Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, 0p3 p prox réf., 16 oct. 2025, n° 25/03924 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03924 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Délibéré pour mise à disposition de la décision |
| Date de dernière mise à jour : | 27 décembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
ORDONNANCE DU : 11 Décembre 2025
Président : M. MARECHAL, Juge placé
Greffier : Madame DEGANI, Greffier
Débats en audience publique le : 16 Octobre 2025
GROSSE :
Le 12 décembre 2025
à Me NAUDIN Anne-Cécile
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
EXPEDITION :
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le …………………………………………………..
à Me ………………………………………………
N° RG 25/03924 – N° Portalis DBW3-W-B7J-6UJQ
PARTIES :
DEMANDERESSE
S.C.I. PLF, domiciliée : chez SIAB IMMO, dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Me Anne Cécile NAUDIN, avocat au barreau de MARSEILLE
DEFENDEUR
Monsieur [E] [W]
né le 25 Mars 1994 à [Localité 4], demeurant [Adresse 2]
non comparant
EXPOSÉ DU LITIGE
Un bail a été signé le 7 février 2024 entre la société civile immobilière PLF, représentée par son mandataire immobilier, et Monsieur [E] [W], relatif à un logement situé [Adresse 3], moyennant un loyer initial mensuel, révisable, de 422 euros, outre 57 euros de provisions pour charge.
Des loyers étant demeurés impayés, la SCI PLF ont fait signifier à Monsieur [E] [W] un commandement de payer visant la clause résolutoire le 25 février 2025, par procès-verbal de recherches infructueuses, la lettre recommandée envoyée en application de l’article 659 du code de procédure civile à l’adresse du bail ayant été retournée avec la mention « destinataire inconnu à l’adresse ».
Par acte de commissaire de justice en date du 7 juillet 2025, remis à étude, auquel il y a lieu de se reporter pour l’exposé intégral de ses moyens et prétentions, la SCI PLF a fait assigner Monsieur [E] [W] en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Marseille, à l’audience du 16 octobre 2025.
A cette audience, la SCI PLF représentée par son conseil, sollicite le bénéfice de leur assignation, en actualisant leur dette à la somme de 2 188,66 euros au 15 octobre 2025.
Monsieur [E] [W] ne comparaît pas et n’est pas représenté.
Le juge a fait état de du diagnostic social et financier de carence en raison de l’absence du locataire à la convocation.
L’affaire a été mise en délibéré au 11 décembre 2025.
MOTIVATION
En application de l’article 472 du code de procédure civile si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
En application des articles 834 et 835 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge du contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. Il peut, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
En application de l’article 9 du code de procédure civile, il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention.
En application de l’article 1353 du code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
Sur la recevabilité
Vu les dispositions des articles 24 I, II et III de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige ;
La SCI PLF produit la notification à la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives le 26 février 2025 du commandement de payer du 25 février 2025, soit deux mois au moins avant l’assignation du 7 juillet 2025.
La SCI PLF produit la dénonciation de l’assignation à la préfecture en date du 8 juillet 2025, soit six semaines au moins avant l’audience du 16 octobre 2025.
L’action est donc déclarée recevable.
Sur la résiliation du bail et ses conséquences
Vu l’article 2 du code civil ;
Vu les articles 7 a) et 24 de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige, dont il résulte que l’une des obligations essentielles du locataire est de payer les loyers aux termes convenus ;
Vu le caractère d’ordre public de protection de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dont il ressort que le délai donné au locataire pour régulariser la dette locative est un délai minimum durant lequel les effets de clause résolutoire sont neutralisés ;
Vu le bail liant les parties, qui contient une clause résolutoire ;
En l’espèce, le bail conclu contient une clause résolutoire (article 11) et un commandement de payer visant la clause résolutoire a été délivré à Monsieur [E] [W] par acte de commissaire de justice en date du 25 février 2025 pour un arriéré locatif de 1 199,47 euros.
Ce commandement rappelle la mention que le locataire dispose d’un délai de deux mois pour payer sa dette, comporte le décompte de la dette et l’avertissement qu’à défaut de paiement dans les deux mois ou d’avoir sollicité des délais de paiement, le locataire s’expose à une procédure judiciaire de résiliation de son bail et d’expulsion, outre la mention de la possibilité pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement de son département aux fins de solliciter une aide financière et de saisir, à tout moment, la juridiction compétente aux fins de demander un délai de grâce sur le fondement de l’article 1343-5 du code civil.
Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de deux mois.
En conséquence, la clause résolutoire est acquise. Il convient donc de constater la résiliation du bail à effet au 25 avril 2025, et d’ordonner l’expulsion de Monsieur [E] [W] des lieux occupés.
Aucune circonstance particulière de l’espèce ne justifie que le délai de deux mois, prévu par les dispositions des articles L.412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution, soit réduit ou supprimé.
Le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution.
Enfin, Monsieur [E] [W] sera condamné à payer à la SCI PLF une indemnité d’occupation provisionnelle mensuelle d’un montant égal à celui du loyer et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 486,66 euros), à compter du 26 avril 2025 jusqu’à la complète libération des lieux par la remise des clés à la SCI PLF.
Sur le paiement de sommes à titre provisionnel
Vu les articles 4 et 7 de la loi du 6 juillet 1989 ;
Vu les articles 1231-7 et 1343-2 du code civil ;
Vu le décompte actualisé au 15 octobre 2025, fixant la dette locative à une somme 2 088,91 euros, terme du mois d’octobre 2025 inclus, après déduction des frais de relance et de mise en demeure ;
En l’espèce, cette dette n’est pas contestée.
Dès lors, l’obligation n’étant pas sérieusement contestable, il convient de condamner Monsieur [E] [W] à payer à la SCI PLF, la somme 2 088,91 euros à titre provisionnel avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Sur les mesures de fin d’ordonnance
Sur les dépens
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En l’espèce, Monsieur [E] [W] est la partie perdante et sera donc condamné aux dépens.
Sur la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile
L’article 700 du code de procédure civile dispose que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer :
1° A l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; […]
Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations.
L’article 1231-7 du code civil dispose qu’en toute matière, la condamnation à une indemnité emporte intérêts au taux légal même en l’absence de demande ou de disposition spéciale du jugement. Sauf disposition contraire de la loi, ces intérêts courent à compter du prononcé du jugement à moins que le juge n’en décide autrement.
En l’espèce, l’équité commande de condamner Monsieur [E] [W], partie tenue aux dépens, à la somme de 250 euros avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Sur l’exécution provisoire
L’article 514 du code de procédure civile dispose que les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
En l’espèce, l’exécution provisoire de droit sera rappelée.
PAR CES MOTIFS
Nous, juge des contentieux de la protection statuant en référé, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort, mise à disposition au greffe,
RENVOYONS au principal les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront mais, dès à présent,
DÉCLARONS l’action de la société civile immobilière PLF recevable,
CONSTATONS la résiliation du bail conclu le 7 février 2024, entre la société civile immobilière PLF et Monsieur [E] [W], concernant un logement situé [Adresse 3], à effet au 25 avril 2025,
ORDONNONS en conséquence à Monsieur [E] [W] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification de la présente ordonnance,
DISONS qu’à défaut pour Monsieur [E] [W] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, la société civile immobilière PLF pourront, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours de la force publique,
DISONS que le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution,
CONDAMNONS Monsieur [E] [W] à payer à la société civile immobilière PLF à titre provisionnel une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 26 avril 2025 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés,
FIXONS cette indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s’était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 486,66 euros),
CONDAMNONS Monsieur [E] [W] à payer à la société civile immobilière PLF la somme de 2 088,91 euros à titre de provision sur la dette locative, avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision,
CONDAMNONS Monsieur [E] [W] à payer à la société civile immobilière PLF la somme de 250 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile avec intérêt au taux légal à compter de la présente décision,
CONDAMNONS Monsieur [E] [W] aux dépens,
REJETONS le surplus des demandes,
RAPPELONS que les ordonnances de référé sont exécutoires de plein droit à titre provisoire,
Ainsi jugé et prononcé par ordonnance signée les jour, mois et an susdits par le président et le greffier susnommés et mise à disposition au greffe,
Le greffier, Le juge.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Assesseur ·
- Guinée ·
- Adresses ·
- Jugement ·
- République ·
- Trésor public ·
- Ressort ·
- Chambre du conseil ·
- Contradictoire
- Associé ·
- Titre exécutoire ·
- Signification ·
- Commissaire de justice ·
- Exécution forcée ·
- Procédure ·
- Avocat ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commandement ·
- Demande
- Divorce ·
- Commissaire de justice ·
- Tunisie ·
- Algérie ·
- Acte ·
- Etat civil ·
- Date ·
- Tribunal judiciaire ·
- Conjoint ·
- Adresses
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Architecte ·
- Maître d'ouvrage ·
- Mission ·
- Honoraires ·
- Contrats ·
- Devis ·
- Résiliation ·
- Permis de construire ·
- Demande ·
- Bâtiment
- Commissaire de justice ·
- Loyer ·
- Cautionnement ·
- Commandement de payer ·
- Expulsion ·
- Résiliation du bail ·
- Astreinte ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Caution ·
- Demande
- Injonction de payer ·
- Liquidateur ·
- Camping ·
- Caducité ·
- Opposition ·
- Qualités ·
- Liquidation judiciaire ·
- Tribunal judiciaire ·
- Fermeture administrative ·
- Liquidation
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Radiation ·
- Assistant ·
- Tribunal judiciaire ·
- Péremption ·
- Rétablissement ·
- Copie ·
- Retrait ·
- Justification ·
- Liquidateur ·
- Tribunaux de commerce
- Lésion ·
- Certificat médical ·
- Sociétés ·
- Recours ·
- Tribunal judiciaire ·
- Principe du contradictoire ·
- Sécurité sociale ·
- Employeur ·
- Maladie ·
- Charges
- Rétablissement personnel ·
- Surendettement des particuliers ·
- Commission de surendettement ·
- Contentieux ·
- Liquidation judiciaire ·
- Protection ·
- Adresses ·
- Liquidation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mauvaise foi
Sur les mêmes thèmes • 3
- Hospitalisation ·
- Certificat médical ·
- Tribunal judiciaire ·
- Avis motivé ·
- Idée ·
- Procédure d'urgence ·
- Trouble mental ·
- Consentement ·
- Contrôle ·
- Avis
- Santé publique ·
- Avis ·
- Hospitalisation ·
- Copie ·
- Saisine ·
- Tribunal judiciaire ·
- Détention ·
- Mainlevée ·
- Télécommunication ·
- Liberté
- Débiteur ·
- Commission de surendettement ·
- Surendettement des particuliers ·
- Créance ·
- Rééchelonnement ·
- Consommation ·
- Siège social ·
- Adresses ·
- Durée ·
- Siège
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.