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Sur la décision
| Référence : | TJ Grasse, réf. civil, 22 janv. 2026, n° 25/03787 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03787 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 12 février 2026 |
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Texte intégral
1 CCC DOSSIER + 1 CCC et 1 CCFE Me BOUCHARD + 1 CCC Me PUJOL
Délivrance des copies le :
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE GRASSE
PÔLE PRÉSIDENTIEL
JUGEMENT RENDU SELON LA PROCÉDURE ACCÉLÉRÉE AU FOND DU 22 JANVIER 2026
Syndic. de copro. [Localité 7]
c/
S.C.I. RAWA
DÉCISION N° : 2026/
N° RG 25/03787 -
N° Portalis DBWQ-W-B7J-QLJY
Après débats à l’audience publique tenue le 26 Novembre 2025
Nous, Madame Brigitte TURRILLO, Vice-Présidente du tribunal judiciaire de GRASSE, assistée de Madame Laura MOUGIN, Greffière avons rendu la décision dont la teneur suit :
ENTRE :
Le Syndicat des Copropriétaires CANNES [Adresse 6], sis à 06150 Cannes, 11 Rue Pierre Sémard représentée par la SCP EZAVIN-[Y], es qualités d’administrateur provisoire de l’ensemble immobilier désignée par jugement rendu
en la forme des référés le 26 novembre 2020, mission renouvelée par ordonnances des 10 novembre 2021, 18 novembre 2022, 24 novembre 2023 et 15 novembre 2024
C/o la SCP EZAVIN-THOMAS
[Adresse 2]
[Localité 1]
représentée par Me Jean luc BOUCHARD, avocat au barreau de GRASSE, avocat plaidant
ET :
La S.C.I. RAWA, inscrite au RCS de [Localité 10] sous le n° 833 101 298,, prise en la personne de son représentant légal en exercice.
[Adresse 4]
[Localité 5]
représentée par Me Florence PUJOL, avocat au barreau de GRASSE, avocat plaidant
***
Avis a été donné aux parties à l’audience publique du 26 Novembre 2025 que le jugement serait prononcé par mise à disposition au greffe à la date du 22 Janvier 2026.
***
FAITS, PROCÉDURE ET PRÉTENTIONS DES PARTIES
La SCI RAWA est copropriétaire (lots 1030, 1193, 1370, 1449, 1566, 1780, 2168, 2176 et 2204) au sein de la résidence [Adresse 8] située [Adresse 3] Cannes [Adresse 9].
Suivant acte de commissaire de justice en date du 24 juillet 2025, le syndicat des copropriétaires CANNES [Adresse 6], représenté par la SCP Ezavin-[Y] prise en la personne de Maître [G] [Y] intervenant en qualité d’administrateur provisoire de la copropriété Cannes [Adresse 6], désignée par jugement du 26 novembre 2020 et ordonnances de prorogation des 10 novembre 2021, 18 novembre 2022, 24 novembre 2023 et 15 novembre 2024, a fait assigner selon la procédure accélérée au fond la SCI RAWA devant le président du tribunal judiciaire de Grasse, au visa des articles 10, 10-1, 14-1, 14-2 et 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, 35, 36 et 44 du décret du 17 mars 1967 et 1231-6 du code civil, afin de voir :
— condamner la SCI RAWA au paiement des sommes suivantes :
8 815,05 € (avec déduction de la mobilisation du fonds travaux) avec intérêts au taux légal à compter la mise en demeure du 12 juin 2025 représentant les provisions échues pour les 3 premiers trimestres de l’exercice 2024-2025 en ce compris le fonds Alur et les travaux non compris dans ce fonds (détail dans la mise en demeure et ci-avant),4 115,56 € représentant la dernière provision exigible (2024-2025) par le mécanisme de la déchéance en ce compris le fonds Alur avec intérêt à compter de l’assignation (provision exigible depuis le 1er juillet 2025),4 638,25 € représentant les régularisations des charges dues pour les régularisations des exercices antérieurs (2023-2024 et 2022-2023) dont les comptes ont été approuvés par l’administrateur avec intérêt au taux légal à compter la mise en demeure du 12 juin 2025, soit une somme de globale d’un montant de 17 568,86 € avec les précisions suivantes :
par jugement en date du 9 septembre 2024, la SCI RAWA a été condamnée au paiement des charges dues pour l’exercice 2022-2023 et les exercices antérieurs et pour les provisions de l’exercice 2023-2024,les différents règlements intervenus entre le 6 décembre et le 17 décembre 2024 concernent l’exécution du précédent jugement,les règlements intervenus entre le 17 janvier 2025 et le 14 mars 2025 à hauteur de 4.900 € permettent de payer la provision sur charges courantes et les travaux du 1er trimestre de l’exercice 2024-2025 sauf la somme restant de 103,00 €,la régularisation des charges 2022-2023 est intervenue après le jugement en date du 9 septembre 2024,- condamner la SCI RAWA au paiement de la somme de 5.000 € au titre de dommages intérêts;
— condamner la SCI RAWA au paiement de la somme de 2.000 € sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens.
Le syndicat requérant expose que la SCI RAWA était débitrice, à la date du 12 juin 2025, d’une somme de 19.283,16 € dont 8.815,05€ pour l’exercice 2024/2025 et qu’elle a été condamnée par jugement en date du 9 septembre 2024 à lui verser les sommes dues au titre de l’exercice 2022/2023, y compris les provisions, et des exercices antérieurs. Il ajoute que les différents règlements intervenus entre le 6 décembre 2024 et le 17 décembre 2024 ainsi que celui réalisé le 25 mars 2025 par l’intermédiaire du commissaire de justice concernent l’exécution dudit jugement et que les règlements intervenus entre le 17 janvier 2025 et le 14 mars 2025 à hauteur de 4.900 € permettent de payer la provision sur charges courantes et les travaux du 1er trimestre de l’exercice 2024/2025 sauf la somme restant de 103 €. Il précise que la régularisation des charges 2022/2023 est intervenue après le jugement en date du 9 septembre 2024 et que la mise en demeure visant l’article 19-2, en date du 12 juin 2025 et réceptionnée le 17 juin 2025, de régler les sommes dues au titre de l’exercice en cours est demeurée infructueuse.
L’affaire a été initialement appelée à l’audience de procédure accélérée au fond du 1er octobre 2025 puis, après deux renvois, à celle du 26 novembre 2025 à laquelle elle a été évoquée.
Le syndicat des copropriétaires [Adresse 8], par la voix de son conseil, demande le bénéfice de son assignation à laquelle il convient de se référer pour un plus ample exposé du litige, de ses prétentions et de ses moyens, conformément aux dispositions de l’article 455 du code de procédure civile.
La SCI RAWA a constitué avocat en la personne de Maître Florence PUJOL, avocat au barreau de Grasse, laquelle s’en est rapportée à justice.
Les débats clos, l’affaire a été mise en délibéré au 22 janvier 2026.
MOTIFS ET DÉCISION
1/ Sur les demandes principales
Il appartient à tout créancier, conformément aux dispositions de l’article 1353 du code civil, de rapporter la preuve de l’obligation de paiement ; réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui produit l’extinction de son obligation.
En application de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965, modifié par la loi n°2021-1104 du 22 août 2021, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité objective que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées.
Ils sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes, générales et spéciales, et de verser au fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l’article 5.
Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges et indique les éléments pris en considération ainsi que la méthode de calcul ayant permis de fixer les quotes-parts de parties communes et la répartition des charges.
L’approbation des comptes par l’assemblée générale rend liquide et exigible la créance du syndicat des copropriétaires relatives à chaque quote-part de charges. Cependant, chaque copropriétaire est recevable à contester son décompte individuel s’il s’avère que les sommes qui sont portées, en débit ou en crédit, ne sont pas en corrélation avec les résolutions adoptées par l’assemblée générale.
Aux termes de l’article 14-1 de la même loi, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2023, pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. L’assemblée générale des copropriétaires appelée à voter le budget prévisionnel est réunie dans un délai de six mois à compter du dernier jour de l’exercice comptable précédent.
Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois, l’assemblée générale peut fixer des modalités différentes.
La provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l’assemblée générale.
Il résulte par ailleurs de l’article 14-2-1 que, dans les immeubles à destination totale ou partielle d’habitation, le syndicat des copropriétaires constitue un fonds de travaux au terme d’une période de dix ans à compter de la date de la réception des travaux de construction de l’immeuble […] Ce fonds de travaux est alimenté par une cotisation annuelle obligatoire. Chaque copropriétaire contribue au fonds selon les mêmes modalités que celles décidées par l’assemblée générale pour le versement des provisions du budget prévisionnel.
Aux termes de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, dans sa version applicable à compter du 1er janvier 2023, à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles.
Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1.
Cette procédure accélérée de recouvrement des sommes dues par un copropriétaire a été mise en place afin d’assurer le bon fonctionnement du budget prévisionnel annuel prévu à l’article 14-1 de la loi et prévoit ainsi la possibilité d’obtenir une décision exécutoire permettant à la copropriété de recouvrer plus rapidement les provisions sur charges et les fonds de travaux nécessaires au bon fonctionnement de son exercice en cours.
Sur la qualité à agir
Le syndicat des copropriétaires requérant produit en l’espèce :
— le relevé de propriété qui justifie que la SCI RAWA est propriétaire des lots 1030, 1193, 1370, 1449, 1566, 1780, 2168, 2176 et 2204 au sein de la résidence [Adresse 8],
— l’ordonnance en date du 15 novembre 2024, prorogeant la mission de l’administrateur judiciaire pour une durée d’un an à compter du 26 novembre 2024, prise à la suite des précédentes ordonnances en date des 10 novembre 2021, 18 novembre 2022 et 24 novembre 2023.
Sur l’approbation par l’assemblée générale du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels
Il résulte des pièces produites que l’exercice comptable du syndicat des copropriétaires court du 1er octobre au 30 septembre de l’année suivante.
Le syndicat des copropriétaires requérant produit aux débats les pièces suivantes :
— le PV sur résolutions de l’administrateur provisoire du 8 décembre 2021 ayant adopté le budget du 1er octobre 2021 au 30 septembre 2022 pour un montant 1.800.000 €,
— le PV sur résolutions de l’administrateur provisoire du 15 juin 2022 approuvant les comptes de l’exercice 2020/2021,
— le PV sur résolutions de l’administrateur provisoire du 9 août 2022 approuvant le devis pour la vidéo-protection,
— le PV sur résolutions de l’administrateur provisoire du 22 septembre 2022 approuvant le budget du 1er octobre 2022 au 30 septembre 2023 pour un montant de 1.800.000 €,
— le PV sur résolutions de l’administrateur provisoire du 16 mai 2023 approuvant la modification à la hausse du budget 2022/2023 à la somme de 1.950.000 €,
— le PV sur résolutions de l’administrateur provisoire du 28 juin 2023 approuvant les comptes de l’exercice 2021/2022,
— le PV sur résolutions de l’administrateur provisoire du 26 septembre 2023 approuvant le budget prévisionnel du 1er octobre 2023 au 30 septembre 2024 pour un montant de 2.000.000 €,
— le PV sur résolutions de l’administrateur provisoire du 12 septembre 2024 approuvant les comptes de l’exercice 2022/2023,
— le PV sur résolutions de l’administrateur provisoire du 27 septembre 2024 approuvant le budget prévisionnel du 30 septembre 2024 au 1er octobre 2025,
— le PV sur résolutions de l’administrateur provisoire du 23 octobre 2024 approuvant notamment le devis pour les plans du sous sol,
— le PV sur résolutions de l’administrateur provisoire du 19 novembre 2024 approuvant notamment le devis de purge des façades,
— le PV sur résolutions de l’administrateur provisoire du 14 mars 2025 approuvant les comptes de l’exercice 2023/2024.
Il résulte de ces pièces que les comptes des exercices 2020/2021 à 2023/2024 ont été approuvés, de même que les budgets prévisionnels des exercices 2023/2024 et 2024/2025, ce dernier correspondant à l’exercice en cours au jour de l’envoi de la mise en demeure.
Sur l’existence d’une provision demeurée impayée après mise en demeure
La mise en oeuvre de l’article 19-2 suppose qu’une provision due au titre de l’article 14-1 ou une cotisation fonds travaux due au titre de l’article 14-2-1 soit demeurée impayée passé un délai de 30 jours après mise en demeure.
Ainsi que cela été rappelé dans un avis rendu le 12 décembre 2024 par la 3ème chambre de la cour de cassation, cette mise en demeure doit indiquer avec précision la nature et le montant des provisions réclamées au titre du budget prévisionnel de l’exercice en cours ou des dépenses pour travaux non comprise dans ce budget, à peine d’irrecevabilité de la demande présentée devant le président du tribunal statuant selon la procédure accélérée au fond.
Il est en effet nécessaire, pour que la procédure dérogatoire prévue à l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 puisse être mise en oeuvre, que la mise en demeure préalable constitue une interpellation utile, informative et dénuée d’ambiguïté afin que le copropriétaire défaillant puisse prendre la mesure exacte de l’injonction qui lui est faite et identifier clairement la réponse appropriée attendue, dans le délai requis.
L’article 64 du décret n° 67- 223 du 17 mars 1967 prévoit que toutes les notifications et mises en demeure prévues par la loi du 10 juillet 1965 et le présent décret sont valablement faites par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Le délai qu’elles font, le cas échéant, courir, a pour point de départ le lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée au domicile du destinataire.
L’article 65 de ce décret dispose qu’en vue de l’application des articles 64 et 64-2, chaque copropriétaire ou titulaire d’un droit d’usufruit ou de nue-propriété sur un lot ou une fraction de lot notifie au syndic son domicile réel ou élu ainsi que son adresse électronique, s’il a donné son accord pour recevoir des notifications et mises en demeure par voie électronique. Les notifications et mises en demeure prévues par les articles 64 et 64-2 sont valablement faites au dernier domicile ou à la dernière adresse électronique indiquée au syndic.
Il résulte de ces articles que le délai de 30 jours débute au lendemain du jour de la première présentation du courrier au dernier domicile connu du copropriétaire défaillant, que ce copropriétaire signe l’avis de réception ou que ce courrier revienne avec les mentions “pli avisé et non réclamé”, “pli refusé par le destinataire” ou “destinataire inconnu à cette adresse” lorsque le copropriétaire n’a pas notifié dans les formes son changement d’adresse.
En l’espèce, selon le décompte arrêté au 18 juillet 2025 (pièce n°20), au moins une provision due au titre du budget prévisionnel de l’exercice 2024/2025 (période du 1er octobre 2024 au 30 septembre 2025) n’a pas été versée à sa date d’exigibilité.
Le syndic produit la lettre de mise en demeure datée du 12 juin 2025 adressée par son conseil à la SCI RAWA (présentée et réceptionnée le 17 juin 2025) d’avoir à régler la somme de 8.815,05 € au titre de la période du 1er octobre 2024 au 30 juin 2025 et lui rappelant qu’à défaut de versement à sa date d’exigibilité d’une provision et après mise en demeure restée infructueuse passée un délai de 30 jours, les autres provisions non encore échues de l’exercice 2024/2025 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices antérieurs (2023/2024 et 2022-2023) (4.638,25€) après approbation des comptes, deviennent immédiatement exigibles en application des dispositions de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965.
Cette mise en demeure est incontestablement restée infructueuse passé un délai de 30 jours ainsi qu’il résulte du décompte actualisé au 18 juillet 2025, non contesté par la défenderesse non comparante.
Le syndicat des copropriétaires [Adresse 8] justifie donc avoir valablement mis en œuvre les dispositions de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965. Les autres provisions non encore échues en application des articles 14-1 ou 14-2-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent dès lors immédiatement exigibles.
Sur les provisions et sommes restant dues devenues immédiatement exigibles
Le syndicat des copropriétaires demandeur produit :
— le jugement de la 1ère vice-présidente du tribunal judiciaire de Grasse statuant selon la procédure accélérée au fond en date du 9 septembre 2024, ayant condamné la débitrice au paiement des charges restant dues au titre des exercices antérieurs (exercices 2020/2021, 2021/2022 et 2022/2023) et des charges échues et provisions devenues exigibles (incluant le fonds Alur et les travaux de coursives) au titre de l’exercice 2023/2024,
— le décompte des charges dues du 1er octobre 2022 au 18 juillet 2025 inclus faisant apparaître un solde débiteur total de 23.648,72 €,
— les appels de provisions adressés à la SCI RAWA pour l’exercice 2024/2025,
— la répartition individuelle des charges courantes de la SCI RAWA pour les exercices 2022/2023 et 2023/2024 en date des 25 juin 2024 et 17 mars 2025 faisant apparaître, pour la première, un solde débiteur de 1.605,27 € et pour la seconde, un solde débiteur de 3.032,98 €,
La SCI RAWA, qui ne comparait pas, ne conteste pas n’avoir pas réglé la totalité des charges et provisions dues.
Il résulte de ce qui précède que le syndicat des copropriétaires est bien fondé à solliciter la condamnation de la SCI RAWA au paiement des charges et provisions dues au titre des exercices antérieurs et non visées par le jugement du 9 septembre 2024, des charges et provisions échues dues au titre de l’exercice 2024/2025 ainsi que des appels provisionnels non encore échus de l’exercice 2024/2025 en cours au jour de l’envoi de la mise en demeure, devenus exigibles en application de l’article 19-2, avec les précisions suivantes :
— la débitrice a condamnée, suivant jugement en date du 9 septembre 2024, au paiement des charges restant dues au titre des exercices antérieurs (exercices 2020/2021, 2021/2022 et 2022/2023) et des charges échues et provisions devenues exigibles (incluant le fonds Alur et les travaux de coursives) au titre de l’exercice 2023/2024, auxquels il convient de rajouter les intérêts courus au taux légal, outre à la somme de 3.000 € à titre de dommages et intérêts, à la somme de 1.500 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile et les dépens,
— les paiements régularisés par la débitrice entre le 6 et le 17 décembre 2024 (14.000 €, 12.500 €, 14.700 €, 14.950 € 50 € et 5.000 €) outre le règlement effectué auprès de l’huissier le 25 mars 2025 (3.768,93 €) se sont imputés sur les diverses sommes dues au titre du jugement en date du 9 septembre 2024,
— les règlements effectués par la débitrice entre le 17 janvier et le 14 mars 2025 à hauteur d’une somme totale de 4.900 € (1.050, 1.100 €, 1.020 €, 980 e et 750 €) ont été imputés sur les provisions et travaux appelés au 1er trimestre 2024/2025 (soit pendant la période du 1er octobre au 31 décembre 2024, à savoir : 431,98 € au titre de la provision travaux sécurité incendie, 126,12 € provision installation câbles, 3.986,61 € provisions sur charges courantes, 388,85 € fonds travaux Alur, 69,57 € provision plan s-sol et toiture, 68,83 € provision purge des façades, déduction faite de la somme de 68,77 € portée au crédit du compte au titre de la mobilisation fonds travaux), de sorte qu’il restait dû sur ces sommes après imputation une somme de 103,19 €, arrondie à 103 € par le syndicat des copropriétaires,
— les régularisations de charges 2022/2023 (1.605,27 €) et 2023/2024 (3.032,98 €) restent dues, dès lors qu’elles ont été appelées postérieurement au jugement du 9 septembre 2024, soit respectivement le 12 septembre 2024 et le 17 mars 2025.
Au regard de ces éléments et du décompte arrêté au 18 juillet 2025 produit aux débats, la SCI RAWA sera en conséquence condamnée au paiement des sommes suivantes :
— 8 815,05 € représentant le solde restant dû au titre des provisions pour charges et travaux appelées au cours du 1er trimestre de l’exercice 2024/2025 après imputation des paiements effectués de janvier à mars 2025 (soit 103 €), les provisions sur charges courantes et fonds travaux Alur appelées au titre des 2ème et 3ème trimestres de l’exercice 2024/2025 [soit (3.986,10 € + 129,62 €) x 2] et les provisions coursives, portes coupe-feu et peinture portail (soit 424,20 € + 34,98 € + 28,17 €)
étant précisé que le montant total représente en réalité une somme de 8.822,05 € mais que l’appel fonds Alur du 3ème trimestre a été reporté dans le décompte repris dans la lettre de mise en demeure pour la somme de 126,62 € (au lieu de 129,62 €) et la provisions coursives pour la somme de 420,20 € (au lieu de 424,20 €) soit une différence de 7 €
— 4.115,56 € (soit 3.985,94 € + 129,62 €) représentant la provision sur charges courantes et le fonds travaux Alur du dernier trimestre de l’exercice 2024/2025, devenus immédiatement exigibles par le mécanisme de la déchéance de l’article 19-2,
— 4.638,25 € (soit 1.605,27 € + 3.032,98 €) représentant les régularisations des charges dues les exercices 2022/2023et 2023/2024,
soit une somme totale de 17.568,86 €.
Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 13 juin 2025, date de présentation de la mise en demeure visant l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, à hauteur de la somme de 13.453,30 € (soit 8.815,05 € + 4.638,25 €) et à compter du 24 juillet 2025, date de l’acte introductif d’instance, pour le surplus.
2/ Sur la demande de dommages et intérêts au titre de la résistance abusive
Le syndicat des copropriétaires sollicite en outre le paiement d’une somme de 5.000 € à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive.
En application de l’article 1231-6 du code civil, les dommages-intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent en principe dans l’intérêt au taux légal à compter de la mise en demeure ; ces dommages-intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte. Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire.
En l’espèce, même si la SCI RAWA a procédé au règlement des condamnations prononcées à son encontre par le jugement en date du 9 septembre 2024 et au règlement quasi complet des sommes appelées au titre du 1er trimestre de l’exercice 2024/2025, il n’en demeure pas moins qu’elle n’a pas apuré la totalité du passif restant dû au titre de cet exercice et des régularisations de charges des deux exercices antérieurs, contraignant ainsi les autres copropriétaires à faire l’avance des charges.
Elle sera donc condamnée au paiement d’une somme de 1.200 € à titre de dommages et intérêts.
3/ Sur les dépens et les demandes au titre de l’article 700 du code de procédure civile
La SCI RAWA, qui succombe à la présente instance, supportera les entiers dépens.
Il serait inéquitable de laisser supporter au syndicat des copropriétaires [Adresse 8] la totalité des frais irrépétibles engagés à l’occasion de la présente procédure. la SCI RAWA sera en conséquence condamné à lui régler la somme de 1.500 € sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Enfin, il n’y a pas lieu d’écarter l’exécution provisoire, qui est de droit dans les conditions prévues aux articles 514-1 à 514-6 du code de procédure civile en application de l’article 481-1 6° du même code.
PAR CES MOTIFS
Le juge statuant sur délégation du président du tribunal judiciaire selon la procédure accélérée au fond après débats en audience publique, par jugement contradictoire, mis à la disposition des parties au greffe,
Vu les dispositions des articles 10, 10-1, 14-1, 14-2-1 et 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, 36 et 45-1 du décret du 17 mars 1967 et 481-1 du code de procédure civile,
Condamne la SCI RAWA à payer au syndicat des copropriétaires CANNES [Adresse 6], représenté par la SCP Ezavin-[Y] prise en la personne de Maître [G] [Y] intervenant en qualité d’administrateur provisoire de la copropriété Cannes [Adresse 6], désignée par jugement du 26 novembre 2020 et ordonnances de prorogation des 10 novembre 2021, 18 novembre 2022, 24 novembre 2023 et 15 novembre 2024, la somme totale de 17.568,86 € décomposée comme suit :
— 8 815,05 € représentant le solde restant dû au titre des provisions pour charges et travaux appelées au cours du 1er trimestre de l’exercice 2024/2025 après imputation des paiements effectués de janvier à mars 2025, les provisions sur charges courantes et fonds travaux Alur appelées au titre des 2ème et 3ème trimestres de l’exercice 2024/2025 et les provisions coursives, portes coupe-feu et peinture portail appelées jusqu’au 1er avril 2025 inclus,
— 4.115,56 € représentant la provision sur charges courantes et l’appel de fonds travaux Alur du dernier trimestre de l’exercice 2024/2025, devenus immédiatement exigibles par le mécanisme de la déchéance de l’article 19-2,
— 4.638,25 € représentant les régularisations des charges dues les exercices 2022/2023et 2023/2024 ;
Dit que cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 13 juin 2025 à hauteur de la somme de 13.453,30 € et à compter du 24 juillet 2025, date de l’acte introductif d’instance, pour le surplus ;
Condamne la SCI RAWA à payer au syndicat des copropriétaires CANNES BEACH, représenté par la SCP Ezavin-[Y] prise en la personne de Maître [G] [Y] intervenant en qualité d’administrateur provisoire de la copropriété Cannes [Adresse 6], désignée par jugement du 26 novembre 2020 et ordonnances de prorogation des 10 novembre 2021, 18 novembre 2022, 24 novembre 2023 et 15 novembre 2024, la somme de 1.200 € à titre de dommages et intérêts ;
Déboute le syndicat des copropriétaires [Adresse 8], représenté par la SCP Ezavin-[Y] prise en la personne de Maître [G] [Y] intervenant en qualité d’administrateur provisoire de la copropriété Cannes [Adresse 6], désignée par jugement du 26 novembre 2020 et ordonnances de prorogation des 10 novembre 2021, 18 novembre 2022, 24 novembre 2023 et 15 novembre 2024, du surplus de ses demandes au titre des dommages et intérêts ;
Condamne la SCI RAWA aux dépens ;
Condamne la SCI RAWA à payer au syndicat des copropriétaires [Adresse 8], représenté par la SCP Ezavin-[Y] prise en la personne de Maître [G] [Y] intervenant en qualité d’administrateur provisoire de la copropriété Cannes [Adresse 6], désignée par jugement du 26 novembre 2020 et ordonnances de prorogation des 10 novembre 2021, 18 novembre 2022, 24 novembre 2023 et 15 novembre 2024, la somme de 1.500 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
Dit n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire qui est de droit.
Le greffier Le juge statuant selon la
procédure accélérée au fond
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