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Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, tpx ver surend ctx, 5 févr. 2026, n° 25/00235 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00235 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Etablit un plan comportant les mesures visées aux articles L. 733-1, L. 733-7 et L. 733-8 C. consom. |
| Date de dernière mise à jour : | 14 février 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE VERSAILLES
[Adresse 5]
RP 1109
[Localité 6]
SURENDETTEMENT
N° RG 25/00235 – N° Portalis DB22-W-B7J-TCNX
BDF N° : 000124055203
Nac : 48C
JUGEMENT
Du : 05 Février 2026
[B] [G]
C/
[20], S.A.D'[Adresse 15], [14]
expédition exécutoire
délivrée le
à
expédition certifiée conforme
délivrée par LRAR aux parties et par LS à la commission de surendettement des particuliers
le :
Minute : /2026
JUGEMENT
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Le 05 Février 2026 ;
Sous la Présidence de M. Yohan DESQUAIRES, Vice-Président au tribunal judiciaire de Versailles, chargé des fonctions de juge des contentieux de la protection statuant en matière de surendettement, assisté de Madame Elisa LECHINE, Greffier en préaffectation ;
Après débats à l’audience du 02 Décembre 2025, le jugement suivant a été rendu ;
ENTRE :
DEMANDEUR(S) :
M. [B] [G]
[Adresse 1]
[Adresse 11]
[Localité 7]
comparant en personne
ET :
DEFENDEUR(S) :
[20]
Service Surendettement
[Adresse 17]
[Localité 9]
non comparante, ni représentée
S.A.D'[Adresse 15]
[Adresse 16]
[Adresse 2]
[Localité 8]
représentée par Me Fabienne BALADINE, avocat au barreau de PARIS
EDF SERVICE CLIENT
Chez [19]
[Adresse 3]
[Localité 4]
non comparante, ni représentée
A l’audience du 02 Décembre 2025, le Tribunal a entendu les parties et mis l’affaire en délibéré au 05 Février 2026.
EXPOSE DU LITIGE
Le 6 janvier 2025, la [12] saisie par Monsieur [G] [B] aux fins d’ouverture d’une procédure de traitement de sa situation de surendettement a déclaré cette demande recevable avant d’instruire le dossier.
Le 14 avril 2025, la commission a imposé le rééchelonnement des créances sur une durée de 37 mois moyennant des mensualités de 500 €.
Monsieur [G] [B], à qui ces mesures ont été notifiées par lettre recommandée avec avis de réception reçue le 22 avril 2025, a saisi le juge des contentieux de la protection de la chambre de proximité de [Localité 22] d’une contestation desdites mesures adressée au secrétariat de la commission par lettre recommandée avec avis de réception expédiée le 12 mai 2025.
Conformément aux dispositions de l’article R. 733-16 du code de la consommation, les parties ont été convoquées à l’audience du 2 décembre 2025, par lettre recommandée avec avis de réception.
A l’audience, Monsieur [G] [B] sollicite la mise en place d’un plan avec une mensualité moins élevée, s’estimant en capacité de rembourser la somme de 250 euros par mois. Il présente sa situation personnelle et financière actuelle, faisant valoir en substance qu’il verser également 200 euros par mois à sa mère qui vit au pays. Il a été autorisé à transmettre sous 8 jours les factures de cantine pour ses enfants scolarisés. Il sollicite par ailleurs que la créance de la société [13] soit actualisée.
La société [21], représentée, sollicite du tribunal de confirmer le plan, et d’actualiser la créance locative à la somme de 2772,57 euros arrêtée au 3 novembre 2025. Au soutien de ses prétentions, elle fait valoir que la mensualité retenue est adaptée, que les ressources ont d’ailleurs été sous évalués par la commission, notamment par rapport aux revenus de la conjointe non déposante.
Par courrier reçu le 17 octobre 2025, la société [18] chargée du recouvrement de la créance de la société [13] actualise la créance à la somme de 2508.11 euros.
Malgré signature de l’avis de réception de leurs lettres de convocation, les autres créanciers ne sont pas représentés et n’ont formulé aucune observation par écrit, sauf pour informer la juridiction de leur absence et / ou rappeler le montant de leurs créances.
A l’issue des débats, la décision est mise en délibéré au 5 février 2026.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité de la contestation :
Ayant été formée dans les trente jours de la notification au requérant des mesures imposées par la commission, conformément aux dispositions des articles L. 733-10 et R. 733-6 du code de la consommation, la contestation formée par Monsieur [G] [B] est recevable.
Sur l’état des créances :
En l’absence de contestation sur la validité et le montant des créances, le montant du passif est fixé par référence à celui retenu par la commission, sous réserve des paiements éventuellement intervenus en cours de procédure, après ajustement des créances mises à jour par la société [21] et la société [13].
Sur les mesures de traitement de la situation de surendettement de Monsieur [G] [B] :
L’article L. 733-13 du code de la consommation prévoit que le juge saisi de la contestation prend tout ou partie des mesures définies aux articles L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7. Dans tous les cas, la part des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage est déterminée dans les conditions prévues à l’article L. 731-2.
En application de l’article L. 733-1 du code de la consommation, peuvent être imposés un rééchelonnement du paiement des dettes avec possibilité de report pour une partie d’entre elles, l’imputation prioritaire des paiements sur le capital, la réduction des intérêts, outre la suspension d’exigibilité des créances autres qu’alimentaires pour une durée de deux ans au maximum.
Enfin, l’article L. 733-7 du code de la consommation permet de subordonner ces mesures à l’accomplissement par le débiteur d’actes propres à faciliter ou garantir le paiement de la dette.
En l’espèce, il ressort des justificatifs produits à l’audience et de l’état descriptif de situation dressé par la [12] que Monsieur [G] [B] dispose de ressources mensuelles d’un montant total de 3699 € réparties comme suit :
salaire :
contribution du conjoint non déposant :
prestations familiales :
1847 €
982 €
870 €
En application des dispositions des articles R. 731-1 et R. 731-2 du code de la consommation, la part des ressources mensuelles du débiteur à affecter à l’apurement des dettes est calculée par référence au barème prévu à l’article R. 3252-2 du code du travail, sans que cette somme puisse excéder la différence entre le montant des ressources mensuelles de l’intéressé et le montant forfaitaire du revenu de solidarité active applicable au foyer du débiteur, et dans les conditions prévues aux articles L. 731-1, L. 731-2 et L. 731-3, de manière à ce qu’une partie des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité.
En l’espèce, la part des ressources mensuelles de Monsieur [G] [B] à affecter théoriquement à l’apurement de ses dettes, en application du barème de saisies des rémunérations, s’élèverait à la somme de 592€.
Au delà, le juge comme la commission doivent toujours rechercher la capacité réelle de remboursement du débiteur eu égard aux charges particulières qui peuvent être les siennes.
Le montant des dépenses courantes du ménage est calculé en fonction des barèmes fixés par la commission de surendettement dans son règlement intérieur et prenant en compte la composition de la famille :
Le forfait de base comprend les dépenses courantes d’alimentation, d’habillement, d’hygiène et ménagères, ainsi que les frais de santé (63 € + 22 € par personne supplémentaire), de transports et les menues dépenses courantes.
Les dépenses de santé, dont la mutuelle (pour le montant excédant 63 €), sont retenus sur la base des éléments fournis par le débiteur en fonction de la composition familiale du foyer.
Le forfait habitation couvre les dépenses courantes inhérentes à l’habitation telles que l’eau, l’électricité (hors chauffage), le téléphone, et l’assurance habitation.Le forfait chauffage comprend les frais liés au chauffage de l’habitation.
Pour le forfait chauffage, l’évaluation forfaitaire peut être complétée sur présentation des justificatifs si les dépenses réelles sont supérieures. Les provisions sur charges de chauffage, en ce qu’elles sont par nature provisoires et susceptibles de régularisation à la hausse comme à la baisse, ne peuvent être prises en compte en lieu et place du forfait chauffage.
En plus de ces forfaits, il convient de prendre en compte les charges au réel sur justificatif, notamment :
— Le loyer hors charges forfaitisées;
— Les frais de garde et/ou de scolarité de personne à charge ;
— L’assurance prêt immobilier (montant réel) ;
— Les impôts : impôt sur le revenu, taxe d’habitation, taxe foncière ;
— Le versement d’une pension alimentaire ou d’une prestation compensatoire.
Vivant en couple avec une conjointe non déposante percevant des ressources et 4 enfants à charge, il doit faire face à des charges mensuelles de 2776 € décomposées comme suit :
Loyer hors les charges déjà prises en compte dans les forfaits :
charges courantes :
672 €
2104 €
€
€
(montant forfaitaire actualisé pour 4 enfants à charge comprenant le forfait de base, le forfait habitation, et le forfait chauffage)
Si Monsieur [G] soutient verser 200 euros par mois à sa mère, il ne démontre ni la réalité de cette dépense, ni être tenu d’une obligation alimentaire envers sa mère, de sorte que ce poste de dépense ne peut être retenu dans ses charges.
L’état de surendettement est donc incontestable avec une capacité de remboursement correspondant au maximum de la quotité saisissable, soit la somme de 592 euros par mois, supérieure à celle retenue par la commission.
Monsieur [G] étant à l’origine de la contestation, il n’y a pas lieu, dans son intérêt, de modifier la capacité de remboursement à la hausse par rapport à celle retenue par la commission à la somme de 500 euros, laquelle permettra à la famille une certaine marge de manœuvre financière.
Il y a toutefois lieu d’arrêter un nouveau plan de remboursement sur une durée de 42 mois, une fois actualisées la dette locative et la créance de la société [13]. Afin ne de pas aggraver la situation financière de la famille, le taux d’intérêt des prêts est ramené à zéro et les dettes reportées ou rééchelonnées ne produiront pas intérêts
L’article 696 alinéa 1er du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En l’espèce, à défaut de partie perdante au sens des dispositions susvisées, il convient de prévoir que chacune des parties doit supporter les dépens qu’elle aura engagés dans le cadre de la présente instance.
PAR CES MOTIFS
Le juge, statuant publiquement, par mise à disposition du jugement au greffe à la date indiquée à l’issue des débats en audience publique en application de l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile, par jugement réputé contradictoire et rendu en premier ressort,
DIT recevable en la forme le recours formé par Monsieur [G] [B] ;
FIXE, pour les besoins de la procédure de surendettement, la créance de la société [21] à la somme de 2772,57 euros,
FIXE, pour les besoins de la procédure de surendettement, la créance de la société [14] n°6022014484 à la somme de 2508,11 euros,
ARRÊTE les mesures propres à traiter la situation de surendettement de Monsieur [G] [B] selon les modalités suivantes :
les dettes sont rééchelonnées sur une durée de 42 mois ;le taux d’intérêt des prêts est ramené à zéro et les dettes reportées ou rééchelonnées ne produiront pas intérêts ;les dettes sont apurées selon le plan annexé à la présente décision ;
DIT que les versements devront intervenir avant le 10 de chaque mois, le plan commençant à s’appliquer à compter du deuxième mois suivant la signification du présent jugement ;
DIT que Monsieur [G] [B] devra prendre l’initiative de contacter les créanciers pour mettre en place les modalités pratiques de règlement des échéances ;
RAPPELLE qu’à défaut de paiement d’une seule de ces échéances à son terme, l’ensemble du plan est de plein droit caduc quinze jours après une mise en demeure adressée à Monsieur [G] [B] d’avoir à exécuter ses obligations et restée infructueuse ;
RAPPELLE qu’aucune voie d’exécution ne pourra être poursuivie par l’un quelconque des créanciers pendant toute la durée d’exécution des mesures sauf à constater la caducité de ces dernières ;
RAPPELLE que les créances telles que définitivement arrêtées par la commission lors de l’établissement du passif ne peuvent avoir produit d’intérêts ou généré de pénalités de retard jusqu’à la mise en œuvre du plan résultant de la présente décision ;
DIT qu’il appartiendra à Monsieur [G] [B], en cas de changement significatif de ses conditions de ressources à la hausse comme à la baisse, de ressaisir la commission de surendettement d’une nouvelle demande ;
ORDONNE à Monsieur [G] [B] pendant la durée du plan de ne pas accomplir d’acte qui aggraverait sa situation financière, sauf autorisation préalable du juge, et notamment :
d’avoir recours à un nouvel emprunt ;de faire des actes de disposition étrangers à la gestion normale de son patrimoine ;
RAPPELLE qu’en application de l’article L. 752-3 du code de la consommation ces mesures sont communiquées au fichier national recensant les informations sur les incidents de paiement caractérisés, géré par la [10] et qu’une inscription sera maintenue pendant toute la durée du plan sans pouvoir excéder sept ans ;
RAPPELLE qu’en application de l’article R. 713-10 du code de la consommation la présente décision est exécutoire de plein droit à titre provisoire ;
RAPPELLE qu’en vertu de l’article R. 722-1 du code de la consommation, il incombe à chacune des parties, et notamment à Monsieur [G] [B], d’informer le secrétariat de la commission de surendettement des particuliers de tout changement d’adresse en cours de procédure ;
LAISSE à la charge de chacune des parties les dépens qu’elle aura engagés dans le cadre de la présente instance ;
DIT que la décision sera notifiée par lettre recommandée avec avis de réception à Monsieur [G] [B] et ses créanciers, et par lettre simple à la [12].
Ainsi jugé et prononcé à [Localité 22], le 5 février 2026,
LE GREFFIER LE JUGE
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