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Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, tpx ver surend ctx, 17 juin 2025, n° 24/00275 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/00275 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Se dessaisit ou est dessaisi au profit d'une autre juridiction |
| Date de dernière mise à jour : | 24 septembre 2025 |
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Sur les parties
| Parties : | S.A. [ 17 ] |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE VERSAILLES
[Adresse 4]
RP 1109
[Localité 14]
SURENDETTEMENT
N° RG 24/00275 – N° Portalis DB22-W-B7I-SLP7
BDF N° : 000524002593
Nac : 48J
JUGEMENT
Du : 17 Juin 2025
[23]
C/
[Y] [R] [J], [25],
[44],
[37],
[31],
S.A. [17],
[20],
[30],
[34]
expédition exécutoire
délivrée le
à
expédition certifiée conforme
délivrée par LRAR aux parties et par LS à la commission de surendettement des particuliers
le :
Minute : 298/2025
JUGEMENT
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Le 17 Juin 2025 ;
Sous la Présidence de Yohan DESQUAIRES, Vice-Président au Tribunal judiciaire de Versailles, chargé des fonctions de juge des contentieux de la protection statuant en matière de surendettement, assisté de Mme Tiffen MAUSSION, Greffière placée ;
Après débats à l’audience du 18 Mars 2025, le jugement suivant a été rendu ;
ENTRE :
DEMANDEUR(S) :
[23]
Chez [24]
[Adresse 28]
[Localité 6]
comparant par écrits
ET :
DEFENDEUR(S) :
M. [Y] [R] [J]
[Adresse 2]
[Adresse 19]
[Localité 13]
comparant en personne
[25]
Chez [38]
[Adresse 27]
[Localité 7]
non comparante, ni représentée
[44]
Service Recouvrement
[Adresse 41]
[Localité 15]
non comparante, ni représentée
[37]
Chez [32]
[Adresse 16]
[Localité 10]
non comparante, ni représentée
ENGIE
Chez [33]
[Adresse 1]
[Localité 3]
non comparante, ni représentée
S.A. [17]
[Adresse 9]
[Localité 11]
non comparante, ni représentée
[20]
[18]
[Adresse 42]
[Localité 5]
non comparante, ni représentée
[30]
[Adresse 40]
[Localité 8]
non comparante, ni représentée
[34]
Service Client [35]
[Adresse 39]
[Localité 12]
non comparante, ni représentée
A l’audience du 18 Mars 2025, le Tribunal a entendu les parties et mis l’affaire en délibéré au 17 Juin 2025.
EXPOSE DU LITIGE
Suivant déclaration enregistrée au secrétariat le 15 avril 2024, Monsieur [R] [J] [Y] a saisi la [26] aux fins d’ouverture d’une procédure de traitement de sa situation de surendettement.
Le 27 mai 2024, la commission a déclaré la demande recevable.
Estimant la situation de Monsieur [R] [J] [Y] irrémédiablement compromise, la commission a imposé le 19 août 2024 un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire.
La société [23], à qui cette décision a été notifiée par lettre recommandée avec avis de réception reçue le 21 août 2024, a saisi le juge des contentieux de la protection de la chambre de proximité de [Localité 43], d’une contestation par lettre recommandée avec avis de réception expédiée le 28 août 2024.
Conformément aux dispositions de l’article R. 741-11 du code de la consommation, Monsieur [R] [J] [Y] et ses créanciers ont été convoqués à l’audience du 18 mars 2025, par lettre recommandée avec avis de réception.
Usant de la faculté ouverte par les dispositions de l’article R. 713-4 alinéa 5 du code de la consommation de comparaître par écrit, en justifiant que son adversaire a eu connaissance de ses conclusions avant l’audience par lettre recommandée avec accusé de réception, la société [23] a fait parvenir au greffe ses écritures, par courrier recommandé et soutient en substance que la situation du débiteur n’est pas irrémédiablement comprise, qu’il pourrait trouver un logement moins onéreux, et améliorer sa situation professionnelle, pour ainsi dégager une capacité de remboursement et permettre de désintéresser toute ou partie de ses créanciers. Il est indiqué que l’examen des relevés de compte du déposant mentionne des salaires qui ne correspondent pas avec celui déclaré à la commission. Elle sollicite la mise en place d’un moratoire de 24 mois à cette fin.
A l’audience, Monsieur [R] [J] [Y] fait état de sa situation personnelle et financière. Il produit divers justificatifs de ses ressources et charges, faisant valoir qu’il a changé de logement, vivant seul dans un foyer jeune travailler, et qu’il est salarié dans le prêt à porter. Il précise être dans l’attente d’un logement social mais qu’il n’est pas prioritaire. Il a été autorisé à produire sous 8 jours une attestation de la [21] mentionnant sa prime d’activité. Préalablement à l’audience, il a indiqué par courriel du 3 décembre 2024 souhaiter que la créance de [36] soit actualisée à la somme de 1082,96 euros, indiquée sur courrier de [36] daté du 16 septembre 2024, et voir ajouter les créances de la societé [34] pour un montant de 48,98 € (facture du 7 novembre 2024) et de la société [29] pour un montant de 118,23€.
Malgré signature de l’avis de réception de leurs lettres de convocation, les autres créanciers ne sont pas représentés et n’ont formulé aucune observation par écrit.
A l’issue des débats, la décision est mise en délibéré au 17 juin 2025.
Par note en délibéré autorisée, Monsieur [R] [J] [Y] a produit l’attestation de la [22] mentionnant pour le mois de février 2025 une prime d’activité d’un montant de 193,01 euros.
MOTIFS DE LA DÉCISION
La société [23] est dit recevable en sa contestation du rétablissement personnel sans liquidation judiciaire imposé par la commission formée dans le délai de trente jours de la notification qui lui en a été faite, conformément aux dispositions des articles L. 741-4 et R. 741-1 du code de la consommation.
Aux termes de l’article L. 711-1 du code de la consommation, le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. La situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir ou à l’engagement donné de cautionner ou acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société.
Il résulte des dispositions des articles L. 724-1 et L. 741-6 du code de la consommation que si l’examen de la demande de traitement de la situation de surendettement fait apparaître que le débiteur se trouve dans la situation irrémédiablement compromise caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en œuvre les mesures de traitement prévues aux articles L. 732-1, L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7 du code de la consommation et ne possède que des biens meublants nécessaires à la vie courante et des biens non professionnels indispensables à l’exercice de son activité professionnelle, ou que l’actif n’est constitué que de biens dépourvus de valeur marchande ou dont les frais de vente seraient manifestement disproportionnés au regard de leur valeur vénale, le juge prononce un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire. S’il constate que la situation du débiteur n’est pas irrémédiablement compromise, il renvoie le dossier à la commission.
Il ressort des justificatifs produits à l’audience et de l’état descriptif de situation dressé par la [26] que Monsieur [R] [J] [Y] dispose de ressources mensuelles d’un montant total de 1579 € réparties comme suit :
salaire net d’impôt: 1386 €
prime d’activité : 193 €
En application des dispositions des articles R. 731-1 et R. 731-2 du code de la consommation, la part des ressources mensuelles du débiteur à affecter à l’apurement des dettes est calculé par référence au barème prévu à l’article R. 3252-2 du code du travail, sans que cette somme puisse excéder la différence entre le montant des ressources mensuelles de l’intéressé et le montant forfaitaire du revenu de solidarité active applicable au foyer du débiteur, et dans les conditions prévues aux articles L. 731-1, L. 731-2 et L. 731-3, de manière à ce qu’une partie des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité.
En l’espèce, la part des ressources mensuelles de Monsieur [R] [J] [Y] à affecter théoriquement à l’apurement de ses dettes, en application du barème de saisies des rémunérations, s’élèverait à la somme de 262 €.
Cependant, compte tenu des éléments du dossier, il est impossible de retenir la stricte application du barème à l’ensemble des ressources de Monsieur [R] [J] [Y] qui ne pourrait plus faire face à ses charges courantes.
En effet, le juge comme la commission doivent toujours rechercher la capacité réelle de remboursement du débiteur eu égard aux charges particulières qui peuvent être les siennes.
Le montant des dépenses courantes du ménage est calculé en fonction du barème fixé par la commission de surendettement dans son règlement intérieur et prenant en compte la composition de la famille.
Le forfait de base comprend les dépenses courantes d’alimentation, d’habillement, d’hygiène et ménagères, ainsi que les frais de santé (63 € + 22 € par personne supplémentaire), de transports et les menues dépenses courantes.
Les dépenses de santé, dont la mutuelle (pour le montant excédant 63 €), sont retenus sur la base des éléments fournis par le débiteur en fonction de la composition familiale du foyer.
Le forfait habitation couvre les dépenses courantes inhérentes à l’habitation telles que l’eau, l’électricité (hors chauffage), le téléphone, et l’assurance habitation.Le forfait chauffage comprend les frais liés au chauffage de l’habitation.
En plus de ces forfaits, il convient de prendre en compte les charges au réel sur justificatif, notamment :
— Le loyer hors charges forfaitisées;
— Les frais de garde et/ou de scolarité de personne à charge ;
— L’assurance prêt immobilier (montant réel) ;
— Les impôts : impôt sur le revenu, taxe d’habitation, taxe foncière ;
— Le versement d’une pension alimentaire ou d’une prestation compensatoire.
Vivant seul, il indique vivre actuellement en foyer jeune travailleur, sans pour autant produire un justificatif de son loyer, qu’il déclare à 459 euros mensuel charges comprises (ce qui correspond toutefois aux loyers habituellement fixés au sein de tel établissement). Il convient ainsi de retenir qu’il doit faire face à des charges mensuelles de 1325 € décomposées comme suit :
Logement : 459 €
charges courantes : 866 € (montant forfaitaire actualisé pour une personne)
Dans ces conditions, il dispose d’une capacité réelle de remboursement certes faible mais permettant néanmoins d’envisager la mise en place d’un moratoire, le temps d’améliorer sa situation, mettre à jour ses droits, notamment à une APL s’il y est accessible, ou un plan de redressement pérenne au vu de sa capacité de remboursement.
Monsieur [R] [J] est jeune pour être âgé de 24 ans, et est en situation d’emploi, étant précisé que son salaire était plus important sur son précédent poste. Dès lors, il est susceptible de voir sa situation s’améliorer à moyen terme.
Par ailleurs, Monsieur [R] [J] [Y], qui n’a encore bénéficié d’aucune mesure en matière de surendettement, est encore éligible notamment à une suspension d’exigibilité des créances d’une durée maximum de 24 mois en application de l’article L. 733-1 4° du code de la consommation.
Une telle mesure serait de nature notamment à permettre l’évolution de la situation professionnelle des débiteurs et/ou la mise à jour de ses droits à une APL.
Dès lors, sa situation ne peut être qualifiée d’irrémédiablement compromise au sens de l’article L. 724-1 alinéa 2 du code de la consommation.
En conséquence, il convient de dire n’y avoir lieu au prononcé d’une mesure de rétablissement personnel et de renvoyer le dossier à la commission de surendettement conformément aux dispositions de l’article L. 741-6 alinéa 4 du code de la consommation, aux fins de mise à jour des éléments du dossier (et notamment des créances à actualiser) et de mise en œuvre des mesures de traitement prévues aux articles L. 732-1, L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7 du code de la consommation.
L’article 696 alinéa 1er du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En l’espèce, à défaut de partie perdante au sens des dispositions susvisées, il convient de prévoir que chacune des parties doit supporter les dépens qu’elle aura engagés dans le cadre de la présente instance.
PAR CES MOTIFS
Le juge, statuant publiquement, par mise à disposition du jugement au greffe à la date indiquée à l’issue des débats en audience publique en application de l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile, par jugement réputé contradictoire et rendu en premier ressort,
DIT recevable en la forme le recours formé par la société [23] à l’encontre de la décision de la [26] en date du 19 août 2024 ;
CONSTATE que la situation de Monsieur [R] [J] [Y] n’est pas irrémédiablement compromise au sens de l’article L. 724-1 alinéa 2 du code de la consommation ;
DIT n’y avoir lieu au prononcé d’une mesure de rétablissement personnel à son profit ;
RENVOIE le dossier de Monsieur [R] [J] [Y] devant la [26] aux fins de mise à jour des éléments du dossier et de mise en œuvre des mesures de traitement prévues aux articles L. 732-1, L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7 du code de la consommation ;
RAPPELLE qu’en vertu de l’article R. 722-1 du code de la consommation, il incombe à chacune des parties, et notamment à Monsieur [R] [J] [Y], d’informer le secrétariat de la commission de surendettement des particuliers de tout changement d’adresse en cours de procédure ;
LAISSE à la charge de chacune des parties les dépens qu’elle aura engagés dans le cadre de la présente instance ;
DIT que la décision sera notifiée par lettre recommandée avec avis de réception à Monsieur [R] [J] [Y] et ses créanciers, et par lettre simple à la [26];
Ainsi jugé et prononcé à [Localité 43], le 17 juin 2025,
LE GREFFIER LE JUGE
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