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Sur la décision
| Référence : | TJ Toulouse, jcp réf., 20 déc. 2024, n° 24/02752 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/02752 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée en référé avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
[Adresse 13]
[Adresse 3]
[Adresse 10]
[Localité 4]
NAC: 5AA
N° RG 24/02752
N° Portalis DBX4-W-B7I-TEXK
ORDONNANCE
DE RÉFÉRÉ
MINUTE N°B24/
DU : 20 Décembre 2024
[I] [P]
[Z] [N] épouse [P]
C/
[F] [B]
Copie revêtue de
la formule exécutoire
délivrée le 20 Décembre 2024
à Me Olivier GROC
Copie certifiée conforme délivrée le 20/12/24 à toutes les parties
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Le Vendredi 20 Décembre 2024, le Tribunal judiciaire de TOULOUSE,
Sous la présidence de Sophie MOREL, Vice Présidente au Tribunal judiciaire de TOULOUSE, chargée des contentieux de la protection, statuant en qualité de Juge des référés, assistée de Coralie POTHIN Greffier, lors des débats et chargé des opérations de mise à disposition.
Après débats à l’audience du 15 Novembre 2024, a rendu l’ordonnance de référé suivante, mise à disposition conformément à l’article 450 et suivants du Code de Procédure Civile, les parties ayant été avisées préalablement ;
ENTRE :
DEMANDEURS
Monsieur [I] [P],
[Adresse 7]
[Localité 8]
représenté par Me Olivier GROC, avocat au barreau de TARN-ET-GARONNE
Madame [Z] [N] épouse [P],
[Adresse 7]
[Localité 8]
représentée par Me Olivier GROC, avocat au barreau de TARN-ET-GARONNE
ET
DÉFENDERESSE
Madame [F] [B],
[Adresse 9]
[Adresse 1]
[Localité 6]
comparante en personne
EXPOSÉ DU LITIGE :
Par acte sous seing privé signé le 15 janvier 2024, Monsieur [I] [P] et Madame [Z] [N] épouse [P] ont donné en location à Madame [F] [B] un immeuble à usage d’habitation et un emplacement de stationnement n°15 situés [Adresse 2] ([Adresse 5]), moyennant un loyer actuel de 746€ provision sur charges comprise.
Les loyers n’ont pas été régulièrement réglés et commandement de payer visant la clause résolutoire était délivré le 23 avril 2024, en vain.
Par acte du 4 juillet 2024, dénoncé le 8 juillet 2024 par voie électronique avec accusé réception au Préfet de la Haute-Garonne, Monsieur [I] [P] et Madame [Z] [N] épouse [P] ont fait assigner en référé Madame [F] [B] afin d’obtenir :
‒ la constatation de la résiliation du bail,
‒ le paiement à titre provisionnel de la somme de 3.645€ représentant l’arriéré de loyers arrêté au 1er juillet 2024,
‒ l’expulsion des occupants,
‒ la fixation d’une indemnité d’occupation d’un montant égal à celui du loyer mensuel et charge,
‒ l’allocation de 800€ en application de l’article 700 du Code de procédure civile et la condamnation de la locataire aux dépens
L’affaire était appelée à l’audience du 15 novembre 2024.
Monsieur [I] [P] et Madame [Z] [N] épouse [P], valablement représentés, actualisent leur créance à la somme de 3.378€ arrêtée au 13 novembre 2024 comprenant des fraisde procédure de 239,75€ soit un arriéré locatif de 3.138,25€ et s’opposent à la demande de délai même si la locataire a repris le paiement des échéances courantes car elle est entrée récemment dans les lieux.
Madame [F] [B], comparant en personne, indique qu’elle avait perdu son emploi rapidement après l’entrée dans les lieux mais un trouvé un nouvel emploi et a repris le paiement des échéances courantes. Elle propose d’apurer sa dette à raison de 100€ par mois et demande la suspension de la clause résolutoire.
La décision était mise en délibéré au 20 décembre 2024.
MOTIFS :
Sur la recevabilité :
Une copie de l’assignation a été notifiée au Préfet de la Haute-Garonne par voie électronique avec accusé de réception le 8 juillet 2024, conformément à l’article 24 de la Loi du 6 juillet 1989, soit plus de six semaines avant l’audience.
La CCAPEX a été saisie le 24 avril 2024 par voie électronique avec accusé de réception dont copie est versée au débat.
L’action est donc recevable.
Sur la preuve des loyers et charges impayés :
Monsieur [I] [P] et Madame [Z] [N] épouse [P] font la preuve de l’obligation dont ils se prévalent en produisant le bail signé le 15 janvier 2024, le commandement de payer visant la clause résolutoire délivré le 23 avril 2024 et le décompte de la créance.
Sur la clause résolutoire :
Le bail signé par les parties contient une clause résolutoire qui prévoit qu’à défaut de paiement des loyers ou charges échus, ou du dépôt de garantie et deux mois après la délivrance d’un commandement de payer resté infructueux, le bail sera résilié de plein droit. Le défaut d’assurance produit les mêmes effets un mois après le commandement d’avoir à en justifier.
Par acte d’huissier du 23 avril 2024, le bailleur a fait commandement d’avoir à payer les loyers impayés. Ce commandement reproduit la clause résolutoire insérée au contrat de bail ainsi que les dispositions de l’article 24 de la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 dans leur rédaction issue de la Loi n°668-2023 du 27 juillet 2023; de même que les dispositions de l’article 6 de la loi n°90-449 du 31 mai 1990 et mentionne la faculté pour la locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement.
Les loyers n’ont pas été réglés dans les six semaines et, par ailleurs, le juge n’a pas été saisi par la locataire aux fins d’obtenir des délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire.
Les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont donc réunies à la date du 5 juin 2024.
Toutefois, en application de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 modifié pa la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023 relative aux rapports locatifs “V. – Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l’article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l’article 1343-5 s’applique lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa. Le juge peut d’office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l’obligation prévue au premier alinéa de l’article 6 de la présente loi. Il invite les parties à lui produire tous éléments relatifs à l’existence d’une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation.
VII. – Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges.
Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet.”.
Il résulte des débats que la locataire a repris le paiement des échéances courantes eta retrouvé un emploi qui va lui permettre d’apurer sa dette. Il y a donc lieu de lui accorder le bénéfice des dispositions précitées.
Sur les sommes dues par la locataire :
Madame [F] [B] sera condamnée au paiement de la somme de 3.138,25€ représentant l’arriéré des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés au 13 novembre 2024, avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision.
Il convient de lui accorder des délais de paiement à raison de 32 mensualités de 100€, la dernière représentant le solde de la dette.
Il convient, en cas de non respect de ces délais, de fixer l’indemnité d’occupation au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, sous déduction des prestations sociales versées directement au bailleur, le cas échéant.
Sur l’article 700 du Code de procédure civile :
Il paraît inéquitable de laisser à la charge de Monsieur [I] [P] et Madame [Z] [N] épouse [P] l’intégralité des sommes avancées par eux et non comprises dans les dépens. Il y a donc lieu de condamner Madame [F] [B] à leur verser la somme de 500€ sur le fondement de ce texte. Elle bénéficiera des même délais pour sen acquitter.
Sur les dépens
Madame [F] [B], succombant au principal, supportera les dépens.
DÉCISION :
Statuant par Ordonnance de référé contradictoire rendue en premier ressort, par remise au greffe,
Au principal, renvoie les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront ; dès à présent et par provision, vu l’urgence :
Condamne Madame [F] [B] à payer à Monsieur [I] [P] et Madame [Z] [N] épouse [P] la somme provisionnelle de 3.138,25€ représentant l’arriéré des loyers et indemnités d’occupation au 13 novembre 2024, avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision,
Autorise Madame [F] [B] à s’acquitter de sa dette en 32 mensualités de 100€, la dernière représentant le solde de la dette, au plus tard le 15 du mois en plus du loyer et des charges du mois,
Suspend, pendant le cours du délai ainsi accordé, les effets de la clause résolutoire du bail conclu entre les parties et si les modalités d’apurement ainsi fixées sont intégralement respectées par Madame [F] [B], la clause résolutoire sera réputée ne pas avoir joué,
En revanche, à défaut de paiement, par Madame [F] [B] d’une seule mensualité d’apurement de la dette à la date fixée, d’une échéances de loyer ou de charges, la clause résolutoire reprendra son plein effet de droit et sans nouvelle décision judiciaire, 8 jours après une mise en demeure du bailleur par lettre recommandée avec accusé de réception, restée infructueuse et en ce cas :
— Constate la résiliation de plein droit du bail au 5 juin 2024,
— Fixe au montant du loyer et de la provision pour charges, l’indemnité d’occupation que Madame [F] [B] devra verser à Monsieur [I] [P] et Madame [Z] [N] épouse [P] et l’y condamne à compter de la déchéance du délai de paiement jusqu’au départ des lieux des occupants, sous déduction des prestations sociales versées directement au bailleur, le cas échéant,
— Ordonne l’expulsion de Madame [F] [B] et dit, qu’à défaut d’avoir libéré les lieux et l’emplacement de stationnement n°15 situés133 [Adresse 12].A12 à [Localité 11] deux mois après la notification au préfet du commandement d’avoir à quitter les lieux, il sera procédé à son expulsion et celle de tout occupant de son chef, des lieux loués, et ce au besoin, avec l’assistance de la force publique, passé le délai de deux mois suivant la délivrance d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, conformément aux dispositions des articles L. 412-1 et suivants, R. 411-1 et suivants, R. 412-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution,
— Ordonne que le sort des meubles soit réglé conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution, des articles L. 451-1 et R. 451-1 au cas d’abandon des lieux,
Condamne Madame [F] [B] à payer à Monsieur [I] [P] et Madame [Z] [N] épouse [P] la somme de 500€ au titre de l’article 700 du Code de procédure civile,
Condamne Madame [F] [B] aux dépens qui comprendront les frais de commandement de payer,
Rappelle que l’exécution provisoire de la présente décision est de droit.
Le Greffier Le Juge
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