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Sur la décision
| Référence : | TJ Avignon, réf. jcp <ou= 10 000eur, 9 déc. 2025, n° 25/00442 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00442 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 10 février 2026 |
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Texte intégral
COUR D’APPEL DE [Localité 8]
TRIBUNAL JUDICIAIRE D’AVIGNON
N° RG 25/00442 – N° Portalis DB3F-W-B7J-KGEZ
Minute N° : 25/00574
Procédure civile de droit commun
ORDONNANCE DE REFERE
Code de procédure Civile art.454
DU 09 Décembre 2025
Dossier + Copie + Copie exécutoire délivrés à :[Localité 7] DELTA
Copie délivrée à :PREFECTURE
le :09/12/2025
DEMANDEUR
SCIC [Adresse 6],
[Adresse 2]
[Adresse 5]
[Localité 4]
représentée par Mme [H] [S], munie d’un pouvoir régulier
DÉFENDEUR :
Monsieur [P] [R]
né le 12 Février 1978
[Adresse 1]
[Adresse 9]
[Localité 3]
non comparant, non représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
M. Karim BADENE, Vice-Président,
assisté de Madame Béatrice OGIER, Greffier
DÉBATS :
Après avoir entendu à l’audience du 18 Novembre 2025 les parties comparantes ou leurs conseils, le président les a informés que l’affaire était mise en délibéré et que l’ordonnance serait rendue ce jour, par mise à disposition au greffe.
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous seing privé en date du 20 décembre 2012, la société [Localité 7] DELTA HABITAT a consenti à Monsieur [P] [R] un bail portant sur un local à usage d’habitation sis [Adresse 10].
Par exploit en date du 11 juin 2025, la société [Localité 7] DELTA HABITAT a fait délivrer à Monsieur [P] [R] un commandement de payer, au titre du solde des loyers et charges non réglés, la somme de 1 004,79€ hors frais et indemnités selon décompte arrêté au 05 juin 2025.
Par exploit délivré le 17 septembre 2025, la société [Localité 7] DELTA HABITAT a fait citer Monsieur [P] [R] devant le juge des référés du présent tribunal afin qu’il :
— constate l’acquisition de la clause résolutoire et en conséquence la résiliation du contrat de bail ;
— ordonne son expulsion ainsi que tous occupants de son chef avec, si besoin est, le concours de la force publique ;
— le condamne à lui payer la somme de 1 758,29€ à titre provisionnel et de l’arriéré locatif arrêté au 11 août 2025 ;
— le condamne à lui payer une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant de 556,20€ équivalent au loyer actuel et aux charges, en ce compris le remboursement des assurances LNA, à compter du 12 août 2025 jusqu’au jour du départ effectif des lieux;
— le condamne au paiement des entiers dépens de l’instance, en ce compris le coût du commandement de payer.
L’affaire est fixée à l’audience du 18 novembre 2025 où elle est plaidée.
La société [Localité 7] DELTA HABITAT comparait représentée à l’audience et sollicite le bénéfice de son assignation sous réserve d’une actualisation de la dette à la somme de 1 322,52€. Elle indique être favorable à la mise en œuvre d’un plan d’apurement.
Monsieur [P] [R] n’a pas comparu à l’audience, ni n’a été représenté.
La décision est mise en délibéré au 09 décembre 2025.
Monsieur [P] [R] a été cité à étude.
En application de l’article 473 du code procédure civile, la présente ordonnance étant susceptible d’appel, elle sera réputée contradictoire et en premier ressort.
MOTIFS
Il ressort de l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, le tribunal fait droit à la demande s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Aux termes de l’article 834 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge des contentieux de la protection peut, dans la limite de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
Par ailleurs, par application de l’article 835 du même code, le juge peut accorder une provision au créancier, lorsque l’obligation n’est pas sérieusement contestable.
Enfin, il ressort de l’article 9 de ce code qu’il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention. Il résulte en outre de l’article 1353 du code civil que celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
*
Conformément aux dispositions de l’article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, l’assignation a été régulièrement dénoncée à la préfecture du [Localité 11] par voie électronique avec accusé de réception du 19 septembre 2025, au moins six semaines avant l’audience fixée le 18 novembre 2025.
Par ailleurs, la CAF a été avisée le 05 juin 2025, au moins deux mois avant l’assignation du 17 septembre 2025.
La demande de résiliation formée par la société [Localité 7] DELTA HABITAT est donc recevable.
1) Sur l’indemnité provisionnelle au titre de l’arriéré locatif
Aux termes de l’article 7 de la loi du 06 juillet 1989, le locataire est notamment obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
La société [Localité 7] DELTA HABITAT a produit un dernier décompte arrêté au 03 novembre 2025 faisant état d’une dette à la baisse d’un montant de 1 322,52€.
Ainsi, Monsieur [P] [R] sera condamné à payer à [Localité 7] DELTA HABITAT la somme de 1 322,52€, à titre de provision à valoir sur les arriérés locatifs impayés échus au 03 novembre 2025, terme d’octobre 2025 inclus, le surplus étant pris en charge au titre des indemnités d’occupation.
2) Sur la résiliation du bail et les délais de paiement
Aux termes de l’article 24 de la loi du 06 juillet 1989, toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
Cependant les dispositions de l’article 10 de la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, en ce qu’elles modifient le délai minimal imparti au locataire pour s’acquitter de sa dette après la délivrance d’un commandement de payer visant la clause résolutoire insérée au bail prévu par l’article 24, alinéa 1er et 1°, de la loi n° 89-462 du 06 juillet 1989, n’ont pas pour effet de modifier les délais figurant dans les clauses contractuelles des baux en cours au jour de l’entrée en vigueur de la loi (Civ. 3ème, 13 juin 2024, n°24-120.002).
En l’espèce, le contrat de location est bien doté d’une telle clause résolutoire.
Par ailleurs, il ressort de manière incontestable de la lecture des décomptes produits par la société [Localité 7] DELTA HABITAT que Monsieur [P] [R] n’a pas satisfait aux termes du commandement de payer dans le délai de deux mois imparti, soit avant le 11 août 2025.
Les conditions de l’acquisition de la clause résolutoire sont donc réunies au bénéfice de la société [Localité 7] DELTA HABITAT depuis le 11 août 2025.
*
Aux termes de l’article 544 du code civil, la propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements.
Par ailleurs, il résulte d’une lecture combinée des articles 24 de la loi du 6 juillet 1989 et de l’article 1343-5 du code civil, que le juge peut, même d’office, dans la limite de trois années, reporter ou échelonner le paiement des sommes dues si le locataire est en situation de régler sa dette locative et à la condition qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience.
Enfin, il ressort de l’article 9 de ce code qu’il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention. Il résulte en outre de l’article 1353 du code civil que celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
La demanderesse a sollicité à l’audience que soient accordés des délais de paiement au défendeur afin qu’il puisse s’acquitter de sa dette locative.
Toutefois, il apparaît que celui-ci n’a pas repris le paiement intégral du loyer courant à la date de l’audience, raison pour laquelle aucun délai de paiement ni de suspension des effets de la clause résolutoire ne pourront être ordonnés.
3) Sur l’expulsion
Aux termes de l’article 544 du Code civil, la propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements.
En l’espèce, la clause résolutoire étant acquise au profit de la société [Localité 7] DELTA HABITAT à compter du 11 août 2025, et Monsieur [P] [R] étant occupant sans droit ni titre depuis cette date, le défendeur devra quitter les lieux, afin que la bailleresse puisse reprendre possession de son bien, et éviter que la dette ne s’accroisse.
A défaut d’un départ volontaire, il y aura lieu de procéder à l’expulsion de Monsieur [P] [R] et de tous occupants de son chef, si besoin avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier, à la suite du délai de deux mois suivant la délivrance d’un commandement délivré par huissier de justice d’avoir à quitter les lieux
Par ailleurs, le sort des meubles se trouvant dans les lieux sera régi conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
4) Sur les indemnités d’occupation mensuelles
En application de l’article 1240 du Code civil et en occupant sans droit ni titre les lieux susvisés depuis le 11 août 2025, Monsieur [P] [R] a causé un préjudice à la société [Localité 7] DELTA HABITAT. Il convient donc d’octroyer à celle-ci une indemnité d’occupation mensuelle, destinée à réparer ce préjudice qui sera égale au montant du loyer augmenté des charges fixés tels qu’ils auraient subsisté si le contrat de bail n’avait pas été résilié.
En l’espèce, il convient de condamner Monsieur [P] [R] à verser à titre provisionnel à la société [Localité 7] DELTA HABITAT, au titre de l’indemnité d’occupation mensuelle, et à compter du 04 novembre 2025, lendemain du décompte produit à l’audience, – la somme de 556,20 euros, soit le montant de la quittance locative actuelle, somme forfaitaire charges comprises et ce jusqu’au départ effectif des lieux.
5) Sur les demandes accessoires
Sur les dépens,
En application de l’article 696 du Code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Monsieur [P] [R] qui succombe à l’instance sera condamné aux entiers dépens.
PAR CES MOTIFS,
Nous, juge des référés, statuant publiquement, tous droits et moyens au fond demeurant réservés, par ordonnance mise à disposition au greffe, contradictoire et en premier ressort,
Déclarons recevable la demande de résiliation formée par la société [Localité 7] DELTA HABITAT concernant le contrat de bail du 20 décembre 2012 consenti à Monsieur [P] [R] et portant sur un local à usage d’habitation sis [Adresse 10] ;
Constatons l’acquisition de la clause résolutoire à compter du 11 août 2025 ;
Constatons la résiliation de plein droit du contrat de bail précité à compter du 11 août 2025 ;
Constatons que Monsieur [P] [R] est occupant sans droit ni titre des locaux précités depuis le 11 août 2025 ;
Condamnons Monsieur [P] [R] à payer à la société [Localité 7] DELTA HABITAT la somme de 1 322,52€, à titre de provision à valoir sur les arriérés locatifs impayés échus au 03 novembre 2025, terme d’octobre 2025 inclus ;
Rejetons la demande d’octroi de délais de paiement formée par Monsieur [P] [R] ;
Autorisons l’expulsion de Monsieur [P] [R] ainsi que de tous occupants de son chef du local d’habitation précité, et disons qu’à défaut de départ volontaire, l’intéressé pourra être contraint à l’expulsion avec, si besoin est, l’assistance de la force publique et d’un serrurier à la suite du délai légal de deux mois suivant la délivrance d’un commandement délivré par huissier de justice d’avoir à quitter les lieux ;
Disons qu’en cas d’expulsion il sera procédé en tant que de besoin à l’enlèvement des meubles et objets mobiliers se trouvant dans les lieux, dont le sort sera régi conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
Condamnons Monsieur [P] [R] à payer à la société [Localité 7] DELTA HABITAT à titre provisionnel une indemnité d’occupation mensuelle forfaitaire de 556,20 euros, charges comprises, à compter du 04 novembre 2025 et jusqu’à libération effective et définitive des lieux par restitution des clés ;
ET PAR AILLEURS
Condamnons Monsieur [P] [R] aux entiers dépens de l’instance, en ce compris le coût du commandement de payer ;
Rejetons les demandes pour le surplus.
Ainsi ordonné et mis à disposition au greffe le 09 décembre 2025.
Le Greffier Le Juge
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