Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, 0p3 p prox réf., 29 janv. 2026, n° 25/06244 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/06244 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Délibéré pour mise à disposition de la décision |
| Date de dernière mise à jour : | 25 avril 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
ORDONNANCE DU : 09 Avril 2026
Président : Monsieur LAKHDARI, Vice-président JCP
Greffier : Madame BOINE, Greffier
Débats en audience publique le : 29 Janvier 2026
GROSSE :
Le 16 avril 2026
à Me FABIAN
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
EXPEDITION :
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le …………………………………………………..
à Me ………………………………………………
N° RG 25/06244 – N° Portalis DBW3-W-B7J-7D2V
PARTIES :
DEMANDERESSE
S.A. ERILIA SA [Adresse 1]
dont le siège social est sis [Adresse 2]
représentée par Me Chloé FABIAN, avocat au barreau de MARSEILLE
DEFENDERESSE
Madame [G] [Y]
née le 20 Octobre 1986
demeurant [Adresse 3]
non comparante
EXPOSÉ DU LITIGE
Par acte sous seing privé du 30 juillet 2019, la société ERILIA a consenti un bail d’habitation à Mme [G] [Y] sur des locaux situés au [Adresse 4], moyennant le paiement d’un loyer mensuel de 331,33 euros et d’une provision pour charges de 139,06 euros.
Par acte de commissaire de justice du 10 juillet 2025, la bailleresse a fait délivrer à la locataire un commandement de payer la somme principale de 1 703,15 euros au titre de l’arriéré locatif dans un délai de deux mois, en visant une clause résolutoire.
La commission de coordination des actions prévention des expulsions locatives a été informée de la situation de Mme [G] [Y] le 11 juillet 2025.
Par assignation du 31 octobre 2025, la société ERILIA a ensuite saisi le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Marseille en référé pour faire constater l’acquisition de la clause résolutoire, être autorisée à faire procéder à l’expulsion de Mme [G] [Y] et obtenir sa condamnation au paiement des sommes suivantes :
une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant égal à celui du loyer et des charges, à compter de la résiliation du bail et jusqu’à libération des lieux, laquelle sera indexée tout comme le loyer, et ce avec intérêts de droit,1 724,26 euros à titre de provision sur l’arriéré locatif arrêté au 20 octobre 2025, avec intérêts,300 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens en ce compris le coût du commandement de payer, de l’assignation, et le cas échéant des actes signifiés dans le cadre des mesures conservatoires qui ont été prises sur ses biens et valeurs mobilières.
L’assignation a été notifiée au représentant de l’État dans le département le 3 novembre 2025, mais aucun diagnostic social et financier n’a été transmis au greffe avant l’audience.
À l’audience du 29 janvier 2026, la société ERILIA sollicite le bénéfice de son acte introductif d’instance, actualisant la dette à la somme de 2 644,52 euros selon décompte en date du 26 janvier 2026. La société ERILIA considère enfin qu’il n’y a pas eu de reprise du paiement intégral du loyer courant avant l’audience, au sens de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989.
Bien que régulièrement assignée par acte de commissaire de justice délivré à étude, Mme [G] [Y] n’a pas comparu et ne se s’est pas fait représenter.
La société ERILIA ne forme aucune demande de suspension des effets de la clause résolutoire.
À l’issue des débats, la décision a été mise en délibéré jusqu’à ce jour, où elle a été mise à disposition des parties au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
En application de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant alors droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la demande de constat de la résiliation du bail
Sur la recevabilité de la demande
La société ERILIA justifie avoir notifié l’assignation au représentant de l’État dans le département plus de six semaines avant l’audience.
Elle justifie également avoir saisi la commission de coordination des actions prévention des expulsions locatives deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation.
Son action est donc recevable au regard des dispositions de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Sur la résiliation du bail
Aux termes de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 modifié par la loi du 27 juillet 2023, tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
Cependant, la loi du 27 juillet 2023 ne comprend aucune disposition dérogeant à l’article 2 du code civil, selon lequel la loi ne dispose que pour l’avenir et n’a point d’effet rétroactif. Ainsi, il n’y a pas lieu de faire application aux contrats conclus antérieurement au 29 juillet 2023 de l’article 10 de cette loi, en ce qu’il fixe à six semaines – et non plus deux mois -- le délai minimal accordé au locataire pour apurer sa dette, au terme duquel la clause résolutoire est acquise. Ces contrats demeurent donc régis par les stipulations des parties, telles qu’encadrées par la loi en vigueur au jour de la conclusion du bail.
En l’espèce, un commandement de payer reproduisant textuellement les dispositions légales a bien été signifié à la locataire le 10 juillet 2025 et la somme de 1 703,15 euros n’a pas été réglée par cette dernière dans le délai de deux mois suivant la signification de ce commandement.
La bailleresse est donc bien fondée à se prévaloir des effets de la clause résolutoire, dont les conditions sont réunies depuis le 10 septembre 2025.
Il convient, en conséquence, d’ordonner à la locataire ainsi qu’à tous les occupants de son chef de quitter les lieux, et, pour le cas où les lieux ne seraient pas libérés spontanément, d’autoriser la société ERILIA à faire procéder à l’expulsion de toute personne y subsistant.
Cependant, dès lors qu’aucune circonstance ne justifie la réduction du délai prévu à l’article L.412-1 du code des procédures civiles d’exécution, il convient de rappeler que l’expulsion ne pourra avoir lieu qu’à l’expiration d’un délai de deux mois suivant la délivrance à la locataire d’un commandement de quitter les lieux.
Sur la dette locative
Aux termes de l’article 835 du code de procédure civile, dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, le juge des contentieux de la protection saisi en référé peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
En l’espèce, la société ERILIA verse aux débats un décompte démontrant qu’à la date du 26 janvier 2026, Mme [G] [Y] lui devait la somme de 2 644,52 euros.
Toutefois, en l’absence de comparution de la défenderesse, le principe de la contradiction impose de limiter la demande de la bailleresse au montant figurant dans l’assignation, soit 1 655,68 euros, suivant décompte arrêté au 20 octobre 2025, déduction faite des frais de non réponse enquête sociale injustifiée.
Mme [G] [Y] n’apportant aucun élément de nature à remettre en cause ce montant, elle sera se condamnée à payer cette somme à la bailleresse, à titre de provision, avec intérêt au taux légal à compter du prononcé de la décision conformément aux dispositions de l’article 1231-6 et 1231-7 du code civil.
Sur l’indemnité d’occupation
En cas de maintien dans les lieux de la locataire ou de toute personne de son chef malgré la résiliation du bail, une indemnité d’occupation sera due. Au regard du montant actuel du loyer et des charges, son montant sera provisoirement fixé à la somme mensuelle de 532,38 euros.
L’indemnité d’occupation est payable et révisable dans les mêmes conditions que l’étaient le loyer et les charges, à partir du 10 septembre 2025, et ne cessera d’être due qu’à la libération effective des locaux avec remise des clés à la société ERILIA ou à son mandataire.
Sur les frais du procès et l’exécution provisoire
Aux termes de l’article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité et de la situation économique de la partie condamnée.
Mme [G] [Y], qui succombe à la cause, sera condamnée aux dépens de la présente instance, conformément à l’article 696 du code de procédure civile.
La demande relative aux frais d’exécution forcée, prématurée à ce stade de la procédure, sera rejetée.
En revanche, compte tenu de sa situation économique, il n’y a pas lieu de le condamner à une quelconque indemnité sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
Selon l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement. Selon le dernier alinéa de l’article 514-1 du même code, le juge ne peut toutefois pas écarter l’exécution provisoire de droit lorsqu’il statue en référé. La présente ordonnance sera donc assortie de l’exécution provisoire.
PAR CES MOTIFS,
Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par ordonnance mise à disposition au greffe, réputée contradictoire et en premier ressort,
CONSTATE que la dette locative visée dans le commandement de payer du 10 juillet 2025 n’a pas été réglée dans le délai de deux mois,
CONSTATE, en conséquence, que le contrat conclu le 30 juillet 2019 entre la société ERILIA, d’une part, et Mme [G] [Y], d’autre part, concernant les locaux situés au [Adresse 4] est résilié depuis le 10 septembre 2025,
ORDONNE à Mme [G] [Y] de libérer de sa personne, de ses biens, ainsi que de tous occupants de son chef, les lieux situés au [Adresse 4] ainsi que, le cas échéant, tous les lieux loués accessoirement au logement,
DIT qu’à défaut de libération volontaire, il pourra être procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef avec l’assistance de la force publique,
DIT que le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution,
RAPPELLE que l’expulsion ne pourra avoir lieu qu’hors période hivernale et à l’expiration d’un délai de deux mois suivant la délivrance d’un commandement d’avoir à libérer les lieux,
CONDAMNE Mme [G] [Y] au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au loyer et aux charges qui auraient été dus en cas de poursuite du bail, soit 532,38 euros (cinq cent trente-deux euros trente-huit centimes) par mois,
DIT que cette indemnité d’occupation, qui se substitue au loyer dès le 10 septembre 2025, est payable et révisable dans les mêmes conditions que l’étaient le loyer et les charges, jusqu’à libération effective des lieux et remise des clés à la bailleresse ou à son mandataire,
CONDAMNE Mme [G] [Y] à payer à la société ERILIA la somme de 1 655,68 euros (mille six cent cinquante-cinq euros soixante-huit centimes) à titre de provision sur l’arriéré locatif arrêté au 20 octobre 2025, avec les intérêts au taux légal à compter du prononcé de la décision,
RAPPELLE que la présente ordonnance est exécutoire de droit à titre provisoire,
REJETTE la demande de la société ERILIA au titre de l’article 700 du Code de procédure civile et de frais d’exécution forcée,
CONDAMNE Mme [G] [Y] aux dépens de l’instance, comprenant notamment le coût des commandements de payer du 10 juillet 2025 et celui de l’assignation du 31 octobre 2025.
Ainsi ordonné par mise à disposition au greffe le 9 avril 2026, et signé par le juge et la greffière susnommés.
La Greffière Le Juge
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Assureur ·
- Bâtiment ·
- Commissaire de justice ·
- Expertise ·
- Assurances ·
- Qualités ·
- Mutuelle ·
- Europe ·
- Tribunal judiciaire ·
- Ouvrage
- Faute inexcusable ·
- Victime ·
- Employeur ·
- Sécurité sociale ·
- Accident du travail ·
- Rente ·
- Mine ·
- Préjudice ·
- Assurance maladie ·
- Plateforme
- Laine ·
- Isolant ·
- Cadastre ·
- Dommages et intérêts ·
- Condensation ·
- Titre ·
- Tribunal judiciaire ·
- Facture ·
- Préjudice moral ·
- Expertise judiciaire
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Parents ·
- Enfant ·
- Vacances ·
- Contribution ·
- Débiteur ·
- Épouse ·
- Maroc ·
- Education ·
- Partage ·
- Créanciers
- Architecture ·
- Architecte ·
- Mutuelle ·
- Garantie ·
- Ouvrage ·
- Responsabilité ·
- Titre ·
- In solidum ·
- Réalisation ·
- Préjudice
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Droit de la famille ·
- Mariage ·
- Divorce ·
- Maroc ·
- Partage ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Tribunal judiciaire ·
- Conjoint ·
- Adresses ·
- Date ·
- Jugement
- Expertise ·
- Tribunal judiciaire ·
- Déficit ·
- Préjudice ·
- Consolidation ·
- Provision ad litem ·
- Dire ·
- Référé ·
- Lésion ·
- Blessure
- Chasse ·
- Résiliation du bail ·
- Sanglier ·
- Association sportive ·
- Forêt ·
- Fait ·
- Courrier ·
- Lot ·
- Infraction ·
- Indemnité de résiliation
Sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Contentieux ·
- Protection ·
- Commissaire de justice ·
- Loyer ·
- Référé ·
- Expulsion ·
- Habitation ·
- Adresses ·
- Clause resolutoire
- Véhicule ·
- Immatriculation ·
- Sociétés ·
- Gérant ·
- Commissaire de justice ·
- Vente ·
- Personnes ·
- Résolution ·
- Prix ·
- Défaut
- Baux d'habitation ·
- Contrats ·
- Bail ·
- Parking ·
- Clause resolutoire ·
- Commission de surendettement ·
- Loyer ·
- Habitat ·
- Logement ·
- Commandement ·
- Paiement ·
- Surendettement des particuliers
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.