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Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, tpx mlj jcp fond, 16 mai 2025, n° 25/00188 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00188 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 25 septembre 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
/
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE VERSAILLES
TRIBUNAL
DE PROXIMITÉ DE
MANTES LA JOLIE
[Adresse 2]
[Localité 3]
[Courriel 5]
☎ : [XXXXXXXX01]
N° RG 25/00188 – N° Portalis DB22-W-B7J-S2LR
JUGEMENT
DU : 16 Mai 2025
MINUTE :
DEMANDEUR(S) :
SA d4HLM BATIGERE-HABITAT, venant aux droits de la société BATIGERE-EN-ILE-DE-FRANCE, elle-même venant aux droits de la société SOVAL
DEFENDEUR(S) :
[V] [Z]
exécutoire
délivrée le
à :
expédition
délivrée le
à :
/
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
JUGEMENT
DU 16 Mai 2025
L’AN DEUX MIL VINGT CINQ ET LE SEIZE MAI
Après débats à l’audience publique du tribunal de proximité de Mantes la Jolie, tenue le 21 Mars 2025 ;
ENTRE :
DEMANDEUR(S) :
S.A. LA SOCIETE BATIGERE-HABITAT, Société anonyme d’habitations à loyer modéré,
venant aux droits de la société BATIGERE-EN-ILE-DE-FRANCE, elle même venant aux droits de la société SOVAL, agissant poursuites et diligences de son représentant légal,
inscrite au RCS de [Localité 9] sous le n°645 520 167 dont le siège social est12 [Adresse 10]
représentée par Me Pascale BOYAJEAN-PERROT, avocat au barreau de PARIS
ET :
DEFENDEUR(S) :
Mme [V] [Z]
[Adresse 11]
[Adresse 6]
[Localité 4]
non comparante
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Sous la présidence de Marie WILLIG, Magistrat au tribunal judiciaire de Versailles, chargé des fonctions de juge des contentieux de la protection au tribunal de proximité de Mantes la Jolie,
Greffier lors des débats : Habiba MANET
Greffier signataire : Nadia CHAKIRI
Le président a avisé les parties que le jugement serait rendu par mise à disposition au greffe le 16 Mai 2025 aux heures d’ouverture au public, conformément aux dispositions de l’article 450 al.2 du code de procédure civile.
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous seing privé en date du 12 février 2008, la société d'[Adresse 8] (SOVAL) a donné à bail à Madame [V] [Z] un appartement situé [Adresse 12], pour un loyer mensuel de 255 euros, et 120,01 euros de provisions sur charges.
La société d'[Adresse 8] (SOVAL) a été absorbée lors de l’assemblée générale du 19 juin 2018 par la société BATIGERE EN ILE DE FRANCE, laquelle a été absorbée par la société BATIGERE GRAND EST, devenue elle-même à l’issue de cette fusion-absorption BATIGERE HABITAT, lors de l’assemblée générale du 31 juillet 2023.
Par acte de commissaire de justice en date du 2 octobre 2024, la société d’HLM BATIGERE HABITAT a fait signifier à Madame [V] [Z] un commandement de payer visant la clause résolutoire pour un montant de 8 191,24 euros en principal, au titre des loyers et charges impayés.
Par lettre du 14 octobre 2024, distribuée le 17 octobre 2024, la société d'[Adresse 7] a saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX).
Par acte de commissaire de justice en date du 10 janvier 2025, la société d’HLM BATIGERE HABITAT a fait assigner Madame [V] [Z] devant le juge des contentieux de la protection aux fins de :
— à titre principal, constater l’acquisition de la clause résolutoire,
— à titre subsidiaire, prononcer la résiliation judiciaire du bail,
— ordonner l’expulsion de Madame [V] [Z] ainsi que de tout occupant de son chef, avec au besoin l’assistance de la force publique et d’un serrurier,
— dire que le sort des meubles et objets mobiliers sera réglé selon les dispositions des articles 65 et 66 de la loi du 9 juillet 1991 et des articles 200 à 209 de son décret d’application en date du 31 juillet 1992,
— condamner Madame [V] [Z] au paiement des sommes suivantes :
* la somme de 11 585,82 euros au titre de la dette locative arrêtée au 24 décembre 2024, avec intérêts au taux légal à compter du 2 octobre 2024,
* une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer mensuel et des charges locatives, à compter de la résiliation du bail jusqu’à libération effective des lieux,
* la somme de 300 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile,
* les dépens, comprenant le coût du commandement de payer,
— dire n’y avoir lieu d’écarter l’exécution provisoire.
L’assignation a été dénoncée à la préfecture des Yvelines le 13 janvier 2025.
À l’audience du 21 mars 2025, la société d’HLM BATIGERE HABITAT, représentée, maintient ses demandes et actualise sa créance à la somme de 7 379,25 euros arrêtée au 11 mars 2025, loyer du mois de février inclus. Elle est opposée à l’octroi de délais de paiement.
Madame [V] [Z], régulièrement assignée à l’étude, ne comparait pas et n’est pas représentée.
L’affaire a été mise en délibéré au 16 mai 2025 par mise à disposition au greffe du tribunal.
Par note en délibéré, autorisée, reçue le 3 avril 2025, la société d’HLM BATIGERE HABITAT a transmis un décompte actualisé à la somme de 8 504,53 euros arrêtée au 25 mars 2025, loyers de mars inclus, tenant compte du FSL Maintien.
MOTIFS DE LA DECISION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
En l’espèce, Madame [V] [Z] assignée à l’étude de l’huissier, ne comparait pas et n’est pas représentée à l’audience. Dès lors, la décision étant susceptible d’appel, il y a lieu de statuer par jugement réputé contradictoire en application de l’article 473 du code de procédure civile.
En application de l’article 469 du code de procédure civile, si, après avoir comparu, l’une des parties s’abstient d’accomplir les actes de la procédure dans les délais requis, le juge statue par jugement contradictoire au vu des éléments dont il dispose.
Sur les demandes principales
Sur la recevabilité de la demande
Conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi du 6 juillet 1989, une copie de l’assignation aux fins de constat de la résiliation du bail a été notifiée au représentant de l’Etat dans le département le 13 janvier 2025, soit au moins six semaines avant l’audience.
Par ailleurs, la société d’HLM BATIGERE HABITAT justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) le 17 octobre 2024, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 10 janvier 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
En conséquence, la demande de la société d'[Adresse 7] aux fins de constat de résiliation du bail pour défaut de paiement des loyers est recevable.
Sur la demande en paiement
Selon l’article 7a) de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer les loyers et charges aux termes convenus.
Aux termes de l’article 4 p) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, est réputée non écrite toute clause qui fait supporter au locataire des frais de relance ou d’expédition de la quittance ainsi que les frais de procédure en plus des sommes versées au titre des dépens et de l’article 700 du code de procédure civile. Il résulte de ces dispositions que le bailleur ne peut mettre à la charge du locataire les frais relatifs au recouvrement amiable ou contentieux de sa créance au titre de l’arriéré locatif.
En application de l’article 1353 du code civil, il appartient à celui qui demande l’exécution d’une obligation d’en rapporter la preuve.
En l’espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du bail signé le 12 février 2008, du commandement de payer délivré le 2 octobre 2024 et du décompte de la créance actualisé au 25 mars 2025 que la société d’HLM BATIGERE HABITAT rapporte la preuve de l’arriéré de loyers et charges impayés.
En conséquence, il convient de condamner Madame [V] [Z] à payer à la société d’HLM BATIGERE HABITAT la somme de 8 504,53 euros, au titre des sommes dues au 25 mars 2025 avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer du 2 octobre 2024 sur la somme de 8 191,24 euros, et du présent jugement sur le surplus.
Sur la demande d’acquisition de la clause résolutoire
L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans sa rédaction antérieure à celle issue de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 dispose que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux.
En l’espèce, le bail contient une clause résolutoire qui prévoit qu’à défaut de paiement des loyers ou charges après délivrance d’un commandement de payer resté sans effet, le bail sera résilié de plein droit.
Un commandement de payer visant la clause résolutoire a été signifié par commissaire de justice en date du 2 octobre 2024.
Il ressort des pièces communiquées que les sommes dues dont le paiement était demandé n’ont pas été réglées dans le délai de deux mois.
Les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont en principe réunies à l’expiration du délai de deux mois à compter du commandement de payer, soit le 2 décembre à 24 heures et il y a lieu en conséquence de constater la résiliation du bail conclu le 12 février 2008 à compter du 3 décembre 2024.
Il convient par conséquent d’ordonner l’expulsion de Madame [V] [Z] et de tous occupants de son chef des lieux loués selon les modalités prévues au dispositif.
Le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
Sur la fixation de l’indemnité d’occupation due par Madame [V] [Z]
Selon l’article 1730 du code civil, à l’expiration du bail le locataire doit restituer les locaux. La restitution des lieux implique la remise des clefs.
Aux termes de l’article 1240 du code civil, tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Il résulte de ce texte que l’occupant sans droit ni titre d’un local est tenu d’une indemnité d’occupation envers le propriétaire. L’indemnité d’occupation, dont la nature mixte, compensatoire et indemnitaire, constitue la contrepartie de l’occupation du bien après résiliation du bail et de son indisponibilité pour le bailleur.
En l’espèce, le bail se trouve résilié depuis le 3 décembre 2024, Madame [V] [Z] est occupante sans droit ni titre depuis cette date. Il convient donc de fixer une indemnité d’occupation à compter de cette date, égale au montant du loyer révisé augmenté des charges qui auraient été dus si le bail s’était poursuivi, et de condamner Madame [V] [Z] à son paiement à compter du 3 décembre 2024, jusqu’à la libération effective des lieux.
Sur les demandes accessoires
En application des dispositions des articles 696 et suivants du code de procédure civile, il convient de condamner Madame [V] [Z] aux dépens de l’instance comprenant les frais de signification du commandement de payer.
Il convient également de condamner Madame [V] [Z] à payer à la société d’HLM BATIGERE HABITAT la somme de 250 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, le présent jugement est assorti de l’exécution provisoire, de droit.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant en audience publique, par jugement réputé contradictoire en premier ressort, rendu par mise à disposition au greffe le jour de son délibéré,
DECLARE recevable la demande de la société d’HLM BATIGERE HABITAT, venant aux droits de la société d'[Adresse 8] (SOVAL), aux fins de constat de l’acquisition de la clause résolutoire.
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail conclu le 12 février 2008 entre la société d'[Adresse 8] (SOVAL) d’une part, et Madame [V] [Z] d’autre part, concernant les locaux situés [Adresse 12], sont réunies à la date du 3 décembre 2024.
CONSTATE la résiliation du bail à compter de cette date.
ORDONNE, à défaut de départ volontaire des lieux, l’expulsion de Madame [V] [Z] ainsi que de tout occupant de son chef, dans un délai de deux mois à compter de la signification d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, avec l’assistance de la force publique si besoin est, ainsi que le transport des meubles laissés dans les lieux loués, conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
FIXE le montant de l’indemnité d’occupation mensuelle due par Madame [V] [Z] à compter du 3 décembre 2024, date de la résiliation du bail, et jusqu’à la libération définitive des lieux, à une somme égale au montant mensuel du loyer indexé et des charges qui auraient été dus si le bail s’était poursuivi.
CONDAMNE Madame [V] [Z] à payer à la société d’HLM BATIGERE HABITAT, venant aux droits de la société d'[Adresse 8] (SOVAL), la somme de 8 504,53 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés au 25 mars 2025 échéance de mars incluse, avec intérêts au taux légal à compter du 2 octobre 2024 sur la somme de 8 191,24 euros, et du présent jugement sur le surplus.
CONDAMNE Madame [V] [Z] à payer à la société d'[Adresse 7], venant aux droits de la société d’HLM Val de Seine (SOVAL), l’indemnité d’occupation mensuelle à compter du 25 mars 2025, échéance d’avril, et jusqu’à complète libération des lieux, avec intérêts au taux légal à compter de l’exigibilité de chacune des échéances.
CONDAMNE Madame [V] [Z] à payer à la société d'[Adresse 7], venant aux droits de la société d’HLM Val de Seine (SOVAL), la somme de 250 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
CONDAMNE Madame [V] [Z] aux dépens de l’instance, comprenant les frais de signification du commandement de payer du 2 octobre 2024.
RAPPELLE que le présent jugement est assorti de l’exécution provisoire de droit.
Ainsi jugé et prononcé les jour, mois et an susdits et ont signé :
LA GREFFIERE LA PRESIDENTE
Nadia CHAKIRI Marie WILLIG
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