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Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, tpx mlj jcp fond, 9 janv. 2026, n° 25/00674 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00674 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 6 février 2026 |
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Texte intégral
/
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE VERSAILLES
TRIBUNAL
DE PROXIMITÉ DE
MANTES LA [Localité 11]
[Adresse 6]
[Localité 8]
[Courriel 10]
☎ : [XXXXXXXX01]
N° RG 25/00674 – N° Portalis DB22-W-B7J-TJ2X
JUGEMENT
DU : 09 Janvier 2026
MINUTE : /2026
DEMANDEUR :
[B], [N], [E] [U]
DEFENDEURS :
[F] [T] [H], [Z] [M]
exécutoire
délivrée le
à :
expédition
délivrée le
à :
/
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
JUGEMENT
DU 09 Janvier 2026
L’AN DEUX MIL VINGT SIX ET LE NEUF JANVIER
Après débats à l’audience publique du tribunal de proximité de Mantes la Jolie, tenue le 07 Novembre 2025 ;
ENTRE :
DEMANDEUR :
M. [B], [N], [E] [U]
[Adresse 3]
[Localité 7]
comparant et accompagné de M.[Y] [S], gestionnaire
ET :
DEFENDEURS :
Mme [F] [T] [H]
[Adresse 4]
[Localité 8]
non comparante
M. [Z] [M]
[Adresse 2]
[Localité 9]
non comparant
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Sous la présidence de Marie WILLIG, Magistrate au tribunal judiciaire de Versailles, chargée des fonctions de juge des contentieux de la protection au tribunal de proximité de Mantes la Jolie,
Greffière lors des débats : Vanessa BENRAMDANE
Greffière signataire : Vanessa BENRAMDANE
La présidente a avisé les parties que le jugement serait rendu par mise à disposition au greffe le 09 Janvier 2026 aux heures d’ouverture au public, conformément aux dispositions de l’article 450 al.2 du code de procédure civile.
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous seing privé en date du 2 avril 2024, Monsieur [B] [U] a donné à bail à Madame [F] [T] [H] un appartement situé [Adresse 5], pour un loyer mensuel de 600 euros, charges comprises (sauf EDF et eau individuelles).
Dans le contrat de bail du 2 avril 2024, Monsieur [Z] [M] s’est porté caution des engagements de Madame [F] [T] [H].
Par acte de commissaire de justice en date du 10 avril 2025, Monsieur [B] [U] a fait signifier à Madame [F] [T] [H] un commandement de payer visant la clause résolutoire pour un montant de 1800 euros en principal, au titre des loyers et charges impayés et d’avoir à justifier de l’assurance du logement.
Ce commandement de payer a été dénoncé à Monsieur [Z] [M], en date du 27 juin 2025.
Par notification électronique du 18 avril 2025 Monsieur [B] [U] a saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX).
Par acte de commissaire de justice en date du 13 août 2025, Monsieur [B] [U] a fait assigner Madame [F] [T] [H] et Monsieur [Z] [M] devant le juge des contentieux de la protection aux fins de :
à titre principal, constater l’acquisition de la clause résolutoire,à titre subsidiaire, prononcer la résiliation judiciaire du bail,ordonner l’expulsion de Madame [F] [T] [H] ainsi que de tout occupant de son chef, avec au besoin l’assistance de la force publique,autoriser le transport et la séquestration des meubles et objets mobiliers se trouvant dans les lieux dans tel lieu qu’il plaira au bailleur aux frais des défendeurs / dans les conditions du code des procédures civiles d’exécution,condamner Madame [F] [T] [H] Monsieur [Z] [M] au paiement des sommes suivantes :la somme de 3 600 euros au titre de la dette locative arrêtée au 1er juin 2025, une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer mensuel et des charges locatives, à compter de la résiliation du bail jusqu’à libération effective des lieux,la somme de 450 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, les dépens, comprenant le coût du commandement de payer, de la présente assignation incluant les frais de notification au représentant de l’Etat, et de tous les frais postérieurs d’exécution,rappeler que la décision à intervenir bénéficie de l’exécution provisoire.
L’assignation a été dénoncée à la préfecture des Yvelines le 19 août 2025.
À l’audience du 7 novembre 2025, Monsieur [B] [U], présent et assisté du gestionnaire locatif, maintient ses demandes et actualise sa créance à la somme de 6 600 euros arrêtée au 6 novembre 2025, loyer du mois de novembre inclus.
Madame [F] [T] [H], régulièrement assignée par procès verbal de recherches infructueuses, ne comparait pas et n’est pas représentée.
Monsieur [Z] [M], régulièrement assigné par procès verbal de recherches infructueuses, ne comparait pas et n’est pas représenté.
L’affaire a été mise en délibéré au 9 janvier 2026 par mise à disposition au greffe du tribunal.
MOTIFS DE LA DECISION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
En l’espèce, Madame [F] [T] [H] et Monsieur [Z] [M] assignés par procès-verbal de recherches infructueuses, ne comparaissent pas et ne sont pas représentés à l’audience. Dès lors, la décision étant susceptible d’appel, il y a lieu de statuer par jugement réputé contradictoire en application de l’article 473 du code de procédure civile.
En application de l’article 469 du code de procédure civile, si, après avoir comparu, l’une des parties s’abstient d’accomplir les actes de la procédure dans les délais requis, le juge statue par jugement contradictoire au vu des éléments dont il dispose.
Sur les demandes principales
Sur la recevabilité de la demande
Conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi du 6 juillet 1989, une copie de l’assignation aux fins de constat de la résiliation du bail a été notifiée au représentant de l’Etat dans le département le 19 août 2025, soit au moins six semaines avant l’audience.
Par ailleurs, Monsieur [B] [U] justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) le 18 avril 2025, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 13 août 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
En conséquence, la demande de Monsieur [B] [U] aux fins de constat de résiliation du bail pour défaut de paiement des loyers est recevable.
Sur la demande en paiement
Selon l’article 7a) de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer les loyers et charges aux termes convenus.
Aux termes de l’article 4 p) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, est réputée non écrite toute clause qui fait supporter au locataire des frais de relance ou d’expédition de la quittance ainsi que les frais de procédure en plus des sommes versées au titre des dépens et de l’article 700 du code de procédure civile. Il résulte de ces dispositions que le bailleur ne peut mettre à la charge du locataire les frais relatifs au recouvrement amiable ou contentieux de sa créance au titre de l’arriéré locatif.
En application de l’article 1353 du code civil, il appartient à celui qui demande l’exécution d’une obligation d’en rapporter la preuve.
En l’espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du bail signé le 2 avril 2024, du commandement de payer délivré le 10 avril 2025 et du décompte de la créance actualisé au 1er juin 2025 que Monsieur [B] [U] rapporte la preuve de l’arriéré de loyers et charges impayés.
En conséquence, il convient de condamner Madame [F] [T] [H] à payer à Monsieur [B] [U] la somme de 3 600 euros, au titre des sommes dues au 1er juin 2025 avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement.
Sur la demande d’acquisition de la clause résolutoire
L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans sa rédaction issue de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 dispose que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
En l’espèce, le bail contient une clause résolutoire qui prévoit qu’à défaut de paiement des loyers ou charges après délivrance d’un commandement de payer resté sans effet pendant deux mois, le bail sera résilié de plein droit.
Un commandement de payer visant la clause résolutoire a été signifié par commissaire de justice en date du 10 avril 2025.
Il ressort des pièces communiquées que les sommes dues dont le paiement était demandé n’ont pas été réglées dans le délai de deux mois.
Les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont en principe réunies à l’expiration du délai de deux mois à compter du commandement de payer, tel que visé dans la clause résolutoire, plus favorable à la locataire, soit le 10 juin 2025 à 24 heures et il y a lieu en conséquence de constater la résiliation du bail conclu le 2 avril 2024 à compter du 11 juin 2025.
Il convient par conséquent d’ordonner l’expulsion de Madame [F] [T] [H] et de tous occupants de son chef des lieux loués selon les modalités prévues au dispositif.
Le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
Sur la fixation de l’indemnité d’occupation due par Madame [F] [T] [H]
Selon l’article 1730 du code civil, à l’expiration du bail le locataire doit restituer les locaux. La restitution des lieux implique la remise des clefs.
Aux termes de l’article 1240 du code civil, tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. Il résulte de ce texte que l’occupant sans droit ni titre d’un local est tenu d’une indemnité d’occupation envers le propriétaire. L’indemnité d’occupation, dont la nature mixte, compensatoire et indemnitaire, constitue la contrepartie de l’occupation du bien après résiliation du bail et de son indisponibilité pour le bailleur.
En l’espèce, le bail se trouve résilié depuis le 11 juin 2025, Madame [F] [T] [H] est occupante sans droit ni titre depuis cette date. Il convient donc de fixer une indemnité d’occupation à compter de cette date, égale au montant du loyer révisé augmenté des charges qui auraient été dus si le bail s’était poursuivi, et de condamner Madame [F] [T] [H] à son paiement à compter du 11 juin 2025, jusqu’à la libération effective des lieux.
Sur les demandes à l’encontre de Monsieur [Z] [M]
Selon l’article 2288 du code civil, celui qui se rend caution d’une obligation se soumet envers le créancier à satisfaire à cette obligation, si le débiteur n’y satisfait pas lui-même.
L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dispose que lorsque les obligations résultant d’un contrat de location conclu en application du présent titre sont garanties par un cautionnement, le commandement de payer est signifié à la caution dans un délai de quinze jours à compter de sa signification au locataire, à défaut, la caution ne pouvant être tenue au paiement des pénalités ou des intérêts de retard.
En l’espèce, Monsieur [Z] [M] s’est porté caution pour le paiement des loyers, charges et indemnités d’occupation dues par la locataire, pour la durée du bail conclu le 2 avril 2024.
Par ailleurs, le commandement de payer du 10 avril 2025 a été régulièrement dénoncé à Monsieur [Z] [M] le 27 juin 2025.
Par conséquent, il convient de condamner Monsieur [Z] [M] à payer 3 600 euros au bailleur, celui-ci étant tenu solidairement avec la locataire
Sur les demandes accessoires
En application des dispositions des articles 696 et suivants du code de procédure civile, il convient de condamner in solidum Madame [F] [T] [H] et Monsieur [Z] [M] aux dépens de l’instance comprenant les frais de signification du commandement de payer et de l’assignation, et de notification à la préfecture et de saisine de la CCAPEX.
Il convient également de condamner in solidum Madame [F] [T] [H] et Monsieur [Z] [M] à payer à Monsieur [B] [U] la somme de 250 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, le présent jugement est assorti de l’exécution provisoire, de droit.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant en audience publique, par jugement réputé contradictoire en premier ressort, rendu par mise à disposition au greffe le jour de son délibéré,
DECLARE recevable la demande de Monsieur [B] [U] aux fins de constat de l’acquisition de la clause résolutoire.
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail conclu le 2 avril 2024 entre Monsieur [B] [U] d’une part, et Madame [F] [T] [H] d’autre part, concernant les locaux situés [Adresse 5], sont réunies à la date du 11 juin 2025.
CONSTATE la résiliation du bail à compter de cette date.
ORDONNE, à défaut de départ volontaire des lieux, l’expulsion de Madame [F] [T] [H] ainsi que de tout occupant de son chef, dans un délai de deux mois à compter de la signification d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, avec l’assistance de la force publique si besoin est, ainsi que le transport des meubles laissés dans les lieux loués, conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
FIXE le montant de l’indemnité d’occupation mensuelle due par Madame [F] [T] [H] à compter du 11 juin 2025, date de la résiliation du bail, et jusqu’à la libération définitive des lieux, à une somme égale au montant mensuel du loyer indexé et des charges qui auraient été dus si le bail s’était poursuivi.
CONDAMNE Madame [F] [T] [H] à payer à Monsieur [B] [U] la somme de 3 600 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés au 1er juin 2025 échéance de juin incluse, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
CONDAMNE Madame [F] [T] [H] à payer à Monsieur [B] [U] l’indemnité d’occupation mensuelle à compter du 1er juin 2025, échéance de juillet, et jusqu’à complète libération des lieux, avec intérêts au taux légal à compter de l’exigibilité de chacune des échéances.
CONDAMNE Monsieur [Z] [M] solidairement avec Madame [F] [T] [H], dans la limite de son engagement de caution, au paiement des sommes dues au bailleur arrêtées au 1erjuin 2025, soit la somme de 3 600 euros.
CONDAMNE in solidum Madame [F] [T] [H] et Monsieur [Z] [M] à payer à Monsieur [B] [U] la somme de 250 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
CONDAMNE in solidum Madame [F] [T] [H] et Monsieur [Z] [M] aux dépens de l’instance, comprenant les frais de signification du commandement de payer du 10 avril 2025 et de l’assignation, et le coût de la notification de l’assignation à la préfecture, et de la saisine de la CCAPEX.
RAPPELLE que le présent jugement est assorti de l’exécution provisoire de droit.
Ainsi jugé et prononcé les jour, mois et an susdits et ont signé :
LA GREFFIERE LA PRESIDENTE
Vanessa BENRAMDANE Marie WILLIG
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