Infirmation 1 juin 2023
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Cassation 26 mars 2025
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Sur la décision
| Référence : | CA Bordeaux, ch. soc. sect. a, 28 oct. 2025, n° 25/01755 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Bordeaux |
| Numéro(s) : | 25/01755 |
| Importance : | Inédit |
| Sur renvoi de : | Cour de cassation, 26 mars 2025, N° 18/02 |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 6 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : | Syndicat C.G.T. PRIDE-FORASOL-FORAMER agissant, son représentant légal domicilié en cette qualité au siège [ Adresse 2 ], Syndicat C.G.T. PRIDE-FORASOL-FORAMER c/ son représentant, S.A.S. PRIDE FORASOL |
Texte intégral
COUR D’APPEL DE BORDEAUX
CHAMBRE SOCIALE – SECTION A
— -------------------------
ARRÊT DU : 28 OCTOBRE 2025
N° RG 25/01755 – N° Portalis DBVJ-V-B7J-OHJG
Monsieur [Y] [U]
Syndicat C.G.T. PRIDE-FORASOL-FORAMER
c/
S.A.S. PRIDE FORASOL
Nature de la décision : AU FOND
SUR RENVOI DE CASSATION
Grosse délivrée le :
à
Me Claire LE BARAZER de la SELARL AUSONE AVOCATS, avocat au barreau de BORDEAUX
Me Pierre FONROUGE de la SELARL KPDB INTER-BARREAUX, avocat au barreau de BORDEAUX
Décision déférée à la cour : jugement rendu le 3 mai 2021 (R.G. 18/02 ) par le conseil de prud’hommes de PAU – Formation de départage – suite cassation partielle par arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation en date du 26 mars 2025, de l’arrêt rendu le 1er juin 2023 par la cour d’appel de Pau ( RG 21/1928), suivant déclaration de saisine en date du 07 avril 2025
DEMANDEURS SUR RENVOI DE CASSATION :
Monsieur [Y] [U]
né le 18 juillet 1958 à [Localité 3] (65)
de nationalité française,
demeurant [Adresse 1]
Syndicat C.G.T. PRIDE-FORASOL-FORAMER agissant en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité au siège [Adresse 2]
représentés par Me Claire LE BARAZER de la SELARL AUSONE AVOCATS, avocat au barreau de BORDEAUX et assistés de Me Carine BONNET, avocat au barreau de PARIS
DEFENDERESSE SUR RENVOI DE CASSATION :
S.A.S. PRIDE FORASOL prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité au siège [Adresse 2]
représentée par Me Pierre FONROUGE de la SELARL KPDB INTER-BARREAUX, avocat au barreau de BORDEAUX et assistée de Me France LENAIN, avocat au barreau de PARIS
COMPOSITION DE LA COUR :
L’affaire a été débattue le 15 septembre 2025 en audience publique, devant la cour composée de :
Madame Sylvie Hylaire, présidente
Madame Catherine Brisset, présidente
Madame Laure Quinet, conseillère
qui en ont délibéré.
Greffier lors des débats :Evelyne Gombaud
ARRÊT :
— contradictoire
— prononcé publiquement par mise à disposition de l’arrêt au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues à l’article 450 alinéa 2 du code de procédure civile.
***
EXPOSÉ DU LITIGE
1 – La société par action simplifiée Pride Forasol est une filiale française du groupe international Ensco, devenue en 2020, à la suite de la fusion avec le Groupe Rowan, le groupe britannique Valaris Limited. Ce dernier est prestataire de forage en mer (« off-shore ») pour les industriels du secteur pétrolier et gazier. La société Pride Forasol fournit des équipements et services pour les activités de forage en mer du groupe Valaris.
M. [Y] [U] a été embauché en qualité de sondeur niveau 1 par la société Pride Forasol, selon contrat de travail à durée indéterminée à compter du 16 mars 1981, régi par la convention collective nationale des travaux publics. Il est actuellement toujours dans l’entreprise, relevant de la classification chef électricien, niveau F.
2 – À compter de 1984, M. [U] a exercé différents mandats syndicaux et de représentation du personnel.
3 – Un protocole transactionnel a été signé entre le salarié et son employeur le 15 novembre 2005 et prévoyait l’octroi d’une somme globale et forfaitaire de 20 000 euros et d’une augmentation annuelle du montant de sa rémunération salariale brute entre janvier 2006 et janvier 2009 devant aboutir, au terme de l’année 2017, à une augmentation totale de salaire de 90 915 euros.
4 – Estimant avoir à nouveau été victime d’une discrimination syndicale après avoir bénéficié de ce rattrapage, M. [U] a saisi le 2 janvier 2018 le conseil de prud’hommes de Pau de demandes de repositionnement dans la grille de classification à compter du 1er janvier 2012 et de condamnation de l’employeur à lui payer des dommages et intérêts, en réparation du préjudice professionnel et de carrière subi du fait de la discrimination, de celui subi en matière de retraite et pour non-respect des accords collectifs lui interdisant toute discrimination.
Deux de ses collègues, M. [P] et M. [E], ont saisi la juridiction prud’homale de demandes similaires.
Le syndicat CGT Pride-Forasol-Foramer est intervenu volontairement à l’instance.
4 – Par jugement rendu en formation de départage le 3 mai 2021, le conseil de prud’hommes a :
— déclaré M. [U] et le syndicat CGT Pride-Forasol-Foramer irrecevables,
— condamné M. [U] aux dépens d’instance,
— condamné M. [U] à payer à la société Pride Forasol la somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles.
Par arrêt du 1er juin 2023, la cour d’appel de Pau, saisie par l’appel de M. [C] et du syndicat, a :
— débouté M. [U] de sa demande d’annulation du jugement du conseil de prud’hommes de Pau en date du 3 mai 2021,
— infirmé le jugement du conseil de prud’hommes de Pau en date du 3 mai 2021,
Statuant à nouveau et y ajoutant,
— débouté la société Pride Forasol de ses demandes de 'ns de non-recevoir tirées de la prescription et de l’existence du protocole transactionnel en date du 15 novembre 2005,
— dit que M. [U] a subi une discrimination en raison de son appartenance syndicale,
— condamné la société Pride Forasol à payer à M. [U] la somme de 100 000 euros en reparation de son préjudice résultant de la discrimination,
— enjoint la société Pride Forasol de reclasser M. [U] à la classification CE10005 position F à compter de la saisine du conseil de prud’hommes, soit le 2 janvier 2018, et à délivrer des bulletins de salaire rectifiés sans qu’il y ait lieu de prononcer une astreinte,
— condamné la société Pride Forasol à payer au syndicat CGT Pride-Forasol-Foramer la somme de 3 000 euros de dommages et intérêts,
— débouté M. [U] et la société Pride Forasol de leur demande de paiement de la somme de 10 000 euros au titre de l’article 4 du protocole transactionnel en date du 15 novembre 2005,
— débouté M. [U] de sa demande de dommages et intérêts pour violation par l’employeur des accords collectifs en vigueur dans l’entreprise et de dommages et intérêts pour préjudice subi en matière de cotisations retraite,
— dit que les sommes allouées porteront intérêts au taux légal à compter de la décision qui les fixe, et ce avec capitalisation conformément à l’article 1343-2 du code civil,
— condamné la société Pride Forasol aux dépens,
— condamné la société Pride Forasol à payer à M. [Y] [U] la somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile,
— condamné la société Pride Forasol à payer au syndicat CGT Pride-Forasol-Foramer la somme de 500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
Par arrêt du 26 mars 2025, la chambre sociale de la Cour de cassation a :
— cassé et annulé l’arrêt rendu le 1er juin 2023, entre les parties, par la cour d’appel de Pau, mais seulement en ce qu’il dit que M. [U] a subi une discrimination en raison de son appartenance syndicale, condamné la société Pride Forasol à lui verser la somme de 100 000 euros en réparation du préjudice résultant de la discrimination, enjoint à la société Pride Forasol de le reclasser agent technique administratif base échelon 15 position F à compter de la saisine du conseil de prud’hommes, soit le 2 janvier 2018 et de produire des bulletins de salaire rectifiés, en ce qu’il a condamné la société Pride Forasol à payer au syndicat CGT Pride-Forasol-Foramer la somme de 3 000 euros à titre de dommages-intérêts et à payer, sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, les sommes de 2 000 euros à M. [U] et 500 euros au syndicat CGT Pride-Forasol-Foramer,
— remis, sur ces points, l’affaire et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d’appel de Bordeaux,
— condamné M. [U] et le syndicat CGT Pride-Forasol-Foramer aux dépens,
— en application de l’article 700 du code de procédure civile, rejeté les demandes,
— dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l’arrêt partiellement cassé.
6 – Le 7 avril 2025, M. [U] et le syndicat CGT Pride-Forasol-Foramer ont saisi la cour d’appel de Bordeaux, désignée comme cour de renvoi par l’arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation du 26 mars 2025.
Par avis adressé le 15 avril 2025, l’affaire été fixée à bref délai à l’audience collégiale du 15 septembre 2025 et la date prévisible de clôture de l’instruction à la date du 29 août 2025.
L’avis ainsi que la déclaration de saisine ont été signifiées à la société Pride Forasol par acte remis à l’étude du commissaire de justice instrumentaire le 22 avril 2025.
Celle-ci a constitué avocat le 6 mai 2025.
L’appelant lui a délivré le même jour une sommation d’avoir à communiquer, pour 19 salariés engagés en qualité de sondeur ou de mécanicien entre 1974 et 1997, ayant évolué vers le statut d’ingénieurs cadres en 2012, les éléments d’information suivants :
— leur date d’entrée dans l’entreprise,
— leur qualification, leur grade et leur coefficient professionnel à l’embauche,
— leur niveau de diplôme à l’embauche,
— leur qualification, leur grade et leur coefficient professionnel en 2012,
— leur éventuelle date de sortie,
— leur qualification, leur grade et leur coefficient professionnel lors de la sortie de l’entreprise,
— leur qualification, leur grade et leur coefficient professionnel actuel, s’ils sont encore présents dans l’entreprise.
Le 3 juin 2025, la société intimée a communiqué un tableau en réponse à cette sommation.
La clôture de la procédure a été prononcée le 15 septembre 2025, jour de l’audience de plaidoirie, avant les débats.
7 – Dans leurs dernières conclusions adressées au greffe par le réseau privé virtuel des avocats le 22 août 2025, M. [U] et le syndicat CGT Pride-Forasol-Foramer demandent à la cour de :
— infirmer le jugement rendu par le conseil de prud’hommes de Pau le 3 mai 2021, en ce qu’il a :
— déclaré M. [U] et le syndicat CGT Pride-Forasol-Foramer irrecevables,
— condamné M. [U] à payer à la société Pride Forasol la somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles,
Juger que par arrêt rendu le 1er juin 2023, la cour d’appel de Pau a, par des chefs de
décision non cassés, jugé définitivement qu’en application de l’article L.1134-5 du code du travail, les demandes de M. [M] [U] ne sont pas prescrites ;
Juger que par arrêt rendu le 1er juin 2023, la cour d’appel de Pau a, par des chefs de
décision non cassés, jugé définitivement que la transaction signée le 15 novembre 2005 entre les parties en vertu de l’article 2048 du code du travail ne concerne pas la période contractuelle postérieure du présent litige ;
Statuant à nouveau,
Juger M. [Y] [U] et le syndicat C.G.T. Pride – Forasol – Foramer recevables et bien fondés en leurs demandes, fins et conclusions ;
Juger que M. [Y] [U] a été victime d’une discrimination syndicale ayant eu des conséquences défavorables sur l’évolution de sa carrière professionnelle et sur sa rémunération depuis janvier 2006 ;
Juger que la rémunération mensuelle brute de M. [U] doit s’élever rétroactivement à partir du 1er janvier 2022 à la somme de 6.502 euros sur 13 mois, outre les congés payés afférents versés par la CNETP ;
Juger que la société Pride Forasol a porté atteinte à l’intérêt collectif de la profession ;
Dans ces conditions :
A titre principal
Ordonner à la société SAS Pride Forasol de repositionner pour l’avenir M. [Y] [U] au coefficient CEI, échelon 13, qualification CEI013, catégorie IAC, position B3, au salaire mensuel brut sur 13 mois de 6 502 euros ;
Condamner la société Pride Forasol à verser à M. [Y] [U] la somme de 365.032 euros à titre de dommages-intérêts en réparation du préjudice salarial que lui a occasionné la discrimination qu’il a subie jusqu’au 31 août 2025 sur son salaire brut, compte tenu du statut cadre auquel il aurait dû accéder au moins depuis 2012 ; Subsidiairement,
Condamner la société Pride Forasol à verser à M. [Y] [U] la somme de 283.038 euros à titre de dommages-intérêts en réparation du préjudice salarial sur son salaire mensuel brut que lui a occasionné la discrimination qu’il a subie jusqu’au 31 août 2025 compte tenu des augmentations individuelles régulières dont il n’a pas bénéficié ;
En tout état de cause,
Condamner la société Pride Forasol à verser à M. [Y] [U] la somme de 30.000 euros à titre de dommages-intérêts en réparation du préjudice salarial qu’il a subi du fait du non versement de la prime journalière et de la prime de majoration géographique en raison de l’absence progressive d’affectation, d’ordre discriminatoire, sur des chantiers à compter de 2013 ;
Condamner la société Pride Forasol à verser à M. [Y] [U] la somme de 30.000 euros à titre de dommages-intérêts en réparation du préjudice moral que lui a occasionné la discrimination subie ;
Condamner la société Pride Forasol à verser à M. [Y] [U] la somme de 119.643 euros à titre de dommages-intérêts en réparation du préjudice subi en matière de cotisations retraites, que lui a occasionné la discrimination subie ;
A titre subsidiaire,
Désigner tel expert qu’il plaira à la cour et l’investir de la mission de :
— se rendre sur place au siège de la société Pride Forasol,
— se faire communiquer tous documents et pièces qu’il estimera utiles à l’accomplissement de sa mission,
Ordonner à la société société Pride Forasol de produire :
— Les contrats de travail et les bulletins de paie de salariés disposant au moment de l’embauche, de la même qualification que M. [Y] [U], et qui ont débuté au maximum quatre ans avant lui et de leur évolution de carrière ;
— Les contrats de travail et les bulletins de paie de salariés disposant au moment de l’embauche, de la même qualification que M. [Y] [U], et qui ont débuté au maximum quatre ans après lui et de leur évolution de carrière ;
Ordonner à la société Pride Forasol de déterminer :
— L’évolution de la rémunération pour chacun d’entre eux et notamment le nombre d’augmentations et primes individuelles depuis la date de leur recrutement jusqu’au mois de décembre 2012 ;
— La séquence moyenne de temps entre chaque augmentation individuelle pour chacun des salariés visés ;
— Le nombre de promotion professionnelle depuis la date de leur recrutement jusqu’au mois de décembre 2012 ;
— L’évolution de leur classification / indice depuis la date de leur recrutement jusqu’au mois de décembre 2012 ;
Ordonner à la société Pride Forasol de :
— comparer leur situation par rapport à celle de M. [Y] [U],
— rechercher l’étendue des différences de situation constatées,
Dire que l’expert accomplira sa mission conformément aux dispositions des articles
263 et suivants du CPC et que sauf conciliation des parties, il déposera son rapport au greffe dans les quatre mois de sa saisine ;
Fixer le montant de la provision à consigner au greffe à titre d’avances sur les honoraires de l’expert et le délai dans lequel il faudra procéder ;
Juger que l’avance des frais d’expertise sera à la charge de la société Pride Forasol ;
Egalement,
Juger que la société Pride Forasol a violé ses engagements conventionnels ;
Condamner la société Pride Forasol à payer à M. [Y] [U] la somme de 2.000 euros au titre de dommages et intérêts pour violation par l’employeur des accords collectifs auquels il est assujetti, protégeant la liberté syndicale et interdisant le discrimination syndicale ;
Egalement,
Condamner la société Pride Forasol à verser au syndicat C.G.T. Pride – Forasol – Foramer la somme de 6.000 euros à titre de dommages et intérêts en réparation du
préjudice porté à l’intérêt collectif de la profession qu’il représente assortie des intérêts au taux légal ;
Condamner la société Pride Forasol à payer à M. [M] [U] la somme de 5.000 euros HT au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
Condamner la société Pride Forasol à payer au syndicat C.G.T. Pride – Forasol – Foramer la somme de 2.000 euros HT au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
Juger que les condamnations sont assorties des intérêts au taux légal ;
Ordonner la capitalisation des intérêts sur toutes les sommes en argent ;
Condamner la société Pride Forasol aux intérêts légaux sur toutes les demandes
en paiement des sommes d’argent ainsi qu’aux entiers dépens.
8 – Dans ses dernières conclusions adressées au greffe par le réseau privé virtuel des avocats le 11 septembre 2025, la société Pride Forasol demande à la cour de :
Juger que les demandes de M. [U] sont infondées et à ce titre :
— Débouter M. [U] de toutes ses demandes, fins et prétentions ;
— En tant que de besoin, juger irrecevable la demande nouvelle de M. [U] relative au prétendu manquement de la société Pride Forasol à son obligation de formation,
— Condamner M. [U] à restituer à la société Pride Forasol les sommes qui lui ont été indûment versées au titre de l’exécution de l’arrêt rendu par la cour d’appel de Pau le 1er juin 2023, à savoir :
— la somme de 100.000 euros à titre de dommages et intérêts ;
— la somme de 16.730,82 euros à titre de rappel de salaire ;
— la somme de 2.000 euros au titre de l’article 700 du CPC ;
— Juger que ces sommes porteront intérêt au taux légal à compter de la date de signification de l’arrêt de cassation et ordonner la capitalisation des intérêts ;
— Rejeter la demande d’expertise formulée à titre subsidiaire ;
— Rejeter les demandes du syndicat CGT Pride foramer ;
— Condamner le syndicat CGT Pride Forasol Foramer à restituer à la société Pride Forasol les sommes qui lui ont été indûment versées au titre de l’exécution de l’arrêt rendu par la cour d’appel de Pau le 1er juin 2023, à savoir :
— la somme de 3.000 euros à titre de dommages et intérêts ;
— la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du CPC ;
— Juger que ces sommes porteront intérêt au taux légal à compter de la date de signification de l’arrêt de cassation et ordonner la capitalisation des intérêts ;
A titre subsidiaire, si par extraordinaire la cour devait entrer en voie de condamnation, il est demandé à la cour de céans de :
— Juger que M. [U] ne peut prétendre à une classification d’ingénieur-cadre (IAC) ;
— Juger que le repositionnement de M. [U] ne pourra s’effectuer au-delà du poste de chef électricien, statut ETAM (article 36), échelon 12, position F », tel que prévu par la classification interne de la société Pride Forasol et au salaire de base maximum de 4.240 euros bruts mensuels ;
— Ordonner la compensation de toutes les sommes éventuellement allouées à M. [U] par la cour de céans, avec celles de même nature déjà versées par la société Pride Forasol au titre
de l’exécution de l’arrêt rendu par la cour d’appel de Pau le 1er juin 2023, à savoir :
— la somme de 100.000 euros à titre de dommages et intérêts ;
— la somme de 16.730,82 euros à titre de rappel de salaire ;
— la somme de 2.000 euros au titre de l’article 700 du CPC ;
— Condamner M. [U] à restituer à la société Pride Forasol le différentiel entre les sommes éventuellement allouées à M. [U] par la Cour de Céans, avec celles de même nature déjà versées par la société Pride Forasol au titre de l’exécution de l’arrêt rendu par la cour d’appel de Pau le 1er juin 2023, telles que visées ci-dessus ;
— Juger que ce différentiel portera intérêt au taux légal à compter de la date de signification de l’arrêt de cassation et ordonner la capitalisation des intérêts ;
— Ordonner la compensation de toutes les sommes éventuellement allouées par la cour de Céans au syndicat CGT Pride forasol foramer, avec celles de même nature déjà versées par la société Pride Forasol au titre de l’exécution de l’arrêt rendu par la cour d’appel de Pau le 1er juin 2023, telles que visées ci-dessus, à savoir :
— la somme de 3.000 euros versée à titre de dommages et intérêts ;
— la somme de 500 euros versée au titre de l’article 700 du CPC ;
— Juger que ces sommes porteront intérêt au taux légal à compter de la date de signification de l’arrêt de cassation et ordonner la capitalisation des intérêts ;
Condamner le syndicat CGT Pride Forasol Foramer à restituer à la société Pride Forasol le différentiel entre les sommes éventuellement allouées à M. [U] par la cour de céans, avec celles de même nature déjà versées par la société Pride Forasol au titre de l’exécution de l’arrêt rendu par la cour d’appel de Pau le 1er juin 2023, telles que visées ci dessus ;
— Juger que ce différentiel portera intérêt au taux légal à compter de la date de signification de l’arrêt de cassation et ordonner la capitalisation des intérêts ;
Et en tout état de cause, il est demandé à la cour de céans de :
— Condamner M. [U] à payer la somme de 5.000 euros à Pride Forasol au titre de l’article 700 du CPC en cause d’appel ;
— Condamner le syndicat CGT à payer la somme de 2.000 euros à Pride Forasol au titre de l’article 700 du CPC en cause d’appel ;
— Condamner M. [U] et le syndicat CGT Pride forasol foramer aux entiers dépens.
Pour un plus ample exposé des faits, de la procédure antérieure, des prétentions et des moyens des parties, la cour se réfère à leurs conclusions écrites conformément aux dispositions de l’article 455 du code de procédure civile ainsi qu’à la décision déférée.
MOTIFS DE LA DÉCISION
9 – Il résulte des dispositions des articles 624 et 625 du code de procédure civile que la portée de la cassation est déterminée par le dispositif de l’arrêt qui la prononce et qu’elle replace les parties dans l’état où elles se trouvaient avant le jugement cassé.
10 – Le jugement avait prononcé l’irrecevabilité des demandes. L’arrêt infirmatif de la cour d’appel de Pau a rejeté les fins de non-recevoir. Ce chef de dispositif n’a pas été atteint par la cassation laquelle n’a porté que sur les dispositions de l’arrêt statuant, dans le dispositif, au fond. Ainsi la cour n’est plus saisie d’aucune fin de non-recevoir.
Sur l’existence d’une discrimination,
11 – Au soutien de ses demandes, M. [U] fait valoir que depuis l’accord de 2005 et son positionnement en qualité de chef électricien niveau F, il n’a bénéficié d’aucune évolution de carrière alors qu’avant son engagement syndical, il bénéficiait de promotions rapides. Il ajoute qu’alors que ses dernières notations étaient excellentes, il n’a plus fait l’objet d’évaluations depuis 2009, n’a bénéficié que de très rares formations et n’a plus fait l’objet que de propositions ponctuelles d’affectation depuis 2012. Il exploite les documents issus de la négociation annuelle obligatoire pour considérer que, jusqu’en 2014, il existait une augmentation individuelle en moyenne tous les trois ans, dont il a été privé. Il se prévaut d’une difficulté pour constituer le panel de comparaison et fait valoir que l’employeur, malgré sommation de communiquer, ne lui a pas adressé les coefficients dont bénéficient les salariés, devenus ingénieurs, qu’il vise dans ses écritures. Il discute les éléments de comparaison produits par l’employeur et considère qu’il n’apporte pas d’éléments objectifs étrangers à toute discrimination.
12 – L’employeur pour s’opposer aux demandes fait valoir que le salarié se prévaut d’une argumentation purement théorique sans établir en quoi son absence d’évolution individuelle serait anormale. Il conteste l’existence de promotions individuelles tous les trois ans, donnée qui relevait exclusivement d’une revendication syndicale.
Il s’explique sur le panel de comparaison et en déduit l’absence de toute discrimination. Il s’explique enfin sur les augmentations dont a bénéficié le salarié et précise qu’il n’y a eu aucune augmentation qu’elle soit générale ou individuelle entre 2015 et 2021.
Réponse de la cour,
13 – Il résulte des dispositions de l’article L. 1132-1 du code du travail un principe de non-discrimination, qu’elle soit directe ou indirecte, à raison de critères qui y sont énoncés de manière limitative comprenant l’activité syndicale. Le régime probatoire est celui de l’article L. 1134-1 du code du travail et il incombe à la partie qui invoque une discrimination de présenter des éléments de fait laissant supposer une discrimination directe ou indirecte. Au vu de ces éléments il incombe à l’autre partie de prouver que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination.
14 – En l’espèce, le salarié, dont l’engagement syndical connu de l’employeur n’est pas contesté puisqu’il disposait de différents mandats, fait valoir notamment :
— qu’à compter de 2005 et de son positionnement au niveau F de la classification, sa classification est demeurée inchangée. Il en justifie par la production de ses bulletins de paie,
— qu’alors que ses notations étaient excellentes il n’a plus été évalué depuis 2009. Il produit des évaluations très satisfaisantes de 2005, 2006 et 2009,
— qu’il n’a plus été affecté que ponctuellement sur des chantiers à compter de 2012. Il produit un récapitulatif (pièce 23) qui fait ressortir des affectations régulières jusqu’en août 2012, aucune en 2013, deux courtes affectations en 2014 puis aucune affectation,
— qu’il n’a bénéficié que de formations très ponctuelles. Il produit un récapitulatif de carrière (pièce 23) qui fait ressortir une dernière formation en 2015.
Ces éléments pris dans leur ensemble sont bien de nature à laisser supposer l’existence d’une discrimination.
15 – Il convient donc d’apprécier les éléments de justification présentés par l’employeur pour déterminer s’ils constituent des éléments objectifs étrangers à toute discrimination.
16 – En premier lieu, il est constant qu’en matière de discrimination, contrairement aux règles applicables à la disparité de traitement, une comparaison avec la situation d’autres salariés ne s’impose pas nécessairement. Cependant, lorsqu’une discrimination, en particulier syndicale alléguée, est fondée sur un retard dans le déroulement de carrière, une comparaison avec des salariés placés dans une situation identique s’impose.
17 – M. [U], embauché en 1981 propose dans ses écritures un panel constitué de 13 salariés embauchés comme sondeur ou mécanicien au statut ouvrier entre 1975 et 1981, faisant valoir qu’ils ont tous accédé à une classification de cadre comme ingénieur.
Ce panel ainsi constitué est extrait de la pièce M communiquée par l’employeur. Le passage au statut cadre de ces 13 salariés n’est donc pas contesté.
En revanche, le panel ainsi constitué par le salarié demeure partiel puisqu’il en a retranché d’autres salariés figurant dans le tableau communiqué en pièce M qui n’ont pas accédé au statut cadre avec une ancienneté comparable. Indépendamment des deux autres salariés ayant saisi la juridiction d’un litige identique, ce sont six salariés qui demeurent classés ETAM et n’ont pas accédé au statut cadre. Ce passage n’avait donc rien d’automatique mais, à ce stade, la cour constate qu’il demeurait majoritaire. Il convient toutefois de tenir compte du fait que le salarié relevait de la filière électrique depuis 1997.
En outre, il convient de tenir compte de l’existence du protocole de 2005. En effet, le protocole que l’employeur oppose au salarié (pièce 27) constitue bien un élément objectif. Il s’agit d’une transaction, laquelle a donc force de chose jugée en dernier ressort.
Moyennant une contrepartie en augmentation de salaire et sous la forme d’une somme globale et forfaitaire immédiate, le salarié renonçait à toute réclamation au titre de la discrimination qu’il articulait.
Ceci ne valait bien évidemment pas pour l’avenir mais il en résulte qu’au jour de la signature de la transaction (15 novembre 2005), M. [U] admettait que son positionnement comme chef électricien était exclusif de toute discrimination.
M. [U] a connu ensuite une progression d’échelon jusqu’au 1er janvier 2010 inclus. Celle-ci ne constituait que partiellement une exécution de l’accord puisque celui-ci envisageait des augmentations jusqu’au 1er janvier 2009 seulement. Ceci prive le panel de comparaison proposé par le salarié de sa pertinence en ce qu’il est très général et ne fait d’ailleurs ressortir aucun salarié de la filière électrique.
18 – Mais l’employeur a produit en pièce S un document de comparaison portant précisément sur les salariés de la filière électrique. Ainsi qu’il l’objecte à raison, aucun de ces salariés n’a atteint le statut cadre.
Là encore, le panel n’est que partiellement pertinent puisque l’employeur y fait figurer des salariés embauchés comme sondeur échelon 1 (comme M. [U]) mais en 1996 ou 2000, c’est à dire plus de 15 ans après lui.
Cependant le panel fait également apparaître des salariés, en l’espèce 3, embauchés certes après M. [U] mais se trouvant positionnés comme lui en tant que chef électricien suppléant échelon 1 en 1997 ou échelon 2 en 1998, avec un niveau de diplôme ou de qualification qui demeurait comparable ou en tout cas ne pouvait permettre de les placer directement, c’est à dire au moment du positionnement de M. [U], à des niveaux supérieurs. Il s’agit en tout cas des éléments de comparaison les plus pertinents.
19 – Or, si aucun de ces salariés n’est certes devenu cadre, il n’en demeure pas moins que chacun des trois est devenu chef électricien intervention et positionné au niveau G dans la grille de classification.
20 – Les seules évaluations produites le sont par M. [U]. Elles étaient tout à fait positives. Il était même noté en 2006 qu’il méritait d’être promu. Après 2009, l’employeur n’a plus évalué le salarié puis, à compter de 2012, ne l’a plus affecté que très ponctuellement sur des chantiers. Il ne donne aucune explication objective à cette situation.
21 – Compte tenu des éléments de comparaison retenus par la cour et de l’absence de justification objective de l’employeur, il existe bien, en dehors de tout déroulement automatique de carrière qui relève en effet d’une simple revendication, une discrimination.
Sans qu’il y ait lieu de recourir à une expertise, il convient de constater qu’il n’existe certes pas d’éléments pour positionner M. [U] sur une classification relevant du statut cadre mais qu’il convient en revanche de le placer en tant que chef électricien intervention, niveau G échelon 7 avec un salaire de 5 182 euros, ce qui correspond à la situation de M. [Z], seul salarié du panel admis par la cour encore en poste au jour où elle statue. Ce nouveau positionnement doit être fixé pour l’avenir et au regard de la dernière grille de rémunération produite par le salarié en pièce 24.
Sur la réparation
22 – M. [U] invoque à la fois un préjudice moral, un préjudice matériel qu’il développe en considération d’une différence entre le salaire qu’il a perçu et celui qu’il estimait devoir percevoir et un préjudice de retraite qu’il présente en multipliant par 20 ans un préjudice annuel qu’il estime à partir de points retraites manquants.
23 – L’employeur conteste l’existence même d’un préjudice en faisant valoir que la classification revendiquée ne peut être admise alors en outre qu’il ne peut être procédé par une évaluation forfaitaire du préjudice et que les demandes additionnelles relatives à un préjudice moral ou de retraite sont injustifiées.
Réponse de la cour,
24 – Il existe un préjudice moral lié au principe même de la discrimination à raison de l’engagement syndical qu’il convient de réparer par une indemnité de 10 000 euros.
Il existe en outre un préjudice de nature matérielle puisque la cour a retenu que la classification reconnue au salarié par l’employeur n’était pas exacte.
Ce préjudice n’a pas l’ampleur revendiquée par le salarié dès lors qu’il ne lui est pas reconnu un statut cadre et encore moins qu’un tel statut aurait dû lui être reconnu depuis 2012.
La différence annuelle de rémunération entre celle versée et ce que la cour vient de fixer ci-dessus s’établit au jour où la cour statue à 7 345 euros. Elle n’a pas été linéaire sur les années ayant suivi le dernier avancement du salarié, à savoir 2010, puisqu’elle était moins importante les premières années.
Il convient par ailleurs de tenir compte de l’absence d’entretien professionnel depuis 2009 et des carences dans la formation.
Au total sur l’ensemble de la période, la cour dispose des éléments suffisants pour fixer à 60 000 euros le montant des dommages et intérêts devant réparer le préjudice de nature matérielle, préjudice incluant l’incidence sur les droits à retraite.
25 – L’incidence sur les droits à retraite, qui ne peut être calculée comme le fait le salarié par simple multiplication et non capitalisationj a été prise en compte ci-dessus de sorte qu’il n’existe pas de préjudice distinct à indemniser.
Sur la demande de dommages et intérêts pour perte de primes,
26 – M. [U] sollicite en outre des dommages et intérêts à hauteur de 30 000 euros en faisant valoir que, suite à son défaut d’affectation sur des chantiers, il a été privé de primes qui constituaient une part très importante de sa rémunération, ce qui lui a causé un préjudice complémentaire à celui indemnisé ci-dessus.
27 – L’employeur soulève une fin de non-recevoir mais en visant une demande au titre d’une absence de formation.
Réponse de la cour
28 – Il résulte des dispositions de l’article 564 du code de procédure civile qu’à peine d’irrecevabilité, les parties ne peuvent soumettre à la cour de nouvelles prétentions si ce n’est pour opposer compensation, faire écarter les prétentions adverses ou faire juger les questions nées de l’intervention d’un tiers, ou de la survenance ou de la révélation d’un fait. Toutefois, par application de l’article 565 du code de procédure civile, les demandes en sont pas nouvelles dès lors qu’elles tendent aux mêmes fins que celles soumises au premier juge même si leur fondement juridique est différent.
29 – En l’espèce, si c’est pour la première fois devant la cour de renvoi que M. [U] présente cette demande indemnitaire de façon distincte il apparaît tout d’abord que la fin de non-recevoir qui lui est opposée concerne une prétention au titre d’un défaut de formation qui n’est pas présentée dans ce dossier. En toute hypothèse, devant le conseil de prud’hommes, M. [U] formait des demandes en réparation du préjudice né de la discrimination. Cette prétention formulée certes de manière distincte tend bien aux mêmes fins de sorte qu’elle est recevable.
30 – Sur le fond, alors que l’employeur ne s’explique pas sur ce point, la cour ne peut que constater que les bulletins de paie de M. [U] faisaient figurer des primes journalières et de majoration géographique pour un montant représentant plus de 90% du salaire de base jusqu’en 2012. Ces primes ont diminué de manière drastique en 2013, 2014 et 2015 pour disparaître totalement à compter de 2016, sans que la cour dispose de quelque élément objectif qui serait opposé par l’employeur sur cette diminution des affectations, au demeurant relevée ci-dessus.
Ceci a causé un préjudice à M. [U] puisque les primes même fort peu explicitées constituaient un complément de salaire même si elles compensaient une sujétion particulière.
Toutefois, le salarié n’explicite que fort peu le montant de sa demande et ne présente pas même une méthode de calcul.
Ainsi au regard de la certitude du préjudice, de la durée pendant laquelle il a été subi mais également du peu d’éléments articulés, la cour est en mesure de fixer à 10 000 euros le montant des dommages et intérêts devant le réparer.
Sur la demande pour violation des accords collectifs,
31 – Le salarié formule une demande à hauteur de 2 000 euros en invoquant un non-respect des accords conventionnels. Il fait valoir qu’il s’agit des articles 1.4 et 1.5 de la convention collective du 12 juillet 2006 portant sur l’égalité de rémunération et la non-discrimination.
32 – L’employeur soutient que ces dispositions conventionnelles ne prévoient aucune disposition spécifique en matière de carrière et rappellent uniquement les règles applicables en matière d’égalité de rémunération et de non discrimination. Il ajoute que le salarié ne justifie pas de son préjudice.
Réponse de la cour
33 – Les dispositions conventionnelles visées par le salarié rappellent les principes d’égalité de traitement et de non-discrimination mais il n’en résulte aucune obligation supra légale. Il n’existe ainsi aucun préjudice distinct des chefs de préjudice envisagés ci-dessus de sorte que cette demande ne peut qu’être rejetée.
Sur les demandes du syndicat,
34 – Invoquant les dispositions de l’article L. 2132-3 du code du travail, le syndicat CGT Pride-Frasol-Foramer invoque l’entrave discriminatoire par l’employeur aux déroulements de carrière à l’encontre de ses militants et de ses représentants, qui lui porte un préjudice particulier dans la mesure où elle fait obstacle à l’adhésion d’un certain nombre de salariés, à leur engagement dans l’activité syndicale et plus encore, à leur prise de responsabilités dans les mandats. Il sollicite la somme de 6 000 euros à titre de dommages et intérêts.
35 – L’employeur, pour s’opposer à la demande, invoque l’absence de toute discrimination.
Réponse de la cour
36 – Il a été retenu ci-dessus une discrimination à raison de l’engagement syndical de M. [U]. Ceci porte bien atteinte à l’intérêt collectif de la profession tel que défendu par le syndicat partie au litige dont M. [C] est membre. Il en résulte un préjudice qui sera indemnisé par une somme de 5 000 euros.
Sur les autres demandes,
37 – Il est uniquement prononcé des condamnations de nature indemnitaire de sorte qu’elles porteront intérêts au taux légal à compter de l’arrêt sans qu’il y ait lieu dès lors à capitalisation en l’absence de cours des intérêts depuis une année entière.
38 – Les demandes de l’employeur portant sur la restitution des sommes par lui versées en exécution de l’arrêt cassé et sur une éventuelle compensation sont sans objet alors que c’est l’arrêt de cassation qui vaut titre dont l’exécution est étrangère à la saisine de la cour d’appel de renvoi.
39 – La société Pride Forasol, partie perdante à l’instance, sera condamnée aux dépens exposés devant les juridictions du fond, comprenant par application des dispositions de l’article 639 du code de procédure civile, ceux afférents à la décision cassée ainsi qu’à payer à M. [U] et au syndicat CGT unis d’intérêts la somme de 4 000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, sans qu’il y ait lieu pour une indemnité de prévoir une somme hors taxes.
PAR CES MOTIFS,
La cour,
Statuant dans les limites de sa saisine,
Ordonne à la Sas Pride Forasol de repositionner M. [U] pour l’avenir comme chef électricien intervention niveau G échelon 7 au salaire brut de 5 182 euros,
Condamne la Sas Pride Forasol à payer à M. [U] les sommes de :
— 10 000 euros à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice moral né de la discrimination,
— 60 000 euros à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice matériel né de la discrimination,
— 10 000 euros à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice né de la perte des primes,
Déboute M. [U] du surplus de ses demandes,
Condamne la Sas Pride Forasol à payer au syndicat CGT Pride Forasol Foramer la somme de 5 000 euros à titre de dommages et intérêts,
Rappelle que les sommes portent intérêts au taux légal à compter du présent arrêt,
Dit n’y avoir lieu à capitalisation,
Déclare sans objet les demandes de la Sas Pride Forasol tendant à la condamnation à des restitutions et à des compensations,
Condamne la Sas Pride Forasol aux entiers dépens exposés devant les juridictions du fond comprenant ceux de la décision cassée,
Condamne la Sas Pride Forasol à payer à M. [U] et au syndicat CGT Pride Forasol Foramer unis d’intérêts la somme de 4 000 euros par application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile,
Signé par Sylvie Hylaire, présidente et par Evelyne Gombaud, greffier, auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.
Evelyne Gombaud Sylvie Hylaire
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