne soit que repoussée d’un mois.
Pendant le cours des délais ainsi accordés, les effets de la clause résolutoire seront ainsi suspendus.
Si l’intégralité de la dette est apurée dans ce délai et selon les modalités de paiement prévus, la clause de résiliation de plein droit sera réputée ne pas avoir joué et les relations entre les parties reprendront selon les stipulations du bail.
Dans le cas contraire, soit en cas de non-paiement d’une seule mensualité à son exacte échéance, qu’elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l’arriéré :
Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] seront déchus du bénéfice des délais de paiement accordés par la présente décision ;La clause de résiliation reprendra son plein effet ;La totalité de la dette locative restée impayée deviendra immédiatement exigible par Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V], la résiliation du bail étant acquise à la date du 18 août 2025 ;Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] deviendraient occupants sans droit ni titre du fait de la résiliation du bail ;Faute pour Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] d’avoir volontairement libéré les lieux, il sera procédé à leur expulsion et à celle de tous occupants de leur chef avec l’assistance d’un serrurier et de la force publique si besoin est, conformément aux dispositions des articles L. 412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution ;Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] pourront procéder à l’enlèvement de tous les biens mobiliers garnissant les lieux loués et les faire entreposer dans tel local de leur choix aux frais et périls de Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z], conformément aux dispositions des articles L. 4331 et L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution ;En cas de maintien dans les lieux, Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] seront en droit d’exiger de Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] le paiement in solidum d’une indemnité d’occupation mensuelle fixée par référence au montant du loyer et des charges qui aurait été du en cas de nonrésiliation du bail, à compter de la résiliation du bail et jusqu’à complète libération des lieux. SUR L’ENGAGEMENT DE LA CAUTION
L’engagement de caution de Monsieur [G] [K] résulte clairement du contrat accessoire au bail du 22 septembre 2021 signé de sa main et qui comporte les mentions exigées par l’article 22-1 de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
Il convient donc de condamner Monsieur [G] [K] solidairement avec Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] au paiement de la dette d’arriéré de loyers et in solidum avec Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] au paiement des indemnités d’occupation.
SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES
En application de l’article 696 du code de procédure civile, il convient de condamner in solidum Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] et Monsieur [G] [K] au paiement des entiers dépens de l’instance qui comprendront notamment le coût du commandement de payer du 17 juin 2025, de l’assignation et de sa dénonciation à la préfecture.
Conformément aux dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée et il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation.
En l’espèce, Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] et Monsieur [G] [K] seront condamnés in solidum à payer à Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] la somme de 600 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
En application de l’article 514 du code de procédure civile, la présente décision est de droit exécutoire.
PAR CES MOTIFS :
Nous, juge des contentieux de la protection, statuant en référés après débats tenus en audience publique, par ordonnance réputée contradictoire et publique, par mise à disposition par le greffe et en premier ressort,
CONSTATONS la recevabilité de l’action intentée par Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] ;
CONSTATONS que le contrat signé le 22 septembre 2021 entre Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] et Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] concernant les locaux situés [Adresse 12], [Adresse 5], [Localité 9] s’est trouvé de plein droit résilié le 18 août 2025 par application de la clause résolutoire contractuelle ;
SUSPENDONS les effets de la clause résolutoire ;
CONDAMNONS solidairement Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] avec la caution Monsieur [G] [K] à verser à Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] la somme de 4 528,34 € actualisée au 1 novembre 2025 au titre de l’arriéré locatif comprenant les loyers, charges et indemnités d’occupation jusqu’à l’échéance du mois de novembre 2025 incluse, outre intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;
AUTORISONS Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] à s’acquitter de cette somme en 11 mensualités, les 10 premières d’un montant de 420,00 € et la dernière égale au solde de la dette, le tout en sus du loyer courant ;
DISONS que chaque paiement desdites mensualités devra intervenir au plus tard avant le 10ème jour de chaque mois et pour la première fois le mois suivant la signification de la présente décision ;
DISONS que les sommes versées à ce titre par Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] antérieurement à la présente décision et non incluses dans le décompte susmentionné viendront en déduction des dernières mensualités ;
DISONS qu’en cas de paiement selon les modalités et dans les délais ci-dessus fixés, la résiliation sera réputée privée d’effet et les relations entre les parties reprendront selon les stipulations du bail ;
DISONS qu’à défaut de paiement d’une seule mensualité à son exacte échéance, qu’elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l’arriéré :
Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] seront déchus du bénéfice des délais de paiement accordés par la présente décision ;La clause de résiliation reprendra son plein effet ;La totalité de la dette locative restée impayée deviendra immédiatement exigible par Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V], la résiliation du bail étant acquise à la date du 18 août 2025 ;Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] deviendraient occupants sans droit ni titre du fait de la résiliation du bail ;Faute pour Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] d’avoir Volontairement libéré les lieux, il sera procédé à leur expulsion et à celle de tous occupants de leur chef avec l’assistance d’un serrurier et de la force publique si besoin est, conformément aux dispositions des articles L. 412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution ; Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] pourront procéder à l’enlèvement de tous les biens mobiliers garnissant les lieux loués et les faire entreposer dans tel local de leur choix aux frais et périls de Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z], conformément aux dispositions des articles L. 4331 et L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution ;En cas de maintien dans les lieux, Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] seront en droit d’exiger de Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] le paiement in solidum d’une indemnité d’occupation mensuelle.FIXONS en ce cas l’indemnité d’occupation sans droit ni titre due par Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] au montant mensuel du loyer indexé et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, à compter de la résiliation du bail, et au besoin CONDAMNONS in solidum Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] avec la caution Monsieur [G] [K] à verser à Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] ladite indemnité mensuelle à compter du mois de décembre 2025 et jusqu’à complète libération des lieux caractérisée par la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, un procès-verbal d’expulsion ou de reprise, avec intérêts au taux légal à compter de l’exigibilité de chacune des échéances ;
Dans l’hypothèse où l’un des occupants quitte définitivement les lieux avant l’autre et justifie dûment de ce départ, CONDAMNONS seul celui qui resterait seul dans les lieux à payer l’intégralité de l’indemnité d’occupation telle que ci-dessus fixée, à compter du départ de l’autre occupant et jusqu’à son propre départ effectif des lieux ;
DISONS que l’indemnité d’occupation sera due au prorata temporis et payable à terme et au plus tard le 10ème jour de chaque mois ;
CONDAMNONS in solidum Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] au paiement des dépens qui comprendront le coût du commandement de payer du 17 juin 2025, de l’assignation et de sa dénonciation à la préfecture ;
CONDAMNONS in solidum Monsieur [A] [K] et Madame [O] [Z] à verser à Monsieur [M] [I] et Madame [W] [I]-[V] la somme de
600 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
RAPPELONS que la présente décision est assortie de plein droit de l’exécution provisoire.
LA GREFFIÈRE LA PRÉSIDENTE
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Textes cités dans la décision
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989
- DÉCRET n°2015-1384 du 30 octobre 2015
- LOI n°2023-668 du 27 juillet 2023
- Code de procédure civile
- Code civil
- Code des procédures civiles d'exécution
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