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Sur la décision
| Référence : | TJ Châlons-en-Champagne, jcp, 2 déc. 2025, n° 25/01455 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01455 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 6 février 2026 |
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Texte intégral
Minute n°
AFFAIRE N° RG 25/01455 – N° Portalis DBY7-W-B7J-EXSU
SA BANQUE POPULAIRE ALSACE LORRAINE CHAMPAGNE
C/
[F] [G]
JUGEMENT DU 02 Décembre 2025
Tribunal Judiciaire de Châlons-en-Champagne
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
DEMANDEUR
SA BANQUE POPULAIRE ALSACE LORRAINE CHAMPAGNE
[Adresse 2]
[Localité 4]
représentée par Maître Patrick DEROWSKI de la SELARL CABINET DEROWSKI & ASSOCIÉES, avocats au barreau de REIMS, avocats plaidant
DEFENDEUR
Monsieur [F] [G]
[Adresse 1]
[Adresse 5]
[Localité 3]
non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Présidente : Irène PONCET-DUARTE
Greffier : B. DUFOREAU
DEBATS :
Audience publique du : 07 Octobre 2025
JUGEMENT :
Réputé contradictoire et en premier ressort
prononcé par la mise à disposition au greffe le 02 Décembre 2025
par Irène PONCET-DUARTE, Présidente
assistée de B. DUFOREAU, Greffier
Copie exécutoire délivrée
le :
à
Copie délivrée
le :
à
EXPOSE DES FAITS
Selon offre de crédit préalable acceptée le 20 avril 2022, la SA BANQUE POPULAIRE ALSACE LORRAINE CHAMPAGNE a consenti à Monsieur [F] [G] un crédit n° FFI126876296 d’un montant de 15 500 euros remboursable en 60 mensualités de 288,08 euros au taux débiteur de 4,37 euros annuel, hors assurance.
Se plaignant que des échéances demeuraient impayées, par acte de Commissaire de justice du 30 avril 2025, la société BANQUE POPULAIRE a fait assigner Monsieur [G] devant le Juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de Châlons-en-Champagne aux fins de le voir condamner à lui payer la somme de 13 074,69 euros.
Les parties ont été convoquées à l’audience du 7 octobre 2025.
La société BANQUE POPULAIRE, représentée par son conseil, sollicite le bénéfice de son acte introductif d’instance auquel il convient de se référer pour un plus ample exposé des prétentions et des moyens.
Le tribunal a soulevé d’office les moyens d’ordre public relatifs à la forclusion, la déchéance du droit aux intérêts et/ou la nullité conformément à l’article R. 312-25 du code de la consommation.
Monsieur [G], régulièrement assigné à étude, n’a pas comparu et ne s’est pas fait représenter.
A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 2 décembre 2025.
MOTIVATION
A titre liminaire, l’article 472 du Code de procédure civile dispose que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Monsieur [G] n’ayant pas comparu et la décision étant susceptible d’appel, il sera statué par jugement réputé contradictoire.
A titre liminaire, le tribunal rappelle que l’exécution provisoire des décisions de première instance sont de droit exécutoire par provision conformément à l’article 514 du code de procédure civile. Dès lors, toute demande visant à « rappeler que l’exécution provisoire est de droit » ou « dire n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire », en l’absence de toute demande de rejet de l’exécution provisoire ne constitue pas une prétention au sens de l’article 4 du code de procédure civile et ne saisit donc pas la juridiction.
Sur la demande en paiement
Sur la recevabilité
En vertu de l’article 125 du Code de procédure civile, la forclusion de l’action en paiement est une fin de non-recevoir qui doit être relevée d’office par le juge comme étant d’ordre public selon les dispositions de l’article L314-24 du Code de la consommation.
Selon l’article R312-35 du Code de la consommation, les actions en paiement engagées à la suite de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion. Cet événement est caractérisé, notamment, s’agissant des crédits à la consommation personnels ou affectés, par le premier incident de paiement non régularisé.
En l’espèce, il ressort de l’historique du compte que le premier incident de paiement non régularisé est intervenu en décembre 2023. Le délai de forclusion courrait donc jusqu’en décembre 2025. La demande de paiement a été introduite par assignation du 30 avril 2025, soit avant l’expiration du délai de forclusion.
La demande de la société BANQUE POPULAIRE sera déclarée recevable.
Sur l’exigibilité de la créance
En l’espèce, par courrier avisé le 2 avril 2024 et non réclamé par Monsieur [G], la société BANQUE POPULAIRE l’a mis en demeure de lui payer sous quinzaine la somme de 120 euros au titre des échéances impayées. A défaut de paiement, elle a, par courrier avisé le 27 mai 2024 prononcé la déchéance du terme conformément à la clause IV-9 du contrat conclu le 20 avril 2022.
L’acquisition de la clause résolutoire sera par conséquent constatée.
Sur les sommes dues
Aux termes de l’article L. 312-16 du Code de la consommation, avant de conclure le contrat de crédit, le prêteur vérifie la solvabilité de l’emprunteur à partir d’un nombre suffisant d’informations, y compris des informations fournies par ce dernier à la demande du prêteur. Le prêteur consulte le fichier prévu à l’article L. 751-1, dans les conditions prévues par l’arrêté mentionné à l’article L. 751-6.
Conformément à l’article R313-14 l’évaluation de la solvabilité se fonde notamment sur des informations relatives aux revenus de l’emprunteur, à son épargne et à ses actifs et à ses dépenses régulières, dettes et autres engagements financiers.
Cette obligation suppose donc une démarche positive de l’établissement bancaire lequel doit obtenir et analyser les justificatifs de l’emprunteur, au titre de ses ressources et de ses charges.
En l’espèce, la société justifie avoir consulté le FICP. Elle justifie également avoir obtenu la pièce d’identité de Monsieur [G], ses bulletins de paie précédents la date de la conclusion du contrat. Toutefois, elle ne justifie par avoir cherché à confirmer les informations relatives aux charges de Monsieur [G]. Ainsi, s’il indique payer 150 euros par mois d’hébergement, la société demanderesse ne produit aucune quittance de loyer ou d’échéance de prêt immobilier. Par ailleurs, il ressort des relevés de compte de Monsieur [G] des virements faits au bénéfice de la société COFIDIS. La banque aurait dû interroger Monsieur [G] sur l’existence d’autres crédits consommations et aurait dû lui demander des justificatifs relatifs à ses charges afin de pouvoir évaluer sa solvabilité.
Elle sera par conséquent déchue de son droit aux intérêts conformément aux articles L.341-2 à L.341-7 du code de la consommation.
Il s’ensuit que, conformément à l’article L.341-8 du Code de la consommation, le débiteur n’est tenu qu’au remboursement du seul capital restant dû, après déduction de tous les paiements réalisés à quelque titre que ce soit.
Étant précisé que cette limitation légale de la créance du prêteur exclut qu’il puisse prétendre au paiement de l’indemnité prévue par les articles L.312-39 et D.312-16 du Code de la consommation.
En conséquence, la créance de la société BANQUE POPULAIRE sera fixée comme suit :
Capital emprunté : 15 500 euros ; Déduction des versements selon historique de compte : 5 356,09 eurosSomme restant due : 10 143,91 euros. Le droit aux intérêts légaux est également éliminé par application de la jurisprudence européenne constante, initiée en 2014, selon laquelle les intérêts au taux légal sont écartés s’il en résulte pour le prêteur la perception de montants équivalents ou proches de ceux qu’il aurait perçus si la déchéance du droit aux intérêts n’avait pas été prononcée, sauf à faire perdre à cette sanction ses caractères de dissuasion et d’efficacité.
En conséquence, Monsieur [G] sera condamné au paiement de la somme 10 143,91 euros.
Sur les demandes accessoires
Conformément à l’article 696 du Code de procédure civile, Monsieur [G] sera condamné aux dépens.
Il sera en outre condamné à payer à la société demanderesse la somme de 200 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
La Juge des Contentieux de la Protection, statuant par mise à disposition au Greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort ;
DECLARE recevable l’action en paiement formée par la SA BANQUE POPULAIRE Alsace Lorraine Champagne à l’encontre de Monsieur [F] [G] au titre du contrat de prêt numéro FFI126876296 conclu le 20 avril 2022 ;
CONSTATE l’acquisition de la déchéance du terme du contrat de prêt numéro FFI126876296 conclu le 20 avril 2022 entre la SA BANQUE POPULAIRE Alsace Lorraine Champagne et Monsieur [F] [G] ;
CONDAMNE Monsieur [F] [G] à payer à la SA BANQUE POPULAIRE Alsace Lorraine Champagne la somme de 10 143,91 euros au titre du contrat de prêt numéro FFI126876296 conclu le 20 avril 2022 ;
CONDAMNE Monsieur [F] [G] aux dépens ;
CONDAMNE Monsieur [F] [G] à payer à la SA BANQUE POPULAIRE Alsace Lorraine Champagne la somme de 200 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ;
La Greffière La Juge des Contentieux de la Protection
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