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Sur la décision
| Référence : | TJ Paris, pcp jcp acr référé, 13 mars 2026, n° 25/07357 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/07357 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs en accordant des délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 21 mars 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE [Localité 1] [1]
[1] Copie conforme délivrée
le :
à :
Copie exécutoire délivrée
le :
à :
Pôle civil de proximité
■
PCP JCP ACR référé
N° RG 25/07357 – N° Portalis 352J-W-B7J-DAS4X
N° MINUTE : 2/2026
ORDONNANCE DE REFERE
rendue le 13 mars 2026
DEMANDERESSE
S.C.I. REPUBLIQUE, [Adresse 1]
représentée par le cabinet de Maître Francis MARTIN, avocat au barreau de PARIS, [Adresse 2],vestiaire : #P0466
DÉFENDEUR
Monsieur [N] [T] [E] [L], demeurant [Adresse 3], représenté par le cabinet de Me Raymond ONDZÉ, avocat au barreau de PARIS, [Adresse 4], vestiaire : #A0819,
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Valérie OURSEL-ZUBER, Vice-présidente, juge des contentieux de la protection, assistée de Caroline CROUZIER, Greffier,
DATE DES DÉBATS : 15 janvier 2026
ORDONNANCE
contradictoire et en premier ressort prononcée le 13 mars 2026 par Valérie OURSEL-ZUBER, Vice-présidente, assistée de Caroline CROUZIER, Greffier
Décision du 13 mars 2026
PCP JCP ACR référé – N° RG 25/07357 – N° Portalis 352J-W-B7J-DAS4X
Par contrat sous seing privé en date du 01 septembre 2015, la S.C.I. REPUBLIQUE a donné à bail à M. [N] [T] [E] [L] pour une durée de six années un logement situé [Adresse 5], pour un loyer mensuel de 922,95 euros, ainsi que 65 euros de provision sur charges.
A raison d’impayés locatifs, la S.C.I. REPUBLIQUE a fait signifier par commissaire de justice un commandement de payer la somme de
3 978,95 euros, en principal, correspondant à l’arriéré locatif arrêté à l’échéance du mois de janvier 2025 incluse, et visant la clause résolutoire contractuelle, le 29 janvier 2025.
Par notification électronique du 03 février 2025, la S.C.I. REPUBLIQUE a saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) de [Localité 1].
Par acte de commissaire de justice délivré le 17 juillet 2025 à étude, la S.C.I. REPUBLIQUE a fait assigner M. [N] [T] [E] [L] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris, statuant en référé, aux fins de voir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire :
— constater l’acquisition de la clause résolutoire ;
— ordonner l’expulsion de M. [N] [T] [E] [L] et de tout occupant de son chef, et, au besoin, avec l’assistance de la force publique ;
— le condamner à lui payer la somme provisionnelle de 7 513,29 euros au titre de l’arriéré des loyers et charges avec intérêts au taux légal à compter du 17 janvier 2025, date du commandement de payer, sur la somme de 3 978,95 euros et à compter de l’assignation pour le surplus;
— le condamner à lui payer jusqu’au départ effectif des lieux une indemnité mensuelle d’occupation provisionnelle égale au montant du loyer mensuel, charges comprises à compter du 01 juillet 2025 ;
— le condamner au paiement d’une somme de 3 500 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux entiers dépens.
L’assignation a été dénoncée le 31 juillet 2025 à la préfecture de [Localité 1].
A l’audience du 12 novembre 2025 à laquelle l’affaire a été appelée, le défendeur a sollicité un renvoi dans l’attente de la désignation d’un avocat au titre de l’aide juridictionnelle. La demanderesse s’y est opposée au motif que la dette augmente. L’affaire a été renvoyée au 15 janvier 2026, le défendeur justifiant de sa demande d’aide juridictionnelle.
A l’audience du 15 janvier 2026, l’affaire a été appelée et retenue. La S.C.I. REPUBLIQUE représentée par son conseil soutient ses demandes telles qu’exposées dans son assignation. Elle actualise sa créance à la somme de 8 648,07 euros au 13 janvier 2026, échéance de janvier 2026 incluse. La société bailleresse indique qu’il y a bien eu reprise du paiement intégral du loyer courant avant l’audience au sens de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, mais que la dette a augmenté par rapport au commandement de payer. Elle s’oppose à la demande de délais de paiement et de suspension de la clause résolutoire.
De son côté, M. [N] [T] [E] [L] représenté par son conseil fait valoir qu’il a réglé le dernier loyer courant de janvier 2026. Il sollicite la suspension des effets de la clause résolutoire, sollicitant de demeurer dans le logement. Il propose de régler la somme de 305 euros, chaque mois, en plus du loyer mensuel, pour apurer sa dette. Il explique qu’il est professeur de musique et exerce en qualité d’auto-entrepreneur, qu’il a connu des difficultés financières car il travaille seul, doit également s’occuper du côté administratif de son activité qu’il a restructurée, et que sa situation financière s’étant améliorée depuis juillet 2025, il a repris le paiement régulier de son loyer et des charges.
La fiche de diagnostic social et financier reçue avant l’audience a été portée à la connaissance des parties.
La décision a été mise en délibéré au 13 mars 2026 par mise à disposition.
MOTIVATION DE LA DÉCISION
En application des dispositions des articles 834 et 835 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge du contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend, et, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Le trouble manifestement illicite est la perturbation résultant d’un fait matériel ou juridique qui, directement ou indirectement, constitue une violation évidente de la règle de droit. Il peut également, dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, allouer au créancier une provision, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Sur la demande de constat de la résiliation du bail
Sur la recevabilité de la demande
Selon l’article 24 II et III de la loi du 6 juillet 1989, les bailleurs personnes morales, autres qu’une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au quatrième degré inclus, ne peuvent faire délivrer, sous peine d’irrecevabilité de la demande, une assignation aux fins de constat de résiliation du bail avant l’expiration d’un délai de deux mois suivant la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives prévue à l’article 7-2 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990.
Par ailleurs, à peine d’irrecevabilité de la demande, l’assignation aux fins de constat de la résiliation est notifiée à la diligence du commissaire de justice au représentant de l’Etat dans le département au moins six semaines avant l’audience.
En l’espèce, la S.C.I. REPUBLIQUE justifie également avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation et établit avoir notifié l’assignation au représentant de l’État dans le département plus de six semaines avant l’audience.
Son action est donc recevable au regard des dispositions de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Sur l’acquisition de la clause résolutoire
Aux termes de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, modifié par la loi du 27 juillet 2023, tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux, étant précisé qu’un commandement de payer notifié pour une somme erronée et supérieure au montant de la créance réelle du bailleur au titre des loyers reste néanmoins valable jusqu’à due concurrence des sommes exigibles (Civ. 3e, 5 février 1992, n° 90-18.557).
En l’espèce, le bail conclu le 01 septembre 2015 entre la S.C.I. REPUBLIQUE et M. [N] [T] [E] [L] contient une clause résolutoire prévoyant la résiliation de plein droit du bail à défaut de paiement du loyer et des charges au terme convenu, deux mois après un commandement de payer resté sans effet. Un commandement d’avoir à payer dans un délai de deux mois la somme en principal de 3 978,95 euros, hors coût de l’acte, visant et reproduisant textuellement cette clause, a été signifié à M. [N] [T] [E] [L] le 29 janvier 2025. Il sera fait application du délai de deux mois prévu tant par la clause résolutoire du bail que par le commandement de payer délivré au locataire.
Or, il ressort du décompte produit par la S.C.I. REPUBLIQUE que la dette n’a pas été régularisée dans le délai imparti.
M. [N] [T] [E] [L] ne le conteste pas et ne justifie d’aucun règlement libératoire.
La S.C.I. REPUBLIQUE est donc bien fondée à se prévaloir des effets de la clause résolutoire, dont les conditions sont réunies depuis le 29 mars 2025 à minuit.
M. [N] [T] [E] [L] est occupant sans droit ni titre depuis le 30 mars 2025.
Sur les délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire
Selon l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l’article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative.
Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais ainsi accordés par le juge. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges. Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet.
En l’espèce, M. [N] [T] [E] [L] indique avoir repris le paiement du loyer courant régulièrement depuis juillet 2025. Il sollicite des délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire en proposant de régler la somme mensuelle de 305 euros en plus du loyer mensuel, pour apurer sa dette sur 36 mois. Il est âgé de 65 ans, célibataire et sans charge de famille. Il fait état de la restructuration de son activité de professeur de chant et de musique pour expliquer sa situation d’impayés et justifie d’une amélioration de sa situation personnelle et financière, lui permettant de régler la dette locative en plusieurs mensualités. La fiche de diagnostic relève que des démarches d’accompagnement de M. [N] [T] [E] [L] vont être entreprises en vue de l’ouverture de droits à l’APL, d’une demande de logement social, une demande auprès du FSL de la ville de [Localité 1] étant également envisagée.
Le bailleur s’oppose aux délais sollicités. Il fait valoir que la dette du défendeur est élevée et a fortement augmenté nonobstant la délivrance du commandement de payer.
Il ressort du décompte produit par la bailleresse que le dernier loyer courant de janvier 2026 a été intégralement réglé, de même que l’ensemble des loyers dus à compter de septembre 2025.
Au vu de ces éléments et des démarches entreprises, il convient d’accorder des délais de paiement à M. [N] [T] [E] [L] selon les modalités précisées au dispositif, pour le règlement des sommes dues.
En outre, conformément à la demande en ce sens, il y a lieu de suspendre les effets de la clause résolutoire pendant cette période, ce qui signifie que si les échéances sont réglées régulièrement, et la dette réglée dans sa totalité, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais joué, et l’exécution du contrat de bail pourra se poursuivre.
L’attention du locataire est toutefois attirée sur le fait qu’à défaut de paiement d’une seule échéance comprenant le loyer et la mensualité d’apurement, la clause résolutoire sera acquise, et le bail résilié de plein droit, sans qu’une nouvelle décision de justice ne soit nécessaire. Dans ce cas, et pour le cas où les lieux ne seraient pas libérés spontanément, la S.C.I. REPUBLIQUE pourra faire procéder à son expulsion, et à celle de tout occupant de son chef, dès l’expiration d’un délai de deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux et M. [N] [T] [E] [L] sera tenu au paiement d’une indemnité d’occupation dans les termes du dispositif.
Il sera rappelé que le sort du mobilier garnissant le logement est prévu par les articles L.433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution dont l’application relève, en cas de difficulté, de la compétence du juge de l’exécution et non de la présente juridiction.
Sur la demande en paiement d’une provision au titre de l’indemnité d’occupation
Selon l’article 1730 du code civil, à l’expiration du bail le locataire doit restituer les locaux. La restitution des lieux implique la remise des clefs.
Par ailleurs, aux termes de l’article 1240 du code civil, tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Il résulte de ce texte que l’occupant sans droit ni titre d’un local est tenu d’une indemnité d’occupation envers le propriétaire, le maintien dans les lieux postérieurement à la date d’expiration du contrat de résidence constituant une faute civile, ouvrant droit à réparation en ce qu’elle cause un préjudice certain pour le propriétaire dont l’occupation indue de son bien l’a privé de sa jouissance. L’indemnité d’occupation, dont la nature est mixte, compensatoire et indemnitaire, constitue ainsi la contrepartie de l’occupation du bien après résiliation du bail et de son indisponibilité pour le bailleur.
En l’espèce, dans le cas où le bail serait résilié de plein droit, en conséquence du non-respect du plan d’apurement, M. [N] [T] [E] [L] sera condamné au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation provisionnelle pour la période courant du 30 mars 2025 à la date de la libération effective et définitive des lieux, égale au montant du loyer révisé, augmenté des charges qui auraient été dus, si le bail s’était poursuivi.
Sur la demande en paiement d’une provision au titre de la dette locative
Selon l’article 7 de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables au terme convenu.
Par ailleurs, conformément aux dispositions de l’article 4 p) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, est réputée non écrite toute clause qui fait supporter au locataire des frais de relance ou d’expédition de la quittance ainsi que les frais de procédure en plus des sommes versées au titre des dépens et de l’article 700 du code de procédure civile. Il résulte de ces dispositions que le bailleur ne peut mettre à la charge du locataire les frais relatifs au recouvrement amiable ou contentieux de sa créance au titre de l’arriéré locatif.
Enfin, en application de l’article 1353 du code civil celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver et réciproquement, celui qui se prétend libéré, doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
En l’espèce, il ressort du décompte produit par la S.C.I. REPUBLIQUE que M. [N] [T] [E] [L] est redevable de la somme de 8 648,07 euros au 13 janvier 2026, échéance de janvier 2026 incluse, cette somme correspondant à l’arriéré des loyers, charges et indemnités d’occupation échues impayées à cette date.
M. [N] [T] [E] [L] ne conteste ni le principe, ni le montant de la dette.
Par conséquent, en l’absence de contestation sérieuse, M. [N] [T] [E] [L] sera condamné au paiement de la somme de 8 648,07 euros, à titre provisoire, laquelle portera intérêt au taux légal à compter du commandement de payer du 29 janvier 2025 sur la somme de 3 978,95 euros, à compter de l’assignation du 17 juillet 2025 sur la somme de 7 513,29 euros et à compter de la présente décision pour le surplus.
Toutefois, eu égard aux délais de paiement évoqués ci-avant, il convient de différer l’exigibilité de cette somme en autorisant M. [N] [T] [E] [L] à se libérer de la dette selon les modalités détaillées au dispositif.
Sur les demandes accessoires
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge de l’autre partie.
En application de l’article 700 1° du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a lieu à condamnation.
Enfin, selon l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont, de droit, exécutoires à titre provisoire. Toutefois, selon l’article 514-1 du même code, le juge peut écarter l’exécution provisoire de droit, en tout ou partie, s’il estime qu’elle est incompatible avec la nature de l’affaire, d’office ou à la demande d’une partie, par décision spécialement motivée.
Selon le dernier alinéa de l’article 514-1 du même code, le juge ne peut toutefois pas écarter l’exécution provisoire de droit lorsqu’il statue en référé. La présente ordonnance sera donc assortie de l’exécution provisoire.
En l’espèce, le défendeur, qui succombe, supportera la charge des dépens.
Par ailleurs, il n’est pas inéquitable de laisser à la charge de la S.C.I. REPUBLIQUE les frais irrépétibles qu’elle a dû engager au regard de la situation économique du défendeur.
PAR CES MOTIFS
Nous, juge des contentieux de la protection, statuant en référé après débats en audience publique par ordonnance contradictoire mise à disposition au greffe, et en premier ressort,
Au principal, RENVOYONS les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront mais, dès à présent, vu l’urgence et l’absence de contestation sérieuse ;
DÉCLARONS recevable l’action de la S.C.I. REPUBLIQUE ;
CONSTATONS que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au contrat de bail conclu le 01 septembre 2015 entre la S.C.I. REPUBLIQUE et M. [N] [T] [E] [L] concernant le logement situé [Adresse 5] sont réunies à la date du 29 mars 2025 à minuit ;
CONDAMNONS M. [N] [T] [E] [L] à payer à la S.C.I. REPUBLIQUE la somme provisionnelle de 8 648,07 euros, selon décompte arrêté au 13 janvier 2026, échéance de janvier 2026 incluse, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation échues impayées, avec intérêt au taux légal à compter du 29 janvier 2025 sur la somme de 3 978,95 euros, à compter du 17 juillet 2025 sur la somme de 7 513,29 euros et à compter de la présente décision pour le surplus;
AUTORISONS M. [N] [T] [E] [L] à se libérer de sa dette en réglant chaque mois pendant 36 mois, en plus du loyer courant, une somme minimale de 305 euros, la dernière échéance étant majorée du solde de la dette en principal, intérêts et frais ;
DISONS que le premier règlement devra intervenir dans les quinze jours suivant la signification de la présente décision, puis, pour les paiements suivants, au plus tard le quinzième jour de chaque mois, sauf meilleur accord entre les parties ;
SUSPENDONS les effets de la clause résolutoire pendant l’exécution des délais de paiement accordés à M. [N] [T] [E] [L] ;
DISONS que si les délais accordés sont entièrement respectés, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais été acquise ;
DISONS qu’en revanche, pour le cas où une mensualité, qu’elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l’arriéré, resterait impayée quinze jours après l’envoi d’une mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception :
— le bail sera considéré comme résilié de plein droit depuis le 30 mars 2025 ;
— le solde de la dette deviendra immédiatement exigible ;
— la S.C.I. REPUBLIQUE pourra, à défaut pour M. [N] [T] [E] [L] d’avoir volontairement libéré les lieux situés au [Adresse 5] ainsi que, le cas échéant, tous les lieux loués accessoirement au logement et restitué les clés, et dès l’expiration d’un délai de deux mois suivant la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
— le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution;
— M. [N] [T] [E] [L] sera condamné à verser à la S.C.I. REPUBLIQUE une indemnité mensuelle d’occupation provisionnelle égale au montant mensuel du loyer indexé et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, payable et révisable dans les mêmes conditions que celles prévues au contrat de bail résilié, et ce, à compter de la résiliation du bail et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux constituée par la remise des clefs ou un procès-verbal d’expulsion ou de reprise ;
CONDAMNONS M. [N] [T] [E] [L] aux dépens ;
DÉBOUTONS la S.C.I. REPUBLIQUE de sa demande formée au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
REJETONS toutes autres demandes plus amples ou contraires ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
Le greffier La juge des contentieux de la protection
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