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Sur la décision
| Référence : | TJ Béziers, jcp réf. inf 10 000eur, 19 mai 2026, n° 26/00014 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00014 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 30 mai 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 1]
[Adresse 1]
[Localité 2]
Références :
N° RG 26/00014 – N° Portalis DBYA-W-B7K-E347B
MINUTE N°2026/ 307
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
du 19 Mai 2026
S.A. PROMOLOGIS,
c/
[G] [J], [A] [P]
Copie délivrée à
prefecture
Copie exécutoire délivrée à
Maître Karine GARDIER
Le
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Juge des contentieux de la protection
DEMANDERESSE :
S.A. PROMOLOGIS,
immatriculée au RCS de [Localité 3] sous le n° 690 802 053
prise en la personne de son représentant légal en exercice
[Adresse 2]
[Adresse 3]
[Localité 4]
Représentée par Maître Karine GARDIER de la SCP TRIAS, VERINE, VIDAL, GARDIER LEONIL, avocats au barreau de MONTPELLIER
DÉFENDEURS :
Monsieur [G] [J]
[Adresse 4]
[Adresse 5]
[Localité 5]
Madame [A] [P]
[Adresse 4]
[Adresse 5]
[Localité 5]
non comparants ni représentés
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Lors des débats en audience publique et du prononcé :
Président : Francis CHOUKROUN, Magistrat à titre temporaire chargé des contentieux de la protection
Greffière : Emeline DUNAS,
ORDONNANCE :
réputée contradictoire, et en premier ressort,
A l’audience publique des référés du Tribunal Judiciaire, tenue le 17 mars 2026, l’affaire a été régulièrement appelée et après mise en délibéré, l’ordonnance suivante a été rendue où il a été statué comme suit : :
RAPPEL DES FAITS
Par contrat en date du 7 avril 2025 avec prise d’effet au 8 avril 2025, La SA PROMOLOGIS a donné à bail à M. [J] [G] et Mme [P] [A] un local à usage d’habitation et un parking n°40 sis [Adresse 6] pour un loyer mensuel principal de 405.08 € et un loyer accessoire de 22.20 € outre respectivement 82.31 € et 3.00 € de provisions sur charges.
Des loyers étant demeurés impayés, la SA PROMOLOGIS, selon acte de commissaire de justice en date du 10 octobre 2025 a fait signifier à M. [J] [G] et Mme [P] [A] un commandement de payer visant la clause résolutoire, remis en l’étude, un avis de passage ayant été laissé au domicile conformément à l’article 656 du code de procédure civile et à la lettre prévue à l’article 658 du même code pour Mme [P] [A], et pour M. [J] [G] adressé à la dernière adresse connue à la suite du procès verbal de recherches infructueuses établi, pour un montant de 2248.02 € dont en principal la somme de 2077.96 € au titre des arriérés locatifs.
Par acte de commissaire de justice en date du7 janvier 2026, auquel il est référé pour un plus ample exposé des faits, moyens et prétentions en application de l’article 455 du code de procédure civile, la SA PROMOLOGIS a assigné M. [J] [G] et Mme [P] [A] devant le Juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de BEZIERS statuant en référé aux fins de voir :
— Constater la résiliation du bail en cause de plein droit du fait du jeu de la clause résolutoire conformément à l’article 24 de la loi 89-462 du 6 juillet 1989 et déclarer en conséquence M. [J] [G] et Mme [P] [A] occupants sans droit ni titre ;
— Ordonner leur expulsion ainsi que celle de tous occupants de leur chef et ce au besoin avec l’aide de la force publique à compter de la signification de la décision à intervenir ;
— Condamner les requis solidairement au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle, fixée provisoirement au montant actuel du loyer et des charges, jusqu’au départ effectif des lieux laquelle indemnité sera indexée suivant les règles légales et conventionnelles précédemment applicables tout comme le loyer ;
— Condamner M. [J] [G] et Mme [P] [A] solidairement au paiement de la somme de 3342.92 € à titre de provision sur les loyers et charges dus, arrêtée à la date de la présente assignation outre les intérêts de droit ;
— Condamner M. [J] [G] et Mme [P] [A] solidairement au paiement de la somme de 400.00 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens de l’instance en ce compris le coût du commandement de payer ;
Un diagnostic social et financier n’a pu être établi M. [J] [G] et Mme [P] [A] ne s’étant pas présentés au rendez-vous proposé par le travailleur social.
A l’audience du 17 mars 2026 à laquelle l’affaire est retenue, le conseil de la SA PROMOLOGIS actualise la dette locative à la somme de 4300.62 € au 16 mars 2026 et dépose.
M. [J] [G] et Mme [P] [A], bien que régulièrement assignés, ne comparaissent pas et ne sont pas représentés.
L’affaire a été mise en délibéré au 19 mai 2026 pour y être rendue la présente décision par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait toutefois droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la recevabilité de la saisine en référé
L’article 834 du code de procédure civile dispose que dans tous les cas d’urgence, le juge des contentieux de la protection, dans les limites de sa compétence, peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
L’article suivant précise qu’il peut toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l’existence d’une obligation n’est pas sérieusement contestable, le juge des contentieux de la protection peut accorder une provision au créancier ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
En l’espèce, l’occupation sans droit ni titre d’un immeuble, qui peut résulter du constat de la résiliation du bail du fait d’impayés, constitue un trouble manifestement illicite que le juge des référés se doit de faire cesser si elle est avérée.
L’action en référé est donc recevable.
Sur la demande de constat de la résiliation du bail et ses conséquences
1°) Sur la recevabilité de l’action :
Une copie de l’assignation a été notifiée, par voie électronique avec accusé de réception, à la préfecture de l’Hérault le 7 janvier 2026 soit plus de six semaines avant l’audience du 17 mars 2026, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
Par ailleurs, la SA PROMOLOGIS justifie de la saisine par voie électronique avec accusé de réception, de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives dans l’Hérault (CCAPEX) le 10 octobre 2025 soit plus de deux mois avant la délivrance de l’assignation le 7 janvier 2026 conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
En conséquence, l’action diligentée par la SA PROMOLOGIS apparaît recevable.
2°) Sur l’acquisition de la clause résolutoire :
L’article 24 issu de la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023 applicable au 29 juillet 2023, modifiant la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, d’application immédiate pour les contrats en cours, dispose que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
Toutefois, conformément à l’avis rendu par la Cour de cassation le 13 juin 2024, ces dispositions n’ont pas pour effet de modifier les délais figurant dans les clauses contractuelles des baux en cours au jour de l’entrée en vigueur de la loi.
Ainsi, elles n’ont vocation à s’appliquer qu’aux contrats conclus postérieurement à la loi du 27 juillet 2023 ainsi qu’à ceux conclus antérieurement dont la clause résolutoire ne préciserait aucun délai.
En l’espèce, le bail conclu le 7 avril 2025 avec prise d’effet au 8 avril 2026 contient une clause résolutoire (article 4 -7-1) qui prévoit qu’après les délais légaux aux termes desquels un commandement de payer est resté infructueux, le bail est résilié de plein droit.
Un commandement de payer visant cette clause, mentionnant un délai de deux mois, a été signifié à M. [J] [G] et Mme [P] [A] le 10 octobre 2025 pour la somme de 2248.02 € dont 2077.96 € au titre des arriérés locatifs
Il est demeuré infructueux pendant plus de deux mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 11 décembre 2025 au titre des arriérés locatifs.
3°) Sur les conséquences de l’acquisition de la clause résolutoire
Devenus occupants sans droit ni titre à compter de la date de résiliation du bail, M. [J] [G] et Mme [P] [A] ne pourront qu’être expulsés selon les modalités prévues au dispositif de la présente ordonnance.
Conformément à l’article L.433-1 du code des procédures civiles d’exécution, les meubles se trouvant dans les lieux seront remis aux frais de la personnes expulsées en un lieu qu’elle désignera. À défaut, ils seront entreposés en un autre lieu approprié et décrit avec précision par le commissaire de justice chargé de l’exécution après sommation à la personne expulsée d’avoir à les retirer dans le délai imparti.
M. [J] [G] et Mme [P] [A] seront également condamnés solidairement en application des articles 1310 et 1313 du code civil cités infra et de la clause de solidarité (article 7-8) incluse dans le bail, au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation, fixée provisoirement au montant actuel du loyer et des charges soit la somme de 512.59 €, charges comprises, selon décompte produit, jusqu’au départ effectif des lieux. Cette indemnité sera indexée suivant les règles légales et conventionnelles précédemment applicable tout comme le loyer qui auraient été exigibles si le bail n’avait pas été résilié, et ce afin de réparer le préjudice découlant pour la SA PROMOLOGIS de l’occupation indue de son bien et de son impossibilité de le relouer.
4°) Sur la condamnation au paiement de l’arriéré locatif et la solidarité :
Le paiement des loyers et charges aux termes convenus dans le contrat est une obligation essentielle des locataires, résultant tant des dispositions contractuelles du bail signé entre les parties que de l’article 07, a) de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
Par ailleurs aux termes des dispositions de l’article 1310 du code civil, la solidarité est légale ou conventionnelle; elle ne se présume pas.
L’article 1313 du même code stipule quant à lui que la solidarité entre les débiteurs oblige chacun d’eux à toute la dette. Le paiement fait par l’un d’eux les libère tous envers le créancier. Le créancier peut demander le paiement au débiteur solidaire de son choix.
Les poursuites exercées contre l’un des débiteurs solidaires n’empêchent pas le créancier d’en exercer de pareilles contre les autres.
En la cause, le contrat de location conclu entre les parties contient une clause de solidarité entre les locataires )article 7-8( qui sera dès lors ordonnée.
Le conseil de la SA PROMOLOGIS produit à l’audience un décompte actualisé de la dette locative qui s’élève à la somme de 4300.62 € au 16 mars 2026.
M. [J] [G] et Mme [P] [A], non comparants ni représentés, n’apportent de fait aucun élément de nature à opposer une contestation tant sur le principe que sur le montant de la dette.
En conséquence, M. [J] [G] et Mme [P] [A] seront condamnés solidairement à titre de provision au paiement de la somme de 4300.62 € au titre des arriérés locatifs.
Sur les dépens
L’article 491 du code de procédure civile dispose que le juge des référés statue sur les dépens. Il le fait conformément aux dispositions de l’article 696 du code de procédure civile, selon lesquelles la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
M. [J] [G] et Mme [P] [A], partie perdante, seront donc condamnés solidairement aux entiers dépens de la présente instance en ce compris en ce compris le coût du commandement de payer.
Sur les frais irrépétibles
L’article 700 du code de procédure civile dispose que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer : 1° A l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, 2° et, le cas échéant, à l’avocat du bénéficiaire de l’aide juridictionnelle partielle ou totale une somme au titre des honoraires et frais, non compris dans les dépens, que le bénéficiaire de l’aide aurait exposés s’il n’avait pas eu cette aide. Dans ce cas, il est procédé comme il est dit aux alinéas 3 et 4 de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations. Néanmoins, s’il alloue une somme au titre du 2° du présent article, celle-ci ne peut être inférieure à la part contributive de l’Etat.
L’équité ne commande pas que soit écartée l’application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile. En conséquence M. [J] [G] et Mme [P] [A] seront condamnés solidairement au paiement de la somme de 300 €.
Sur l’exécution provisoire
Aux termes de l’article 514-1 du code de procédure civile, le juge statuant en référé ne peut écarter l’exécution provisoire qui est, aux termes de l’article précédent, de droit pour les décisions de première instance.
L’exécution provisoire sera donc constatée.
PAR CES MOTIFS,
Nous, Juge des contentieux de la protection, statuant en référé, par mise à disposition au greffe, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
DECLARONS recevable l’action en référé ;
CONSTATONS que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 7 avril 2025 avec prise d’effet au 8 avril 2025 entre d’une part, la SA PROMOLOGIS et d’autre part M. [J] [G] et Mme [P] [A] concernant un local à usage d’habitation et une place de parking n°40 sis [Adresse 6] sont réunies à la date du 11 décembre 2025 en raison du non-paiement des arriérés locatifs ;
ORDONNONS, en conséquence, à M. [J] [G] et Mme [P] [A] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification de la présente ordonnance ainsi que de libérer la place de parking accessoire à la location ;
DISONS qu’à défaut pour M. [J] [G] et Mme [P] [A] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, la SA PROMOLOGIS pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
DISONS que les meubles et objets mobiliers se trouvant sur place donneront lieu à l’application des dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNONS solidairement M. [J] [G] et Mme [P] [A] à payer à la SA PROMOLOGIS une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 11 décembre 2025 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;
FIXONS provisoirement cette indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer calculé tel que si le contrat s’était poursuivi soit la somme de 512.59 € (cinq cent douze euros et cinquante neuf centimes) selon quittancement mensuel produit, laquelle indemnité sera indexée tout comme le loyer et ce avec intérêts de droit ;
CONDAMNONS solidairement M. [J] [G] et Mme [P] [A] à verser à la SA PROMOLOGIS la somme de 4300.62 € (quatre mille trois cents euros et soixante deux centimes) arrêtée au 16 mars 2026 au titre de provision sur les arriérés locatifs ;
CONDAMNONS solidairement M. [J] [G] et Mme [P] [A] aux entiers dépens de la présente instance en ce compris le coût du commandement de payer ;
DISONS que s’il devait être exposés des dépens pour l’exécution de la décision, ils seraient à la charge solidaire de M. [J] [G] et Mme [P] [A] ;
CONDAMNONS solidairement M. [J] [G] et Mme [P] [A] au paiement de la somme de 300 € (trois cents euros) au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition de la décision au greffe du tribunal, le DIX-NEUF MAI DEUX MILLE VINGT SIX, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile.
La greffière, Le juge des référés,
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