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Sur la décision
| Référence : | TJ Montbéliard, jcp, 5 août 2025, n° 24/00263 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/00263 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Se dessaisit ou est dessaisi au profit d'une autre juridiction |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Sur les parties
| Parties : | Société CAISSE D EPARGNE BFC, S.C.I. I.P.L.R. c/ S.A. NEOLIA, Société ONEY BANK, Société TRESORERIE CONTROLE AUTOMATISE, Société AMBULANCES RESCUE 68, Société FREE, CAF DU DOUBS |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MONTBÉLIARD
RUE MOZART – 25209 MONTBELIARD CEDEX -
03.81.90.70.00
N° RG 24/00263 – N° Portalis DBXR-W-B7I-DZNL
N° de minute :
Nature affaire : 48J
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
ORDONNANCE
DU 05 AOUT 2025
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
PARTIE DEMANDERESSE :
S.C.I. I.P.L.R., dont le siège social est sis 1 rue du Jura – 25600 NOMMAY
représentée par son gérant Monsieur [V]
PARTIE DÉFENDERESSE :
Monsieur [P] [C]
né le 04 Avril 1974 à MONTBELIARD (25200), demeurant 10 rue des rossignols – 25550 BAVANS
comparant
Société ONEY BANK, dont le siège social est sis Chez INTRUM JUSTITIA Pôle surendettement – 97 Allée A.Borodine – 69795 ST PRIEST CEDEX
non comparante
Société FREE, dont le siège social est sis 75371 PARIS CEDEX 08
non comparante
S.A. NEOLIA, dont le siège social est sis 34 rue de de la Combe aux Biches – 25205 MONTBÉLIARD
non comparante
Société AMBULANCES RESCUE 68, dont le siège social est sis 2 M Rue des Verriers – 68200 MULHOUSE
non comparante
Société TRESORERIE CONTROLE AUTOMATISE, dont le siège social est sis CS 81239 – 35012 RENNES CEDEX
non comparante
CAF DU DOUBS, dont le siège social est sis POLE LOGEMENT – 3 rue Léon Blum – 25216 MONTBELIARD CEDEX
non comparante
Société CAISSE D EPARGNE BFC, dont le siège social est sis Chez BPCE FINANCEMENT – Agence Surendettement – TSA 71930 – 59781 LILLE CEDEX 9
non comparante
Société CAISSE D EPARGNE BFC, dont le siège social est sis Service surendettement – BP 166 – 51873 REIMS CEDEX 3
non comparante
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS :
Antoine GALLETTI : Président
Hugues CHIPOT : Greffier
DEBATS :
à l’audience du 13 Mai 2025
ORDONNANCE :
Réputé contradictoire, dernier ressort
Prononcé publiquement par mise à disposition au greffe du Juge des contentieux et de la protection du Tribunal judiciaire le 05 Août 2025 et signé par Antoine GALLETTI, Juge des contentieux de la protection et Hugues CHIPOT, greffier.
EXPOSE DU LITIGE
Le 30 avril 2024, monsieur [P] [C] a saisi la commission de surendettement des particuliers du Doubs, d’une demande tendant au traitement de sa situation de surendettement.
En sa séance du 23 mai 2024, la commission a déclaré sa demande recevable.
La commission de surendettement des particuliers du Doubs, dans sa séance du 4 juillet 2024, a élaboré des mesures recommandées ou imposées à savoir une mesure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire.
Notifiée à la SCI I.P.L.R. Le 31 juillet 2024, cette décision a fait l’objet d’un recours de sa part selon lettre recommandée envoyée au secrétariat de la commission le 26 août 2024 pour contester l’effacement total de sa créance et solliciter un paiement échelonné de celle-ci.
Conformément aux dispositions de l’article R.713-4 du code de la consommation, les parties ont été convoquées à l’audience du 13 mai 2025.
À cette audience, la SCI I.P.L.R. a comparu représentée par son gérant. Elle a indiqué que le logement avait été repris depuis 2 mois, qu’il y avait d’importants frais de remise en état du logement qui vont entraîner des vrais importants pour une petite SCI. Elle souhaite seulement pouvoir récupérer sa créance même de manière échelonnée.
Monsieur [P] [C] a comparu en personne, il a indiqué qu’il percevait toujours l’ASS et qu’il avait emménagé dans nouveau logement avec un loyer de 324 euros. Il est sans emploi depuis septembre 2021 suite à un licenciement économique et dispose d’une expérience professionnelle dans le domaine du BTP.
Les autres créanciers n’ont pas comparu, ni été représentés et ils n’ont pas usé de la faculté de transmettre leurs observations par écrit en application de l’article R713-4 du code de la consommation.
À la clôture des débats en audience publique, le jugement a été mis en délibéré pour un prononcé par mise à disposition au greffe en date du 5 août 2025, date qui a été portée à la connaissance des parties présentes à l’audience.
MOTIVATION
Sur la recevabilité du recours
Aux termes de l’article L.741-4 du code de la consommation, une partie peut contester devant le juge du tribunal d’instance, dans un délai fixé par décret, le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire imposé par la commission.
L’article R.741-1 du même code dispose que lorsque la commission impose un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire, cette recommandation est notifiée aux parties par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Cette lettre mentionne les dispositions de l’article L.741-4. Elle indique que la recommandation peut être contestée par déclaration remise ou adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception au greffe du tribunal d’instance dans un délai de trente jours à compter de sa notification.
En l’espèce, le 4 juillet 2024, la commission a imposé des mesures qu’elle a notifiées le 31 juillet 2024 à la SCI I.P.L.R.. La contestation a été élevée le 26 août 2024.
Au regard du délai prévu par les dispositions susvisées (trente jours), il y donc lieu de dire recevable la contestation formée par la SCI I.P.L.R..
Sur le bien-fondé de la contestation
L’article L741-6 du Code de la consommation dispose que, s’il constate que le débiteur se trouve dans la situation mentionnée au 1° de l’article L724-1, le juge prononce un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire qui emporte les mêmes effets que ceux mentionnées à l’article L741-2. Les créances dont les titulaires n’auraient pas formé tierce opposition dans un délai fixé par décret sont éteintes. Cependant, dans ce cas, les dettes sont arrêtées à la date du jugement prononçant le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire.
Il ressort de l’article L724-1 du même code que lorsque le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en œuvre des mesures de traitement mentionnées aux articles L732-1, L733-1, L733 4 et L733-7 du même code, la commission peut, dans les conditions du présent livre, recommander un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire si elle constate que le débiteur ne possède que des biens meublants nécessaires à la vie courante et des biens non professionnels indispensables à l’exercice de son activité professionnelle, ou que l’actif n’est constitué que de biens dépourvus de valeur marchande ou dont les frais de vente seraient manifestement disproportionnés au regard de leur valeur vénale.
Sur l’existence d’une situation de surendettement
L’article L. 724-1 du code de la consommation dispose notamment en son second alinéa que "Lorsque le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en œuvre des mesures de traitement mentionnées au premier alinéa, la commission peut, dans les conditions du présent livre :
1° Soit imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire si elle constate que le débiteur ne possède que des biens meublants nécessaires à la vie courante et des biens non professionnels indispensables à l’exercice de son activité professionnelle, ou que l’actif n’est constitué que de biens dépourvus de valeur marchande ou dont les frais de vente seraient manifestement disproportionnés au regard de leur valeur vénale ;
2° Soit saisir, si elle constate que le débiteur n’est pas dans la situation mentionnée au 1°, avec l’accord du débiteur, le Juge des contentieux de la protection aux fins d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire "; Que l’article L. 741-1 du même code précise que "si l’examen de la demande de traitement de la situation de surendettement fait apparaître que le débiteur se trouve dans la situation irrémédiablement compromise définie au deuxième alinéa de l’article L. 724-1 et ne possède que des biens mentionnés au 1° du même article, la commission impose un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ;
Il résulte des éléments produits par les parties, du dossier transmis par la commission de surendettement des particuliers du Doubs et des débats à l’audience que les ressources de monsieur [P] [C] s’établissent comme suit :
RESSOURCES
DEBITEUR
ASS
580,00 €
Allocations / APL
253,00 €
Pension alimentaire
196,00 €
RSA
64,00 €
TOTAL
1 093,00 euros
En vertu de l’article R731-1 du Code de la consommation, pour l’application des dispositions des articles L732-1, L733-1 et L733-4, la part des ressources mensuelles du débiteur à affecter à l’apurement de ses dettes est calculée, dans les conditions prévues aux articles L731-1, L731-2 et L731-3, par référence au barème prévu à l’article R3252-2 du Code du travail. Toutefois, cette somme ne peut excéder la différence entre le montant des ressources mensuelles réelles de l’intéressé et le montant forfaitaire du revenu de solidarité active mentionné au 2° de l’article L262-2 du Code de l’action sociale et des familles applicable au foyer du débiteur.
En l’espèce, la part des ressources mensuelles de monsieur [P] [C] à affecter théoriquement à l’apurement de ses dettes, en application du barème de saisies des rémunérations, s’élèverait à la somme de 151,88 euros.
En outre, compte tenu des éléments du dossier, il est impossible de retenir la stricte application du barème à l’ensemble des ressources de monsieur [P] [C] qui ne pourraient plus faire face à ses charges courantes.
En effet, le juge comme la commission doivent toujours rechercher la capacité réelle de remboursement du débiteur eu égard aux charges particulières qui peuvent être les siennes.
Au demeurant, l’article L731-2 du Code de la consommation impose de prendre en considération les dépenses de logement, d’électricité, de gaz, de chauffage, d’eau, de nourriture et de scolarité, de garde et de déplacements professionnels ainsi que les frais de santé.
En l’espèce, la part de ressources de monsieur [P] [C] nécessaire aux dépenses de la vie courante peut être fixée à la somme mensuelle de 1 163 euros décomposée comme suit :
CHARGES
DEBITEUR
Forfait de base
625,00 €
Forfait chauffage
121,00 €
Forfait habitation
120,00 €
Logement
324,00 €
TOTAL
1 190,00 €
Il en résulte que monsieur [P] [C] ne dispose d’aucune capacité de remboursement mensuelle (capacité négative de 97 euros).
Sur le caractère irrémédiablement compromis de la situation du débiteur
En l’espèce la SCI I.P.L.R. conteste légitimement l’effacement de sa créance dont il n’est pas nié le caractère préjudiciable pour elle.
S’il apparaît qu’au jour de l’audience comme de l’instruction du dossier, monsieur [P] [C] est sans emploi depuis 4 ans et qu’il ne dispose comme ressource que de l’ASS, il résulte tant de son âge éloigné de la retraite (51 ans) et de l’absence d’une situation d’invalidité que celui-ci est en capacité de retrouver un emploi, les aides sociales n’ayant pour vocation que d’intervenir temporairement pour protéger des aléas de la vie. Ainsi la reprise d’un emploi à moyen terme (12 à 24 mois), même faiblement rémunéré au SMIC, serait de nature à améliorer significativement la situation financière du débiteur et à dégager une capacité de remboursement.
En conséquence, la situation de monsieur [P] [C] n’est pas irrémédiablement compromise, les éléments ci-dessus exposés permettant d’envisager des mesures classiques de traitement de sa situation de surendettement autres qu’un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire.
Au regard de l’ensemble de ces éléments, il convient, en application de l’article L741-6 dernier alinéa du Code de la consommation, de renvoyer le dossier à la commission aux fins d’élaboration de mesures de désendettement.
PAR CES MOTIFS
Le Juge des Contentieux de la Protection, statuant en matière de surendettement, publiquement, par mise à disposition de l’ordonnance au greffe à la date indiquée à l’issue des débats en audience publique en application de l’article 450 alinéa 2 du Code de procédure civile, par ordonnance rendue en dernier ressort et susceptible de recours en rétractation,
DIT la SCI I.P.L.R. recevable en son recours à l’encontre des mesures recommandées par la commission de traitement des situations de surendettement du Doubs dans sa séance du 4 juillet 2024 ;
CONSTATE que la situation de monsieur [P] [C] n’est pas irrémédiablement compromise au sens de l’article L724-1 du Code de la consommation ;
RENVOIE le dossier à la commission d’examen des situations de surendettement des particuliers du DOUBS pour poursuite de la procédure et mise en œuvre des mesures de traitement de leur situation de surendettement prévues par les articles L732-1, L733-1, L733-4 et L733-7 du Code de la consommation ;
RAPPELLE qu’en application de l’article R713-10 du Code de la consommation, la présente décision est immédiatement exécutoire ;
LAISSE les dépens à la charge du Trésor Public ;
DIT que la présente ordonnance sera notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception à monsieur [P] [C] et aux créanciers connus, et par lettre simple à la commission d’examen des situations de surendettement des particuliers du DOUBS.
Ainsi fait, jugé et mis à disposition au greffe de la juridiction les jours, mois et an susdits. En foi de quoi le présent jugement a été signé par le Juge des contentieux de la protection et le greffier.
Le Greffier Le Juge des contentieux de la protection
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