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Sur la décision
| Référence : | TJ Grasse, 2e ch. construction, 21 nov. 2025, n° 25/02468 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02468 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 29 décembre 2025 |
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Texte intégral
Date de délivrance des copies par le greffe :
1 EXP DOSSIER
1 GROSSE Me BIGUENET-MAUREL
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE GRASSE
POLE CIVIL 2ème chambre section construction
JUGEMENT DU 21 Novembre 2025
DÉCISION N° 25/407
N° RG 25/02468 – N° Portalis DBWQ-W-B7J-QF4W
DEMANDEUR :
Syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO, situé 15/19 Rue Marcellin Berthelot, 06400 CANNES, représenté par son syndic en exercice le Cabinet CLEMENCEAU dont le siège social est 27 Avenue Georges Clemenceau 06220 VALLAURIS, lui-même agissant poursuites et diligences en la personne de son représentant légal domicilié es-qualité audit siège
représenté par Me Cecile BIGUENET-MAUREL, avocat au barreau de GRASSE, avocat plaidant
DEFENDEUR :
Monsieur [C] [S]
29 Avenue de Vallauris
Le Méditerranée
06400 CANNES
non représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL : JUGE UNIQUE
Président : Madame HOFLACK, Vice-Présidente
Greffier : Madame RAHARINIRINA
Vu les articles 801 à 805 du code de procédure civile, et sans demande de renvoi devant la formation collégiale.
DÉBATS :
Vu la clôture de la procédure en date du 16 juin 2025 ;
A l’audience publique du 19 Septembre 2025,
Après débats, l’affaire a été mise en délibéré, avis a été donné aux parties par le tribunal que le jugement serait prononcé par la mise à disposition au greffe à la date du 21 Novembre 2025.
*****
EXPOSE DU LITIGE :
Monsieur [C] [S] est propriétaire des lots N°26 et N°30 au sein de la résidence LE PRADO sise 15/19 rue Marcellin Berthelot à CANNES (06400).
Arguant de défaillances dans le recouvrement de charges impayées, le Syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO a, par acte de Commissaire de Justice en date du 18 avril 2025, fait citer à comparaître Monsieur [C] [S] par devant le Tribunal Judiciaire de GRASSE, aux fins de voir :
« CONDAMNER Monsieur [C] [S] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO les sommes suivantes :
— 5.398,94 € au titre de l’arriéré de charges et travaux dus à la date du 20 janvier 2025, somme assortie de l’intérêt légal applicable à compter du 16 février 2024, date de la première mise en demeure ;
— 813,22 € au titre des frais engagés par le syndicat des copropriétaires (art. 10-1 Loi de 1965) à la date du 20 janvier 2025, somme assortie de l’intérêt légal applicable à compter du 16 février 2024, date de la première mise en demeure ;
— 4.000 € à titre de dommages-intérêts en réparation du préjudice subi par le syndicat des copropriétaires ;
— 2.500 € au titre de l’article 700 du C.P.C. ;
— aux entiers dépens avec distraction au profit de Maître Cécile BIGUENET-MAUREL avocat aux offres de droit, lesquels comprendront outre les frais d’hypothèque, du commandement de payer et les droits et émoluments des actes d’Huissier de Justice, le droit de recouvrement ou d’encaissement tels que prévus par l’article 90 de la Loi n°2006-872 du 13/07/2006 modifiant le 1er alinéa de l’article 10-1 de la loi n°65-557 du 10/07/1965 ;
DIRE n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire de la décision à intervenir. »
*****
Conformément aux dispositions de l’article 455 du Code de procédure civile, il est renvoyé à l’assignation pour un exposé complet des moyens présentés à l’appui des prétentions du demandeur.
En vertu des articles 472 à 474 du Code de procédure civile, il sera statué sur le fond par jugement réputé contradictoire dès lors que Monsieur [C] [S], régulièrement assigné par dépôt à l’étude, n’a pas constitué avocat.
Par ordonnance en date du 16 juin 2025, le Juge de la mise en état a ordonné la clôture de la procédure et a fixé les plaidoiries à l’audience du 19 septembre 2025.
Les débats clos, l’affaire a été mise en délibéré au 21 novembre 2025.
MOTIFS :
Sur la demande en recouvrement de charges de copropriété :
Le syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO fait valoir que :
— En application de l’article 10 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges de copropriété conformément à la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges ;
— Les charges sont exigibles dès l’approbation des comptes par l’assemblée générale. En outre la provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l’assemblée générale (loi n°65-557 du 10 juillet 1965, art. 14-1) ;
— Conformément aux exigences posées par l’article 1315 du Code civil et l’interprétation qui est faite par la jurisprudence des articles 10 et 14-1 de la loi de 1965, la copropriété rapporte la preuve de sa créance par la production de documents comptables faisant apparaître les dépenses, la somme à répartir, les tantièmes de répartition selon les critères de l’article 10 de la loi et les relevés de compte (Cass. 3e civ. 27 avr. 2004, Cass. 3e civ. 11 déc. 2012 n°11-26.348, Cass. 3e civ. 27 janv. 2015 n°13-25.571). En l’espèce, le syndicat des copropriétaires rapporte bien la preuve de l’existence et de la consistance de sa créance par la production des pièces versées aux débats ;
— Il résulte donc des pièces visées que le copropriétaire débiteur doit la somme de 6.212,16 €. Cette somme comprend les frais nécessaires pour recouvrer la créance et les charges de copropriété ;
— En application de l’article 36 du décret n°67-223 du 17 mars 1967, les sommes dues portent intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure adressée par le syndic aux copropriétaires défaillants. Il y a donc lieu de condamner le défendeur au paiement de la somme de 6.212,16 €, assortie de l’intérêt légal à compter du 16 février 2024, date de la première mise en demeure.
Sur ces éléments :
L’article 10 de la loi du 10 juillet 1965 dispose que « Les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité objective que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées.
Ils sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes, générales et spéciales, et de verser au fonds de travaux mentionné à l’article 14-2 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l’article 5.
Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges et indique les éléments pris en considération ainsi que la méthode de calcul ayant permis de fixer les quotes-parts de parties communes et la répartition des charges. Lorsque le règlement de copropriété met à la seule charge de certains copropriétaires les dépenses d’entretien et de fonctionnement entraînées par certains services collectifs ou éléments d’équipements, il peut prévoir que ces copropriétaires prennent seuls part au vote sur les décisions qui concernent ces dépenses. Chacun d’eux dispose d’un nombre de voix proportionnel à sa participation auxdites dépenses ».
L’article 14-1 I. de la même loi dispose que « Pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. L’assemblée générale des copropriétaires appelée à voter le budget prévisionnel est réunie dans un délai de six mois à compter du dernier jour de l’exercice comptable précédent.
Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois, l’assemblée générale peut fixer des modalités différentes.
La provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l’assemblée générale ».
L’article 10-1 a) de la loi du 10 juillet 1965 prévoit que « Par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 10, sont imputables au seul copropriétaire concerné :
a) Les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur ;».
En tout état de cause, en application des dispositions de l’article 1353 du code civil, « Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation ».
L’article 9 du code de procédure civile pose pour sa part qu'« il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention ».
Dès lors, il appartient au syndicat des copropriétaires, demandeur à l’instance en recouvrement des charges, de rapporter la preuve que le copropriétaire assigné est effectivement débiteur des sommes réclamées, notamment par la production de toutes pièces pertinentes dont peut se déduire la dette du défendeur.
Le vote de l’assemblée générale constitue la base légale de l’exigibilité des charges et provisions.
Sont ainsi généralement considérées comme constituant un dossier utile et pertinent permettant au Tribunal de vérifier l’exactitude des sommes réclamées par le syndicat des copropriétaires, les pièces ainsi versées :
Le décompte du copropriétaire assigné, qui retrace l’historique de l’impayé et ce en permettant de remonter jusqu’à son origine ;
La copie des appels de fonds qui ont été adressés au copropriétaire et qui n’ont pas été honorés, afin de justifier le décompte (appels de charges, appels pour travaux, appels exceptionnels (…)) ;
Le décompte de régularisation de charges ;
La mise en demeure de payer les charges, avec son justificatif d’accusé de réception, qui fera courir la date à partir de laquelle les intérêts légaux de la dette commencent à courir ;
La copie du procès-verbal d’assemblée générale ayant voté le budget prévisionnel ou le budget de travaux, et ce afin de justifier les appels de fonds fait au débiteur ;
La copie du procès-verbal d’assemblée générale ayant approuvé les comptes de l’exercice comptable clos, afin de justifier les appels de régularisation.
En l’espèce, il apparaît que des pièces utiles et pertinentes sont produites par le syndicat des copropriétaires au soutien de sa demande de condamnation, à savoir :
— Le relevé de propriété de Monsieur [C] [S] concernant les lots N°26 et N°130 au sein de la résidence LE PRADO sise 15/19 rue Marcellin Berthelot à CANNES (06400) (pièce N°1) ;
— Une mise en demeure en lettre recommandée avec accusé de réception du 16 février 2024, avisé le 20 février 2024 (pièce N°2) ;
— Les différents appels de fonds et états de répartition des charges concernant les exercices comptables 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025 (pièces N°4 et N°5) ;
— Le procès-verbal de l’assemblée générale du 29 septembre 2021 approuvant les comptes de l’exercice 2020 et l’adoption du budget prévisionnel de l’exercice 2022 (pièce N°6) ;
— Le procès-verbal de l’assemblée générale du 12 septembre 2022 approuvant les comptes de l’exercice 2021 et l’adoption du budget prévisionnel de l’exercice 2023 (pièce N°6) ;
— Le procès-verbal de l’assemblée générale du 12 juin 2023 ayant approuvé les comptes de l’exercice 2022 et l’adoption du budget prévisionnel de l’exercice 2024 (pièce N°6) ;
— Le procès-verbal de l’assemblée générale du 11 septembre 2024 ayant approuvé les comptes de l’exercice 2023 et l’adoption du budget prévisionnel de l’exercice 2025 (pièce N°6) ;
— Un extrait du grand livre comptable de la copropriété LE PRADO sur les exercices 2022 et 2023 (pièces N°7) ;
— Les extraits de compte de Monsieur [S] pour la période allant du 01/10/2023 au 20/01/2025 (pièces N°7) ;
— Le contrat de syndic conclu avec la S.A.R.L. CABINET CLEMENCEAU le 06/08/2024 (pièce N°8) ;
S’agissant de l’imputation des seuls frais « nécessaires » au recouvrement directement sur le compte du débiteur, et ce à partir de la mise en demeure, au visa des dispositions de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, il est constant que ne sont pas considérés comme des « frais nécessaires » aux poursuites tels que visés par article :
La lettre de relance simple. A cet égard, considérant que le coût de revient réel d’un tel acte ne saurait être démesuré par rapport à l’acte lui-même, les frais correspondants à une relance simple ne peuvent par définition qu’être minimes et il est d’ailleurs raisonnable de considérer qu’ils relèvent de la gestion courante du syndic en exécution de son mandat rémunéré. Dès lors, il n’y a pas lieu pour le syndic d’imputer de tels frais sur le compte du débiteur.La relance par lettre recommandée avec accusé de réception, qui ne mentionne pas qu’elle est une véritable mise en demeure et a donc la même valeur très minime que la relance simple. Elle n’est ainsi pas un acte de procédure essentiel au recouvrement et son utilité étant faible il ne saurait être fait abus de ce type d’acte notamment en les facturant à des coûts totalement disproportionnés avec le travail qui a été nécessaire pour les formaliser, notamment lorsqu’il s’agit de lettre-type. Considérant que le coût de revient réel d’un tel acte ne saurait être démesuré par rapport à l’acte lui-même, les frais correspondants à une relance ne peuvent par définition qu’être minimes et il est raisonnable de considérer qu’ils relèvent de la gestion courante du syndic en exécution de son mandat rémunéré. Dès lors, il n’y a pas lieu pour le syndic d’imputer de tels frais sur le compte débiteur.La mise en place d’un échéancier amiable, en ce qu’elle peut être attachée à une simple phase amiable préalable aux poursuites et qu’il est permis de considérer raisonnablement qu’elle s’intègre dans le champ de la gestion courante du syndic en exécution de son mandat rémunéré.La sommation de payer par huissier, laquelle ne consiste en réalité qu’en une simple lettre recommandée faite par un huissier, non pas dans le cadre de son office ministériel mais dans sa fonction libérale ; elle est ainsi sans aucune valeur particulière par rapport à une mise en demeure. Elle se distingue en effet du commandement de payer par huissier, lequel est un acte qui assurera du paiement des dettes par une prise d’hypothèque sur le lot du débiteur. En conséquence, son coût ne peut pas être récupérable sur le compte débiteur.La lettre comminatoire par avocat, qui ne consiste en réalité qu’en une simple lettre recommandée faite par avocat, sans aucune valeur particulière par rapport à une mise en demeure. Elle se distingue en effet du commandement de payer par huissier, lequel est un acte qui assurera du paiement des dettes par une prise d’hypothèque sur le lot du débiteur. En conséquence, son coût ne peut pas être récupérable sur le compte du débiteur.Les frais dits « complémentaires de constitution, suivi et de transmission » des dossiers entre le syndic et l’avocat, ni les frais de transmission du dossier à l’huissier, les rejets de paiement ou les frais de constitution d’un échéancier, qui sont en réalité des actes de gestion que le syndic exécute en exécution pure et simple de son mandat.
En l’espèce le syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO fait valoir, à titre de frais nécessaires contenus au sein de décompte de charges Monsieur [C] [S], les sommes suivantes :
— 01/2022 : Frais de mise en demeure pour un montant de 25,00 €. Le syndicat requérant n’a pas versé aux débats ladite mise en demeure, le présent Tribunal ne saurait en tenir compte au titre des frais nécessaires tout comme au titre des charges conformément aux articles 10 et 10-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965. Il conviendra donc de l’écarter ;
— 04/2022 : Frais de mise en demeure pour un montant de 50,00 €. (même constat) ;
— 04/2022 : Frais de relance pour un montant 35,00 €. Cette dépense n’entre pas dans les charges au sens de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965 ni dans les frais nécessaires de l’article 10-1 de la même loi. Il conviendra donc de l’écarter ;
— 07/2022 : Frais de mise en demeure pour un montant de 50,00 €. Le syndicat requérant n’a pas versé aux débats ladite mise en demeure, le présent Tribunal ne saurait en tenir compte au titre des frais nécessaires tout comme au titre des charges conformément aux articles 10 et 10-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965. Il conviendra donc de l’écarter ;
— 08/2022 : Frais de 2ème relance pour un montant de 35,00 €. Cette dépense n’entre pas dans les charges au sens de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965 ni dans les frais nécessaires de l’article 10-1 de la même loi. Il conviendra donc de l’écarter ;
— 10/2022 : Mise en demeure pour un montant de 50,00 €. Le syndicat requérant n’a pas versé aux débats ladite mise en demeure, le présent Tribunal ne saurait en tenir compte au titre des frais nécessaires tout comme au titre des charges conformément aux articles 10 et 10-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965. Il conviendra donc de l’écarter ;
— 12/01/2023 : CONSTITUTION DR HUIS pour un montant de 398,52 €. Cette dépense n’entre pas dans les charges au sens de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965 ni dans les frais nécessaires de l’article 10-1 de la même loi. Il conviendra donc de l’écarter ;
— 30/01/2023 : SOMMAT PAYER pour un montant de 139,70 €. (même constat) ;
— 16/02/2024 : Mise en demeure pour un montant de 30,00 €. Ladite mise en état a été versée aux débats (pièce N°3). Il conviendra de l’affecter aux frais nécessaires conformément à l’article 10-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 ;
Il apparaît que seuls les frais de mise en demeure du 16 février 2024 entrent dans la catégorie des frais nécessaires au sens des dispositions de l’article 10-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965.
Par ailleurs, ladite mise en demeure ayant été avisée le 20/02/2024, il conviendra d’en tenir compte au titre des intérêts au taux légal de l’article 1231-6 du Code civil.
Par conséquent, il conviendra de condamner Monsieur [C] [S] à verser au syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO la somme de 30,00 € au titre des frais nécessaires conformément à l’article 10-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965.
Il s’infère que le montant effectif des charges pour la période courant du 1er octobre 2021 au 1er janvier 2025 se calcule de la manière suivante : 6.212,16 € (somme sollicitée) – 25 – 50 – 35 – 50 – 35 – 50 – 398,52 – 139,70 – 30 = 5.398,94 € au titre des charges au sens de l’article 10 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965.
Il convient par ailleurs de déduire du montant sollicité le solde positif du décompte de [C] [S] au 1er octobre 2021 à hauteur de 137,03 euros, ce qui ramène la somme totale due à 5.261,91 euros (5.398,94€ – 137,03€ = 5.261,91 euros).
En conséquence, il convient de condamner Monsieur [C] [S], à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO la somme totale de 5.291.91€ correspondant à 5261,91 € au titre des charges de copropriété et à 30,00 € correspondant aux frais nécessaires conformément aux dispositions des articles 10 et 10-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965, et ce, pour la période allant d’octobre 2021 jusqu’au 1er janvier 2025, date de la dernière créance arrêtée (pièce n°10).
Conformément aux dispositions de l’article 1231-6 du Code civil, les intérêts au taux légal s’appliqueront de la manière suivante :
— à compter du 16 février 2024 (date de la mise en demeure) pour un montant de 4.291,36€ ;
— Pour le surplus à compter de l’assignation en date du 18 avril 2025.
Sur la demande de dommages-et-intérêts :
Le syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO fait valoir que :
— Il est privé de légitimes entrées de fonds depuis plusieurs années et a été contraint de faire l’avance des frais pour préserver l’équilibre financier de la copropriété et de modifier le planning des rentrées et des dépenses. Ainsi cela constitue un préjudice de trésorerie qu’il convient de réparer par l’allocation d’une somme de 4.000 € à titre de dommages-et-intérêts.
L’article 1231-6 du Code civil dispose que : « Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt aux taux légal, à compter de la mise en demeure.
Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte.
Le créancier auquel son débiteur en retard dans ses paiements a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire ».
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires de résidence LE PRADO rapporte tous les éléments propres à révéler que les impayés de charges sont récurrents et anciens.
Le relevé de comptes débutant en octobre 2021 fait état de provisions aléatoires et sporadiques, caractérisant une lourde négligence qui reste non justifiée par des éléments concrets rattachables à la situation financière et matérielle de Monsieur [C] [S].
Cette attitude récurrente affecte nécessairement la stabilité financière du syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO.
Ainsi, il est rapporté au Tribunal de céans une faute, à tout le moins une résistance infondée ou encore une volonté de ne pas s’acquitter de l’obligation de paiement des charges de copropriété conformément à l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965, qui crée à l’ensemble immobilier un préjudice financier certain.
Il en résulte qu’il conviendra de condamner Monsieur [C] [S] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO la somme de 500 € au titre de sa demande de dommages-et-intérêts sur le fondement des dispositions de l’article 1231-6 du Code civil.
Sur les dépens :
Aux termes de l’article 696 du Code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En l’espèce, Monsieur [C] [S], succombant à l’instance, sera condamné au paiement des entiers dépens de la présente instance avec distraction au profit de Maître Cécile BIGUENET-MAUREL conformément aux dispositions de l’article 699 du Code de procédure civile.
Au regard des frais de recouvrement, Monsieur [C] [S] sera également condamné à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO le droit de recouvrement ou d’encaissement tels que prévu par l’article 90 de la loi n°2006-872 du 13 juillet 2006 modifiant le 1er alinéa de l’article 10-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965, avec distraction au profit de Maître Cécile BIGUENET-MAUREL.
Sur les frais irrépétibles :
En revanche, il paraît inéquitable de condamner les défenderesses à verser au demandeur des frais irrépétibles, alors même que le montant des charges impayées est inférieur à 10.000 euros et que ce n’est qu’en raison de la prétention conséquente formée par le Syndicat de la copropriété au titre des dommages et intérêts que le taux de compétence du Tribunal de proximité a été dépassé, privant ainsi les défendeurs de leur droit de faire valoir devant la juridiction leurs moyens, notamment des demandes de délais, sans constituer avocat.
De surcroît, ce procédé constitue un détournement des dispositions impératives de l’article 750-1 du Code de procédure civile qui prévoit à peine d’irrecevabilité que le juge peut prononcer d’office, que la demande en justice doit être précédée, au choix des parties, d’une tentative de conciliation menée par un conciliateur de justice, d’une tentative de médiation ou d’une tentative de procédure participative, lorsqu’elle tend au paiement d’une somme n’excédant pas 5 000 euros.
Il convient en conséquence de laisser à la charge du syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO l’intégralité des frais exposés et non compris dans les dépens et de la débouter de sa demande fondée sur les dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Sur l’exécution provisoire :
Il sera rappelé qu’en application des dispositions de l’article 514 du Code de procédure civile, les décisions de première instance sont, de droit, exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en disposent autrement.
En l’espèce, il n’y a pas lieu d’écarter l’exécution provisoire.
PAR CES MOTIFS :
Le Tribunal, statuant après débats en audience publique par jugement mis à disposition des parties au greffe, réputé contradictoire et en premier ressort,
CONDAMNE Monsieur [C] [S], à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO la somme totale de 5.291,91€ au titre des charges de copropriété pour la période allant d’octobre 2021 jusqu’au 1er janvier 2025, date de la dernière créance arrêtée.
DIT que les intérêts au taux légal s’appliqueront, conformément aux dispositions de l’article 1231-6 du Code civil, de la manière suivante :
— pour un montant de 4.291,36 € à compter du 16 février 2024 ;
— pour le surplus à compter de l’assignation en date du 18 avril 2025 ;
CONDAMNE Monsieur [C] [S] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO la somme de 500 € au titre de sa demande de dommages-et-intérêts sur le fondement des dispositions de l’article 1231-6 du Code civil ;
DEBOUTE le syndicat des copropriétaires de la résidence LE PRADO de sa demande sur le fondement des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile ;
CONDAMNE Monsieur [C] [S] aux entiers dépens avec distraction au profit de Maître Cécile BIGUENET MAUREL, lesquels comprennent les droits et émoluments des actes de Commissaire de Justice, le droit de recouvrement ou encaissement tels que prévus par l’article 90 de la loi n°2006-872 du 13 juillet 2006 modifiant le 1er alinéa de l’article 10-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 ;
DIT n’y avoir lieu d’écarter l’exécution provisoire de droit.
LA GREFFIERELA PRESIDENTE
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