Arrêt KPMG et Ernst & Young, Conseil d'État, Assemblée, 24 mars 2006, 288460, Publié au recueil Lebon
CE
Annulation 24 mars 2006

Arguments

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  • Rejeté
    Violation du droit communautaire

    La cour a estimé que les dispositions du décret ne constituent pas une restriction à la libre concurrence ni à la liberté d'établissement, car elles visent à garantir l'indépendance des commissaires aux comptes.

  • Accepté
    Application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

    La cour a décidé de faire application de l'article L. 761-1 et a ordonné à l'Etat de verser une somme à la requérante.

Résumé par Doctrine IA

Le Conseil d'État, saisi en premier ressort, a examiné les requêtes de plusieurs sociétés de commissariat aux comptes (KPMG, ERNST etYOUNG AUDIT et autres, DELOITTE ET ASSOCIES, GRANT THORNTON, PRICEWATERHOUSECOOPERS AUDIT) demandant l'annulation pour excès de pouvoir du décret n° 2005-1412 du 16 novembre 2005 portant approbation du code de déontologie de la profession de commissaire aux comptes. Les requérantes invoquaient la violation du droit communautaire, notamment l'atteinte à la libre concurrence (article 81 du traité CE), à la liberté d'établissement (article 43 du traité CE), à la libre prestation de services (article 49 du traité CE), et la méconnaissance de la directive 84/253/CEE. Elles arguaient également de l'atteinte aux principes de légalité des délits et des peines, de sécurité juridique, de confiance légitime, et de la présomption d'innocence, ainsi que de l'absence de mesures transitoires pour les mandats en cours. Le Conseil d'État a rejeté les moyens relatifs à la violation du droit communautaire, jugeant que le décret n'était pas incompatible avec les articles 81, 43 et 49 du traité CE, ni avec la directive 84/253/CEE, et que les limitations imposées par le code de déontologie étaient justifiées par l'intérêt général. Concernant le droit national, le Conseil d'État a estimé que le décret n'était pas entaché d'incompétence, d'imprécision ou d'excès de pouvoir, et que les obligations imposées aux commissaires aux comptes étaient proportionnées à l'objectif d'indépendance. Toutefois, le Conseil d'État a annulé le décret en tant qu'il ne prévoyait pas de mesures transitoires pour les mandats en cours, en raison de l'atteinte excessive à la sécurité juridique. Il a également condamné l'État à verser 5 000 euros à chaque société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

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Résumé de la juridiction

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Sur la décision

Référence :
CE, ass., 24 mars 2006, n° 288460, Lebon
Juridiction : Conseil d'État
Numéro : 288460
Importance : Publié au recueil Lebon
Type de recours : Excès de pouvoir
Identifiant Légifrance : CETATEXT000008241143
Identifiant européen : ECLI:FR:CEASS:2006:288460.20060324

Sur les parties

Texte intégral

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