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Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, gnal sec soc. urssaf, 9 oct. 2025, n° 23/03585 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 23/03585 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 8]
POLE SOCIAL
[Adresse 6]
[Adresse 7]
[Localité 1]
JUGEMENT N°25/03867 du 09 Octobre 2025
Numéro de recours: N° RG 23/03585 – N° Portalis DBW3-W-B7H-342R
AFFAIRE :
DEMANDEUR
Organisme [11]
[Adresse 10]
[Localité 3]
représenté par madame [O] [B], inspectrice juridique munie d’un pouvoir régulier
c/ DEFENDERESSE
S.A.S. [5]
[Adresse 4]
[Localité 2]
représentée par Me Stéphanie LE BARS, avocat au barreau de TOULON, substituée par Me Michel LABI, avocat au barreau de MARSEILLE
DÉBATS : À l’audience publique du 18 Mars 2025
COMPOSITION DU TRIBUNAL lors des débats et du délibéré :
Président : DEPARIS Eric, Vice-Président
Assesseurs : QUIBEL Corinne
GUERARD François
Greffier : DALAYRAC Didier,
À l’issue de laquelle les parties ont été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe le 09 octobre 2025
NATURE DU JUGEMENT : contradictoire et en premier ressort
EXPOSE DU LITIGE
Le directeur de l’URSSAF [9] a décerné le 22 aout 2023 une contrainte d’un montant de 13 682,83 € à l’encontre de la SAS [5], signifiée le 29 aout 2023, pour la période des mois de décembre 2017, janvier 2018, mars 2018, juin 2018, juillet 2018, juin 2019, février 2023, avril 2023, mai 2023.
Par lettre recommandée avec avis de réception expédiée le 8 septembre 2023, la SAS [5] a formé opposition à cette contrainte auprès du pôle social du tribunal judiciaire de Marseille.
L’affaire a été appelée à l’audience du 18 mars 2025.
L'[11], représentée par une inspectrice juridique, demande au tribunal de:
Juger que la contrainte est régulière, et non prescrite au regard des causes d’interruption de délai justifiéesValider la contrainte pour un montant de 5 505,83 € Condamner la SAS [5] au paiement de la somme de 5 505,83 €,L’organisme sollicite la condamnation de la SAS [5] au paiement des frais de signification et au paiement de la somme de 1 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Par voie de conclusions déposées à l’audience par son avocat, la SAS [5] demande au tribunal de :
juger recevable l’opposition à contrainte, juger prescrite l’action en recouvrement de l’URSSAF [9] à la date du 27 juin 2023 de la mise en demeure,juger que les causes de la contrainte sont vidées, en ce qu’elle estime ne devoir que février 2023, avril 2023, mai 2023 et qu’elle a effectué des télépaiements en 2024,écarter les demandes formulées par l’URSSAF,Condamner l’URSSAF [9] au paiement de la somme de 1 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens de la présente instance ;le tout, avec exécution provisoire.En application des dispositions de l’article 455 du code de procédure civile, il est renvoyé aux conclusions des parties pour un exposé plus amble de leurs prétentions et moyens.
Le jugement de l’affaire a été mis en délibéré au 9 octobre 2025.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité de l’opposition
Selon l’article R.133-3 du code de la sécurité sociale, à défaut de règlement dans le délai d’un mois imparti par la mise en demeure, et sauf réclamation introduite devant la commission de recours amiable et reconnue fondée par ladite commission, l’organisme créancier peut délivrer une contrainte.
La contrainte est notifiée au débiteur par lettre recommandée avec demande d’avis de réception ou lui est signifiée par acte d’huissier de justice. La lettre recommandée ou l’acte d’huissier mentionne, à peine de nullité, la référence ou la contrainte et son montant, le délai dans lequel l’opposition doit être formée, l’adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine.
Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal dans le ressort duquel il est domicilié par lettre recommandée avec accusé de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la signification ou de la notification. L’opposition doit être motivée à peine d’irrecevabilité, une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l’organisme créancier dans les huit jours de la réception de l’opposition.
Du fait de l’opposition, la qualité de défendeur appartient à la partie qui saisit le tribunal.
En l’espèce, la SAS [5] a formé opposition dans le respect du délai de quinze jours impartis sous peine de forclusion.
L’opposition sera par conséquent déclarée recevable.
Sur la prescription
Selon l’article L.244-3 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction issue de la loi n° 2016-1827 du 23 décembre 2016, applicable au litige, les cotisations et contributions sociales se prescrivent par trois ans à compter de la fin de l’année civile au titre de laquelle elles sont dues.
En l’espèce, pour les cotisations de décembre 2017, la prescription courrait à compter du 31 décembre 2017 et expirait le 31 décembre 2020.
Toutefois, il résulte des dispositions de l’article 2240 du Code Civil, que « la reconnaissance par le débiteur du droit de celui contre lequel il prescrivait interrompt le délai de prescription ».
Il est constant qu’un paiement, même partiel, peut être une cause d’interruption de la prescription, à condition toutefois que ce paiement intervient dans le délai de prescription. De même, la sollicitation d’un échéancier vaut reconnaissance de dette.
En l’espèce, il ressort des éléments du dossier que la SAS [5] ne conteste pas avoir demandé le 27 août 2019 et obtenu le 3 octobre 2019 un échéancier portant sur la période de novembre 2017 à juin 2019, de sorte que cela a interrompu la prescription et fait courir un nouveau délai de trois ans expirant le 27 août 2022 ; et demandé le 18 février 2022 et obtenu le 24 février 2022 un échéancier portant sur la période de novembre 2017 à octobre 2021 faisant courir un nouveau délai de trois ans expirant le 18 février 2025
Il convient donc de considérer que les cotisations ne sont pas prescrites.
Aux termes de l’article L 244-8-1 du Code de la Sécurité sociale en vigueur depuis le 1er janvier 2017, « le délai de prescription de l’action civile en recouvrement des cotisations ou des majorations de retard, intentée indépendamment ou après extinction de l’action publique, est de trois ans à compter de l’expiration du délai imparti par les avertissements ou mises en demeure prévus aux articles L. 244-2 et L. 244-3 ».
En l’espèce, la contrainte querellée a été signifiée deux mois après la mise en demeure, il convient donc de considérer que l’action en recouvrement n’est pas prescrite.
Sur la motivation des mises en demeure et de la contrainte
La société qui ne conteste pas les cotisations, ne produit pour toute pièce justificative de ses dires d’un règlement effectué y compris des échéances de février 2023, avril 2023, mai 2023, que le relevé de situation comptable daté du 24 avril 2024 que lui a transmis l’URSSAF sur lequel ces dernières apparaissent ; mais ne produit aucune pièce attestant de la réalité bancaire des paiements, ni que ceux-ci ne pouvaient qu’être affectés à la dette qu’elle désigne.
La contrainte sera donc déclarée valable.
Sur les demandes accessoires
L’article R133-6 du code de la sécurité sociale dispose que les frais de signification de la contrainte faite dans les conditions prévues à l’article R133-3, ainsi que de tous actes de procédure nécessaire à son exécution, sont à la charge du débiteur, sauf lorsque l’opposition a été jugée fondée.
La SAS [5], qui succombe, sera condamnée au paiement des frais susmentionnés, ainsi qu’aux dépens conformément aux dispositions de l’article 696 du code de procédure civile, condamnée aux dépens de l’instance.
L’équité commande, notamment au regard des circonstances et de l’issue du litige, et du coût inhérent pour la partie défenderesse, qu’il soit alloué à l’URSSAF [9] la somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Il conviendra enfin de rappeler que l’exécution provisoire est de droit en matière de contrainte, par application des dispositions de l’article R133-3 du code de la sécurité sociale.
PAR CES MOTIFS,
Le tribunal, statuant par jugement contradictoire et en premier ressort, mis à disposition au greffe,
DÉCLARE recevable l’opposition formée par la SAS [5] à l’encontre contrainte décernée par le directeur de l’URSSAF [9] le 22 aout 2023, signifiée le 29 aout 2023, au titre des cotisations et majorations de retard dues pour la période des mois de décembre 2017, janvier 2018, mars 2018, juin 2018, juillet 2018, juin 2019, février 2023, avril 2023, mai 2023.
VALIDE ladite contrainte pour la somme de 5 505,83 €, et au besoin condamne la SAS [5] au paiement de cette somme en deniers ou quittances à l’URSSAF [9] ;
CONDAMNE la SAS [5] à payer à l’URSSAF [9] la somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
CONDAMNE la SAS [5] aux dépens de l’instance, en ce compris les frais de signification de la contrainte, en application des dispositions des articles 696 du Code de procédure civile et R.133-6 du Code de la sécurité sociale ;
RAPPELLE que la décision du tribunal statuant sur opposition est exécutoire de droit à titre provisoire ;
DIT que tout appel de la présente décision doit être formé, à peine de forclusion, dans le délai d’un mois à compter de sa notification, conformément aux dispositions de l’article 538 du Code de procédure civile.
LE GREFFIER LE PRÉSIDENT
Notifié le :
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