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Sur la décision
| Référence : | TJ Draguignan, ch. 4, 26 nov. 2025, n° 25/06297 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/06297 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 29 décembre 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : | Société BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE exerçant sous l' enseigne CETELEM |
Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE DRAGUIGNAN
4ème chambre civile
Juge des Contentieux de la Protection
JUGEMENT DU 26 NOVEMBRE 2025
__________________________
N° RG 25/06297 – N° Portalis DB3D-W-B7J-K2QY
MINUTE N°2025/
FORMATION :
PRÉSIDENT : M. Eric BONALDI, Magistrat à titre temporaire
GREFFIER : Madame Margaux HUET
DÉBATS :
A l’audience du 24 Septembre 2025, l’affaire a été mise en délibéré au 26 Novembre 2025.
Jugement prononcé après débats publics, par mise à disposition au Greffe, par décision Réputée contradictoire et en premier ressort par M. Eric BONALDI.
ENTRE :
DEMANDERESSE
Société BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE exerçant sous l’enseigne CETELEM, dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Maître Serge DREVET de la SELAS CABINET DREVET, avocats au barreau de DRAGUIGNAN substitué par Maître Isabelle DREVET, avocat au barreau de DRAGUIGNAN
DEFENDEURS
Madame [G] [R]
née le [Date naissance 3] 1992 à [Localité 6], demeurant [Adresse 4]
Monsieur [Z] [L]
né le [Date naissance 2] 1985 à [Localité 5], demeurant [Adresse 4]
Tous deux non comparants, ni représentés
COPIES DÉLIVRÉES LE :
1 copie exécutoire à ;
— Maître Serge DREVET de la SELAS CABINET DREVET
1 copie dossier
EXPOSE DU LITIGE
Selon offre préalable en date du 1er mars 2023 acceptée le même jour, la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE exerçant sous l’enseigne CETELEM a consenti à Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] un prêt personnel d’un montant en capital de 5 000 euros remboursable au taux nominal de 10.48% en 48 mensualités de 126.84 euros.
La SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE a adressé à Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] une mise en demeure, d’avoir à payer la somme de 390.66euros, sous 10 jours, au titre des échéances impayées par lettre recommandée en date du 17 juillet 2024.
Se prévalant du non-paiement des échéances convenues, la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE a adressé à Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] une mise en demeure par lettre recommandée en date du 06 août 2024 retournée avec la mention pli avisé non réclamé, prononçant la déchéance du terme et les sommant de payer l’intégralité des sommes dues soit 4 738.46euros représentant le principal, frais et intérêts du contrat de prêt.
Par acte de commissaire de Justice des 22 et 24 juillet 2025, la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE a fait assigner Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Draguignan, aux fins de voir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire :
Déclarer recevable l’action formée par BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE ;Dire que la déchéance du terme est régulièrement acquise ;A titre subsidiaire, si le tribunal devait estimer que la clause résolutoire n’est pas acquise de plein droit, constater que Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] n’ont pas respecté leurs obligations contractuelles de règlement aux termes convenus ; Par conséquent, prononcer la résolution judiciaire du contrat de prêt sur le fondement des articles 1224 et suivants du Code Civil ;En tout état de cause,
Condamner Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] à payer à BNP PARIBAS PERSONNAL FINANCE la somme de 4 328.57€ avec intérêts au taux contractuel de 10,01% l’an à compter du 06/08/2024, date de la mise en demeure ;Condamner Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] à payer à BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE la somme de 600€ sur le fondement de l’article 700 du Code de Procédure Civile ;Condamner Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] aux entiers dépens de l’instance en application des dispositions de l’article 696 du CPC ;Ordonner l’exécution provisoire de la décision à intervenir nonobstant appel ou opposition.A l’audience du 24 septembre 2025, la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE représentée par son conseil, maintient sa demande. Sur interrogation du président d’audience, elle a indiqué qu’il n’y avait pas de forclusion et que la lettre préalable à celle de la déchéance du terme est présente à son dossier.
Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] , régulièrement assignés selon les dispositions de l’article 659 du Code de procédure civile ne comparaissent pas, ne sont pas représentés et n’ont pas fait connaitre au tribunal le motif de leur absence.
La décision a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 26 novembre 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur les conséquences du défaut de comparution du défendeur
Selon l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Ainsi, le défaut de comparution de Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] n’empêche pas qu’il soit statué sur le litige les opposant à la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE.
Sur la loi applicable :
S’agissant d’un prêt souscrit le 1er mars 2023, le présent litige est relatif à un crédit soumis aux dispositions de la loi n°2010-737 du 1er juillet 2010 de sorte qu’il sera fait application des articles du code de la consommation dans leur rédaction en vigueur après le 1er mai 2011 et leur numérotation issue de l’ordonnance n°2016-301 du 14 mars 2016 et du décret n°2016-884 du 29 juin 2016.
Sur l’office du juge :
Aux termes de l’article L.141-4 devenu R.632-1 du code de la consommation, le juge peut soulever d’office toutes les dispositions du présent code dans les litiges nés de son application.
En application des articles 7, 12 et 16 du code de procédure civile, le tribunal peut, dans le respect du principe du contradictoire, relever d’office les moyens de droit afin de trancher le litige conformément aux règles de droit qui lui sont applicables.
En conséquence, le tribunal a le pouvoir de soulever d’office les moyens de pur droit tirés de la méconnaissance des dispositions d’ordre public des articles L.311-1 et suivants du code de la consommation et de les soumettre à la contradiction.
Sur la forclusion :
La forclusion de l’action en paiement est une fin de non-recevoir qui doit être relevée d’office par le Juge en vertu de l’article 125 du code de procédure civile comme étant d’ordre public.
Aux termes de l’article L.311-52 devenu R.312-35 du code de la consommation, les actions en paiement à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur dans le cadre d’un crédit à la consommation, doivent être engagées devant le Tribunal Judiciaire dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion.
Afin de déterminer la date exacte du premier incident de paiement, il est nécessaire de procéder à une imputation précise des paiements opérés dès lors que les échéances peuvent être payées de manière irrégulière et partielle ; il est alors fait application des dispositions de l’article 1256 du code civil, devenu 1342-10 de ce même code, qui prévoit l’imputation sur la mensualité la plus ancienne.
Le report d’échéances impayées à l’initiative du prêteur est sans effet sur la computation de ce délai ;
En l’espèce la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE poursuit le recouvrement du solde du capital prêté, l’action qu’elle exerce constitue donc bien une action en paiement, laquelle trouve sa cause dans la défaillance de l’emprunteur, caractérisée par le premier incident de paiement non régularisé.En l’espèce, moins de deux années se sont écoulées entre la date du premier incident de paiement non régularisé le 15 janvier 2024 et celle de l’assignation, le 22 juillet 2025, de sorte que l’action de la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE demeure recevable.
Sur la déchéance du terme :
Selon l’article 1103 du code civil, les conventions légalement formées engagent leurs signataires et en application de l’article 1224 du même code, lorsque l’emprunteur cesse de verser les mensualités stipulées, le prêteur est en droit de se prévaloir de la déchéance du terme et de demander le remboursement des fonds avancés soit en raison de l’existence d’une clause résolutoire soit en cas d’inexécution suffisamment grave. L’article 1225 précise qu’en présence d’une clause résolutoire, la résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse s’il n’a pas été convenu que celle-ci résulterait du seul fait de l’inexécution.
En matière de crédit à la consommation en particulier, la jurisprudence est venue rappeler qu’il résulte des dispositions de l’article L.312-39 du code de la consommation, que si le contrat de prêt d’une somme d’argent peut prévoir que la défaillance de l’emprunteur non commerçant entraînera la déchéance du terme, celle-ci ne peut sauf disposition expresse et non équivoque, être déclarée acquise au créancier sans la délivrance d’une mise en demeure restée sans effet, précisant le délai dont dispose le débiteur pour y faire obstacle
En l’espèce, le contrat de prêt contient une clause d’exigibilité anticipée en cas de défaut de paiement et une mise en demeure préalable au prononcé de la déchéance du terme de payer la somme de de 390.66 euros précisant le délai de régularisation (de 10 jours) a bien été envoyée le 17 juillet 2024 ainsi qu’il en ressort de l’avis de recommandé produit (l’avis de réception envoyé à l’adresse figurant au contrat de prêt étant revenu pli avisé et non réclamé). De sorte qu’en l’absence de régularisation dans le délai, ainsi qu’il en ressort de l’historique de compte, la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE a pu régulièrement prononcer la déchéance du terme le 06 août 2024.
Sur les sommes dues :
L’article L.312-39 du code de la consommation dispose qu’en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur pourra exiger le remboursement immédiat du capital restant dû, majoré des intérêts échus mais non payés. Jusqu’à la date du règlement effectif, les sommes restant dues produisent des intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt.
Il appartient au créancier qui réclame des sommes au titre d’un crédit à la consommation de justifier de la régularité de l’opération, en produisant spontanément les documents nécessaires, et notamment :
— l’original du contrat de crédit,
— le double de la fiche d’informations précontractuelles prévue par l’article L.312-12 du code de la consommation
— la copie des pièces justificatives (identité, domicile et revenu) exigées par l’article D.312 8 du Code de la consommation s’agissant d’une opération supérieure à 3.000 euros ;
— la preuve de l’exécution du respect de l’obligation de vérifier la solvabilité de l’emprunteur à partir d’un nombre suffisant d’informations conformément aux dispositions de l’article L. 312-16 du code de la consommation
— le double de la notice d’assurance en application des dispositions de l’article L.312-29 du code de la consommation dans sa version applicable au présent litige,
— le justificatif de la consultation du FICP, qui doit intervenir préalablement à la conclusion du contrat initial en application des dispositions de l’article L.312-16 précité.
Conformément aux dispositions de l’article L.312-36 du code de la consommation, le prêteur est tenu par ailleurs de justifier d’avoir avisé l’emprunteur dès le premier manquement de ce dernier à son obligation de rembourser, des risques qu’il encourt au titre des articles L. 312-39 et L. 312-40 ainsi que, le cas échéant, au titre de l’article L.141-3 du code des assurances.
La demanderesse justifie de l’accomplissement de ces formalités en versant aux débats les pièces sollicitées ainsi que les pièces suivantes :
— La consultation pour chacun des deux emprunteurs du FICP près la Banque de France en date du 02 mars 2023 ;
— le décompte détaillé de sa créance ;
— la lettre recommandée notifiée à chacun des emprunteurs le 17 juillet 2024 les invitant à régulariser l’impayé et les informant des modalités dont ils disposent pour faire obstacle au prononcé de la déchéance du contrat de prêt ;
— la lettre RAR adressée le 06 août 2024 à chacun des emprunteurs leur notifiant la déchéance du terme du contrat de prêt.
En conséquence, Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] seront condamnés solidairement à payer à la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE la somme de 4 328.57€ avec intérêts au taux contractuel de 10,01% l’an à compter du 06 août 2024, date de la mise en demeure.
Sur les demandes accessoires :
Sur les dépens
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z], qui succombent, supporteront les dépens, en application de l’article 696 du code de procédure civile.
Sur les frais irrépétibles
En application de l’article 700 du code de procédure civile, « le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer :
1° A l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;
2° Et, le cas échéant, à l’avocat du bénéficiaire de l’aide juridictionnelle partielle ou totale une somme au titre des honoraires et frais, non compris dans les dépens, que le bénéficiaire de l’aide aurait exposés s’il n’avait pas eu cette aide. Dans ce cas, il est procédé comme il est dit aux alinéas 3 et 4 de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations.
Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu’elles demandent.
La somme allouée au titre du 2° ne peut être inférieure à la part contributive de l’Etat majorée de 50 % ».
Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] seront condamnés solidairement à payer à la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE de la somme de 500€ sur le fondement des dispositions de l ‘article 700 du CPC
Sur l’exécution provisoire
L’article 514 du code de procédure civile, modifié par le décret n°2019-1333 du 11 décembre 2019 et applicable à compter du 1er janvier 2020, pose le principe d’une exécution provisoire de droit pour les décisions de première instance.
En l’espèce, l’exécution provisoire n’étant pas incompatible avec la nature de l’affaire, il n’y a pas lieu de l’écarter.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, après débats en audience publique, par jugement mis à disposition au greffe réputé contradictoire et en premier ressort,
DIT la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE recevable en ses demandes ;
CONDAMNE solidairement Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] à payer à la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE la somme de 4 328.57€ avec intérêts au taux contractuel de 10,01% l’an à compter du 06 août 2024, date de la mise en demeure ;
CONDAMNE solidairement Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] à payer à la SA BNP PARIBAS PERSONAL FINANCE la somme de 500€ sur le fondement des dispositions de l‘article 700 du Code de procédure civile ;
CONDAMNE solidairement Madame [R] [G] et Monsieur [L] [Z] aux dépens ;
RAPPELLE que le présent jugement est exécutoire de plein droit.
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition au greffe les jour, mois, an susdits.
LE GREFFIER LE PRÉSIDENT
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