Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Mulhouse, ppep civil, 5 déc. 2024, n° 23/02644 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 23/02644 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MULHOUSE
— --------------------------------
[Adresse 11]
[Adresse 4]
[Adresse 6]
[Localité 5]
— ---------------------------
Pôle de la protection, de l’exécution et de la proximité
Service civil
MINUTE n°
N° RG 23/02644 – N° Portalis DB2G-W-B7H-IP5R
Section 3
République Française
Au Nom du Peuple Français
JUGEMENT
DU 05 décembre 2024
Juge des Contentieux de la protection
PARTIE DEMANDERESSE :
S.A. CA CONSUMER FINANCE, prise en la personne de son représentant légal au siège sis [Adresse 1]
représentée par Me Raoul GOTTLICH de la SCP GOTTLICH & LAFFON, avocats au barreau de NANCY
PARTIE DEFENDERESSE :
Monsieur [Y] [O], né le [Date naissance 3] 1971 à [Localité 10] (HAUT RHIN), demeurant [Adresse 2]
comparant
Nature de l’affaire : Prêt – Demande en remboursement du prêt – Sans procédure particulière
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DEBATS :
Sophie SCHWEITZER : Président
Virginie BALLAST : Greffier
DEBATS : à l’audience du 05 Septembre 2024
JUGEMENT : contradictoire en premier ressort
prononcé publiquement par mise à disposition au greffe le 05 décembre 2024 et signé par Sophie SCHWEITZER, juge des contentieux de la protection, et Virginie BALLAST, Greffier
EXPOSÉ DU LITIGE
Selon offre préalable signée le 16 mars 2021, Monsieur [Y] [O] a contracté auprès de la SA CA Consumer Finance un crédit affecté à l’achat d’un véhicule automobile de tourisme Volkswagen Golf1.2 TSI 105 BT Edition 5p 05CV immatriculé [Immatriculation 7], crédit d’un montant de 11990 € remboursable en 72 mensualités de 192,64 € au taux débiteur de 3,80 %.
Par courrier recommandé en date du 13 octobre 2022, la SA CA Consumer Finance a mis en demeure Monsieur [Y] [O] de s’acquitter des échéances impayées.
Par acte de commissaire de justice en date du 11 octobre 2023, la SA CA Consumer Finance a fait assigner Monsieur [Y] [O] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Mulhouse et demande, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, de :
— À titre principal s’entendre condamner Monsieur [Y] [O] à lui payer la somme en principal, intérêts et frais de 11981,08 € outre les intérêts au taux contractuel de 3,80 %, et ce à compter de la lettre de mise en demeure en date du 13 octobre 2022, ainsi qu’au paiement des mensualités impayées, du premier jour d’impayé jusqu’à la date du jugement à intervenir ;
— A titre subsidiaire, donner acte à la requérante de ce qu’elle verse aux débats un décompte de créance expurgé des intérêts à hauteur de 11695,47 €,
— S’entendre en conséquence condamner Monsieur [Y] [O] à lui payer la somme de 11695,47 € outre les intérêts au taux légal depuis la lettre de mise en demeure en date du 13 octobre 2022, ainsi qu’au paiement des mensualités impayées, du premier jour d’impayé jusqu’à la date du jugement à intervenir ;
— À titre infiniment subsidiaire prononcer la résolution judiciaire du contrat ;
— Remettre les parties dans l’état dans lequel elles se trouvaient au moment de la signature du contrat et, tenant compte des échéances payées à hauteur de 1926,40 € par rapport au prêt initial de 11990 €, s’entendre condamner Monsieur [Y] [O] à lui payer la somme en principal de 10063,60 €, outre les intérêts au taux contractuel de 3,80 % et ce à compter de la lettre de mise en demeure en date du 13 octobre 2022, ainsi qu’au paiement des mensualités impayées, du premier jour d’impayé jusqu’à la date du jugement à intervenir ;
En tout état de cause,
— Condamner Monsieur [Y] [O] à lui restituer le véhicule Volkswagen Golf objet du contrat de prêt initial, et ce, sous astreinte de 100€ par jour de retard à compter du jugement à intervenir, pour le cas où celle-ci n’aurait pas été effectuée ce jour,
— Condamner Monsieur [Y] [O] à lui payer la somme de 458 € à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive ;
— Condamner Monsieur [Y] [O] à lui payer la somme de 458 € au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
— Condamner Monsieur [Y] [O] aux dépens.
L’affaire a été fixée à l’audience du 14 mars 2024, lors de laquelle le tribunal a soulevé d’office le moyen tiré de la déchéance du droit aux intérêts au regard de l’absence de vérification de la solvabilité de l’emprunter et a sollicité les observations sur l’éventuel caractère abusif de la clause de réserve de propriété au regard de l’avis de la commission des clauses abusives du 10 mai 2021.
Après un renvoi, l’affaire a été plaidée à l’audience du 5 septembre 2024.
La SA CA Consumer Finance, représentée par son avocat, a repris les termes de ses conclusions du 21 août 2024 dans lesquelles elle demande au tribunal de :
— À titre principal s’entendre condamner Monsieur [Y] [O] à lui payer la somme en principal, intérêts et frais de 11981,08 € outre les intérêts au taux contractuel de 3,80 %, et ce à compter de la lettre de mise en demeure en date du 13 octobre 2022, ainsi qu’au paiement des mensualités impayées, du premier jour d’impayé jusqu’à la date du jugement à intervenir ;
— A titre subsidiaire, donner acte à la requérante de ce qu’elle verse aux débats un décompte de créance expurgé des intérêts à hauteur de 11695,47 €,
— S’entendre en conséquence condamner Monsieur [Y] [O] à lui payer la somme de 11695,47 € outre les intérêts au taux légal depuis la lettre de mise en demeure en date du 13 octobre 2022, ainsi qu’au paiement des mensualités impayées, du premier jour d’impayé jusqu’à la date du jugement à intervenir ;
— À titre infiniment subsidiaire prononcer la résolution judiciaire du contrat ;
— Remettre les parties dans l’état dans lequel elles se trouvaient au moment de la signature du contrat et, tenant compte des échéances payées à hauteur de 1926,40 € par rapport au prêt initial de 11990 €, s’entendre condamner Monsieur [Y] [O] à lui payer la somme en principal de 10063,60 €, outre les intérêts au taux contractuel de 3,80 % et ce à compter de la lettre de mise en demeure en date du 13 octobre 2022, ainsi qu’au paiement des mensualités impayées, du premier jour d’impayé jusqu’à la date du jugement à intervenir ;
En tout état de cause,
— Condamner Monsieur [Y] [O] à lui restituer le véhicule Volkswagen Golf objet du contrat de prêt initial, et ce, sous astreinte de 100€ par jour de retard à compter du jugement à intervenir, pour le cas où celle-ci n’aurait pas été effectuée ce jour,
— Condamner Monsieur [Y] [O] à lui payer la somme de 458 € à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive ;
— Condamner Monsieur [Y] [O] à lui payer la somme de 458 € au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
— Condamner Monsieur [Y] [O] aux dépens.
Concernant la vérification de la solvabilité, elle indique produire les bulletins de salaire de l’emprunteur ainsi que son avis d’imposition. Sur la clause de réserve de propriété, elle expose que la page 1 du contrat au titre des conditions particulières évoque les suretés et l’existence d’une réserve de propriété et que dès lors cette dernière est opposable à l’emprunteur.
Monsieur [Y] [O], comparant, mentionne avoir rencontré des difficultés financières suite à la perte de son activité professionnelle. Il indique avoir repris une activité professionnelle mais en intérim. Il expose avoir introduit un dossier de surendettement en 2021 mais n’avoir pas inclus le contrat de prêt.
L’affaire est mise en délibéré au 5 décembre 2024.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Le crédit litigieux est soumis aux dispositions des articles L.311-1 et suivants du Code de la Consommation dans leur rédaction postérieure à l’entrée en vigueur le 1er mai 2011 de la loi n°2010-737 du 1er juillet 2010, dite loi [Localité 9].
En vertu de l’article R. 632-1 du code de la consommation, le juge peut relever d’office toutes les dispositions du présent code dans les litiges nés de son application.
Sur la recevabilité de l’action
Sur la forclusion
L’article R. 312-35 du code de la consommation dispose qu’à peine de forclusion, les actions en paiement engagées devant le tribunal judiciaire à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance.
Cet événement est caractérisé par le non-paiement des sommes dues à la suite de la résiliation du contrat ou de son terme ou le premier incident de paiement non régularisé.
En l’espèce, il ressort de la vérification des relevés de compte et du dossier fournis en demande que la créance n’est pas affectée par la forclusion.
L’action en paiement est donc recevable.
Sur la déchéance du terme
En vertu de l’article 1103 du code civil, les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Elles doivent être exécutées de bonne foi.
Conformément à l’article 1225 du code civil, la clause résolutoire précise les engagements dont l’inexécution entraînera la résolution du contrat.
La résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse, s’il n’a pas été convenu que celle-ci résulterait du seul fait de l’inexécution. La mise en demeure ne produit effet que si elle mentionne expressément la clause résolutoire.
Si le contrat de prêt peut prévoir que la défaillance de l’emprunteur entraînera la déchéance du terme, celle-ci ne peut, sauf disposition expresse et non équivoque, être déclarée acquise au créancier sans la délivrance d’une mise en demeure restée sans effet, précisant le délai dont dispose le débiteur pour y faire obstacle. Cette règle est d’application générale pour tout prêt de somme d’argent, dont les prêts à la consommation.
En l’espèce, les stipulations contractuelles ne font pas référence à la nécessité d’une mise en demeure préalable au prononcé de la déchéance du terme, mais elles ne l’excluent pas expressément.
Or, la SA CA Consumer Finance justifie avoir adressé à Monsieur [Y] [O] une mise en demeure préalable à la déchéance du terme par recommandé avec accusé de réception daté du 13 octobre 2022.
Il convient donc de constater l’acquisition de la déchéance du terme.
Sur la demande principale en paiement
Sur la déchéance du droit aux intérêts contractuels
Par application de l’article L. 312-16 du code de la consommation, avant de conclure le contrat de crédit, le prêteur vérifie la solvabilité de l’emprunteur à partir d’un nombre suffisant d’informations, y compris des informations fournies par ce dernier à la demande du prêteur. Le prêteur consulte le fichier (FICP) prévu à l’article L.751-1, dans les conditions prévues par l’arrêté mentionné à l’article L.751-6, sauf dans le cas d’une opération mentionnée au 1 de l’article L.511-6 ou au 1 du I de l’article L.511-7 du code monétaire et financier.
Il incombe au créancier qui réclame l’exécution d’un contrat d’en établir la régularité au regard des textes d’ordre public sur la consommation, et donc de prouver qu’il a bien procédé à la vérification de la solvabilité en exigeant les pièces justificatives nécessaires.
De simples déclarations non étayées faites par un consommateur ne peuvent, en elles-mêmes, être qualifiées de suffisantes si elles ne sont pas accompagnées de pièces justificatives.
L’article L. 341-2 du même code prévoit que le prêteur qui n’a pas respecté les obligations fixées aux articles L. 312-14 et L. 312-16 est déchu du droit aux intérêts, en totalité ou dans la proportion fixée par le juge.
En l’espèce, le prêteur justifie avoir consulté le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) et produit la fiche d’évaluation sommaire prévue par l’article L.312-17 du code de la consommation, fiche qui ne fait, comme le précise cet article, que contribuer à l’évaluation de la solvabilité de l’emprunteur.
Cependant, en ne produisant dans son annexe 8 que deux bulletins de paie et l’avis d’imposition sur les revenus de 2019, le prêteur ne justifie pas avoir vérifié la solvabilité de l’emprunteur avant la conclusion du contrat à partir d’un nombre suffisant d’informations. En effet, aucun justificatif se rapportant aux charges de l’emprunteur n’est produit.
En conséquence, la SA CA Consumer Finance est intégralement déchue de son droit aux intérêts contractuels à compter de la date de conclusion du contrat.
Sur la déchéance du droit aux intérêts légaux
Bien que déchu de son droit aux intérêts, le prêteur est fondé, en vertu de l’article 1231-7 du code civil, à réclamer à l’emprunteur le paiement des intérêts au taux légal sur le capital restant dû à compter de la mise en demeure, le taux d’intérêt légal étant majoré de plein droit deux mois après le caractère exécutoire de la décision de justice en application de l’article L.313-3 du code monétaire et financier.
Cependant, la Cour de Justice a édicté le principe selon lequel “le juge national chargé d’appliquer, dans le cadre de sa compétence, les dispositions du droit communautaire, a l’obligation d’assurer le plein effet de ces normes, en laissant au besoin inappliquée, de sa propre initiative, toute disposition contraire de la législation nationale, même postérieure, sans qu’il ait à demander ou à attendre l’élimination préalable de celle-ci” (CJCE, 9 mars 1978, aff. 106/77, Simmenthal).
Or, l’article 23 de la directive 2008/48 du Parlement européen et du Conseil concernant les contrats de crédits aux consommateurs dispose que les États membres définissent le régime de sanctions applicables en cas de violation des dispositions nationales adoptées conformément à la directive, et prennent toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte qu’elles soient appliquées, et que les sanctions soient “effectives, proportionnées et dissuasives”.
Par arrêt du 27 mars 2014, la Cour de Justice de l’Union Européenne (affaire C-565/12, LCL / [M] [C]) a jugé que l’article 23 de la directive 2008/48 s’oppose à l’application d’intérêts au taux légal si “les montants susceptibles d’être effectivement perçus par le prêteur à la suite de l’application de la sanction de la déchéance du droit aux intérêts ne sont pas significativement inférieurs à ceux dont celui-ci pourrait bénéficier s’il avait respecté ses obligations”.
La Cour de Justice a ainsi ajouté que, “si la sanction de la déchéance du droit aux intérêts se trouvait affaiblie, voire purement et simplement annihilée, en raison du fait que l’application des intérêts au taux légal majoré est susceptible de compenser les effets d’une telle sanction, il en découlerait nécessairement que celle-ci ne présente pas un caractère véritablement dissuasif”, et qu’il appartient à la juridiction saisie “de comparer, dans les circonstances de l’affaire dont elle est saisie, les montants que le prêteur aurait perçus en rémunération du prêt dans l’hypothèse où il aurait respecté son obligation avec ceux qu’il percevrait en application de la sanction de la violation de cette même obligation”.
En l’espèce, il résulte des pièces produites que les montants susceptibles d’être effectivement perçus par le prêteur au titre des intérêts au taux légal majoré de cinq points, nonobstant la déchéance du droit aux intérêts, ne sont pas significativement inférieurs à ceux dont celui-ci aurait pu bénéficier s’il avait respecté ses obligations découlant de la directive 2008/48, de sorte que la sanction de la déchéance du droit aux intérêts ne revêt pas de caractère effectif et dissuasif.
Dès lors, afin d’assurer le respect de la directive précitée, et du caractère effectif et dissuasif de la sanction de la déchéance du droit aux intérêts, il convient de ne pas faire application de l’article 1231-7 du code civil et de l’article L. 313-3 du code monétaire et financier, en prévoyant que la somme restant due en capital ne portera pas intérêt, fût ce au taux légal.
Sur le montant de la créance principale
Compte tenu des développements précédents, il sera déduit du montant total des financements octroyés, soit en l’espèce 11990 €, le montant des versements effectués depuis l’origine tels qu’ils figurent dans les pièces produites par la SA CA Consumer Finance, soit la somme de 1926,40 €.
Dès lors, il convient en conséquence de condamner Monsieur [Y] [O] au paiement de la somme de 10063,60 €, arrêtée au 27 juillet 2023 (soit 11990 € – 1926,40 €).
Sur la demande de restitution du véhicule
La CA CONSUMER FINANCE sollicite la condamnation de Monsieur [Y] [O] à lui restituer le véhicule objet du crédit affecté.
Toutefois, aucun fondement légal ne permet de faire droit à une telle demande. En effet, la vente du véhicule fait l’objet d’une relation contractuelle entre Monsieur [Y] [O] et [Adresse 8] [Localité 10], distincte de celle qui existe entre la CA CONSUMER FINANCE et le défendeur. Ainsi, si le contrat de crédit contient bien une clause de réserve de propriété, pour autant celle-ci doit être réputée non écrite comme abusive, dans la mesure où, d’une part, il n’est pas contesté que le vendeur a effectivement bénéficié du prix de vente et, d’autre part, les conditions contractuelles de cette opération ne sont pas produites.
Par conséquent, la demande de la CA CONSUMER FINANCE tendant à obtenir la restitution du véhicule VOLKSWAGEN Golf1.2 TSI 105 BT Edition 5p 05CV immatriculé [Immatriculation 7] sera rejetée.
Sur la demande de dommages et intérêts pour résistance abusive
L’article 1217 du code civil, entérinant une jurisprudence constante et ancienne, dispose que des dommages et intérêts peuvent toujours s’ajouter aux sanctions prévues au titre de l’inexécution du contrat.
Comme en disposent les articles 1382 et 1383 (anc.) du code civil, qui régissent la responsabilité délictuelle et quasi-délictuelle, tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Chacun est par ailleurs responsable du dommage qu’il a causé non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence.
La mise en œuvre de la responsabilité civile délictuelle suppose de rapporter la preuve d’une faute, d’un préjudice et d’un lien de causalité entre les deux.
Il est de jurisprudence constante que la résistance abusive du défendeur se définit par la contrainte pour le demandeur d’intenter une action en justice pour parvenir à ses fins, supposant ainsi la démonstration d’une attitude fautive du défendeur caractérisée notamment par sa malice, sa mauvaise foi ou une erreur grossière équivalente au dol. Elle ne se traduit pas par une simple résistance au paiement.
En l’espèce, la preuve de cette attitude fautive n’est pas rapportée.
Par conséquent, cette demande est rejetée.
Sur les demandes accessoires
Sur les dépens
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Monsieur [Y] [O] sera condamné aux dépens.
Sur les frais irrépétibles
Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu’elles demandent.
L’équité commande de rejeter la demande présentée par la SA CA Consumer Finance au titre de l’article précité.
PAR CES MOTIFS
Le juge chargé des contentieux de la protection,
DÉCLARE l’action recevable ;
CONSTATE l’acquisition de la déchéance du terme du contrat de prêt en date du 16 mars 2021, signé entre la SA CA Consumer Finance, d’une part, et Monsieur [Y] [O], d’autre part ;
PRONONCE la déchéance du droit aux intérêts relatif au contrat de prêt en date du 16 mars 2021, signé entre la SA CA Consumer Finance et Monsieur [Y] [O] ;
CONDAMNE Monsieur [Y] [O] à payer à la SA CA Consumer Finance la somme de 10063,60 € (dix mille soixante-trois euros et soixante centimes), arrêtée au 27 juillet 2023, au titre du capital restant dû, et ce, sans intérêt, ni contractuel ni légal ;
DÉBOUTE la SA CA Consumer Finance de sa demande en restitution du véhicule sous astreinte ;
DÉBOUTE la SA CA Consumer Finance de sa demande de dommages et intérêts pour résistance abusive ;
CONDAMNE Monsieur [Y] [O] aux dépens ;
DEBOUTE la SA CA Consumer Finance de sa demande au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
AINSI JUGE ET PRONONCE par mise à disposition au greffe, le 05 décembre 2024, par Sophie SCHWEITZER, juge des contentieux de la protection et Virginie BALLAST, Greffier .
Le Greffier, Le Juge des contentieux de la protection,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Enfant ·
- Parents ·
- Divorce ·
- Vacances ·
- Père ·
- Mère ·
- Résidence ·
- Commissaire de justice ·
- Mariage ·
- Immatriculation
- Tribunal judiciaire ·
- Habitat ·
- Procès-verbal ·
- Contentieux ·
- Conciliation ·
- Adresses ·
- Résiliation du bail ·
- Loyer ·
- Commandement ·
- Extrait
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Tribunal judiciaire ·
- Prolongation ·
- Voyage ·
- Décision d’éloignement ·
- Impossibilite d 'executer ·
- Notification ·
- Consulat ·
- Personnes
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Consolidation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Victime ·
- Préjudice esthétique ·
- Véhicule ·
- Déficit fonctionnel permanent ·
- Sociétés ·
- Sécurité sociale ·
- Incapacité ·
- Maladie
- Pays ·
- Crédit ·
- Prêt ·
- Tribunal judiciaire ·
- Déchéance ·
- Commissaire de justice ·
- Identifiants ·
- Surendettement ·
- Rééchelonnement ·
- Consommation
- Notification ·
- Tribunal judiciaire ·
- Tribunaux administratifs ·
- Prestation ·
- Compétence du tribunal ·
- Référence ·
- Motivation ·
- Adulte ·
- Sécurité sociale ·
- Handicapé
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Habitat ·
- Bail ·
- Clause resolutoire ·
- Délai de paiement ·
- Commandement ·
- Expulsion ·
- Résiliation ·
- Loyer ·
- Clause ·
- Tribunal judiciaire
- Clause resolutoire ·
- Loyer ·
- Commission de surendettement ·
- Paiement ·
- Bail ·
- Commandement de payer ·
- Locataire ·
- Résiliation ·
- Délais ·
- Contentieux
- Juge des référés ·
- Désistement d'instance ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Avocat ·
- Urgence ·
- Assureur ·
- Part ·
- Juge ·
- Siège social
Sur les mêmes thèmes • 3
- Hospitalisation ·
- Santé publique ·
- Afghanistan ·
- Trouble ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Santé mentale ·
- Etablissement public ·
- Dialecte ·
- Sûretés
- Tribunal judiciaire ·
- Commissaire de justice ·
- Service ·
- Motif légitime ·
- Expertise judiciaire ·
- Juge des référés ·
- Ordonnance ·
- Véhicule ·
- Prorogation ·
- Consignation
- Relations du travail et protection sociale ·
- Demande en paiement de prestations ·
- Protection sociale ·
- Tribunal judiciaire ·
- Rente ·
- Décès ·
- Veuve ·
- Victime ·
- Accident du travail ·
- Conjoint survivant ·
- Demande ·
- Pacte ·
- Recours
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.