Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, 0p3 p prox réf., 4 déc. 2025, n° 25/05657 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/05657 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Délibéré pour mise à disposition de la décision |
| Date de dernière mise à jour : | 17 février 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Parties : | Etablissement public HABITAT [ Localité 6 ] PROVENCE [ Localité 4 ] [ Localité 6 ] PROVENCE METROPOLE |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
ORDONNANCE DU : 05 Février 2026
Président : Madame CHAREF, JCP
Greffier : Madame DEGANI, Greffier
Débats en audience publique le : 04 Décembre 2025
GROSSE :
Le 06 février 2026
à Mme [S]
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
EXPEDITION :
Le 06 février 2026
à Mme [H] [D]
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le …………………………………………………..
à Me ………………………………………………
N° RG 25/05657 – N° Portalis DBW3-W-B7J-7AT6
PARTIES :
DEMANDERESSE
Etablissement public HABITAT [Localité 6] PROVENCE [Localité 4] [Localité 6] PROVENCE METROPOLE, dont le siège social est sis [Adresse 1]
Représenté par Mme [L] [S] munie d’un pouvoir
DEFENDERESSE
Madame [H] [D], demeurant [Adresse 3]
comparante en personne
EXPOSÉ DU LITIGE :
Par contrats sous signature privée en date du 19 février 2021, l’OPH Habitat [Localité 6] Provence a donné à bail à Mme [H] un appartement à usage d’habitation et un garage situés [Adresse 2], pour un loyer mensuel de 604,44 euros, outre 204,18 euros de provision sur charges pour l’appartement et 78,85 euros pour le garage.
Des loyers étant demeurés impayés, le bailleur a fait signifier à la locataire par acte de commissaire de justice en date du 20 mai 2025 un commandement de payer la somme de 2.804,95 euros, en principal, correspondant à l’arriéré locatif et visant la clause résolutoire contractuelle.
Par acte de commissaire de justice en date du 7 octobre 2025, le bailleur a fait assigner la locataire devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Marseille, statuant en référé, aux fins de voir :
Constater l’acquisition de la clause résolutoire, Ordonner l’expulsion de la défenderesse ainsi que de tous occupants de son chef, au besoin avec l’assistance d’un serrurier et de la force publique, La condamner à payer la somme provisionnelle de 5.708,82 euros au titre de la dette locative arrêtée au 24 septembre 2025, avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation, Fixer l’indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer et charges, outre sa revalorisation annuelle et condamner la défenderesse à son paiement, La condamner à payer la somme de 300 euros au titre des frais irrépétibles, outre les dépens.
Conformément à l’article 455 du code de procédure civile, il sera renvoyé à l’assignation pour un plus ample exposé des prétentions et moyens.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 4 décembre 2025.
A cette audience, le bailleur, représenté par Mme [S], munie d’un pouvoir, a sollicité le bénéfice de son acte introductif d’instance et actualisé sa créance à la somme de 8.702,88 euros, selon décompte en date du 1er décembre 2025, terme de novembre 2025 inclus.
La juge a soulevé d’office la question de la recevabilité de la demande tendant à la constatation de l’acquisition de la clause résolutoire pour défaut de paiement des loyers et charges en raison des notifications préalables à la préfecture et à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) ou à la Caisse d’allocations familiales (CAF).
La défenderesse a comparu en personne et sollicité des délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire, précisant qu’elle était en capacité de régler la totalité de la dette à la fin du mois de décembre 2025 en souscrivant un prêt.
MOTIFS DE LA DÉCISION :
En application de l’article 834 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
En vertu de l’article 835 du même code, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Sur la recevabilité de la demande de constatation d’acquisition de la clause résolutoire
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture des Bouches-du-Rhône le 13 octobre 2025, soit plus de six semaines avant la première audience du 4 décembre 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Par ailleurs, le bailleur justifie avoir signalé la situation d’impayés à la CAF le 12 décembre 2024, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation le 9 octobre 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
La demande aux fins de constatation de résiliation du bail est donc recevable.
Sur l’acquisition de la clause résolutoire et la résiliation du bail
L’une des obligations essentielles du preneur d’un contrat de bail est celle du paiement des loyers aux termes convenus en application de l’article 7 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, dans sa rédaction issue de la loi du 27 juillet 2023 entrée en vigueur le 29 juillet 2023, dispose que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
Ce délai était antérieurement de deux mois.
L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 est une disposition d’ordre public de protection. Le délai de deux mois ou de six semaines est un délai minimum donné au locataire pour régulariser la dette locative durant lequel les effets de clause résolutoire sont neutralisés.
Par ailleurs, en application de l’article 1103 du code civil, les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits.
En l’espèce, le bail contient une clause résolutoire (article 8) stipulant un délai de deux mois et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 20 mai 2024, pour la somme en principal de 2.804,95 euros.
Le commandement de payer est demeuré infructueux pendant plus de deux mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail sont réunies à la date du 21 juillet 2025.
L’article 24 V de la loi 89-462 du 6 juillet 1989, tel que modifié par la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, en vigueur à compter du 29 juillet 2023, permet au juge même d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, d’accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l’article 1343-5 du code civil. La décision du juge suspend les procédures d’exécution qui auraient été engagées par le créancier. Les majorations d’intérêts ou les pénalités prévues en cas de retard ne sont pas encourues pendant le délai fixé par le juge.
L’article 24 VII relatif à la suspension des effets de la clause résolutoire est également soumis à la condition de la reprise du versement intégral du loyer courant avant l’audience.
En l’espèce, il est établi que la locataire n’a pas repris le paiement du loyer courant avant l’audience dès lors que le dernier règlement a été effectué en février 2025.
Par conséquent, la demande de délais de paiement et de suspension des effets de la clause résolutoire sera rejetée.
La défenderesse étant occupante sans droit ni titre depuis cette date, il convient d’ordonner son expulsion ainsi que l’expulsion de tous occupants de son chef, selon les modalités fixées au dispositif de la présente décision.
Le sort du mobilier garnissant le logement est prévu par les articles L.433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution.
Sur la demande en paiement au titre de l’arriéré locatif et de l’indemnité d’occupation
La défenderesse est redevable des loyers impayés jusqu’à la date de résiliation du bail.
Par ailleurs, le maintien dans les lieux postérieurement à la date d’expiration du bail constitue une faute civile ouvrant droit à réparation en ce qu’elle cause un préjudice certain pour le propriétaire dont l’occupation indue de son bien l’a privé de sa jouissance. L’indemnité d’occupation, qui est également de nature compensatoire, constitue une dette de jouissance correspondant à la valeur équitable des locaux.
Compte tenu du contrat antérieur et afin de préserver les intérêts du demandeur, il convient de fixer le montant de l’indemnité d’occupation mensuelle due de la date de résiliation du bail au départ de la défenderesse par remise des clés ou expulsion au montant des loyers et charges qui auraient été dus si le bail s’était poursuivi, soit la somme totale de 999,02 euros actuellement pour l’appartement et le garage (910,79 euros pour le logement et 88,23 euros pour le garage), indexée annuellement selon le même indice de référence servant de base à la révision annuelle du loyer et de condamner la défenderesse à son paiement.
Il ressort du commandement de payer, de l’assignation et du décompte fourni que la défenderesse reste devoir la somme de 8.702,88 euros, à la date du 1er décembre 2025, cette somme correspondant à l’arriéré des loyers impayés et aux indemnités d’occupation pour l’appartement ainsi que pour le garage, terme du mois de novembre 2025 inclus.
Cette somme inclut toutefois des frais de commissaire de justice pour 134,08 et 2,50 euros qu’il convient de déduire dès lors que le coût du commandement de payer et de l’assignation est inclus dans les dépens.
Par conséquent, la défenderesse sera donc condamnée, par provision, au paiement de la somme de 8.566,30 euros, avec les intérêts au taux légal sur la somme de 5.708,82 euros à compter de l’assignation et du prononcé de la décision pour le surplus conformément aux dispositions de l’article 1231-6 et 1231-7 du code civil.
Sur les demandes accessoires
La défenderesse, partie perdante, supportera la charge des dépens en application de l’article 696 du code de procédure civile, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer et sera condamnée à payer la somme de 200 euros au titre des frais irrépétibles.
La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément à l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS,
La juge des contentieux de la protection statuant en référé, par ordonnance contradictoire rendue en premier ressort et mise à disposition au greffe,
Au principal, RENVOIE les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront mais, dès à présent,
DECLARE l’action de l’OPH Provence Métropole Logement recevable ;
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 19 février 2021 entre l’OPH Provence Métropole Logement et Mme [D] [H] concernant le logement et le garage, situés [Adresse 5], sont réunies à la date du 21 juillet 2025 ;
REJETTE la demande de délais de paiement et de suspension des effets de la clause résolutoire formée par Mme [D] [H] ;
ORDONNE en conséquence à Mme [D] [H] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification de la présente ordonnance ;
DIT qu’à défaut pour Mme [D] [H] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, l’OPH Provence Métropole Logement pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, conformément à l’article L.412-1 du code des procédures civiles d’exécution, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
RAPPELLE que le sort du mobilier garnissant le logement est prévu par les articles L.433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNE Mme [D] [H] à payer à l’OPH Provence Métropole Logement, à titre provisionnel, la somme de 8.566,30 euros décompte arrêté au 1er décembre 2025 incluant la mensualité de novembre 2025, correspondant à l’arriéré de loyers, charges et indemnités d’occupation, avec les intérêts au taux légal sur la somme de 5.708,82 euros à compter de l’assignation du 9 octobre 2025 et à compter du prononcé de la décision pour le surplus ;
CONDAMNE Mme [D] [H] au paiement, à titre provisionnel, d’une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant correspondant au loyer actuel avec charges, qui sera indexée annuellement selon le même indice de référence servant de base à la révision annuelle du loyer, soit la somme totale de 999,02 euros à ce jour pour le logement et le garage (910,79 euros pour le logement et 88,23 euros pour le garage), à compter du 2 décembre 2025 et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux ;
CONDAMNE Mme [D] [H] à payer à l’OPH Provence Métropole Logement la somme de 200 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Mme [D] [H] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer ;
REJETTE le surplus des demandes ;
RAPPELLE que la présente ordonnance est exécutoire de plein droit à titre provisoire.
Ainsi jugé et prononcé par ordonnance signée les jour, mois et an susdits par la juge et la greffière susnommées et mise à disposition au greffe.
La greffière, La juge
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Rongeur ·
- Logement ·
- Commissaire de justice ·
- Tribunal judiciaire ·
- Contentieux ·
- Protection ·
- Référé ·
- Trouble manifestement illicite ·
- Intérêt à agir ·
- Bailleur
- Tribunal judiciaire ·
- Protection ·
- Contentieux ·
- Injonction de payer ·
- Adresses ·
- Ordonnance ·
- Sommation ·
- Jugement ·
- Dépens ·
- Génie civil
- Certificat médical ·
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- Employeur ·
- Arrêt de travail ·
- Accident du travail ·
- Maladie ·
- Stade ·
- Morale ·
- Demande
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Provision ·
- Titre ·
- Facture ·
- Tribunal judiciaire ·
- Obligation ·
- Demande ·
- Terrassement ·
- Juge des référés ·
- Entrepreneur ·
- Contestation sérieuse
- Montagne ·
- Tribunal judiciaire ·
- Rôle ·
- Copie ·
- Profit ·
- Défaillant ·
- Suppression ·
- Conforme ·
- Ordre ·
- Avocat
- Tribunal judiciaire ·
- Commissaire de justice ·
- Expertise ·
- Sociétés ·
- Ès-qualités ·
- Liquidateur ·
- Juge des référés ·
- Extensions ·
- Personnes ·
- Ordonnance
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Sociétés ·
- Jonction ·
- Fins de non-recevoir ·
- Mise en état ·
- Intervention forcee ·
- Canada ·
- Désistement ·
- Demande ·
- Consorts ·
- Procédure
- Conciliateur de justice ·
- Tentative ·
- Conciliation ·
- Épouse ·
- Demande en justice ·
- Tribunal judiciaire ·
- Sociétés ·
- Règlement amiable ·
- Courriel ·
- Partie
- Provision ·
- Facture ·
- Référé ·
- Commande ·
- Intérêt de retard ·
- Montant ·
- Contestation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Créanciers ·
- Obligation
Sur les mêmes thèmes • 3
- Contrats ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expertise ·
- Véhicule ·
- Adresses ·
- Bruit ·
- Référé ·
- Défaut ·
- Moteur ·
- Partie ·
- Vente
- Isolement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Renouvellement ·
- Maintien ·
- Cliniques ·
- Santé publique ·
- Hospitalisation ·
- Juge ·
- Consentement ·
- Durée
- Adresses ·
- Tribunal judiciaire ·
- Désistement ·
- Référé ·
- Assurance automobile ·
- Algérie ·
- Personnes ·
- Mer ·
- Ordonnance ·
- Intervention volontaire
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.