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Sur la décision
| Référence : | TJ Castres, jcp, 15 janv. 2026, n° 25/00379 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00379 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 7 février 2026 |
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Texte intégral
MINUTE N° : 26/00012
DÉCISION DU : 15 Janvier 2026
DOSSIER : N° RG 25/00379 – N° Portalis DB3B-W-B7J-DDRK
NAC : 5AA
AFFAIRE : [T] [K], [H] [Y] C/ [W] [C]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CASTRES
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
COMPOSITION DU TRIBUNAL
PRESIDENT : Madame Michelle SALVAN magistrate honoraire exerçant des fonctions des fonctions juridictionnelles, affectée au service du juge des contentieux de la protection
GREFFIER : Madame Catherine TORRES
PARTIES :
DEMANDEURS
Madame [T] [K]
[Adresse 1]
[Localité 4]
comparante en personne
Monsieur [H] [Y]
[Adresse 1]
[Localité 4]
comparant en personne
DEFENDERESSE
Madame [W] [C]
[Adresse 2]
[Localité 3]
non comparante et non représenté
Débats tenus à l’audience du : 18 Décembre 2025
Ordonnance prononcée par sa mise à disposition au greffe le 15 Janvier 2026
EXPOSÉ DU LITIGE
Par acte du 20 avril 2018, Mme [T] [K] et M. [H] [Y] ont consenti à Mme [W] [C] un bail d’habitation portant sur un logement sis à [Adresse 5], moyennant un loyer mensuel de 480 euros et une provision pour charges de 10 euros.
Le 17 avril 2025, un commandement visant la clause résolutoire insérée au bail a été délivré à Mme [W] [C], par acte de commissaire de justice, aux fins d’obtenir paiement de la somme de 4.381 euros en principal.
Le même jour, l’acte a été dénoncé à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX).
Le 28 août 2025, par acte de commissaire de justice dénoncé le même jour par voie électronique au représentant de l’État dans le département, Mme [T] [K] et M. [H] [Y] ont fait assigner Mme [W] [C] à comparaître devant le juge des contentieux de la protection statuant en référé aux fins d’obtenir :
la condamnation de Mme [W] [C] au paiement par provision de la somme de 5.361 euros au titre des loyers et charges arriérés, selon décompte arrêté à la date du 20 juin 2025 à parfaire au jour de l’audience,
le constat de la résiliation du bail par l’effet de la clause résolutoire,
l’expulsion des occupants du logement au besoin avec le concours de la force publique,
la condamnation de Mme [W] [C] au paiement d’une indemnité provisionnelle mensuelle d’occupation égale au montant du loyer et des charges, jusqu’au départ des lieux ,
la condamnation de Mme [W] [C] au paiement de la somme de 250 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
la condamnation de Mme [W] [C] aux entiers frais et dépens de l’instance.
A l’audience, Mme [T] [K] et M. [H] [Y], comparant en personne, maintiennent leurs demandes visées dans l’acte introductif d’instance en actualisant l’arriéré locatif à la somme de 6.007 euros.
Citée à comparaître par acte remis à sa personne, Mme [W] [C] n’a pas comparu ni ne s’est fait représenter.
Le 16 décembre 2025, un rapport d’enquête sociale a été réceptionné par le greffe, dont il a été donné lecture à l’audience (Mme [W] [C] est sans revenu , aidée par des associations caritatives, une demande de réouverture des droits au RSA est en cours. Plusieurs autres dettes sont à comptabiliser).
MOTIVATION
L’article 472 du code de procédure civile dispose que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la recevabilité de l’action :
Conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, une copie de l’assignation a été portée à la connaissance du service compétent de la préfecture du TARN six semaines au moins avant la première audience.
En outre, la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) a été saisie deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
En conséquence, aucune irrecevabilité n’est encourue de ces chefs.
Sur la demande de provision au titre des loyers, charges locatives et indemnités d’occupation impayés :
Par application de l’article 835 du code de procédure civile, dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Il appartient au demandeur d’établir l’existence de l’obligation qui fonde sa demande de provision tant en son principe qu’en son montant et la condamnation provisionnelle, que peut prononcer le juge des référés sans excéder ses pouvoirs, n’a d’autre limite que le montant non sérieusement contestable de la créance alléguée.
Aux termes de l’article 7 de la loi n°89-462du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer les loyers et charges récupérables aux termes convenus.
En application de l’article 1353 du code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver.
Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation
En l’espèce, l’obligation au paiement des loyers et charges incombant à Mme [W] [C] n’est pas sérieusement contestable.
Suivant le décompte arrêté au jour de l’audience, cette dette s’élève à la somme de 6.007 euros. Ce quantum n’est nullement contesté ni contestable, en l’absence d’un quelconque justificatif de paiement complémentaire.
L’absence de Mme [W] [C] à l’audience ne lui permet ni de préciser sa situation actuelle, ni même de s’engager à reprendre le paiement des loyers courants et à formuler une proposition de règlement de l’arriéré locatif. Il ressort par ailleurs de l’enquête sociale qu’elle est actuellement insolvable.
Par conséquent, Mme [W] [C] doit être condamnée à payer la somme provisionnelle de 6.007euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtée à la date du 18 décembre 2025.
Sur le constat de l’acquisition de la clause résolutoire et la résiliation du bail :
En l’espèce, le commandement de payer délivré le 17 avril 2025 visant la clause résolutoire étant demeuré infructueux pendant plus de deux mois, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies et le bail résilié de plein droit à la date du 18 juin 2025 .
Sur la demande d’expulsion :
A défaut de départ volontaire, l’expulsion de Mme [W] [C] et de tous occupants de son chef sera ordonnée conformément aux articles L412-1 et suivants et R411-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution et ce, dans les termes du dispositif de la présente décision.
Il est rappelé qu’en vertu des articles L. 153-1 et L. 153-2 du code des procédures civiles d’exécution, le commissaire de justice instrumentaire pourra recourir au concours de la force publique.
Conformément à l’article L. 433-1 du code des procédures civiles d’exécution, les meubles se trouvant sur les lieux seront remis au frais des personnes expulsées en un lieu que celles-ci désignent. À défaut, ils seront laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrit avec précision par le commissaire de justice chargé de l’exécution avec sommation aux personnes expulsées d’avoir à les retirer dans le délai imparti.
À défaut de quoi, conformément à l’article L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution, les meubles seront mis en vente aux enchères publiques après autorisation du juge de l’exécution.
Sur l’indemnité d’occupation :
Aux termes de l’article 1224 du code civil, la résolution résulte soit de l’application d’une clause résolutoire soit, en cas d’inexécution suffisamment grave, d’une notification du créancier au débiteur ou d’une décision de justice
Aux termes de l’article 1240 du code civil, tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.
En occupant sans droit ni titre les lieux loués depuis la résiliation du bail, Mme [W] [C] cause un préjudice à Mme [T] [K] et M. [H] [Y] qui est réparé par sa condamnation au versement d’une indemnité provisionnelle mensuelle d’occupation égale au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail, et ce jusqu’à son départ effectif soit la somme de 490 euros.
Conformément aux dispositions de l’article 1231-7 du code civil, la condamnation à une indemnité emporte intérêts au taux légal, même en l’absence de demande ou de disposition spéciale du jugement. En conséquence, les indemnités d’occupation à échoir non payées à terme seront augmentées des intérêts au taux légal dès leur date d’exigibilité.
Sur les dépens et l’article 700 du code de procédure civile :
En application de l’article 696 du code de procédure civile, Mme [W] [C] supportera les dépens qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé et de la notification de l’assignation au représentant de l’État.
L’équité commande que soit allouée à Mme [T] [K] et M. [H] [Y] une somme de 200 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Sur l’exécution provisoire
La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément à l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
La juge des contentieux de la protection, statuant en référé et en premier ressort par ordonnance réputée contradictoire rendue par mise à disposition au greffe après débats en audience publique,
DÉCLARE Mme [T] [K] et M. [H] [Y] recevable en leur action;
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies et que le bail conclu le 20 avril 2018 entre Mme [T] [K] et M. [H] [Y] d’une part et d’autre part Mme [W] [C] est résilié à effet du 18 juin 2025;
ORDONNE l’expulsion de Mme [W] [C] et de tout occupant de son chef des lieux donnés à bail sis à [Adresse 5] avec, le cas échéant, le concours de la force publique, dans le respect des dispositions des articles L 412-1 et suivants et R 411-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution ;
DIT qu’à défaut par Mme [W] [C] d’avoir libéré les lieux au plus tard DEUX MOIS après la notification au préfet du commandement d’avoir à quitter les lieux, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef, avec l’assistance de la force publique, et au transport des meubles laissés dans les lieux à ses frais dans tel garde-meuble ;
CONDAMNE Mme [W] [C] à payer à Mme [T] [K] et M.[H] [Y], ensemble, la somme de provisionnelle de 6.007 euros, représentant l’arriéré locatif échu et impayé ;
CONDAMNE Mme [W] [C] à payer à Mme [T] [K] et M. [H] [Y], ensemble, une indemnité provisionnelle mensuelle d’occupation égale à la somme de 490 euros avec intérêts au taux légal à compter de leur date d’exigibilité pour les indemnités d’occupation à échoir;
DIT que la présente décision sera notifiée par le greffe du tribunal à M. le Préfet du Tarn en application de l’article R412-2 du code des procédures civiles d’exécution;
CONDAMNE Mme [W] [C] aux dépens de l’instance, comprenant notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé et de la notification de l’assignation à la préfecture ;
CONDAMNE Mme [W] [C] à payer à Mme [T] [K] et M. [H] [Y] la somme de 200 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile .
RAPPELLE que la présente décision est exécutoire de droit par provision.
La Greffière La Juge
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