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Sur la décision
| Référence : | TJ Castres, jcp, 19 févr. 2026, n° 25/00420 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00420 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 7 mars 2026 |
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Texte intégral
MINUTE N° : 26/00039
DÉCISION DU : 19 Février 2026
DOSSIER : N° RG 25/00420 – N° Portalis DB3B-W-B7J-DDXU
NAC : 5AA
AFFAIRE : [R] [Z] épouse [J] C/ [I] [G], [D] [M] épouse [N]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CASTRES
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
COMPOSITION DU TRIBUNAL
PRESIDENT : Madame Michelle SALVAN magistrate honoraire exerçant des fonctions juridictionnelles, affectée au service du juge des contentieux de la protection
GREFFIER : Madame Catherine TORRES
En présence de Monsieur [W] [P], greffier stagiaire
PARTIES :
DEMANDERESSE
Madame [R] [Z] épouse [J]
[Adresse 1]
[Localité 1]
non comparante
Représentée par Mme [F] [H][J] ([Localité 2]) munie d’un pouvoir écrit
DEFENDEURS
Monsieur [I] [G]
[Adresse 2]
[Localité 3]
non comparant non représenté
Madame [D] [M] épouse [N]
[Adresse 2]
[Localité 3]
non comparante non représentée
Débats tenus à l’audience du : 15 Janvier 2026
Ordonnance prononcée par sa mise à disposition au greffe le 19 Février 2026
EXPOSÉ DU LITIGE
Par acte du 30 mai 2020, Mme [R] [Z] épouse [J] a consenti à M.[I] [G] et Mme [D] [M] épouse [N] un bail d’habitation portant sur un logement sis à [Localité 4] [Adresse 2] moyennant un loyer mensuel de 680 euros outre 18 euros de provision pour charges.
Le 25 juin 2025, un commandement visant la clause résolutoire insérée au bail a été délivré à la demande de Mme [R] [Z] épouse [J] à M. [I] [G] et Mme [D] [M] épouse [N], par acte de commissaire de justice, aux fins d’obtenir paiement de la somme de 1.462,18 euros en principal .
Le 26 juin 2025, l’acte a été dénoncé à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX).
Le 25 juin 2025, Mme [R] [Z] épouse [J] a fait commandement à M. [I] [G] et Mme [D] [M] d’avoir à justifier d’une assurance locative.
Le 17 septembre 2025, par acte de commissaire de justice dénoncé le 18 septembre 2025 par voie électronique au représentant de l’État dans le département, Mme [R] [Z] épouse [J] a fait assigner M.[I] [G] et Mme [D] [M] à comparaître devant le juge des contentieux de la protection statuant en référé aux fins d’obtenir :
la résiliation du bail par l’effet de la clause résolutoire,
l’expulsion des locataires et de tous occupants du logement au besoin avec le concours de la force publique,
la condamnation solidaire de M.[I] [G] et Mme [D] [M] au paiement par provision de la somme de 3.011,50 euros au titre des loyers et charges arriérés, selon décompte arrêté à la date du 31 août 2025,
la condamnation solidaire de M.[I] [G] et Mme [D] [M] au paiement d’une indemnité provisionnelle mensuelle d’occupation égale au montant du loyer et des charges, jusqu’au départ des lieux,
la condamnation solidaire de M.[I] [G] et Mme [D] [M] au paiement de la somme de 800 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
la condamnation solidaire de M.[I] [G] et Mme [D] [M] aux entiers dépens en ce compris le coût du commandement de payer les loyers et celui de sa dénonce à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives , le coût de la sommation d’avoir à justifier de l’assurance locative, ainsi que le coût de l’assignation et de sa dénonce à la préfecture.
A l’audience, Mme [R] [Z] épouse [J] maintient ses demandes visées dans l’acte introductif d’instance en actualisant l’arriéré locatif à la somme de 5.844,80 euros à la date du 15 janvier 2026.
Cité à comparaître par acte déposé en l’étude du commissaire de justice, M. [I] [G] n’a pas comparu ni ne s’est fait représenter.
Citée à comparaître par acte déposé en l’étude du commissaire de justice, Mme [D] [M] épouse [N] n’a pas comparu ni ne s’est fait représenter.
MOTIVATION
L’article 472 du code de procédure civile dispose que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la recevabilité de l’action :
Conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, une copie de l’assignation a été portée à la connaissance du service compétent de la préfecture du TARN six semaines au moins avant la première audience.
En outre, la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) a été saisie deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
En conséquence, aucune irrecevabilité n’est encourue de ces chefs.
Sur la demande de provision au titre des loyers, charges locatives et indemnités d’occupation impayés:
Par application de l’article 835 du code de procédure civile, dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Il appartient au demandeur d’établir l’existence de l’obligation qui fonde sa demande de provision tant en son principe qu’en son montant et la condamnation provisionnelle, que peut prononcer le juge des référés sans excéder ses pouvoirs, n’a d’autre limite que le montant non sérieusement contestable de la créance alléguée.
Aux termes de l’article 7 de la loi n°89-462du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer les loyers et charges récupérables aux termes convenus.
En application de l’article 1353 du code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver.
Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation
Selon l’article L1231-6 du code civil, les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure.
En l’espèce, Mme [R] [Z] épouse [J] justifie sa demande en paiement par provision de l’arriéré locatif en produisant le contrat de bail signé, le commandement de payer visant la clause résolutoire et un décompte actualisé des sommes dues.
En l’espèce, l’obligation au paiement des loyers et charges incombant à M. [I] [G] et Mme [D] [M] n’est pas sérieusement contestable.
Suivant le décompte actualisé produit par le bailleur, la dette locative s’élève à la somme de 3.011,50 euros au titre des loyers et charges arriérés, à la date du 31 août 2025 soit 5.844,80 euros à la date du 15 janvier 2026. Ce quantum n’est nullement contesté ni contestable, en l’absence d’un quelconque justificatif de paiement complémentaire.
L’absence des locataires à l’audience ne leur permet ni de préciser leur situation actuelle, ni même de s’engager à reprendre le paiement des loyers courants et à formuler une proposition de règlement de l’arriéré locatif.
Aux termes de l’article 1310 du code civil, la solidarité est légale ou conventionnelle ; elle ne se présume pas.
En l’espèce, le contrat de bail comporte une clause de solidarité entre locataires.
Par conséquent, M.[I] [G] et Mme [D] [M] doivent être condamnés à payer, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayées, la somme provisionnelle de 5.844,80 euros arrêtée à la date du 15 janvier 2026.
Sur le constat de l’acquisition de la clause résolutoire et la résiliation du bail:
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 en sa version applicable aux faits de l’espèce prévoit que « I.-Toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux ».
Le bail est antérieur à la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023. Il comporte une clause résolutoire en cas de défaut de paiement au terme convenu de tout ou partie du loyer, des charges, du dépôt de garantie produisant effet deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux. C’est ce délai de deux mois qui sera retenu.
Le commandement de payer délivré le 25 juin 2025 visant la clause résolutoire étant demeuré infructueux pendant plus de deux mois, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies et le bail résilié de plein droit à la date du 26 août 2025.
Sur la demande d’expulsion :
A défaut de départ volontaire, l’expulsion de M.[I] [G] et Mme [D] [M] et de tous occupants de leur chef sera ordonnée conformément aux articles L412-1 et suivants et R411-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution et ce, dans les termes du dispositif de la présente décision.
Il est rappelé qu’en vertu des articles L. 153-1 et L. 153-2 du code des procédures civiles d’exécution, le commissaire de justice instrumentaire pourra recourir au concours de la force publique.
Conformément à l’article L. 433-1 du code des procédures civiles d’exécution, les meubles se trouvant sur les lieux seront remis au frais des personnes expulsées en un lieu que celles-ci désignent. À défaut, ils seront laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrit avec précision par le commissaire de justice chargé de l’exécution avec sommation aux personnes expulsées d’avoir à les retirer dans le délai imparti.
À défaut de quoi, conformément à l’article L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution, les meubles seront mis en vente aux enchères publiques après autorisation du juge de l’exécution.
Sur l’indemnité d’occupation :
Aux termes de l’article 1224 du code civil, la résolution résulte soit de l’application d’une clause résolutoire soit, en cas d’inexécution suffisamment grave, d’une notification du créancier au débiteur ou d’une décision de justice
Aux termes de l’article 1240 du code civil, tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.
En occupant sans droit ni titre les lieux loués depuis la résiliation du bail, M. [I] [G] et Mme [D] [M] causent un préjudice à Mme [R] [Z] épouse [J] qui sera réparé par leur condamnation au versement d’une indemnité provisionnelle mensuelle d’occupation égale au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail et ce jusqu’à leur départ effectif, soit la somme de 698 euros.
Conformément aux dispositions de l’article 1231-7 du code civil, la condamnation à une indemnité emporte intérêts au taux légal, même en l’absence de demande ou de disposition spéciale du jugement. En conséquence, les indemnités d’occupation à échoir non payées à terme seront augmentées des intérêts au taux légal dès leur date d’exigibilité.
Sur les dépens et l’article 700 du code de procédure civile:
En application de l’article 696 du code de procédure civile, M.[I] [G] et Mme [D] [M] supporteront les dépens qui comprendront notamment le coût du commandement de payer les loyers et celui de sa dénonce à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, le coût de la sommation d’avoir à justifier de l’assurance locative, ainsi que le coût de l’assignation et de sa dénonce au représentant de l’État dans le département.
L’équité commande que soit allouée à Mme [R] [Z] épouse [J] une somme de 250 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Sur l’exécution provisoire
La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément à l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant en référé et en premier ressort par ordonnance réputée contradictoire rendue par mise à disposition au greffe après débats en audience publique,
DÉCLARE Mme [R] [Z] épouse [J] recevable en son action;
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies et que le bail conclu le 30 mai 2020 entre Mme [R] [Z] épouse [J] d’une part, et d’autre part, M. [I] [G] et Mme [D] [M] épouse [N] est résilié à effet du 26 août 2026;
ORDONNE l’expulsion de M.[I] [G] et Mme [D] [M] et de tout occupant de leur chef des lieux donnés à bail sis à [Localité 4] [Adresse 2] avec, le cas échéant, le concours de la force publique, dans le respect des dispositions des articles L 412-1 et suivants et R 411-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution ;
DIT qu’à défaut par M. [I] [G] et Mme [D] [M] d’avoir libéré les lieux au plus tard DEUX MOIS après la notification au préfet du commandement d’avoir à quitter les lieux, il sera procédé à leur expulsion et à celle de tous occupants de leur chef, avec l’assistance de la force publique, et au transport des meubles laissés dans les lieux à ses frais dans tel garde-meuble;
CONDAMNE M.[I] [G] et Mme [D] [M], solidairement, à payer à Mme [R] [Z] épouse [J] la somme de provisionnelle de 5.844, 80 euros, représentant l’arriéré locatif échu et impayé avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer sur la somme de 3.011,50 euros et à compter de la présente ordonnance pour le surplus;
CONDAMNE M.[I] [G] et Mme [D] [M], solidairement,à payer à Mme [R] [Z] épouse [J] une indemnité provisionnelle mensuelle d’occupation de 698 euros égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, depuis la résiliation jusqu’à la libération effective des lieux, avec intérêts au taux légal à compter de leur date d’exigibilité pour les indemnités d’occupation à échoir;
DIT que la présente décision sera notifiée par le greffe du tribunal à M. le Préfet du TARN en application de l’article R412-2 du code des procédures civiles d’exécution;
CONDAMNE M. [I] [G] et Mme [D] [M], in solidum,aux dépens de l’instance, comprenant notamment le coût du commandement de payer les loyers et celui de sa dénonce à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, le coût de la sommation d’avoir à justifier de l’assurance locative, ainsi que le coût de l’assignation et de sa dénonce à la préfecture.
CONDAMNE M. [I] [G] et Mme [D] [M], in solidum, à payer à Mme [R] [Z] épouse [J] la somme de 250 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile .
RAPPELLE que la présente décision est exécutoire de droit par provision.
La Greffière La Juge
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