Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, tpx ver surend ctx, 12 mai 2026, n° 25/00402 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00402 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Se dessaisit ou est dessaisi au profit d'une autre juridiction |
| Date de dernière mise à jour : | 26 mai 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE VERSAILLES
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Localité 1]
SURENDETTEMENT
N° RG 25/00402 – N° Portalis DB22-W-B7J-TK6N
[1] N° : 000325004962
Nac : 48J
JUGEMENT
Du : 12 Mai 2026
SA D’HLM [2]
C/
[Q] [R], [3], [4], [5], [6], [7].
expédition exécutoire
délivrée le
à
expédition certifiée conforme
délivrée par LRAR aux parties et par LS à la commission de surendettement des particuliers
le :
Minute : /2026
JUGEMENT
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Le 12 Mai 2026 ;
Sous la Présidence de M. Yohan DESQUAIRES, Vice-Président au tribunal judiciaire de Versailles, chargé des fonctions de juge des contentieux de la protection statuant en matière de surendettement, assisté de Madame Elisa LECHINE, Greffier ;
Après débats à l’audience du 10 Mars 2026, le jugement suivant a été rendu ;
ENTRE :
DEMANDEUR(S) :
SA D’HLM [2]
[Adresse 3]
[Localité 2]
représentée par Me Aude LACROIX, avocat au barreau de PARIS
ET :
DEFENDEUR(S) :
Mme [Q] [R]
[Adresse 4]
[Adresse 5]
[Localité 3]
non comparante, ni représentée
[3]
Chez SYNERGIE
[Adresse 6]
[Localité 4]
non comparante, ni représentée
[4]
[Adresse 7]
[Adresse 8]
[Localité 5]
non comparante, ni représentée
[5]
Chez [Localité 6] Contentieux
Service Surendettement
[Localité 7]
non comparante, ni représentée
[6]
Agence Surendettement
[Adresse 9]
[Localité 8]
non comparante, ni représentée
[7].
Chez [6]
Agence Surendettement – TSA 71930
[Localité 8]
non comparante, ni représentée
A l’audience du 10 Mars 2026, le Tribunal a entendu les parties et mis l’affaire en délibéré au 12 Mai 2026.
EXPOSE DU LITIGE
Suivant déclaration enregistrée au secrétariat le 4 mars 2025, Madame [Q] [R] a saisi la commission de surendettement des particuliers des Yvelines aux fins d’ouverture d’une procédure de traitement de sa situation de surendettement.
Le 31 mars 2025, la commission a déclaré la demande recevable.
Estimant la situation de Madame [Q] [R] irrémédiablement compromise, la commission a imposé le 4 août 2025 un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire.
La société [H] [M], à qui cette décision a été notifiée par lettre recommandée avec avis de réception reçue le 11 août 2025, a saisi le juge des contentieux de la protection de la chambre de proximité de [Localité 9], d’une contestation par lettre recommandée avec avis de réception expédiée le 28 août 2025.
Conformément aux dispositions de l’article R. 741-11 du code de la consommation, Madame [Q] [R] et ses créanciers ont été convoqués à l’audience du 10 mars 2026, par lettre recommandée avec avis de réception.
A l’audience, la société [8] sollicite un renvoi du dossier devant la commission de surendettement pour mise en place d’un moratoire ou d’un plan, estimant que la situation de la déposante n’est pas irrémédiablement compromise, en ce qu’elle est âgée de 30 ans, qu’il est possible qu’elle revienne à meilleure fortune au vu de son âge, et de la fin de son arrêt maladie en cours. Elle ajoute que celle-ci respecte un plan d’apurement à hauteur de 150€ par mois en plus du loyer courant.
Usant de la faculté ouverte par les dispositions de l’article R. 713-4 alinéa 5 du code de la consommation de comparaître par écrit, en justifiant que son adversaire a eu connaissance de ses conclusions avant l’audience par lettre recommandée avec accusé de réception, Madame [R] a fait parvenir au greffe ses écritures, par courrier recommandé reçu le 6 février 2026, et sollicite du tribunal qu’il confirme l’effacement de ses dettes, ou à défaut, envisage un plan tenant compte de la baisse durable de ses ressources. Elle produit des justificatifs sur ses ressources et ses charges, indiquant que son contrat à durée déterminée se termine au 31 mars 2026, et qu’elle percevra ensuite 945 € d’allocation de retour à l’emploi.
Malgré signature de l’avis de réception de leurs lettres de convocation, les autres créanciers ne sont pas représentés et n’ont formulé aucune observation par écrit, sauf pour informer la juridiction de leur absence et / ou rappeler le montant de leurs créances.
A l’issue des débats, la décision est mise en délibéré au 12 mai 2026.
MOTIFS DE LA DÉCISION
La société [8] est dite recevable en sa contestation du rétablissement personnel sans liquidation judiciaire imposé par la commission formée dans le délai de trente jours de la notification qui lui en a été faite, conformément aux dispositions des articles L. 741-4 et R. 741-1 du code de la consommation.
Aux termes de l’article L. 711-1 du code de la consommation, le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. La situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir ou à l’engagement donné de cautionner ou acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société.
Il résulte des dispositions des articles L. 724-1 et L. 741-6 du code de la consommation que si l’examen de la demande de traitement de la situation de surendettement fait apparaître que le débiteur se trouve dans la situation irrémédiablement compromise caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en œuvre les mesures de traitement prévues aux articles L. 732-1, L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7 du code de la consommation et ne possède que des biens meublants nécessaires à la vie courante et des biens non professionnels indispensables à l’exercice de son activité professionnelle, ou que l’actif n’est constitué que de biens dépourvus de valeur marchande ou dont les frais de vente seraient manifestement disproportionnés au regard de leur valeur vénale, le juge prononce un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire. S’il constate que la situation du débiteur n’est pas irrémédiablement compromise, il renvoie le dossier à la commission.
En l’absence de contestation sur la validité et le montant des créances, le montant du passif est fixé par référence à celui retenu par la commission, sous réserve des paiements éventuellement intervenus en cours de procédure.
Par ailleurs, il ressort des justificatifs produits à l’audience et de l’état descriptif de situation dressé par la commission de surendettement des particuliers des Yvelines que Madame [Q] [R] dispose de ressources mensuelles d’un montant total de 1440 € réparties comme suit :
Salaire : 444 €
prime d’activité : 289€
allocation logement : 210 €
prestations familiales : 347 €
pension alimentaire : 150 €
En application des dispositions des articles R. 731-1 et R. 731-2 du code de la consommation, la part des ressources mensuelles du débiteur à affecter à l’apurement des dettes est calculé par référence au barème prévu à l’article R. 3252-2 du code du travail, sans que cette somme puisse excéder la différence entre le montant des ressources mensuelles de l’intéressé et le montant forfaitaire du revenu de solidarité active applicable au foyer du débiteur, et dans les conditions prévues aux articles L. 731-1, L. 731-2 et L. 731-3, de manière à ce qu’une partie des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité.
En l’espèce, la part des ressources mensuelles de Madame [Q] [R] à affecter théoriquement à l’apurement de ses dettes, en application du barème de saisies des rémunérations, s’élèverait à la somme de 156 €.
Cependant, compte tenu des éléments du dossier, il est impossible de retenir la stricte application du barème à l’ensemble des ressources de Madame [Q] [R] qui ne pourrait plus faire face à ses charges courantes.
En effet, le juge comme la commission doivent toujours rechercher la capacité réelle de remboursement du débiteur eu égard aux charges particulières qui peuvent être les siennes.
Le montant des dépenses courantes du ménage est calculé en fonction des barèmes fixés par la commission de surendettement dans son règlement intérieur et prenant en compte la composition de la famille.
Le forfait de base comprend les dépenses courantes d’alimentation, d’habillement, d’hygiène et ménagères, ainsi que les frais de santé (63 € + 22 € par personne supplémentaire), de transports et les menues dépenses courantes.
Les dépenses de santé, dont la mutuelle (pour le montant excédant 63 €), sont retenus sur la base des éléments fournis par le débiteur en fonction de la composition familiale du foyer.
Le forfait habitation couvre les dépenses courantes inhérentes à l’habitation telles que l’eau, l’électricité (hors chauffage), le téléphone, et l’assurance habitation.Le forfait chauffage comprend les frais liés au chauffage de l’habitation.Pour le forfait chauffage, l’évaluation forfaitaire peut être complétée sur présentation des justificatifs si les dépenses réelles sont supérieures. Les provisions sur charges de chauffage, en ce qu’elles sont par nature provisoires et susceptibles de régularisation à la hausse comme à la baisse, ne peuvent être prises en compte en lieu et place du forfait chauffage.
En plus de ces forfaits, il convient de prendre en compte les charges au réel sur justificatif, notamment :
— Le loyer hors charges forfaitisées;
— Les frais de garde et/ou de scolarité de personne à charge ;
— L’assurance prêt immobilier (montant réel) ;
— Les impôts : impôt sur le revenu, taxe d’habitation, taxe foncière ;
— Le versement d’une pension alimentaire ou d’une prestation compensatoire.
Elevant seule 2 enfants, elle doit faire face à des charges mensuelles de 2700 € décomposées comme suit :
Logement hors les charges
déjà prises en compte dans les forfaits : 672 €
charges courantes : 1620 € (montant forfaitaire actualisé comprenant le forfait de base, leforfait habitation et le forfait chauffage pour 3 personnes)
frais de garde et de cantine : 408 €
Dans ces conditions, sa capacité réelle de remboursement est nulle.
Toutefois, ses difficultés actuelles s’expliquent par son arrêt maladie et la fin imminente de son contrat à durée déterminée, laquelle commande de lui laisser le temps d’un retour à l’emploi. Madame [Q] [R], qui n’a encore bénéficié d’aucune mesure en matière de surendettement, est encore éligible notamment à une suspension d’exigibilité des créances d’une durée maximum de 24 mois en application de l’article L. 733-1 4° du code de la consommation, notamment afin de permettre la reprise d’un emploi à temps complet.
Dès lors, sa situation ne peut être qualifiée d’irrémédiablement compromise au sens de l’article L. 724-1 alinéa 2 du code de la consommation.
En conséquence, il convient de dire n’y avoir lieu au prononcé d’une mesure de rétablissement personnel et de renvoyer le dossier à la commission de surendettement conformément aux dispositions de l’article L. 741-6 alinéa 4 du code de la consommation, aux fins de mise à jour des éléments du dossier et de mise en œuvre des mesures de traitement prévues aux articles L. 732-1, L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7 du code de la consommation.
L’article 696 alinéa 1er du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En l’espèce, à défaut de partie perdante au sens des dispositions susvisées, il convient de prévoir que chacune des parties doit supporter les dépens qu’elle aura engagés dans le cadre de la présente instance.
PAR CES MOTIFS
Le juge, statuant publiquement, par mise à disposition du jugement au greffe à la date indiquée à l’issue des débats en audience publique en application de l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile, par jugement réputé contradictoire et rendu en dernier ressort,
DIT recevable en la forme le recours formé par La société [8] à l’encontre de la décision de la commission de surendettement des particuliers des Yvelines en date du 4 août 2025 ;
CONSTATE que la situation de Madame [Q] [R] n’est pas irrémédiablement compromise au sens de l’article L. 724-1 alinéa 2 du code de la consommation ;
DIT n’y avoir lieu au prononcé d’une mesure de rétablissement personnel à son profit ;
RENVOIE le dossier de Madame [Q] [R] devant la commission de surendettement des particuliers des Yvelines aux fins de mise à jour des éléments du dossier et de mise en œuvre des mesures de traitement prévues aux articles L. 732-1, L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7 du code de la consommation ;
RAPPELLE qu’en vertu de l’article R. 722-1 du code de la consommation, il incombe à chacune des parties, et notamment à Madame [Q] [R], d’informer le secrétariat de la commission de surendettement des particuliers de tout changement d’adresse en cours de procédure ;
LAISSE à la charge de chacune des parties les dépens qu’elle aura engagés dans le cadre de la présente instance ;
DIT que la décision sera notifiée par lettre recommandée avec avis de réception à Madame [Q] [R] et ses créanciers, et par lettre simple à la commission de surendettement des particuliers des Yvelines;
Ainsi jugé et prononcé à [Localité 9], le 12 mai 2026,
LE GREFFIER LE JUGE
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Assesseur ·
- Désistement ·
- Identifiants ·
- Instance ·
- Trop perçu ·
- Dessaisissement ·
- Courriel ·
- Minute ·
- Dette
- Cotisations ·
- Urssaf ·
- Contrainte ·
- Revenu ·
- Sécurité sociale ·
- Retard ·
- Paiement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Montant ·
- Renvoi
- Responsabilité et quasi-contrats ·
- Tribunal judiciaire ·
- Provision ·
- Consolidation ·
- Partie ·
- Référé ·
- Préjudice ·
- Dire ·
- Déficit ·
- Expertise judiciaire ·
- Cliniques
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Tribunal judiciaire ·
- Territoire français ·
- Algérie ·
- Notification ·
- Représentation ·
- Interprète ·
- Éloignement ·
- Ordonnance
- Tribunal judiciaire ·
- Hospitalisation ·
- Centre hospitalier ·
- Santé publique ·
- Pays ·
- Trouble ·
- Personnes ·
- Département ·
- L'etat ·
- Certificat médical
- Contrat tendant à la réalisation de travaux de construction ·
- Contrats ·
- Commissaire de justice ·
- Résolution du contrat ·
- Baignoire ·
- Devis ·
- Inexecution ·
- Professionnel ·
- Tribunal judiciaire ·
- Fourniture ·
- Consommateur ·
- Réalisation
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Assureur ·
- Adresses ·
- Tribunal judiciaire ·
- Société anonyme ·
- Responsabilité civile ·
- Demande d'expertise ·
- Siège social ·
- Siège ·
- Architecte ·
- Expert
- Consommation ·
- Déchéance ·
- Tribunal judiciaire ·
- Contentieux ·
- Protection ·
- Crédit ·
- Information ·
- Intérêts conventionnels ·
- Prêt ·
- Offre
- Loyer ·
- Clause resolutoire ·
- Locataire ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expulsion ·
- Résiliation du bail ·
- Dette ·
- Commandement de payer ·
- Adresses ·
- Délais
Sur les mêmes thèmes • 3
- Hospitalisation ·
- Centre hospitalier ·
- Tribunal judiciaire ·
- Santé publique ·
- Certificat médical ·
- Arrêté municipal ·
- Ministère public ·
- Ministère ·
- Période d'observation ·
- Trouble
- Habitat ·
- Locataire ·
- Loyer ·
- Expulsion ·
- Clause resolutoire ·
- Commandement de payer ·
- Bailleur ·
- Résiliation du bail ·
- Commissaire de justice ·
- Indemnité d 'occupation
- Maroc ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mariage ·
- Divorce ·
- Adresses ·
- Famille ·
- Cabinet ·
- Épouse ·
- Date ·
- Juge
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.