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Sur la décision
| Référence : | T. com. Béziers, audience sanctions, 22 oct. 2025, n° 2025006208 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal de commerce / TAE de Béziers |
| Numéro(s) : | 2025006208 |
| Importance : | Inédit |
| Date de dernière mise à jour : | 1 avril 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL DE COMMERCE DE BEZIERS
JUGEMENT RENDU LE 22/10/2025
PAR MISE A DISPOSITION
L’affaire a été débattue le 15/10/2025 en audience publique devant le tribunal composé de :
PRESIDENT M. Marc AUFORT
JUGES M. Benjamin BOISSIERE Mme Laurence MARTY
ASSISTES LORS DE DEBATS PAR : Me Laurianne ROIG, GREFFIER
MINISTERE PUBLIC REPRESENTE LORS DES DEBATS PAR : M., [I], [U], Procureur de la République adjoint près le tribunal judiciaire de Béziers
Numéro d’inscription au répertoire général : 2025 006208
DEMANDEUR :
MONSIEUR LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE TRIBUNAL JUDICIAIRE CITE JUDICIAIRE -, [Adresse 1] Représenté par
M., [I], [U], en personne
DEFENDEUR : M., [N], [W], [Adresse 2]
Par jugement en date du 26/06/2024, le tribunal de céans a ouvert une procédure de redressement judicaire à l’égard de la société MIDI GOUDRON sise à BEZIERS ayant une activité de tous travaux de maçonnerie générale, revêtement des sols et des murs, de façade et de toux travaux publics ; il fixait la date de cessation des paiements au 06/09/2023.
Par jugement en date du 16/10/2024, le tribunal de céans convertissait la procédure de redressement judiciaire en liquidation judiciaire.
Me, [D], [B] a été désigné aux fonctions de liquidateur.
M., [W], [N] est né le, [Date naissance 1] à, [Localité 1] (MAROC).
Cette procédure résulte d’une assignation en redressement judiciaire délivrée par l’URSSAF en date du 12 avril 2024.
Dans le rapport visé à l’article R.653-1 du code de commerce en date du 31/07/2024, le mandataire de justice relevait notamment que le débiteur n’avait fourni aucune comptabilité.
Il notait également que le débiteur n’avait pas déposé le bilan dans les 45 jours qui avaient suivi la date de cessation des paiements fixée au 06/09/2023 conformément aux dispositions de l’article L.653-8 du code de commerce.
Il notait enfin que le débiteur ne s’était pas présenté devant le Tribunal et n’avait pas répondu à ses convocations envoyées par lettre simple et par lettre recommandée avec accusé de réception en date du 16 juillet 2024.
Suite à une requête présentée par Monsieur le procureur de la République en date du 14/05/2025 aux fins de :
Vu les articles L 653-5 et L 653-8 du code de commerce,
Vu les articles R 631-4 et R 653-2 du code de commerce,
Requiert qu’il plaise au tribunal,
Ordonner l’assignation de M., [W], [N] avec visa des exigences des articles 56 et 855 du code de procédure civile.
Constater l’absence de respect de l’obligation légale pour un chef d’entreprise de tenir une comptabilité quand la loi en fait l’obligation.
Constater l’absence de déclaration de la cessation des paiements dans le délai légal.
Constater l’absence de coopération avec les organes de la procédure.
Prononcer à l’encontre de M., [W], [N] à titre principal une mesure faillite personnelle d’une durée de 15 ans et subsidiairement une mesure d’interdiction de gérer d’une durée de 15 ans
Ordonner l’exécution provisoire de la décision.
Ordonner la signification de la décision aux formes de droit, puis sa transcription au Casier judiciaire national.
Monsieur le président du tribunal de céans a rendu en date du 03/09/2025 une ordonnance enjoignant au greffier de notre tribunal de faire assigner M., [W], [N] pour l’audience du mercredi 08/10/2025.
Suivant exploit de la SAS MAS JEREMIE – LABORIE EVE, Commissaires de Justice associés en résidence à, [Etablissement 1] en date du 19/09/2025, Monsieur le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Béziers a fait assigner M., [W], [N] aux fins de :
Y venir la partie requise susnommée
Vu les dispositions des articles L653-1 à L653-11 et R653-2 du code de commerce,
En présence de Monsieur le procureur de la République,
Etre entendu sur la requête présentée par Monsieur le procureur de la République,
Etre entendu sur le rapport dressé par le juge-commissaire de la liquidation judiciaire,
Ensuite entendre le tribunal statuer sur la requête en sanction présentée par le Parquet à son égard.
Entendre déclarer les dépens frais privilégiés.
L’affaire a été inscrite au rôle sous le N°2025 006208 du rôle général et 2025000021 du rôle particulier des affaires courantes, appelée à l’audience du 08/10/2025, puis reportée après fixation à l’audience de sanctions du 15/10/2025, à laquelle :
Ouï, pour Monsieur le procureur de la République, M., [I], [U], procureur de la République adjoint, en personne, qui a indiqué au Tribunal que :
M., [N], [W] cumulait 3 fautes principales :
* l’absence de tenue de comptabilité,
* l’absence de déclaration de cessation de paiements dans le délai légal,
* l’absence de coopération avec les organes de la procédure,
Et sous réserves de ces précisions, s’en remettait aux termes de sa requête et a requis une mesure de faillite personnelle d’une durée de 15 ans à l’égard de M., [W], [N].
M., [W], [N] ne comparait point à l’audience de ce jour, ni personne pour lui.
Monsieur le président procède à la lecture du rapport du juge-commissaire aux termes duquel ce dernier indique que :
vu le jugement de liquidation judiciaire prononcé à l’encontre de la société sise; vu la requête déposée par Monsieur le procureur de la République en vue d’entendre prononcer une sanction à l’encontre de M., [W], [N] ; vu les agissements de M., [W], [N] ;
disons que ces agissements caractérisés constituent des faits pouvant entraîner le prononcé d’une sanction à l’encontre du dirigeant social M., [W], [N] au titre des articles L. 653-4, L. 653-5, et, L.653-8 du code de commerce.
Les prétentions respectives des parties et leurs moyens sont rappelés sous la forme d’un visa de leurs conclusions avec indication de leur date conformément aux dispositions de l’article 455 du code de procédure civile.
Monsieur Le président a indiqué aux parties présentes que le Tribunal viderait son délibéré sous 8 jours.
SUR QUOI, l’affaire a été mise en délibéré, et ce jourd’hui, le tribunal, a rendu le jugement suivant par sa mise à disposition au greffe du tribunal de commerce de Béziers à la date du 22/10/2025, les parties en ayant été préalablement avisées, conformément aux dispositions de l’article 450 du code de procédure civile.
Par jugement en date du 26/06/2024, le tribunal de céans a ouvert une procédure de redressement judicaire à l’égard de la société MIDI GOUDRON sise à BEZIERS ayant une activité de tous travaux de maçonnerie générale, revêtement des sols et des murs, de façade et de toux travaux publics ; il fixait la date de cessation des paiements au 06/09/2023.
Par jugement en date du 16/10/2024, le tribunal de céans convertissait la procédure de redressement judiciaire en liquidation judiciaire.
Me, [D], [B] a été désigné aux fonctions de liquidateur.
M., [W], [N] est né le, [Date naissance 1] à, [Localité 1] (MAROC).
Cette procédure résulte d’une assignation en redressement judiciaire délivrée par l’URSSAF en date du 12 avril 2024.
Dans le rapport visé à l’article R.653-1 du code de commerce en date du 31/07/2024, le mandataire de justice relevait notamment que le débiteur n’avait fourni aucune comptabilité.
Il notait également que le débiteur n’avait pas déposé le bilan dans les 45 jours qui avaient suivi la date de cessation des paiements fixée au 06/09/2023 conformément aux dispositions de l’article L.653-8 du code de commerce.
Il notait enfin que le débiteur ne s’était pas présenté devant le Tribunal et n’avait pas répondu à ses convocations envoyées par lettre simple et par lettre recommandée avec accusé de réception en date du 16 juillet 2024.
Sur l’absence de tenue de la comptabilité lorsque les textes applicables en font l’obligation :
L’article L.123-12 du code de commerce dispose que:
« Toute personne physique ou morale ayant la qualité de commerçant doit procéder à l’enregistrement comptable des mouvements affectant le patrimoine de son entreprise. Ces mouvements sont enregistrés chronologiquement.
Elle doit contrôler par inventaire, au moins une fois tous les douze mois, l’existence et la valeur des éléments d’actifs et passifs du patrimoine de l’entreprise.
Elle doit établir des comptes annuels à la clôture de l’exercice au vu des enregistrements comptables et de l’inventaire. Ces comptes annuels comprennent le bilan, le compte de résultat et une annexe, qui forment un tout indissociable ».
Il convient de noter que M., [W], [N] n’a produit aucun document comptable dans le cadre de la procédure collective ouverte à l’encontre de la société SAS MIDI GOUDRON, ce qui tend à supposer que ce dernier n’a pas tenu de comptabilité ou que celle-ci est manifestement incomplète ou irrégulière au regard des dispositions applicables.
Il apparait donc que le dirigeant n’a pas respecté ses obligations en matière de tenue de comptabilité.
Le défaut de tenue de comptabilité prive le dirigeant d’un outil de contrôle sur la marche de l’entreprise ce qui aurait pu lui permettre de prendre conscience des difficultés rencontrées.
La faute relative à l’absence de tenue de comptabilité est donc avérée.
Sur l’absence de déclaration de cessation des paiements dans le délai légal :
L’article L.631-4 du code de commerce dispose que l’ouverture de la procédure doit être demandée par le débiteur au plus tard dans les quarante-cinq jours qui suivent la cessation des paiements s’il n’a pas, dans ce délai, demandé l’ouverture d’une procédure de conciliation.
Le jugement d’ouverture de la procédure de liquidation judiciaire du 26/06/2024 a fixé la date de cessation des paiements au 06/09/2023 soit un retard de 294 jours. Le délai de 45 jours laissé au débiteur pour déclarer sa cessation des paiements est dépassé.
Ce jugement est définitif puisqu’il n’a pas été contesté par le dirigeant.
La simple lecture de ces deux dates caractérise l’absence de déclaration de la cessation des paiements dans le délai légal reprise à l’article L631-4 du code de commerce.
La loi n°2015-990 du 06 août 2015 a inséré dans l’alinéa 3 de l’article L653-8, l’adverbe « sciemment » pour caractériser l’absence de déclaration de la cessation dans le délai légal. Il faut rappeler à titre liminaire que le dépôt de bilan résulte d’une assignation de l’URSSAF et non d’une déclaration de cessation des paiements.
Il convient de noter que la SAS MIDI GOUDRON n’a pas réglé les cotisations appelées par l’URSSAF depuis le mois de janvier 2023.
M., [W], [N] ne pouvait ignorer que la société était dans l’incapacité de régler le montant des sommes dues à l’URSSAF et exigibles depuis de nombreuses années (87 621€ déclarés dans le cadre de la procédure collective) ;
Que le non-respect des obligations sociales et des créances fiscales et en particulier le non-paiement de sommes dues est une faute de gestion caractérisée en l’espèce au regard de la répétition et du montant des impayés et qui ne peut constituer une simple négligence. Cette faute, imputable au dirigeant, a nécessairement contribué à l’insuffisance d’actifs.
Au demeurant, la qualité même de professionnel de la vie des affaires implique que l’on doive s’informer, la jurisprudence faisant peser sur les épaules du gérant une quasi-présomption de dol.
La faute relative à l’absence de déclaration de cessation des paiements dans le délai légal est donc avérée.
Sur l’absence de coopération avec les organes de la procédure :
La dernière adresse de M., [W], [N] est, [Adresse 3] –, [Localité 2].
Il apparait que ce dernier ne s’est pas manifesté auprès du mandataire judiciaire malgré les multiples lettres que ce dernier lui a adressé par lettre recommandée avec accusé de réception et par lettre simple (plis retournés à l’expéditeur avec la mention « destinataire inconnu à l’adresse »)
M., [N] n’a effectué aucune formalité de changement d’adresse sur le KBIS de la société. Cette abstention volontaire a conduit le mandataire judiciaire à ne pouvoir établir qu’un bilan économique et social très succinct dans la mesure où M., [W], [N] ne lui a communiqué aucun élément d’information ;
Il apparait que le débiteur n’a pas coopéré avec les organes de la procédure, ce qui a fait obstacle à son bon déroulement.
La faute relative à l’absence de coopération avec les organes de la procédure est donc avérée.
Les éléments constitutifs des 3 fautes à savoir : l’absence de tenue de la comptabilité lorsque les textes applicables en font l’obligation, l’absence de déclaration de cessation des paiements dans le délai légal et l’absence de coopération avec les organes de la procédure sont donc caractérisés.
Il convient de constater l’absence de tenue de la comptabilité lorsque les textes applicables en font l’obligation.
Il convient de constater l’absence de déclaration de la cessation des paiements dans le délai légal.
Il convient de constater l’absence de coopération avec les organes de la procédure.
Il convient de prononcer à l’encontre de M., [W], [N] une mesure de faillite personnelle d’une durée de 15 ans.
Il convient d’ordonner l’exécution provisoire de la décision.
Il convient d’ordonner la signification de la décision aux formes de droit, puis sa transcription au Casier judiciaire national.
Il convient de dire qu’en application des articles L128-1 et suivants et R128-1 et suivants du code de commerce, cette sanction fera l’objet d’une inscription au fichier national des interdits de gérer, dont la tenue est assurée par le Conseil National des Greffiers des Tribunaux de Commerce.
PAR CES MOTIFS
LE TRIBUNAL,
Statuant en premier ressort, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire,
Ayant tous égards que de droits, eu égard aux réquisitions de Monsieur le procureur de la République,
Vu les articles L653-5 et L653-8 du code de commerce, Vu les articles R631-4 et R653-2 du code de commerce,
Vu le rapport du juge-commissaire,
CONSTATE l’absence de tenue de la comptabilité lorsque les textes applicables en font l’obligation.
CONSTATE l’absence de déclaration de la cessation des paiements dans le délai légal.
CONSTATE l’absence de coopération avec les organes de la procédure.
PRONONCE à l’encontre de M., [W], [N] une mesure de faillite personnelle d’une durée de 15 ans.
ORDONNE l’exécution provisoire de la décision.
ORDONNE la signification de la décision aux formes de droit, puis sa transcription au Casier judiciaire national.
DIT qu’en application des articles L128-1 et suivants et R128-1 et suivants du code de commerce, cette sanction fera l’objet d’une inscription au fichier national des interdits de gérer, dont la tenue est assurée par le Conseil National des Greffiers des Tribunaux de Commerce.
DIT que les dépens de la présente décision seront frais privilégiés de la procédure de liquidation judiciaire de la société MIDI GOUDRON.
AINSI délibéré en secret et prononcé par mise à disposition au greffe du tribunal de commerce de Béziers.
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